Gestion Intégrée des Grandes Mauvaises Herbes Adultes dans le Maïs

Champ de maïs avec mauvaises herbes visibles

Le maïs, avec une récolte mondiale (2019/2020) estimée à 1,0 milliard de tonnes, est l'une des cultures les plus importantes au monde. Cette céréale revêt une importance particulière au Brésil, où elle est la deuxième culture la plus importante dans la production agricole, dépassée seulement par le soja, qui est en tête de la production céréalière du pays. Au Brésil, le maïs se caractérise par sa culture toute l'année, selon la zone climatique. Historiquement, au début de sa culture, le maïs était essentiellement utilisé pour la subsistance humaine. Aujourd'hui, le Brésil est déjà le deuxième exportateur mondial de maïs, dépassé seulement par les États-Unis. Le produit est reconnu pour sa bonne qualité et pour garantir un approvisionnement dans plusieurs pays précisément pendant la contre-saison américaine. Cependant, l'optimisation des rendements de cette culture vitale est constamment menacée par la compétition exercée par les mauvaises herbes.

La Compétition des Mauvaises Herbes et la Période Critique du Maïs

La lutte contre les mauvaises herbes (adventices) est certainement une des activités les plus coûteuses dans la culture du maïs, mais elle est absolument nécessaire. En effet, les mauvaises herbes concurrencent les plants de maïs pour l’eau, les nutriments et l’accès à la lumière du soleil, en particulier pendant les « phases critiques » de la culture. Le maïs résiste mal aux autres végétaux. Ainsi, pour obtenir un rendement optimal, il faut réduire la pression exercée par les mauvaises herbes dès le début de la saison. Dans le but de mieux gérer la gestion des communautés de mauvaises herbes, chaque culture connaît une période dite critique de compétition, qui fait référence à la période pendant laquelle la culture ne peut pas coexister avec la présence de mauvaises herbes. Cette période commençant généralement après 10 à 15 jours après la levée. Pour la culture du maïs, on appelle « période critique d’absence de mauvaises herbes » la période comprise entre le stade de trois feuilles et le stade de huit feuilles. Les stades précédant la fermeture du couvert végétal de la culture sont considérés comme « critiques » pour la culture. Les agriculteurs doivent contrôler les mauvaises herbes pendant ces stades initiaux afin de garantir un bon rendement final. Cette période critique dure jusqu’à 21-28 jours après le semis, lorsque le maïs a développé 8-10 feuilles.

Le degré d'interférence entre les cultures et les mauvaises herbes dépend de la communauté des mauvaises herbes, de la densité de la population et de la répartition sur le terrain. Cela dépend également de l'interaction de compétitivité entre les cultures et les espèces, où les cultures subissent toujours plus de concurrence, et cela dépend aussi de la répartition spatiale. Il est évident qu’attendre au stade de huit feuilles permet d’éliminer un plus grand nombre de mauvaises herbes levées - et le champ paraît ainsi très épuré tard dans la saison - mais le rendement souffre grandement de la lutte que se font les mauvaises herbes et la culture. Par conséquent, il est très important d’amorcer la lutte contre les mauvaises herbes tôt dans la saison afin d’optimiser le potentiel de rendement du maïs. La nature, le stade et la densité des adventices vont orienter le choix de la stratégie de désherbage à adopter.

Comment les différents stress affectent le rendement du maïs

Identification et Caractéristiques des Principales Mauvaises Herbes

L'identification précise des mauvaises herbes présentes est une étape fondamentale pour une gestion efficace. De la classe botanique des monocotylédones, les espèces les plus communes appartenant généralement à la famille des graminées sont les annuelles. D'autres espèces comme Commelina benghalensis, qui est une monocotylédone vivace, mais de la famille des comélinacées, peuvent également être problématiques. Il est essentiel d’identifier les mauvaises herbes et de déterminer leur cycle de vie (p. ex., s’il s’agit d’annuelles, d’annuelles hivernales, de vivaces, etc.) et leur stade de croissance actuel afin de choisir le taux d’application du glyphosate ou de tout autre herbicide.

Parmi les espèces résistantes aux herbicides, nous mettons en avant les espèces Digitaria insularis, Eleusine indica, Chlorys polydactyla, Lolium multiflorum, Conyza spp avec une plus grande fréquence et dissémination. Cependant, des rapports récents font état d'une résistance spécifique à l'espèce Bidens pilosa, Amarante spp, Euphorbia hétérophylla, pour l'herbicide glyphosate. L'amarante est d'ailleurs une mauvaise herbe à la vitalité tenace. Xanthium sibiricum est également une mauvaise herbe commune dans les champs de maïs.

Un ennemi majeur du maïs, provoquant des pertes de rendement pouvant aller jusqu’à la perte totale de la récolte, notamment en Afrique, est la Striga (Striga asiatica (L.) Kuntze) ou « herbe aux sorcières ». La gestion du datura se révèle plus complexe car cette adventice annuelle devient problématique dans toutes les régions. La réglementation sur les seuils s’est durcie en alimentation humaine et va également évoluer pour l’alimentation animale. Il est primordial de ne surtout pas se laisser envahir par le datura. Pour ce faire, il faut l’arracher dès son apparition et répéter les binages avant la fermeture du rang. Les zones claires (passage d’enrouleurs, dégâts de gibier) doivent être surveillées en priorité.

Le profil des mauvaises herbes (c’est-à-dire les espèces rencontrées dans un champ donné) est le principal paramètre à prendre en compte pour choisir les méthodes de désherbage les plus appropriées. Pour cela, les agriculteurs doivent tenir un registre pour noter les espèces de mauvaises herbes qui poussent dans leur champ et leur population. Les outils de l’agriculture de précision peuvent également permettre de cartographier la répartition des espèces d’adventices dans un champ. Pour les reconnaître facilement, on peut utiliser un guide d’identification, en version papier ou électronique (de nombreuses applications pour smartphone sont déjà disponibles). Il ne faut pas sous-estimer l’importance de la tenue de tels registres. Les espèces de mauvaises herbes varient selon les régions/pays et les champs. La plupart des gouvernements publient des répertoires des mauvaises herbes présentes au niveau local.

Stratégies de Lutte Intégrée contre les Mauvaises Herbes

Le désherbage, comme de manière générale la protection des cultures contre les phytopathogènes, doit être menée de manière intégrée, c’est-à-dire en mettant en œuvre différentes stratégies de contrôle. En termes simples, la lutte intégrée contre les mauvaises herbes consiste à utiliser différentes techniques, comme le travail du sol, les herbicides et d’autres mesures susceptibles d’avoir un effet sur les espèces d’adventices, leur densité, leur survie et la concurrence qu’elles représentent. Cette approche est fortement recommandée car la combinaison et/ou l’alternance fréquente de différentes mesures permet de lutter contre les mauvaises herbes sur le long terme et avec un taux de réussite plus élevé. En outre, il s’agit d’une approche plus durable. Les agriculteurs optent en général pour une combinaison des mesures mentionnées ci-dessous.

Schéma de la lutte intégrée contre les mauvaises herbes

Lutte Pré-Semis et Pré-Levée

La plupart des agriculteurs parient sur l’élimination effective des mauvaises herbes avant même le semis de leur culture. En semant une variété de maïs à germination précoce et à croissance rapide dans un champ relativement bien débarrassé des mauvaises herbes, on réduit la nécessité de toute opération post-levée et donc les coûts. La préparation du lit de semences commence bien avant le semis du maïs. Les stratégies de désherbage avec double application restent les plus sécurisantes.

Le glyphosate est l’herbicide de présemis le plus couramment utilisé dans l’Ouest canadien, car la majorité des cultures de maïs sont résistantes au glyphosate et ce produit tolère assez bien les fluctuations météorologiques. À -2 ou -3 degrés Celsius, le gel n’a pas une grande incidence sur un plant, et la pulvérisation peut reprendre le lendemain si la température atteint 8 degrés Celsius pendant au moins deux heures. À noter que le mélange en cuve constitue une partie essentielle de toute application d’herbicide, et que la période de présemis est un moment idéal pour lutter simultanément contre diverses mauvaises herbes qui pourraient poser problème plus tard dans la saison.

Dans les scénarios où le maïs est semé après la récolte du blé ou d'autres céréales d'hiver, après la récolte du soja, des haricots ou d'autres types de cultures, des herbicides de pré-levée peuvent être appliqués sur des terres exemptes de mauvaises herbes, de préférence en utilisant 2 ingrédients actifs avec différents mécanismes d’action, et qui peuvent couvrir le spectre des espèces. Lorsque, dans des scénarios qui se produisent après la récolte du soja, des haricots ou d'autres cultures, et que le maïs est semé plus tard et qu'il y a des feuilles étroites et des feuilles larges, des herbicides systémiques peuvent être appliqués, avec des ingrédients actifs qui couvrent l'effet sur l'ensemble de la communauté des mauvaises herbes. Si vous avez des herbes amères résistantes au glyphosate, avec une repousse d'environ 10 à 20 cm, du glufosinate peut être appliqué avant le semis et après le semis des herbicides de prélevée peuvent être appliqués, de préférence en utilisant 2 principes actifs avec des mécanismes d'action différents, et qui peuvent envisager le spectre des espèces présentes ou peut-être d’autres espèces. En présence de ray-grass, la prélevée est indispensable dans la culture de maïs avec une base de DMTA-P. En effet, on ne peut pas compter uniquement sur un passage de postlevée avec des herbicides à action foliaire, leur efficacité étant devenue très aléatoire sur cette flore difficile. Par ailleurs, nos essais ont montré une meilleure régularité d’efficacité en prélevée qu’en postlevée précoce sur ray-grass.

Le maïs est une culture pour laquelle il existe plusieurs excellents herbicides, notamment ceux qui permettent de lutter contre les mauvaises herbes tolérantes au glyphosate. Comme mentionné précédemment, le maïs concurrence mal la présence d’autres plants dans le champ, d’où l’avantage considérable d’un désherbage précoce. Intervenir sur des adventices non levées ou au stade plantule (dicotylédones avant deux feuilles, graminées avant une feuille) est crucial. Les produits à action racinaire doivent être appliqués le plus tôt possible après le semis de façon à bénéficier de l’humidité du sol, sur un sol pas trop motteux. La dose dépend de la teneur en matière organique du sol.

Lutte Post-Levée et en Culture

S’il n’a pas été possible d’appliquer un herbicide de présemis ou de prélevée, il reste plusieurs options de pulvérisation en postlevée ou en culture. Le glyphosate est homologué pour deux applications de 0,67 l/acre pour le maïs au stade d’une à huit feuilles ou une application de 1,33 l/acre pour le maïs au stade d’une à six feuilles. Le binage est une autre option; son efficacité dépend du moment où il intervient. Les mauvaises herbes doivent être éliminées de manière précoce (avant qu’elles n’aient 2 à 4 feuilles). Cela permet de réduire à temps la concurrence pour les nutriments, la lumière et l’eau.

Les herbicides post-levée peuvent être appliqués dans des zones spécifiques du champ, partout où les adventices ont été repérées. La cartographie des mauvaises herbes dans le champ est très utile pour définir ces zones. Les produits et doses adaptés à la flore présente doivent tenir compte de l'espèce la plus difficile à contrôler et du stade des adventices. Traiter sur des adventices jeunes (moins de 3-4 feuilles) assure une meilleure efficacité. Il est important d'avoir une hygrométrie supérieure à 70 % lors de l’application. Il faut éviter de traiter des maïs stressés. Les températures comprises entre 10 et 25°C dans les 48 h après le traitement sont idéales pour limiter les risques de phytotoxicité.

Les dicotylédones les plus difficiles à maîtriser nécessiteront souvent deux passages (premier passage au stade jeune de l’adventice). La lutte contre le liseron des haies est plus difficile car pour être efficace, la matière active doit être absorbée en grande quantité, donc par une plante développée (liseron > 15 cm). En lutte conjointe contre graminées, dicotylédones et liserons, l’association triple « sulfonylurée + tricétone + 3e partenaire » est souvent utilisée. Le 3e partenaire est un produit contenant du dicamba ou du fluroxypir. Cette stratégie peut freiner le liseron mais ne le détruit pas. Pour détruire le liseron des haies, il faut mener une lutte spécifique par une stratégie en deux passages de post-levée à base de dicamba, à dissocier de la lutte contre les dicotylédones.

Comme pour les applications en pré-levée, l’agriculteur doit consigner des informations sur l’efficacité des produits appliquées en post-levée et utiliser des herbicides ayant des modes d’action variés. Il réduira ainsi le risque de développement d’une résistance des mauvaises herbes à certains composés. Le maïs a une haute valeur nutritionnelle et constitue une excellente culture vivrière.

Panorama des Herbicides et Leurs Mécanismes d'Action

Compte tenu de la grande diversité des espèces de mauvaises herbes, il est nécessaire d'utiliser au moins deux types d'herbicides, en termes de spectre d'action, avec jusqu'à cinq principes actifs pouvant être utilisés dès le moment précédant le semis, donc après le semis et après la levée des cultures. La résistance des adventices aux herbicides utilisés est un problème non négligeable à l’échelle mondiale. Sa gravité est variable selon les pays et les composés actifs de l’herbicide. Pour éviter l’apparition d’une résistance dans la population de mauvettes herbes, il est conseillé de changer fréquemment d’herbicides (mode d’action). Les solutions présentées dans le tableau 1 (non fourni ici) présentent les meilleures efficacités dans nos essais. Comme pour tous les désherbants racinaires, l’efficacité reste toutefois très dépendante de l’humidité du sol. En conditions sèches, comme cela a souvent été le cas en 2025, le résultat peut être très décevant.

Voici une description des herbicides et de leurs mécanismes d'action, qui sont essentiels pour une gestion ciblée :

  • Glyphosate : Herbicide hautement translocable (systémique), avec le mécanisme d'action par l'inhibition de l'enzyme EPSPs (Enol Pyruvyl Shikimate Phosphate Synthase), inhibant la synthèse des acides aminés Tryptophane, Valine et Phénylalanine. Son absorption est très lente. Il est largement utilisé dans les modalités d'applications de pré-semis, pouvant associer d'autres herbicides avec différents mécanismes utilisés dans la culture du maïs, mais qui ont une action sur les espèces pour lesquelles le glyphosate ne favorise pas un contrôle adéquat, ou dans les zones où il y a la présence de biotypes résistants.

  • Glufosinate : Herbicide non translocable (contact), avec le mécanisme d'action par l'inhibition de l'enzyme S-Glutamine, qui régule la production d'ammoniac dans les cellules. Son absorption est lente. Il est largement utilisé dans les modalités d'applications de pré-semis, pouvant associer d'autres herbicides avec des mécanismes différents, utilisés pour la culture du maïs, mais qui ont une action sur les espèces pour lesquelles le glufosinate ne favorise pas un contrôle adéquat.

  • Saflufénacil, Carfentrazone : Herbicides non translocables (contact), le mécanisme d'action étant l'inhibition de l'enzyme PROTOX (Oxydation du Protoporphyrinogène) responsable de la production de pigments caroténoïdes. Leur absorption est rapide. Ils n'agissent qu'en post-levée pour de nombreuses plantes à feuilles larges. À utiliser uniquement en mode dessiccation avant le semis de la culture, ou après le semis, mais avant la levée de la culture. Ils n'ont aucune action résiduelle sur le sol. Il est nécessaire d'ajouter des huiles minérales ou de l'huile de soja méthylée ou un autre type d'adjuvant recommandé par le fabricant. Concernant les stades de feuilles larges, il est très important de les appliquer de préférence sur des plants ne dépassant pas 15 cm, ou à des stades plus grands pour certaines espèces plus spécifiques. Ils peuvent être mélangés avec des herbicides à base de glyphosate, de glufosinate, d'auxiniques, d'inhibiteurs d'ACCase, ou encore avec des herbicides à action de pré-levée, dans le système d'application et de plantation ou de plantation et d'application, pour autant que le couvert végétal existant permette l'arrivée de pré-levées.

  • Flumioxazine : Herbicide non translocable (contact), lorsqu'il est appliqué en post-levée, et translocable (systémique) lorsqu'il est appliqué en pré-levée. Il a également le mécanisme d'action d'inhiber l'enzyme PROTOX. Son absorption est rapide. Il a une action en pré- et post-levée pour les feuilles larges et en pré-levée pour les espèces Digitaria insularis et Digitaria horizontalis. À utiliser uniquement en mode dessiccation avant le semis de la culture, ou après le semis, mais avant la levée de la culture. Il est nécessaire d'ajouter des huiles minérales ou de l'huile de soja méthylée ou un autre type d'adjuvant recommandé par le fabricant, en cas d'application en post-urgence. Concernant le stade de feuilles larges, il est très important de l'appliquer de préférence sur des plantes ayant un maximum de 4 feuilles ou à des stades plus grands pour certaines espèces plus spécifiques. Il peut être mélangé avec des herbicides à base de glyphosate, de glufosinate, d'auxiniques, d'inhibiteurs d'ACCase, ou avec d'autres herbicides à action de pré-levée, dans le système d'application et de plantation ou de plantation et d'application, à condition que le couvert végétal existant permette l'arrivée de pré-levée.

  • Diquat : Herbicide non translocable (contact), agit en inhibant le photosystème I, favorisant la destruction des membranes cellulaires. Il n'agit qu'en post-levée sur de nombreuses plantes à feuilles larges. Son absorption est rapide. À utiliser uniquement en mode dessiccation avant le semis de la culture, ou après le semis, mais avant la levée de la culture. Il est nécessaire d'ajouter les adjuvants recommandés par les fabricants. Concernant les stades de feuilles larges, il est très important de l'appliquer de préférence sur des plantes ne dépassant pas 15 cm. Ils peuvent être mélangés avec des herbicides à action de pré-levée, dans le système d'application et de plantation ou de plantation et d'application, à condition que le couvert végétal existant permette à la pré-levée d'atteindre le sol.

  • 2,4-D, Triclopyr, Dicamba : Ce sont des herbicides hautement translocables (systémiques), le mécanisme d'action est lié aux imitateurs de l'auxine ou aux régulateurs de croissance. Leur absorption est rapide. Ils sont spécifiques pour le contrôle des larges feuilles et ont une action plus spécifique en post-levée de l'espèce. Ils conviennent particulièrement aux applications de dessiccation avant le semis de la culture. L'effet des blessures est lent et la mort complète peut prendre de 15 à 30 jours. Il est nécessaire de vérifier le spectre des espèces présentes pour chaque principe actif et leur stade. Ils peuvent être appliqués en mélange en réservoir avec du glyphosate, du glufosinate, du saflufénacil, du carfentrazone, de la flumioxazine et de l'atrazine.

  • Cléthodyme : Herbicide translocable (systémique), le mécanisme d'action est lié à l'inhibition de l'ACCase, responsable de la formation de lipides dans les membranes cellulaires. Son absorption est rapide. Il possède un spectre d'action pour les feuilles étroites appartenant à la famille des graminées. Utilisé pour la gestion des espèces de graminées annuelles et vivaces, uniquement en post-levée, dans le système de semis direct ou lorsque des biotypes résistants au glyphosate sont présents, tels que Digitaria insularis, Chlorys polydactyla, Eleusine indica, Lolium multiflorum. En fonction des stades des espèces présentes, notamment les graminées de plus de 50 cm ou pendant la floraison, il peut être nécessaire d'appliquer séquentiellement des herbicides de contact, tels que le Glufosinate ou le Diquat, et dans ce scénario, il y a une augmentation du contrôle des dicotylédones.

  • (Cléthodyme + Fluroxypyr) : Cet herbicide translocable (systémique) a 2 mécanismes d'action, inhibiteur de l'ACCase et Auxin Mimic. Les deux principes actifs sont rapidement absorbés. Il est utilisé pour la gestion des graminées et des espèces dicotylédones en post-levée, avant le semis du maïs dans le système de semis direct. En fonction des stades des espèces présentes, notamment les graminées de plus de 50 cm ou pendant la floraison, il peut être nécessaire d'appliquer séquentiellement des herbicides de contact, tels que le Glufosinate ou le Diquat, et dans ce scénario, il y a une augmentation du contrôle des dicotylédones.

  • Atrazine : C'est un herbicide transférable (systémique) lorsqu'il est appliqué en pré-levée et non transférable (contact) lorsqu'il est appliqué en post-levée. Son mécanisme d'action est appelé inhibiteur du photosystème II. Il a un spectre d'action avec une plus grande prédominance pour le contrôle de la plupart des feuilles larges et a encore une action résiduelle pour les feuilles larges et certaines feuilles étroites, mais il est toujours nécessaire d'adapter les doses en fonction du type de sol. Dans les modalités post-levée, l'Atrazine n'est pas transférable (contact) et son absorption est un peu rapide. Son spectre d'action avec une plus grande prédominance est pour le contrôle de la plupart des feuilles larges et a encore une action résiduelle pour les feuilles larges et certaines feuilles étroites.

  • S-Métolachor et Pyroxasulfone : Ce sont des herbicides à large spectre d'action, avec une plus grande plage de contrôle pour les graminées annuelles et vivaces et certaines feuilles larges, mais en pré-émergence totale de l'espèce. En raison du mécanisme d'action qui inhibe les points initiaux de croissance, il doit être en contact avec les graines dès qu'elles émettent la radicola, le coléoptile et l'hypocotyle, ce qui se produit vers 3 à 4 jours, dans des conditions d'humidité et de température propices à l'apparition des processus de germination. Les agriculteurs utilisent généralement un mélange d’un herbicide à base de triazine, comme l’atrazine ou la terbuthylazine, pour lutter contre les mauvaises herbes à feuilles larges (adventices dicotylédones), et d’un chloroacétanilide comme l’alachlore, le métolachlore et l’acétochlore, pour lutter contre les graminées.

  • Isoxaflutole : Herbicide translocable (systémique), inhibiteur de l'enzyme HPPD (Hydroxy Pyruvate Dioxygenase). Cette forme inhibe la synthèse des caroténoïdes et inhibe par conséquent la formation de chlorophylle. Herbicide spécifique à appliquer uniquement en prélevée, avec restrictions pour les sols sableux, il possède un spectre d'action pour les graminées annuelles et vivaces.

  • (Métolachlore + Atrazine), (Alachlor + Atrazine) : Ils disposent de 2 mécanismes d'action agissant pour contrôler l'espèce. Lorsqu'ils sont appliqués en pré-émergence, ils ont un spectre de graminées annuelles et vivaces et de nombreuses feuilles larges, mettant en évidence le carurus trapoeraba, l'herbe chaude, le genêt à boutons, le picão blanc, le pourpier, les cordes d'alto, le laitier, le guanxuma, le picão noir, entre autres. En post-levée, ils sont plus efficaces pour les feuilles larges dans les premiers stades allant jusqu'à 4 feuilles.

  • (Simazine + Atrazine) : Le mécanisme d'action est appelé Photosystem II Inhibitor. Ils ont un spectre de graminées annuelles et de nombreuses feuilles larges, mettant en évidence le carurus trapoeraba, l'herbe chaude, le genêt à boutons, le picão blanc, le pourpier, les cordes d'alto, l'asclépiade, le guanxuma, le picão noir, entre autres. Lorsqu'il est appliqué en pré-levée, il est translocable ou systémique et lorsqu'il est appliqué en post-levée, il n'est pas translocable ni par contact. En post-levée, il est plus efficace pour les feuilles larges dans les premiers stades, jusqu'à 4 feuilles.

  • (Pyroxasulfone + Flumioxazine) : Ils disposent de 2 mécanismes d'action agissant pour contrôler l'espèce. Herbicide à appliquer en pré-émergence, il a un spectre pour les graminées annuelles et vivaces et de nombreuses feuilles larges, en soulignant le carurus trapoeraba, l'herbe chaude, le genêt à boutons, le picão blanc, le pourpier, les cordes d'alto, le laitier, le guanxuma, le picão-noir, entre autres.

  • Mésotrione : Herbicide translocable (systémique), le mécanisme d'action est l'inhibition de l'enzyme HPPD, qui inhibe la synthèse des caroténoïdes et inhibe par conséquent la formation de chlorophylle. Son absorption est un peu rapide. Il a une action plus spécifique sur la digitaire et la digitaire en post-levée, certaines feuilles larges, en particulier les cordes d'alto, le picão-preto, les cultures volontaires comme le soja. En général, la mésotrione est toujours appliquée en mélange, avec prédominance d'atrazine, mais elle peut également être appliquée en association avec du glyphosate (Corn RR), du glufosinate (Corn LL) et du nicosulfuron (vérifier que l'hybride n'est pas sensible au nicosulfuron) ou avec herbicides qui agissent en pré-urgence.

  • Thémbotryon : Herbicide translocable (systémique), le mécanisme d'action est également l'inhibition de l'enzyme HPPD, l'absorption est quelque peu lente. Il a une action sur diverses graminées et larges feuilles en post-levée. En général, la tembotrione est toujours appliquée en mélange, avec prédominance d'atrazine, mais également appliquée en association avec du glyphosate (Corn RR), du glufosinate (Corn LL) et du nicosulfuron (vérifier que l'hybride n'est pas sensible).

Il est toujours préférable de lire les étiquettes des produits ou de consulter les représentants de l’entreprise pour confirmer tout renseignement.

Autres Pratiques Culturales et Gestion Agroécologique

Bon nombre d’agriculteurs utilisent d’autres techniques pour lutter contre les mauvaises herbes. Parmi les différentes pratiques culturales, notons la culture, un espacement plus étroit entre les rangs, des cultures de couverture et la destruction des graines de mauvaises herbes. L’agriculteur doit garder à l’esprit qu’un plus grand espacement des rangs et des plantes laisse plus d’espace à la lumière pour pénétrer dans la culture, ce qui favorise la germination et la croissance des mauvaises herbes. Il n’existe pas de « recette miracle » pour déterminer l’espacement idéal.

Rotation des Cultures et Cultures Associées

Un plan de désherbage à l’échelle de la rotation est essentiel. La maîtrise du ray-grass ne peut reposer uniquement sur le désherbage chimique. Le labour occasionnel - labourer suite à un échec de désherbage et ne plus labourer dans les trois ans qui suivent - combiné à l’alternance des périodes de semis et des modes d’action des herbicides appliqués dans les différentes cultures est essentielle pour limiter la progression de l’adventice. La monoculture du maïs pratiquée dans un champ pendant de nombreuses années peut avoir un effet considérable sur le profil et la population des mauvaises herbes. L’introduction d’autres espèces végétales (généralement des cultures) dans le champ peut avoir un impact et diminuer les pertes de rendement du maïs.

La rotation des cultures permet de lutter très efficacement contre deux espèces de mauvaises herbes qui sont des « ennemies » majeures du maïs : Cyperus spp. (souvent appelée "souchet") et d'autres espèces non spécifiées mais également critiques. La culture de deux espèces dans le même champ pendant la même saison culturale est une pratique de cultures intercalaires. Dans ces stratégies, le maïs est considéré comme la culture principale. Cela signifie que les cultures associées sélectionnées doivent « aider » le maïs à atteindre un rendement plus élevé, même à leurs dépens. Le choix des cultures secondaires doit se faire après une analyse bien étayée. Le maïs est l’une des cultures les plus couramment utilisées dans les systèmes de cultures intercalaires. Les cultures susmentionnées sont également recommandées et fréquemment utilisées pour des programmes de rotation des cultures incluant le maïs. Il convient de manière générale, dans chacun des systèmes mentionnés, de sélectionner des espèces qui ne sont pas étroitement liées et dont les « ennemis » (mauvaises herbes et phytopathogènes) sont différents. Cela permet de réduire considérablement la pression de sélection s’exerçant sur certaines espèces de mauvaises herbes, réduisant ainsi leur prédominance dans le champ.

Gestion des Mauvaises Herbes en Agriculture Biologique

En agriculture biologique (AB), la gestion du salissement du maïs est à considérer avec beaucoup d’attention. Cultivé pour le grain ou le fourrage, le maïs se prête bien à la conduite en AB. En conditions non limitantes, la génétique permet des niveaux de rendements tout à fait satisfaisants. De plus, le maïs n’est pas sensible aux maladies et valorise très bien les engrais organiques. La rotation des cultures et le travail du sol sont des leviers utiles à mobiliser pour minimiser l’impact des graminées estivales en culture de maïs. Le catalogue français est riche d’un grand nombre de variétés bio qui ont fait leurs preuves. Il faut privilégier les variétés avec une précocité adaptée pour permettre de récolter suffisamment tôt et dans de bonnes conditions a priori. D'autres critères à considérer sont le niveau et la stabilité du rendement, une bonne vigueur de départ et un pouvoir couvrant, condition sine qua non pour que le maïs cultivé en bio prenne rapidement l’avantage concurrentiel sur les mauvaises herbes.

Dans les systèmes en polycultures élevages, le maïs est une source d’énergie facile à produire qui sécurise l’autonomie alimentaire des troupeaux. Peu gourmand en intrants, il est relativement facile à produire en bio, ce qui n’exclut pas non plus d’être vigilant sur les exports de phosphore et de potasse via les feuilles.

Innovation et Développement

Notre équipe de Recherche & Développement travaille sur le principe de haute efficacité, de faible toxicité et de faibles résidus pour les solutions de gestion des mauvaises herbes. L'université de l’État de l’Iowa a publié une liste des nouveaux produits désherbants destinés à la culture du maïs en 2021.

Matériel agricole pour l'application d'herbicides

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