L'art et la science du fumier de vers : Guide complet pour une fertilisation durable

Le monde de la fertilisation végétale connaît une mutation profonde, portée par une conscience écologique accrue. Tant pour les jardiniers amateurs que professionnels, le fumier de vers Terre vivante offre une alternative écologique et fiable aux méthodes de fertilisation chimique conventionnelle. En plus d’offrir une performance exceptionnelle, il permet de nourrir et régénérer le sol tout en favorisant la croissance et la productivité des végétaux. C’est un produit facile d’utilisation, non toxique et inodore pouvant être utilisé à l’intérieur comme à l’extérieur. Les turricules répondent exactement aux besoins des plantes.

Schéma illustrant le cycle du vermicompostage domestique

La biologie derrière le produit : Les vers de terre comme alliés

Le fumier de vers Terre vivante est recueilli à partir des milliers de vers de terre Africains (Eudrilus eugeniae) qui composent notre ferme d’élevage. Les lombrics ont la propriété de générer un excellent fumier ou vermicompost servant à la fertilisation des plantes et à la régénération des sols. La méthode de production du fumier de vers Terre vivante demande divers soins et opérations afin de favoriser la croissance et la multiplication des vers ainsi que la qualité du vermicompost. L’élevage des vers se fait à l’intérieur de chaudières dans lesquelles ils sont déposés en quantité mesurée avec leur nourriture. Les lombrics sont nourris principalement de terre noire végétale. Pendant tout le processus, les vers déposent leurs déjections à la surface des chaudières qui doivent être gardées dans des conditions stables d’aération, d’humidité et de température.

Contrairement au vermicompost qui peut contenir des matières partiellement décomposées, le fumier de vers est par définition composé à 100% de turricules (déjections de vers). Les vers de terre possèdent de supers pouvoirs et sont capables de traiter et de transformer la matière en un humus stable, enrichit de nutriments, de substances humiques, de phytohormones et de microorganismes aux propriétés biostimulantes.

Le vermicompostage domestique : Une solution accessible

Vous habitez en logement et vous souhaitez composter, mais vous n'avez pas l'espace pour le faire? Pourquoi ne pas opter pour le vermicompostage. On peut fabriquer soi-même, pour quelques dollars, un vermicomposteur. Il suffit de prendre un bac de plastique et s'assurer d'y faire de petits trous pour que l'oxygène puisse circuler. Il est important d'avoir un fond de litière qu'on peut fabriquer avec de l'eau, du carton et du papier journal.

Les vers utilisés ne sont pas de classiques vers de terre. Il s'agit du Eisenia foetida, également connu sous le nom de ver du fumier. Ils vont manger nos résidus de cuisine, de tomates, nos pelures de bananes et les restants de café. Pas de viande, pas de produits laitiers, rien qui provient de l'extérieur. Idéalement, il faut couper ces restants pour donner une petite chance aux vers. Une famille de quatre personnes pourrait recourir à au moins deux bacs, et ces nombreux vers peuvent consommer l'équivalent d'un litre de résidus chaque semaine.

Fabriquer un lombricomposteur

Techniques d'application et dosage pour les cultures

L’apport fertilisant des vers augmente en présence de plantes. Pour une utilisation optimale, voici les méthodes recommandées par les experts :

  • Pour les semis : Placer environ un centimètre de fumier de vers au fond du sillon, déposer les graines et recouvrir de terre.
  • Plantation en pots ou en terre : Mélanger une (1) partie de fumier de vers avec trois (3) parties de terre. Vous aurez ainsi un excellent départ pour vos plantes. Pour les plants en trous, tapisser le fond et les côtés du trou avec quelques centimètres de fumier, placer le plant, puis recouvrir.
  • Entretien saisonnier : En cours de saison, ajouter une fois par mois ¼ de tasse de fumier de vers pour réensemencer la vie et ce, même si vous utilisez des engrais de synthèse.
  • Application de surface : Saupoudrer 1⁄2 tasse de fumier de vers en surface, au-dessus des racines, puis griffer légèrement la surface pour incorporer délicatement.
  • Application à grande échelle : Appliquer dix (10) litres de fumier de vers sur environ neuf (9) mètres carrés. Travailler légèrement le sol puis disperser les graines selon les recommandations du fabricant.
  • Lutte contre les carences foliaires : Tremper une partie de fumier de vers avec trois (3) parties d’eau pendant 24 heures afin d’en extraire les microorganismes bénéfiques. Le thé peut être vaporisé sur les plants (application foliaire).

La santé des sols et la chaîne alimentaire invisible

Nourrir le sol, c’est prendre soin des vers de terre et autres petits animaux, mais aussi des milliards de micro-organismes qui y vivent. La matière organique ajoutée au sol est à la base d’une chaîne alimentaire composée de très petits et plus grands organismes qui rendent des services inestimables à l’humanité et au monde du vivant.

Le vermicompost se distingue du compost notamment par sa composition microbienne diversifiée et provenant entre autres du microbiote du vers de terre. On retrouve dans le vermicompost des bactéries fixatrices d’azote, des bactéries promotrices de croissance, des champignons qui améliorent la disponibilité des nutriments et la protection face aux maladies et aux stress. On y retrouve aussi d’autres acteurs du réseau trophique du sol comme les protozoaires et les nématodes qui relâchent des nutriments comme de l’azote en mangeant les plus petits organismes du chaînon comme les bactéries et les champignons.

Gestion des matières organiques dans le milieu agricole

Alors que le vermicompostage se développe en milieu urbain, le monde agricole gère, quant à lui, des volumes de fumier beaucoup plus importants. Le fumier est constitué d’excréments, d’urine, de litière et d’eau. Alors que les fumiers provenant des bœufs, des moutons et des volailles sont solides, ceux des productions laitière et porcine se présentent généralement sous forme liquide.

Saviez-vous que le fumier est le meilleur des fertilisants naturels? Son contenu en déjections animales et en litière est transformé par les microorganismes du sol et par l’ensemble des vers, dont les vers de terre. Cette vitalité du sol entretient le phénomène de minéralisation de la matière organique. Cela signifie que l’humus, soit la terre formée par la décomposition des végétaux, se transforme en éléments minéraux assimilables par les plantes.

La gestion du fumier est réglementée et rien n’est laissé au hasard. Des plans agroenvironnementaux de fertilisation réalisés par des agronomes encadrent la protection de l’environnement. Ils contiennent des recommandations qui s’appliquent selon les besoins de chaque champ et de chaque culture, indiquant les distances à respecter entre une zone d’épandage et les sources d’eau ou encore les zones d’habitation. De plus, les agronomes y mentionnent les périodes optimales d’épandage selon les besoins des cultures planifiées.

Équilibre et pérennité des écosystèmes

Pour qu’un composteur assure une décomposition efficace, il doit avoir un volume d’un mètre cube au minimum. S’il est plus petit, il sera difficile d’y atteindre une température adéquate pour permettre la dégradation de matières par les microorganismes appréciant la chaleur. Le bac de compostage devra également être fabriqué avec des matériaux sains qui résistent à la décomposition.

L’emplacement idéal permettra d’avoir un minimum d’ensoleillement et de retourner la terre sous le bac de compostage; ainsi, les organismes décomposeurs pourront venir coloniser vos matières organiques. Il faut garder un bon équilibre entre les déchets bruns (feuilles mortes, marc de café, papier journal) et les déchets verts (épluchures, résidus de jardin).

Ajoutez deux parts de matière brune pour une part de matière verte pour atteindre un équilibre dans le compost. Après avoir obtenu le bon ratio de déchets bruns et de déchets verts, trouvez l’équilibre entre le taux d’humidité et l’aération. Le brassage du compost est essentiel pour assurer une bonne aération et un bon apport en oxygène, favorisant la décomposition des matières organiques par les microorganismes. Il est possible d’effectuer cette tâche efficacement sans trop d’effort en utilisant un aérateur. Pour assurer une décomposition efficace de la matière, on recommande de garder une humidité relative de 50 %.

Graphique montrant le ratio idéal entre déchets bruns et déchets verts

En intégrant ces pratiques, qu'il s'agisse de la gestion de votre petit bac de vermicompostage sous l'évier ou de la compréhension des grands cycles de fertilisation agricole, vous contribuez à une gestion responsable et durable des ressources organiques, garantissant ainsi la santé et la vitalité des sols pour les générations futures.

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