Salut, mes chers lecteurs, j’espère que vous vous portez à merveille. Aujourd’hui, nous allons nous attaquer à un sujet fascinant mais souvent négligé, oui, vous avez bien deviné, nous allons parler de compostage. Un processus étonnant qui peut transformer vos déchets en véritable trésor pour votre jardin ! Le compostage, c’est un peu comme faire du pain. Vous mélangez des ingrédients, vous attendez, et hop, vous obtenez un produit final incroyablement riche et utile. Sauf que là, au lieu de la farine et de l’eau, vous utilisez des déchets organiques, comme le fumier, les déchets de cuisine ou les déchets verts de votre jardin. Mais pourquoi composter, me direz-vous ? Eh bien, le compostage permet de réduire le volume de déchets et de produire un amendement organique très riche pour votre jardin. C’est une façon écologique de recycler vos déchets tout en enrichissant votre sol. « Le compostage consiste à transformer le fumier de cheval en un amendement riche en humus stable et inodore par le biais d’une fermentation aérobie. »

Comprendre la dynamique du compostage et du fumier
C’est tout simplement magique ! Ce processus de décomposition est rendu possible grâce à une foule d’organismes, comme des bactéries et des champignons, qui décomposent la matière organique. Et le résultat ? Un compost riche en nutriments qui améliore la structure et la fertilité du sol, favorisant ainsi la vie des plantes. Le fumier de cheval est une ressource précieuse pour enrichir le sol de votre jardin grâce à ses nombreux nutriments. C’est un mélange de déjections des chevaux et de litière végétale ; généralement de la paille. En fonction du niveau de paille, de crottin ou d’urine, il peut être plus ou moins sec. Il se trouve généralement directement en centre équestre ou bien en jardinerie.
Grâce à sa texture différente et enrichie en paille, le fumier de cheval est intéressant pour donner de l’air à vos terres mais aussi pour amender les terres argileuses plus lourdes. Il peut aussi donner un coup de pouce en donnant du corps aux terres sableuses. Grâce à sa richesse en éléments nutritifs tels que l’azote, le phosphore et le potassium, le fumier de cheval contribue à favoriser la croissance saine des plantes et à augmenter la fertilité du sol, ce qui en fait un excellent amendement pour un jardin florissant. Il va, avec la chaleur, se décomposer et enrichir les couches chaudes de vos plantations.
02 Technique de compostage en tas avec adjonction du Burkina phosphate
Les différentes méthodes de valorisation
Il existe plusieurs façons de faire du compost, et nous allons en examiner quelques-unes ici. Le compostage au champ est le plus simple des procédés. Vous disposez votre fumier en tas (appelé andains) sur une parcelle et vous le retournez de temps en temps. « Il s’agit de disposer le fumier en andains sur une parcelle et de les retourner deux fois ou plus au cours du cycle de compostage qui dure environ 5 mois. »
Le compostage sur plateforme est un procédé similaire au compostage au champ, sauf que vous disposez les andains sur une plateforme étanche. Cette plateforme vous permet d’avoir accès aux andains toute l’année et de récupérer les jus qui s’écoulent pour les réutiliser. « Le compostage sur plateforme est un procédé similaire au compostage au champ sauf que les andains sont disposés sur une plateforme étanche. »
Le lombricompostage est particulièrement fascinant. Vous mettez des vers composteurs dans votre tas de fumier, et vous les laissez faire le travail ! Pas besoin de retourner le tas, les vers s’occupent de l’aération et de la transformation. « Le lombricompostage a pour principe de faire circuler des vers « composteurs » dans le tas de fumier afin d’assurer son aération et sa transformation. »
Le compostage en réacteur fermé est la Rolls-Royce du compostage. Vous disposez le fumier dans des silos en béton et vous les couvrirez d’une bâche. Les silos sont équipés de tuyaux qui permettent d’insuffler de l’air et de l’eau, raccourcissant ainsi le cycle de compostage à seulement un à deux mois. « Le compostage en réacteur fermé est le procédé le plus sophistiqué. »
| Type de compostage | Espace nécessaire | Temps nécessaire | Volume de déchets |
|---|---|---|---|
| Compostage au champ | Grand | Moyen | Élevé |
| Compostage sur plateforme | Moyen | Moyen | Élevé |
| Lombricompostage | Petit | Faible | Faible à Moyen |
| Compostage en réacteur fermé | Moyen | Faible | Très Élevé |
Enjeux logistiques et économiques du fumier équin
Ecouler son fumier de cheval est un problème pour de nombreux élevages et centres équestres car la demande des champignonnières est en forte baisse et les agriculteurs voisins sont peu intéressés par des fumiers souvent trop pailleux. Par ailleurs, les surfaces épandables de ces élevages sont souvent restreintes et le fumier de cheval très pailleux est un produit peu adapté à l’épandage sur prairies. Ayant constaté également que les éleveurs de chevaux se débarrassaient de leur fumier puis achetaient des engrais pour fertiliser leurs prairies, les Haras nationaux en partenariat avec la Chambre d’agriculture de l’Orne ont mené une étude sur le compostage du fumier de cheval.
Le compostage consiste à aérer de la matière organique contenant un peu d’eau et d’azote pour en accélérer l’évolution. La dégradation est réalisée par des micro-organismes. Elle permet d’obtenir un produit plus stable et hygiénisé. Les intérêts du compostage sont : de réduire le volume de fumier de 50 % et donc de faciliter l’épandage ; d’hygiéniser le fumier par la montée en température (destruction des parasites et graines d’adventices) ; de le stabiliser (ce qui limite le lessivage après épandage) ; de le désodoriser.
Le coût de production du compost va dépendre de l’équipement initial de l’exploitation. En effet, une exploitation qui ne dispose pas d’un chargeur, d’une remorque et d’un épandeur devra faire appel à l’entreprise pour l’ensemble de ces travaux. Compte tenu du coût actuel des engrais, la valeur fertilisante d’une tonne de compost s’élève à environ 24 €. Ainsi même si on ne dispose pas de matériel, composter son fumier reste plus économique qu’acheter des engrais mais demande plus de temps.
Pratiques de gestion et hygiénisation
L’hygiénisation du fumier comprend une phase thermophile au cours de laquelle la température au sein du tas s’élève au-dessus de 50 °C. C’est cette élévation de température qui va permettre la destruction des graines d’adventices, des virus, bactéries et parasites. Le maintien de la température au-dessus de 50 °C pendant 6 semaines est nécessaire à une hygiénisation satisfaisante. Les essais réalisés à la Jumenterie ont montré qu’un fumier pailleux de boxes ne se composte pas. Le fumier idéal est un fumier de stabulation riche en matière organique (C/N = 25-30 et 35 à 45 % de MS). Pour savoir si le taux d’humidité d’un fumier est convenable, le « test à la main » peut-être pratiqué : prendre une poignée de fumier et la serrer, l’eau ne doit pas couler et en desserrant, le fumier doit conserver sa structure.
Laisser vieillir le fumier en tas ne suffit pas à le composter. Deux retournements du tas à 6-7 semaines d’intervalle sont nécessaires. Les retournements peuvent être effectués à l’aide d’un épandeur ou d’une composteuse disponibles auprès d’une Cuma. En faisant monter la température au sein du tas, ils permettront l’hygiénisation du compost. Pour les élevages de chevaux dont la production de compost est inférieure à 1 tonne par jour, la règle en vigueur est celle du Règlement sanitaire départemental. Pour ces exploitations, le fumier ayant séjourné plus de deux mois sous les animaux peut-être stocké puis composté au champ.
Application au potager : méthodes et conseils
Avant de l’utiliser, assurez-vous qu’il soit bien composté pour éviter tout risque de brûlure des plantes en raison de sa forte teneur en azote. Mélangez le fumier avec d’autres matières organiques comme des feuilles mortes, de la paille ou des déchets de cuisine pour équilibrer sa composition et favoriser une décomposition homogène. En automne, disposez-le sur les parties du jardin où il n’y a pas de culture et étendez-le sur toute la surface. Épandez votre fumier de cheval à raison de 100 à 300 kg pour 100 m² et le tour est joué ! Griffez-le pour incorporer la terre et le fumier ensemble.
Le fumier de cheval est peu concentré en minéraux essentiels. Il contient par exemple 0,6 % d’azote alors qu’un engrais chimique peut en contenir jusqu’à 33 %. En effet, si ce fumier est peu concentré, c’est qu’il contient beaucoup de carbone. C’est ce carbone qui va améliorer la texture de notre sol, la structure, le rendre plus meuble, léger, poreux. Sans compter qu’il sollicitera la vie biologique qui va se régaler de manger, décomposer ces molécules complexes carbonées pour les transformer à terme en minéraux essentiels. Autre avantage, une faible concentration en minéraux ouvre la porte à apporter de grandes quantités ! Vous allez pouvoir jouer sur la fertilité physique en amenant deux, trois ou même quatre kilos au mètre carré pour les cultures les plus exigeantes.

Utilisé frais, il faudra prendre des précautions. La température pourra vite monter sitôt qu’on met une couche épaisse de vingt centimètres. Il y aura alors un risque de brûler les racines de nos cultures. Il pourra aussi contenir des résidus médicamenteux si les chevaux sont traités. Ces résidus sont éliminés via la phase de compostage. Alors, pour une telle utilisation de ce fumier frais, prenez soin à ce qu’il vienne de chevaux non traités, non vermifugés. S’il est mal composté, un fumier de cheval perdra une grande partie de ses avantages. L’idéal est de le monter en tas sur bien un mètre de hauteur et qu’il soit humide. Recherchez toujours cette sensation d’humidité comme une éponge essorée. Il faudra ensuite le recouvrir pour éviter toute déperdition d’azote par volatilisation. Autre phase importante, le brasser, l’aérer tous les 15 jours, pour harmoniser sa décomposition, l’oxygéner. Voyez-le comme une recette de cuisine. Un saladier dans lequel il faut mélanger tous les ingrédients pour obtenir un résultat remarquable.
Utilisation spécifique par culture et saison
Le fumier de cheval est bon pour tout au potager, enfin presque ! Il sera utilisé frais, à demi-mûr ou totalement composté selon les cas. Il faut l’apporter aux légumes et autres plantes potagères qui en ont le plus besoin : toutes les courges, les tomates et autres solanacées (poivrons, aubergines…). Ces légumes gourmands supportent bien le fumier à demi-mûr, voire à peine composté. Les pommes de terre en sont également friandes, car le fumier de cheval est riche en potasse. Les salades peuvent aussi en profiter, mais ne leur donnez que du fumier bien décomposé. Évitez par contre de planter des alliacées comme les oignons, l’ail, l’échalote, à des endroits que vous avez enrichi avec du fumier, elles ont horreur de ça !
Le fumier de cheval en sac pour potager est du fumier déjà composté, que vous pouvez donc utiliser dès l’achat. Sur les planches de culture, le meilleur moyen pour bien intégrer le fumier dans le sol, c’est de ne pas l’intégrer ! Il convient en effet de l’étaler sur le sol et de le laisser se décomposer jusqu'au moment des plantations, environ 3 à 4 mois. En effet, sa décomposition doit se faire en milieu aérobie, c’est-à-dire exposé à l’air. C’est à l’automne qu’il est conseillé de réaliser cet épandage, une fois le printemps venu, le gel et les pluies étant passées sur le fumier, aidées par les microorganismes vivants dans le sol, le fumier sera parfait pour les plantes potagères. Les vers de terre et autres vont faire leur travail et l'incorporer progressivement dans le sol, en douceur et déjà décomposé.
Une approche permaculturelle consiste à ne pas vouloir enfouir, ne serait-ce que superficiellement, le fumier de cheval épandu ; celui-ci peut tout simplement être recouvert de matières ligneuses, entendez par là de matières composées de lignine (substance organique qui, associée à la cellulose, compose le bois), par exemple de la paille, des feuilles, du BRF. Vous formerez ainsi, progressivement, des buttes sur lesquelles vous pourrez planter vos légumes sans avoir à travailler le sol.
Le fumier comme source de chaleur biologique
Le fumier de cheval est un fumier qui chauffe vite. D’où son attrait pour réaliser des couches chaudes, alternance de fumier frais et de paille ou foin. On obtient des andains sur lesquels on peut par exemple déposer des bacs à semis au printemps. Ils auront alors un chauffage naturel. Une couche chaude, avec un voile pour garder la chaleur la nuit. Vous pouvez la construire directement sur le sol mais il est plus judicieux de creuser une fosse d’une cinquantaine de centimètres, cela permettra de conserver la chaleur émise par la décomposition des matières organiques qui la composent. Faites une couche de 30 à 40 cm de fumier de cheval et arrosez copieusement. Le fumier peut être mélangé à des déchets verts variés, type tontes de gazon ou encore du BRF et recouvert d’une couche de compost.
Le fumier de cheval (et d'âne bien sûr !) est celui qui chauffe le plus, donc est très bénéfique car il relève vite la température du tas de compost. Ce qui entraîne une disparition des maladies et des mauvaises herbes qui germent sous l'action de l'humidité et de la chaleur, puis meurent par les retournements successifs que bien sûr les spécialistes du compostage ne manquent pas de faire. Et s'ils ont des mauvaises herbes avec du "compost de fumier de cheval", c'est bien qu'il n'est pas composté. En ce qui concerne les vers de compost, ils ne viennent pas toute suite, mais après les phases microbiennes (bactéries + champignons). Phases importantes liées à l'équilibre entre éléments azotés et éléments carbonés : il doit y avoir un équilibre entre matière végétale verte et matière cellulosique ou lignique, c’est-à-dire entre herbes vertes et pailles ou foin ou branches broyées. Equilibre aussi entre air et eau. Donc le fumier d'équidés peut être un élément important dans la réussite d'un compost jardinier.
Précautions et alternatives : le fumier déshydraté
Très simple à utiliser de par sa présentation en granulés, le fumier déshydraté est idéal pour tous ceux qui n’ont pas accès à du vrai fumier. Il a de plus l'avantage de pouvoir être employé à tout moment et pour de nombreuses plantes potagères : pommes de terre, tomates, salades, petits fruits… Vous l’emploierez aussi bien pour fertiliser le sol avant une plantation que pour apporter des nutriments en cours de croissance de vos plantes potagères. Il se mélange très simplement à la terre ou au terreau et s’incorpore par griffage ou ratissage. En entretien, il sera apporté 1 fois par an, à l’automne ou au printemps, à raison d’1 kg/m².
Le fumier de cheval est depuis toujours une bénédiction pour les cultures, auxquelles il offre de nombreux nutriments, tout comme pour les sols qui en sont grandement améliorés. Le fumier de cheval est particulièrement apprécié par de nombreux jardiniers, car il montre beaucoup de qualités fort intéressantes. Cependant, il convient de rester vigilant sur la provenance. Il est tout à fait envisageable de récupérer du fumier de cheval gratuit et frais dans un centre équestre ou auprès d’éleveurs et de le composter soi-même, à condition de s’assurer qu’il ne présente aucune trace de médicaments. Certains chevaux peuvent être sous traitement médicamenteux. Il est donc nécessaire de laisser reposer au moins 3 semaines le fumier et de l’introduire dans du compost.
La gestion du fumier est devenue une réelle contrainte pour l’ensemble des professionnels qui hébergent des chevaux. La réduction et la restructuration de l’activité des champignonnières ont notamment entraîné une diminution des débouchés possibles, conduisant de nombreux professionnels à supporter un coût non négligeable pour l’enlèvement de leur fumier. Cette constatation a amené les différentes organisations de la filière équine à engager un projet global commun sur le sujet. L’enjeu étant transversal, la FIVAL, France Galop et la SECF se sont unis pour donner naissance à un programme d’action portant sur la valorisation du fumier. Le Pôle de compétitivité Filière équine a, quant à lui, été chargé d’assurer la coordination de ce programme. Le fond Eperon et l’ADEME sont les principaux organismes financeurs. Ce programme a pour objectif d’adapter des techniques pertinentes à la valorisation agronomique ou énergétique du fumier de cheval : l’épandage direct, le compostage, la combustion et la méthanisation.
Il aboutira à l’élaboration d’une grille de lecture permettant à chaque professionnel de la filière équine d’opter pour la solution de valorisation des fumiers la plus adaptée à sa situation et à la mise en place de pilote sur les différentes techniques. En espérant que cet article sur le fumier de cheval au potager vous aura aidé à en comprendre les spécificités ! N’hésitez pas à aller plus loin avec notre article sur l’utilisation du fumier au potager. N’attendez plus pour démarrer votre propre potager. Si vous êtes intéressé par d’autres techniques pour utiliser vos déchets de manière écologique, je vous recommande mon article sur La Méthanisation. Alors, chers lecteurs, êtes-vous prêts à transformer vos déchets en trésor ? J’espère que oui ! Le fumier de cheval est le meilleur engrais pour votre terre ! Et c’est en automne que celui-ci aura le meilleur effet ! Continuez pour tout savoir sur comment utiliser le fumier de cheval.