Le Fumier au Jardin à Nantes : Guide Complet pour un Potager Prospère

Le fumier, bien que n'étant pas le sujet le plus poétique, représente une ressource inestimable pour le jardinage. Il s’avère être un formidable allié pour le potager, agissant comme un berceau de richesse pour le sol et un apport de nutriments essentiel pour les cultures. En effet, il est un amendement organique de premier choix, permettant d’améliorer la qualité du sol et de favoriser la croissance des plantes. Constitué de déjections et d’urines animales mélangées à de la litière, en général de la paille, le fumier enrichit le sol tout en modifiant sa structure et en favorisant la vie microbienne. Épandu le plus souvent au potager, il peut aussi être utilisé dans les massifs de fleurs, au pied des arbres et des arbustes fruitiers.

Composition du fumier

Comprendre la Composition du Fumier

Le fumier est un mélange de plusieurs matières organiques. On y retrouve d’une part les urines et les déjections ou fèces des animaux (crottins, bouses, fientes, crottes). Vient ensuite la litière qui absorbe les urines, que ce soit du foin, de la paille, du broyat ou encore de la sciure. Au final, le fumier est une combinaison de matières très sèches, très carbonées et très ligneuses, couplées à des matières très humides, ce qui le rend particulièrement riche et complexe.

Fumier Frais ou Composté : Quel Choix pour Votre Potager ?

La question de savoir si un fumier s’utilise frais ou s’il est nécessaire de le composter durant quelques semaines ou quelques mois est récurrente. Les deux hypothèses sont envisageables, mais l’apport d’un fumier composté au potager est la pratique la plus répandue et est même obligatoire en maraîchage professionnel.

Les Avantages du Fumier Composté

Le premier avantage à composter un fumier est de l’assainir et de se prémunir plus encore de quelconques risques sanitaires. En effet, les traitements médicamenteux parfois administrés aux animaux peuvent laisser des résidus dans les urines. Un autre avantage crucial est que le fumier se valorisera de lui-même en tas. La litière imprégnée d’urine et les déjections vont se bonifier l’une et l’autre dans un équilibre d’humidité et d’oxygénation, résultant en un très beau compost. Sans compostage, la litière et les déjections peuvent se retrouver séparées, la température ne monte pas suffisamment haut pour une bonne décomposition, et la plus-value n’est pas la même. Il est donc recommandé de prendre le temps de mettre le fumier en tas et de l’aérer en brassant le tas tous les 15 jours si possible.

De nombreux autres avantages s’ajoutent à l’utilisation d’un fumier composté :

  • Réduction du volume et de la logistique : Il prend deux fois moins de place qu’un fumier frais, car la paille se décompose et s’émiette. Cela demande donc deux fois moins de logistique de transport.
  • Homogénéité et stabilité : Il est parfaitement homogène, stable, et libère très lentement des minéraux, ce qui permet de l’utiliser toute l’année.
  • Réduction des adventices : Grâce à la phase de compostage à chaud, il y aura moins de graines d’adventices dans l'amendement. Ce fumier composté grossièrement ira directement au potager nourrir les petites bêtes du sol.

L'Utilisation du Fumier Frais

Malgré les avantages du fumier composté, il est possible d'apporter du fumier frais au potager. Les macro-organismes vont se régaler de matières grossières à décomposer et vont se démultiplier. Cependant, ce fumier sera bien moins stable et homogène. Il est donc fortement conseillé de l’épandre en dehors des périodes de culture. Le meilleur moment pour cela est en automne, car le sol est encore bien chaud et actif, ce qui permettra d'engloutir et de décomposer le fumier durant l’hiver.

Comparaison fumier frais et composté

L'Approche d'Olivier à Nantes

Au potager d’Olivier, le fumier est utilisé en très grande partie une fois composté. Il est mis en tas dans un coin ombragé pour qu’il garde une bonne humidité, et le tas est brassé tous les quinze jours. Cependant, Olivier apporte parfois quelques pelletées de fumier frais en surface du sol pendant l’automne, pour démultiplier la vie biologique, ce qui illustre une approche équilibrée entre fumier frais et composté.

Le Fumier : Amendement ou Engrais ?

Le fumier est une ressource assez peu concentrée en minéraux. On dit d’ailleurs que c’est un amendement et non un engrais, dans le sens où ses concentrations en azote, phosphore, potassium sont inférieures à 3%. Cette faible concentration en minéraux et cette richesse en carbone vont avoir un double impact. Premièrement, il faudra du temps pour que la vie du sol décompose les molécules complexes du fumier. Deuxièmement, il faudra en apporter en quantité.

L’azote, en particulier, prendra plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plusieurs années pour se rendre disponible pour les cultures, car il est très complexe et relié au carbone (on parle d’azote organique). La vie du sol aura un travail considérable pour le déchiqueter et le casser en morceaux afin qu’il soit absorbable par les cultures potagères, un processus appelé minéralisation de l’azote. Pour le phosphore et le potassium, bien qu’ils soient plus rapides à être disponibles, il faudra tout de même quelques semaines ou quelques mois pour que le fumier libère sa richesse nutritive.

Engrais ou/et Amendement !! 🤔

Les Quantités à Apporter

Au potager d’Olivier, le fumier est apporté une fois par an à l’automne. Sachant que c’est un apport très stable et très lent à libérer ses minéraux, Olivier n’hésite pas à amener de fortes quantités, surtout pour les parcelles qui accueilleront des cultures gourmandes comme la plupart des cultures estivales (tomates, aubergines, poivrons, courgettes). Une bonne brouette pour 10m², voire même deux parfois si la ressource est disponible, est une dose indicative.

Il est important de retenir que plus l’animal est petit, plus le fumier est riche. Les fumiers de lapin et de poules sont au moins deux fois plus concentrés en minéraux qu’un fumier de vache ou de cheval. Il faut en tenir compte pour apporter les bonnes quantités. Inutile de raisonner en brouette pour les fumiers très concentrés ; tout juste 1 kilo au m² sera déjà une belle dose, ce qui correspond à une bonne pelletée.

Différents Types de Fumiers et Leurs Spécificités

Le choix du fumier dépend souvent de la facilité d'accès aux ressources locales. Que ce soit un centre équestre proche, un agriculteur, des voisins avec des animaux ou une micro-ferme, il est préférable de faire avec ce qui est disponible. Si le transport est un problème, du fumier composté en sac est facilement transportable et disponible en jardinerie.

Fumier de Lapin

Le fumier de lapin est, après celui de volaille, le fumier le plus riche en potasse, ce qui en fait sa particularité. Idéal pour répondre aux besoins exigeants des cultures les plus gourmandes, telles que les tomates, les pommes de terre ou les betteraves. Il est souvent assez pailleux lorsque les crottes sont récupérées avec la litière. Il sera bien plus efficace en l’utilisant composté et évitera tout risque de brûlure des cultures. Pour un bon compostage, il faudra compter bien 90 jours de stockage en maintenant une bonne humidité et en prenant soin de casser les mottes compactes et sèches que peuvent parfois former les crottes. Il fait partie des fumiers chauds, idéal pour alléger les sols lourds. Jean-Paul Imbault, jardinier expert, rappelle que le fumier de lapin est immédiatement utilisable, contrairement à d'autres plus "chauds".

Fumier de Volaille (Fientes de Poules)

Les fientes de poules sont récupérées avec la litière de paille, directement dans le poulailler, surtout sous les perchoirs. Le fumier de poule est très riche en minéraux, ce qui en fait un excellent amendement pour le potager. Il est recommandé de le composter pour éviter les risques de brûlure et pour homogénéiser les apports nutritifs. Les fumiers de poule et de mouton nécessitent également un temps de repos avant emploi.

Fumier de Cheval

Le fumier de cheval est l'un des plus répandus et des plus utilisés dans les potagers, ainsi qu'en agriculture du fait des quantités considérables disponibles. Il est particulièrement apprécié par de nombreux jardiniers, car il montre de nombreuses qualités intéressantes.

Pourquoi le fumier de cheval ?

Le fumier de cheval est un bon amendement pour le sol, composé à la fois de déjections animales, d’urines et de matières végétales (paille ou déchets). Il est constitué comme un parfait compost : un mélange de matières sèches, ligneuses et donc riches en carbone, et de matières humides et riches en azote. Lors de sa décomposition, il offre au sol tous les nutriments dont il est composé : minéraux et oligo-éléments. Ses matières organiques favorisent également la formation d’une couche d’humus. La structure comme la composition du sol en sont améliorées, quelle que soit la qualité du sol au départ (argileux ou sablonneux), un grand bénéfice pour tous les organismes vivant dans le sol. Il est plus aéré, donc l’air et l’eau y circulent mieux, et l’eau y est plus facilement retenue. Tout ceci est extrêmement profitable aux plantes cultivées dans le potager.

Parmi les différents fumiers, l’utilisation du fumier de cheval pour le potager est un bon choix. Il est bien équilibré grâce à sa teneur en paille et est particulièrement apprécié pour les terres lourdes et argileuses, qu’il contribue réellement à améliorer. Il est particulièrement riche en potasse et en azote. Le fumier de cheval est un mélange de crottin, d’urine et de litière végétale, qui peut être constituée de paille, de copeaux de bois ou d’autres matières végétales. Un des paramètres essentiels à connaître est le rapport carbone/azote (C/N). Avec de la paille, ce rapport est assez équilibré (autour de 27 à 30). Avec des copeaux de bois, ce rapport peut grimper jusqu’à 60. Un fumier trop riche en carbone bloque temporairement l’azote du sol, car les micro-organismes puisent l’azote pour dégrader la matière, au détriment des plantes. C’est pourquoi un fumier frais ne doit jamais être utilisé directement au pied des cultures.

Le fumier de cheval est un amendement complet. Il apporte des éléments essentiels comme l’azote, le phosphore et la potasse, mais leur libération se fait lentement, au rythme de la minéralisation. Il contient également du calcium et du magnésium, qui jouent un rôle dans l’équilibre du sol et la croissance des plantes. Tous les fumiers de cheval ne se valent pas ; leur efficacité dépend de leur état de décomposition et du moment où ils sont utilisés.

Le fumier de cheval dans le potager

Le fumier de cheval frais

Le fumier frais présente quelques inconvénients :

  • Il est assez riche en ammoniaque à cause des urines, donc une quantité importante peut être polluante.
  • Il peut contenir des restes de traitements médicamenteux (vermifuges par exemple).
  • Il peut contenir des pathogènes (bactéries ou autres), bien que sa rapide montée en température et la présence d’oxygène les détruisent assez rapidement.
  • Il est conseillé de ne pas l’épandre juste avant les plantations ; il est préférable de le faire au moins 3 à 4 mois avant.
  • La quantité d’azote qu’il contient est un peu importante pour certaines plantations et risque de brûler leurs racines.
  • Le fumier de cheval est néanmoins assez fibreux et moins chargé en azote que d’autres fumiers.
  • L’utiliser frais a par contre l’avantage de doper l’activité biologique du sol. Après environ 1 mois, le fumier de cheval pourra tout à fait être utilisé comme lit de culture pour certains légumes (tomates et courges).
  • Ne pas l’utiliser frais en cours de culture lorsque les plants ont déjà poussé, car les éventuels agents pathogènes pourraient être encore actifs et contaminer la production.

Le fumier de cheval décomposé

Il faut environ 6 mois pour composter correctement un fumier. Le fumier de cheval, qui monte très haut en température, peut ainsi se débarrasser des éventuelles bactéries ou parasites qu’il peut contenir. Ce compostage permet également d’équilibrer les ratios NPK (N pour azote, P pour phosphore, K pour potasse). Un fumier de cheval bien décomposé présente ainsi un NPK de 0,6% d’azote, 0,4% de phosphore et 0,7% de potassium. Il ne fait donc courir aucun risque aux racines de jeunes végétaux qu’une forte quantité d’azote peut brûler, et les quantités de minéraux apportés au sol restent raisonnables. Il peut être épandu en quantité sans crainte, les doses conseillées étant de 1 à 3 kg par m² par an.

Pour bien mener ce compostage, plusieurs choses sont importantes :

  • Ne pas réaliser de tas trop hauts, dans lesquels le processus ne se passerait pas correctement.
  • L'installer sur des branchages qui permettront à l’air de passer en-dessous et favoriseront également l’écoulement du liquide qui se forme au cours de la décomposition.
  • Le retourner au moins 3 fois au cours des 6 mois.
  • Il est conseillé de couvrir le fumier, par exemple avec de la paille, pour éviter le lessivage de tous les nutriments dans le sol entraînés par la pluie.

Le fumier de cheval est bon pour presque tout au potager. Il sera utilisé frais, à demi-mûr ou totalement composté selon les cas. Il doit être apporté aux légumes et autres plantes potagères qui en ont le plus besoin : toutes les courges, les tomates et autres solanacées (poivrons, aubergines). Ces légumes gourmands supportent bien le fumier à demi-mûr, voire à peine composté. Les pommes de terre en sont également friandes, car le fumier de cheval est riche en potasse. Les salades peuvent aussi en profiter, mais ne leur donner que du fumier bien décomposé. Il est recommandé d'éviter de planter des alliacées comme les oignons, l’ail, l’échalote, à des endroits enrichis avec du fumier (ou d’autres matières organiques), car elles n'apprécient pas cela. À savoir : le fumier de cheval en sac pour potager est du fumier déjà composté, qui peut être utilisé dès l’achat.

Engrais ou/et Amendement !! 🤔

Fumier de Vache

Le fumier de vache est également très utilisé au potager et en agriculture en raison des quantités disponibles. Il est plutôt conseillé pour les sols légers, étant lui-même lourd et froid. Les bouses complétées d’une litière de paille mettent du temps à se décomposer sans trop de montées en température. Mais une fois composté, il pourra être utilisé pour tout type de sol. Sa richesse nutritive est assez similaire au fumier de cheval, un peu plus riche tout de même, notamment en potassium.

Techniques d'Incorporation du Fumier au Sol

Une question qui revient souvent est de savoir comment intégrer le fumier au sol, surtout dans le contexte des pratiques de jardinage qui prônent un minimum de perturbation du sol pour favoriser la vie biologique.

Fumier frais au potager

Le fumier frais contient une bonne partie d’azote très vite disponible via les urines et déjections fraîches. De nombreuses études montrent une déperdition d’azote allant jusqu’à 50% par volatilisation, mais dans le même temps, le fumier a besoin d’oxygène pour se décomposer. Il est donc conseillé de l’enfouir tout en le laissant dans un milieu aérobie, aéré, sur les 10 premiers centimètres de sol maximum. Sur les planches de culture, le meilleur moyen pour bien intégrer le fumier dans le sol est de ne pas l’intégrer ! Il convient de l’étaler sur le sol et de le laisser se décomposer jusqu'au moment des plantations, environ 3 à 4 mois. En effet, sa décomposition doit se faire en milieu aérobie, c’est-à-dire exposé à l’air.

Fumier composté

Le fumier composté est beaucoup plus stable. L’azote est lié au carbone et les molécules sont complexes. On pourra le laisser en surface sur un sol gorgé de vie biologique. C’est cette vie qui va travailler mieux que tout engin mécanique et incorporer le compost de fumier aux premiers centimètres de sol. Au contraire, sur un sol peu propice au potager, manquant de vie, d’aération ou encore d’humidité, il est conseillé d’enfouir mécaniquement le compost de fumier sur les premiers centimètres, un peu comme un enfant à ses premiers âges à qui il faut de l’aide pour manger et se développer.

L'Approche d'Olivier pour l'Incorporation

Au potager d’Olivier, les apports sont toujours incorporés sur les 10 premiers centimètres de sol. Cette méthode est à mille lieues des contraintes d’un labour, et la vie du sol n’est très peu, voire quasiment pas dérangée. Olivier utilise la grelinette ou parfois un simple croc.

Moment Idéal pour l'Épandage du Fumier

Quand mettre du fumier dans le potager ? C’est à l’automne qu’il est conseillé de réaliser cet épandage. Une fois le printemps venu, le gel et les pluies étant passés sur le fumier, aidées par les micro-organismes vivants dans le sol, le fumier sera parfait pour les plantes potagères. Les vers de terre et autres organismes feront leur travail et l'incorporeront progressivement dans le sol, en douceur et déjà décomposé. Il suffira de griffer légèrement le sol avant d’y faire les plantations. Cette méthode permet de nourrir le sol et de l’enrichir sans nuire à la vie indispensable qui s’y cache. Non seulement les légumes y trouveront les nutriments dont ils ont besoin pour une bonne croissance, mais en plus la terre sera améliorée.

La couche de fumier doit être épaisse, et il est judicieux de couvrir cet amendement avec, par exemple, toutes les feuilles mortes ramassées dans le jardin. Une astuce : si la zone est ventée, fixer un filet sur les feuilles permet d'être sûr qu’elles ne risquent pas de s’envoler.

Alternative Printanière

Autre possibilité : utiliser le fumier de cheval pour le potager au printemps. Lorsqu’il est bien décomposé, cette matière organique peut tout à fait être apportée sur les planches un peu avant les plantations. Au début du mois de mars, il faut faire une couche d’environ 6 cm et patienter une quinzaine de jours. Il suffira ensuite de l’enfouir superficiellement et de planter ou semer comme d'habitude. À savoir : le fumier frais peut être apporté sur des cultures, mais veillez à n’en mettre qu’une très petite quantité.

Approche Permaculturelle

Plutôt que d’enfouir, même superficiellement, le fumier épandu, celui-ci peut tout simplement être recouvert de matières ligneuses (matières composées de lignine comme la paille, les feuilles ou le BRF). Cela permet de former progressivement des buttes sur lesquelles les légumes pourront être plantés sans avoir à travailler le sol.

Calendrier d'épandage du fumier

Utilisation Spécifique du Fumier : La Couche Chaude

Il est très simple de faire une couche chaude au potager, où elle servira pour les semis et jeunes plants frileux à planter plus tard. Le fumier de cheval est tout à fait approprié à la confection de ces couches chaudes, car il monte rapidement en température.

La couche chaude peut être construite directement sur le sol, mais il est plus judicieux de creuser une fosse d’une cinquantaine de centimètres. Cela permettra de conserver la chaleur émise par la décomposition des matières organiques qui la composent. Il faut faire une couche de 30 à 40 cm de fumier de cheval et arroser copieusement. Le fumier peut être mélangé à des déchets verts variés, comme des tontes de gazon ou du BRF, et recouvert d’une couche de compost.

Sans fosse, il est possible de fabriquer un cadre en bois d’environ 30 cm de hauteur qui sera posé sur le tas ; le cadre doit être un peu plus petit que le tas de fumier. Étaler du terreau par-dessus et attendre une semaine. Passé ce délai, la température sera plus douce, environ 20°C, et les semis et jeunes plantes potagères pourront y être installés.

Le Fumier Déshydraté : Une Alternative Pratique

Le fumier déshydraté, très simple à utiliser de par sa présentation en granulés, est idéal pour tous ceux qui n’ont pas accès à du vrai fumier. Il présente l'avantage de pouvoir être employé à tout moment et pour de nombreuses plantes potagères : pommes de terre, tomates, salades, petits fruits, etc.

Il s’emploie aussi bien pour fertiliser le sol avant une plantation que pour apporter des nutriments en cours de croissance des plantes potagères. Il se mélange très simplement à la terre ou au terreau et s’incorpore par griffage ou ratissage. En entretien, il sera apporté 1 fois par an, à l’automne ou au printemps, à raison d’1 kg/m².

Le fumier de jardinerie est souvent enrichi avec des algues marines ou d’autres apports organiques. La raison est que le fumier est assez pauvre et peu concentré en minéraux essentiels, il est donc préféré de le vendre additionné d’engrais naturels tels que les algues pour enrichir une plus grande surface du potager avec un seul sac. Les doses de fumier varient, mais on est généralement sur un apport de 500 grammes de fumier desséché par mètre carré cultivé.

Dosage et Fréquence d'Application

Le dosage de fumier dépend des besoins spécifiques des plantes et de l'état du sol. En règle générale, les plantes les plus gourmandes du potager nécessitent entre 15 et 20 g d’azote, entre 8 et 10 g de phosphore et entre 20 et 30 g de potassium par an et par m². Cependant, ces besoins sont en partie apportés par d’autres biais : la décomposition du paillage lorsqu’il est organique, le compost, l’utilisation d’engrais verts.

Pour la première année, 3 kg de fumier de cheval décomposé est une bonne dose, puis 1 kg par m² la deuxième année. En entretien, l’épandage de fumier décomposé ne sera pas fait tous les ans. Il est possible d’apporter ce fumier tous les 2 ou 3 ans, à raison d’1 kg par m².

La dose à utiliser dépend surtout de l’état de décomposition du fumier :

  • Fumier frais : comptez 2 à 3 kg par m², soit environ 20 à 30 tonnes à l’hectare. Ce type de fumier ne doit jamais être utilisé juste avant une plantation.
  • Fumier composté : ici, la matière est déjà transformée. 1 à 2 kg par m² suffisent pour enrichir le sol avant les plantations de printemps.
  • Fumier déshydraté : ce type de fumier est plus concentré. Il suffit souvent de 0,5 à 1 kg par m², ou quelques poignées autour de chaque plant.

Pour les cultures en pots ou en bacs, le volume de terre est limité, donc il vaut mieux réduire les quantités. Une petite poignée mélangée au terreau, ou un surfaçage léger, est largement suffisant.

Les cultures gourmandes sont les grandes gagnantes : tomates, poivrons, aubergines apprécient un sol riche en humus ; courgettes, potirons, concombres ont besoin de beaucoup de matière organique ; choux, poireaux, céleris, dont le cycle est long, demandent un sol structuré et nourri.

Gérer le Fumier avec Vigilance

Jean-Paul Imbault, jardinier expert, met en garde contre les dangers d'une mauvaise utilisation du fumier. Le fumier de cheval, par exemple, peut atteindre des températures extrêmes, jusqu’à 60°C, risquant de brûler les plantes. Avant toute utilisation, il recommande de le stocker à l'écart dans le jardin et de l’aérer régulièrement. Ce processus, qui réduit sa chaleur, demande environ un an.

Risques et Précautions

Utilisé sans compostage, le fumier peut faire plus de mal que de bien. Il contient de l’ammoniac, très concentré juste après la collecte. Un fumier trop riche en azote peut provoquer ce qu’on appelle une faim d’azote. Il peut aussi transporter des parasites (strongles) ou des bactéries pathogènes comme E. coli. Pour réduire ces risques, le fumier doit atteindre au moins 55°C pendant 3 jours lors du compostage. Autre souci potentiel : les vermifuges ou herbicides parfois présents dans le crottin. Si la provenance exacte du fumier est inconnue, il est recommandé de faire un bio-essai simple : semer quelques graines de pois ou de haricots dans un mélange contenant du fumier.

Le fumier, comme tout effluent d’élevage, est strictement encadré par la réglementation. Dans certaines zones dites vulnérables (notamment aux nitrates), les apports sont limités à 170 kg d’azote par hectare et par an. Cela correspond à environ 25 à 30 tonnes de fumier frais par hectare, selon sa composition. Enfin, le fumier doit être stocké dans de bonnes conditions, de préférence sur une fumière étanche et protégée de la pluie, pour éviter les écoulements polluants. Le compostage n’est pas une option, c’est la clé pour transformer un fumier brut en un amendement stable, sain et efficace. Composter du fumier de cheval ne se résume pas à le laisser en tas. Il faut former un andain (empiler le fumier en tas aéré, de préférence en extérieur), contrôler l’humidité (le compost doit être humide comme une éponge essorée), et s’assurer qu’il ne sent plus l’urine ni l’ammoniac, qu'il est sombre, grumeleux et facile à manipuler, sans morceaux reconnaissables de paille ou de crottin. Inutile de précipiter son usage. Un fumier partiellement décomposé peut encore libérer trop d’azote, ou à l’inverse le bloquer.

Stockage et compostage du fumier

Alternatives au Fumier

Si l’accès au fumier est compliqué ou l'idée de l'utiliser vous repousse, de nombreuses autres solutions existent pour enrichir le sol, l’améliorer et nourrir les cultures. Il est possible de penser au compost ménager, au compost végétal, aux paillages diversifiés (broyat, foin, paille, tontes, feuilles) qui, mois après mois, apporteront de la richesse. Il faut aussi penser à la multitude d’engrais naturels qui vont enrichir le sol.

Même s’il est très utile, le fumier de cheval n’est pas toujours la solution idéale. Dans certaines situations, il peut compliquer les choses plutôt que d’aider. Si le sol est déjà noir, souple et riche en humus, ajouter du fumier peut être superflu, voire contre-productif. De même, sur un sol lourd et argileux, un fumier mal décomposé risque d’amplifier le phénomène. Toutes les plantes ne tolèrent pas bien les sols enrichis en matière organique. Les légumes-racines comme les carottes, les navets ou les radis réagissent mal à un excès de fertilité. Dans ce cas, mieux vaut éviter tout apport de fumier, même bien composté. Ces cultures préfèrent un sol léger, peu enrichi.

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