Le jardinage est une activité enrichissante qui permet de cultiver ses propres fruits, légumes et fleurs. Au cœur de cette pratique réside la qualité du sol, élément fondamental pour la croissance des végétaux. L'amélioration du sol passe par diverses techniques, parmi lesquelles le griffage et l'apport de compost. Ces deux opérations, complémentaires ou alternatives selon les contextes, suscitent souvent des interrogations chez les jardiniers, novices comme expérimentés. Faut-il griffer le sol pour y incorporer le compost, ou est-il préférable de l'enfouir ? Cet article explore les nuances de ces pratiques, en se basant sur des observations naturelles et des principes agronomiques, afin d'optimiser la fertilité de votre jardin.
Le Griffage du Sol : Une Préparation Essentielle
Complémentaire au binage et au bêchage, le griffage de la terre fait partie des prestations proposées par nos jardiniers-paysagistes. Effectué à l'aide d'une griffe (aussi appelée croc de jardin), le griffage a de nombreux avantages sur la qualité du sol et doit être fait de façon régulière. Le griffage est une opération de jardinage courante visant à travailler le sol en vue de prochaines plantations ou semis.

L'Outil et ses Avantages
Le griffage est réalisé avec un outil spécifique : la griffe de jardin. Cette dernière est composée d’un long manche terminé par une fourche aux dents recourbées à 90°. Utiliser la griffe de jardin permet d’ameublir la terre, de la niveler, de casser la croûte formée par les intempéries et de briser les mottes sans abîmer les racines. Le griffage au jardin est également utile pour épandre de l’engrais, du fumier ou du compost dans le sol. De nombreux jardiniers amateurs se demandent comment se servir d’une griffe de jardin. Si le but est d’ameublir et de niveler le sol pour le préparer aux semis, le griffage doit être effectué après le décompactage (réalisé à l’aide du grelinette ou d’une fourche-bêche).
Diversité des Griffes de Jardin
Il existe plusieurs types de griffes de jardin, chacune étant adaptée à un usage particulier :
- La griffe à 3 dents : particulièrement adaptée pour les sols lourds et argileux.
- La griffe piocheuse : idéale pour émietter la terre entre les rangées de légumes et dans les massifs.
- La griffe sarcleuse : cet outil combine habilement le griffage et le désherbage.
- La griffe à fleurs : une griffe miniature permettant de travailler avec précision dans les massifs ou les pots.
- La griffe cultivateur : dotée de 3 ou 5 dents aplaties, elle est conçue pour briser efficacement les croûtes et pour supprimer les adventices.
- La griffe rotative : elle possède entre 4 à 6 dents et un manche à deux poignées.
Utilisation de la Griffe Rotative
La griffe rotative est idéale pour ameublir la terre dans les petits espaces ou au milieu des plantations. Elle a aussi la particularité d’épargner le dos du jardinier et de réduire ses efforts. Pour l’utiliser, il suffit de tenir les deux poignées du manche, d’enfoncer les dents dans la terre puis d’effectuer un mouvement de rotation. N’hésitez pas à confier ce travail manuel de griffage du jardin à nos professionnels des espaces verts expérimentés.
Comment utiliser une griffe de jardin innovante ?
Qu'est-ce qu'un Croc en Jardinage ?
Dans le domaine du jardinage, le croc est l’autre nom donné à la griffe de jardin. Doté d’un manche terminé par plusieurs griffes recourbées, il s’agit d’un outil indispensable au jardinier pour la préparation de son sol en vue des plantations à venir.
L'Importance du Compost dans le Jardin
Composter ses déchets végétaux et ménagers permet de les recycler tout en apportant des nutriments et en améliorant la structure du sol. Mais est-il préférable d’enfouir ou d'étaler le compost en surface ? Voilà une question qui mérite que l'on s'y penche. Le compost a pour mérite d'améliorer le sol et de favoriser la vie des micro-organismes et des vers de terre présents dans le substrat de culture, mais aussi d'en apporter de nouveaux et de multiplier la population déjà présente. En terre pauvre, il apporte des nutriments et structure le sol. En terre lourde, il permet l’agglomération des fines particules, allège le sol et le rend plus perméable.
Compostage de Surface vs. Enfouissement
Dans les guides de jardinage, on préconise souvent d'enfouir le compost dans le sol. Cependant, partant de ces constatations, il est bien plus logique d'étaler le compost directement sur le sol et de le griffer simplement avec un croc pour lui faire pénétrer les premiers centimètres en surface.

Le Compostage de Surface : Un Cycle Naturel
Le compostage de surface est une façon rapide d’optimiser presque toute la matière organique en la mettant directement à la disposition des légumes. Un gain en temps et en fertilité, alors pourquoi s’en priver ? Le compostage de surface consiste à venir directement déposer les déchets organiques sur les planches de cultures. Cela revient à reproduire un cycle bien connu de la nature, celui de la matière organique : une plante pousse, meurt, et tombe au sol. Puis elle se décompose, améliorant ce dernier au passage. Le compostage de surface consiste à reproduire cela au potager : vos déchets organiques sont déposés à même le sol du potager et recouverts (dans la majorité des cas) par un paillage pour garder un côté esthétique.
Arguments en Faveur du Compostage de Surface
Plusieurs arguments soutiennent l'efficacité et la pertinence du compostage de surface :
- Observation de la nature : Tout d’abord par observation de la nature. En effet dans la nature, le compostage par la chaleur n’existe pas ou quasiment pas. La quasi-totalité des matières organiques sont transformées dans les litières et subissent donc un compostage de surface.
- Conservation de l'énergie : Si l’on regarde l’énergie contenue dans les matières organiques, on tient là un argument plus solide. Les végétaux captent l’énergie solaire via la photosynthèse et la stockent sous forme chimique dans leurs composés organiques (sucres notamment mais aussi lignine, protéines…). Cette énergie transite alors le long des chaînes trophiques et permet rien moins que l’existence des formes de vie terrestre autres que les végétaux ! Cette énergie se trouve dans les matériaux que vous compostez. Qu’ils soient d’origine végétale ou animale. Si vous compostez en tas, cette énergie est en grande partie transformée en chaleur et est donc dissipée et perdue pour la vie du sol. Si le matériau est apporté frais au sol, cette énergie sera alors mise à disposition de l’activité biologique du sol (vers de terres, micro-organismes, larves d’insectes…).
- Alimentation directe de la vie du sol : Et même si l’on considère uniquement la nature des matières organiques, sans tenir compte de cet aspect énergétique, on se rend compte que les matières non compostées sont composées de sucres, de protéines, de cellulose… Qui sont là encore des composés qui participent à nourrir directement la vie du sol. Plus un compost est mûr, moins il contient de tels composés.
- Simplicité de mise en œuvre : Et enfin un autre avantage est la simplicité de mise en œuvre. En effet, ici, pas besoin de faire un tas dans les règles de l’art. Non, tout cela devient inutile, il suffit de déposer les matières compostables au contact du sol.
Mise en Pratique du Compostage de Surface
Vous êtes convaincu et souhaitez vous lancer dans le compostage de surface ? Pour mettre en place du compostage de surface, rien de plus simple, vous le faites même déjà sûrement. Si vous paillez au jardin, vous pratiquez déjà une forme de compostage de surface. Cet article est davantage axé sur ces déchets-là en particulier. N’hésitez pas à hacher vos restes de cultures. Généralement et même si ce n’est pas obligé, les jardiniers déposent ces déchets là sous un paillage déjà présent.
Pourquoi recouvrir les déchets ? Pour plusieurs raisons, explique Gilles Domenech. « Tout d’abord cela évite certaines nuisances visuelles. Et dans une moindre mesure olfactive (notamment s’il y a des résidus d’origine animale dans des déchets de cuisine). Le compostage de surface est à considérer à mi-chemin entre un paillage et un compost.
Types de Déchets pour le Compostage de Surface
- Déchets de préparation de légumes : Certains vont même jusqu’à nettoyer et préparer les légumes dès la cueillette. Cela permet par exemple de laisser les fanes de betteraves ou de carottes pour ceux qui ne les cuisinent pas. Ou encore les queues de haricots. Du temps de gagné et moins de saletés ramenées à la maison !
- Déchets de cuisine : Tous les déchets de cuisine peuvent aussi être épandus au potager sous le paillage au fil des mois. Évitez tout de même la viande, le poisson et les produits laitiers qui peuvent devenir embêtants en attirant les rats. Préférez les composter dans votre silo. Pour l’anecdote, nous avons déjà composté un gros saint Nectaire fait-maison sous un paillage, qui était plein de vers (on avait raté notre fromage…).
- Déchets du terrain : Et tout ce que votre terrain produit ! Des feuilles, des restes de tailles bien hachées.
Gérer les Plantes Malades et les Adventices
Il est souvent déconseillé de composter les légumes atteints de maladie. Certains recommandent de brûler les tomates pour éviter toute propagation du mildiou par exemple. Brûler de la matière organique…? Quelle hérésie quand on connaît la richesse qu’elle représente ! De plus, les spores des champignons restent dans le sol d’une année sur l’autre et sont présents partout dans l’environnement. Vous ne risquez donc pas grand-chose en les mettant en compostage de surface… Et si vous y tenez, vous pouvez toujours les mettre sur une planche de culture où vous n’implanterez pas de tomates la prochaine saison pour reprendre cet exemple.
Concernant les adventices, bien sûr ! Elles sont pleines de minéraux. Lors du désherbage, laissez les adventices sécher, racines à l’air libre, durant quelques jours. En particulier les plus problématiques comme le chiendent. Pour les annuelles peu problématiques, vous pouvez les laisser croître jusqu’à ce qu’elles gênent les cultures. Par la suite, vous les coupez au collet avec un opinel par exemple. C’est tout ! Toutes ces adventices relâcheront des minéraux dans le sol après leur décomposition.
La tonte peut aussi être utilisée en compostage de surface et faire office de paillage par la même occasion. Pour bien maîtriser ce paramètre qui ne semble pas forcément évident, il suffit de regarder la consistance de ce que l’on met en paillage. Tout ce qui est tendre et humide contient majoritairement de l’azote (tonte, déchets de cuisine, reste de cultures …). À l’opposé, tout ce qui est sec, dur et ligneux contient du carbone (bois, broyat, paille, …). Retenez simplement qu’il est optimal de mélanger à la fois des déchets carbonés et azotés pour qu’ils se bonifient les uns les autres. Un apporte de l’eau, de l’azote, pendant que l’autre apporte du carbone et aère l’ensemble. Généralement le compostage de surface se fait en présence d’un paillage (qui reste aussi une forme de compostage de surface). Au-dessus ou en dessous, cela dépendra surtout de ce que l’on épand. Généralement, les déchets de cuisine sont enfouis sous le paillage pour des raisons esthétiques. La tonte quant à elle peut tout à fait être posée sur le paillage. En pratique, évitez les matériaux trop ligneux non broyés ou non hachés comme les branchages de grosse section que vous devrez déplacer et écarter à chaque plantation.
Bénéfices du Compostage de Surface pour la Vie du Sol
Le compostage de surface nourrit directement toute la petite faune qui grouille sous nos pieds. Dans un mètre cube de sol, on peut compter jusqu’à huit cents lombrics ! (Ils sont nettement plus nombreux dans un sol argileux qu’un sol sableux et drainant). Tous ces êtres vivants décomposent la matière et rejettent dans le sol la nourriture indispensable aux végétaux que nous cultivons. En les nourrissant, on alimente donc directement nos futurs légumes et indirectement nos estomacs ! Les vers de terre sont friands du compostage de surface : ils finiront par s’en nourrir. À moyen terme, le compostage de surface permet aussi une amélioration de la structure du sol. Ces derniers permettent de structurer les particules de terre entre elles. Au bout de quelques années de compostage de surface, la texture du sol devient souvent très intéressante. On la compare à du couscous !

Malheureusement cela ne fonctionne pas partout. Guillaume se souvient de la première fois que l’on a pratiqué le compostage de surface. C’était en début d’hiver. On avait décidé de mettre tous nos déchets de cuisine dans la serre, sous le paillage. Résultat en mars : un sol incroyable en surface, tout meuble et prêt à être ensemencé ! Le compostage de surface fait effectivement gagner beaucoup de temps ! Une fois la vie du sol bien installée, les décomposeurs travaillent vite et bien. Vous pourrez directement planter dedans en veillant à écarter un peu les résidus des anciennes cultures et déchets de cuisine. Laitues repiquées à l’ancien emplacement de choux fleurs : ils ont été coupés et découpés sur place.
L’apport de déchets de cuisine au potager permet aussi d’augmenter l’humidité dans le sol. Ils sont constitués de 40 à 95 % d’eau. Cette économie peut sembler négligeable. Mais à l’abri sous le paillage en été, ils délivreront au final une belle humidité au sol, lentement, et maintiendront la terre humide plus longtemps. Pratique pour limiter les effets d’une sécheresse. Les plantes, et en particulier les légumes, ont besoin d’eau pour pousser. Il faut cependant prendre des précautions avec certaines cultures en particulier qui n’apprécient pas les sols trop humides. C’est notamment le cas avec l’ail ou l’oignon. Évitez donc le compostage de surface avec ces cultures.
Comment utiliser une griffe de jardin innovante ?
Les Inconvénients Potentiels et Comment les Gérer
On aimerait bien répondre par la négative mais il est vrai que cette nourriture et cette humidité disponible en attire plus d’un. C’est surtout le cas pour les restes de cuisine que l’on composte en surface. Vous aurez peut-être affaire occasionnellement à des ravageurs mais le potager les attire dans tous les cas, compostage de surface ou non. Alors il serait dommage d’abandonner l’idée avant même d’avoir essayé : si vous avez l’envie, lancez-vous dans le compostage de surface. Vous pourrez toujours vous arrêter en cas de problèmes avec des ravageurs.
- Les limaces : les voraces gastéropodes dévorent les plantules dès le début du printemps. Chez certaines personnes les limaces se nourrissent du compostage de surface et épargnent les plants. Les déchets végétaux attirent les limaces.
- Les rongeurs : ils trouvent souvent cachette sous les paillages, bien à l’abri des rapaces et autres prédateurs. En faisant du compostage de surface sous le paillage, on leur offre donc le gîte et le couvert au potager. Ils ne sont pourtant pas les bienvenus dans les cultures, en particulier pour les légumes racines qu’ils apprécient particulièrement. Pour limiter au maximum d’attirer les rats, excluez les déchets d’origine animale (viande, poisson, produits laitiers) à proximité des plantes cultivées. Vous pouvez les composter dans un massif d’ornement par exemple ou au compost. Pour ce qui est des campagnols et autres rongeurs souterrains, le paillage est dans tous les cas attractif pour eux.
- Les oiseaux : Les oiseaux, et en particulier les merles raffolent des vers de compost. Pour se servir, rien de plus simple.
Compostage en Tas et en Tranchée : Des Compléments Utiles
Fini le compostage en tas ? Quand même pas ! Pourquoi s’embêter avec d’autres méthodes de compostage, déposer la matière organique en surface a tellement d’avantages ! Le compost de surface génère moins de chaleur, de vapeur d’eau et de gaz que le compost en tas. Ainsi, je ne composte pas dans un tas séparé. Toutes les matières organiques (déchets de cuisine, restes de culture non malades, feuilles mortes, tontes, broyat) partent directement dans les plates-bandes. J’essaie de casser et couper un peu les déchets les plus gros comme les restes de plants, mais à peine. Cette méthode a le mérite de la simplicité : vous minimisez les interventions et retirez un maximum de votre matière organique. En effet, les éléments compostent alors directement en place en nourrissant directement la vie du sol là où je cultive. Les jus de compost très riches en éléments partent bien dans les zones de culture. En revanche, forcément, on n’a pas d’hygiénisation du tas de compost par cette montée en température. À noter aussi que si vous avez des problèmes de rongeurs, c’est une pratique à éviter car vous nourrissez le problème.
Il est donc intéressant de faire un compost en tas ou en silo pour produire beaucoup de compost d’un coup. Il permet aussi de faire un substrat riche lors du repiquage des plants. Par ailleurs, contrairement à un bon compostage en tas, le compostage de surface ne détruit pas les adventices et leurs graines comme le dit Antoine. Il ne subit pas de montée en chaleur qui permet de « nettoyer » le compost plus classique. Le climat peut aussi parfois vous inciter à mieux valoriser vos déchets en tas où vous pourrez gérer aux petits soins le taux d’humidité.
Pour faire un mix entre les deux, il existe aussi le compostage en tranchée. Il suffit de creuser une petite tranchée entre deux rangs de culture et de venir le remplir de matière organique. Cela permet d’enrichir un rang de légume disposé à côté par exemple, c’est une méthode éprouvée. Le compostage de surface est donc complémentaire avec un compost en tas ou en silo.

Faut-il Enfouir les Matières Organiques ? Une Question de Contexte
Comme de nombreux jardiniers en permaculture, vous vous posez sans doute ce genre de questions : Faut-il incorporer des rondins de bois, ou des branchages ou du BRF au sol de mon jardin ? Dois-je mélanger le fumier, ou le compost, à la terre du potager ? Peut-on y enfouir les feuilles mortes ? Et si vous interrogez votre voisin ou un moteur de recherche, il y a fort à parier que vous aurez des réponses totalement contradictoires. Ces questions s’avèrent, en effet, très controversées ; voire parfois sujettes à de véritables pugilats (heureusement virtuels). Pourtant, en observant tout cela avec un minimum de recul, on peut fréquemment s’apercevoir que les protagonistes se figent sur leurs certitudes (ou dogmes), omettant des données pourtant essentielles. Ces controverses seraient insignifiantes si elles n’avaient pas pour effet de perturber sérieusement de nombreux jardiniers, qui ne savent alors plus à quel saint se vouer… Ou rediffusent à leur tour certaines « fausses vérités ».
Nous sommes pourtant tous d’accord pour affirmer que les matières organiques, en se décomposant, vont participer au développement de la vie dans le sol, et donc à la fertilité de celui-ci. Le faire correctement est donc primordial. Dans cet objectif d’une terre vivante et fertile, et donc de récoltes abondantes, et plutôt que d’entrer également dans de stériles polémiques, nous allons commencer ici par essayer d’énoncer le problème de façon plus précise :
- Prenons-nous en compte le climat et la météo ?
- S’agit-il d’enfouir ces matières organiques dans le sol ou de les intégrer à une butte vivante ?
- Parle-t-on de matières décomposées ou non ?
Mais commençons par observer ce qui se passe dans la Nature.
L'Exemple de la Nature
En forêt, les feuilles mortes et autres branchages organiques se décomposent naturellement sur le sol. Observons ce qui se passe dans une forêt. Les débris végétaux (feuilles mortes, branchages tombés à terre par le vent ou une autre cause, vieilles branches mortes), les excréments animaux ou même les cadavres ne sont évidemment pas enfouis… Du moins pas de suite. Ils vont se décomposer, lentement et progressivement, pour se transformer peu à peu en ce que l’on appelle humus. Notons néanmoins que cet humus, par l’action des vers de terre et autres organismes vivants, notamment des champignons, s’intégrera peu à peu au sol… (une constatation qui nous servira par la suite…).

Pourquoi Ne Pas Enfouir les Matières Organiques ?
Les défenseurs du non-enfouissement nous expliquent, à juste titre, que les matières organiques brutes ont besoin d’air pour se décomposer. S’appuyant ensuite notamment sur certains propos de Claude Bourguignon, ils affirment alors qu’il ne faut en aucun cas enfouir les matières organiques.
Mais voyons précisément ce que dit cet agronome à ce sujet : « Je redis ce que j’ai toujours dit la technique du bois enfoui dans les buttes fonctionne avec des sols sableux ou limoneux, mais dans le cas de sols lourds, argileux et froids ce n’est pas le cas, cela demande un travail de drainage qui ne vaut pas le coup. Il est d’ailleurs intéressant de voir que c’est une pratique traditionnelle au Cameroun sur sol sableux et en milieu chaud. »
En zone sahélienne, c’est-à-dire en climat très sec, couplé à un sol sableux et pauvre en matière organique, enterrer du bois pourri se justifie, car il faut savoir que la cellulose sous la terre stocke l’eau. Ainsi, le peu de pluie tombée sera retenu plus longtemps dans le sol et moins soumis à l’évaporation. À la question de Christophe Gatineau « Est-ce un plus d’enterrer des bois secs ou verts dans ces terroirs ? », Claude Bourguignon répond « Surtout pas, ni vert ni sec, seulement des bois qui ont été préalablement attaqués par les champignons et les termites, des bois en état de décomposition avancée, c’est-à-dire mous et spongieux. Enfouies trop profondément, elles se dégradent mal, provoquant parfois des fermentations anaérobies (malodorantes et néfastes pour la vie du sol). En surface ou dans une butte bien aérée, la transformation vers l’humus se fait naturellement, grâce aux champignons et micro-organismes aérobies. »
L'Importance du Climat et du Sol
Plus un climat est froid, moins il y a de vie dans un sol. Qui plus est lorsque ce sol est aussi froid (ce qui est le cas des sols lourds, tout au moins sous nos contrées). Dès lors, faute d’activité suffisante des vers de terre et autres organismes vivant dans le sol, les matières organiques brutes auront beaucoup de mal à se décomposer. En sol compact et climat froid, je vous déconseille donc plutôt l’enfouissement des matières organiques. Alors que sous un climat chaud, et à fortiori avec un sol léger, incorporer au sol des matériaux organiques est tout à fait envisageable. C’est même probablement souvent une bonne chose. Le bois, notamment, va permettre de conserver l’eau et donc de pouvoir la restituer aux cultures.
Nous sommes d’accord… Toutefois, si nous reprenons les propos de Claude Bourguignon, les choses sont un peu « floues »: on parle d’enfouir le bois dans le sol (sous les buttes) ou d’intégration à des buttes ? Ce n’est pas vraiment la même chose…
Le Cas Particulier des Buttes
Certains « permaculteurs » (comme Philip Forrer par exemple) enfouissent du bois en cours de décomposition dans le sol. Son climat -Aude- est plutôt chaud. Mais, bien entendu, il constituent les buttes par-dessus, hors-sol. Nous l’avons compris, enfouir les matières organiques dans le sol peut être risqué… Et cela nécessite un travail considérable (creuser une fosse et la remplir de bois mort). Raison pour laquelle, nombre de permaculteurs n’enfouissent pas le bois comme le fait Philip Forrer. Ils le placent au-dessus du sol (comme base des buttes). Je procède d’ailleurs ainsi pour mes buttes-lasagnes.
Mais venons-en justement aux buttes elles-mêmes, qui, par définition, se situent au-dessus du sol. Étant hors-sol, les matières organiques constituant une butte vivante ne sont pas soumises aux mêmes règles que si elles étaient enfouies dans la terre elle-même. On ne parle pas de la même chose ! Il y a en effet de l’air… Et du fait des nombreuses matières organiques la constituant, une vie intense, pas vraiment dépendante du type de sol. Les champignons « décomposeurs » sont également présents. La décomposition est dès lors tout à fait possible… Et les jardiniers ayant déjà constitué des buttes de cultures ne peuvent que le confirmer. La vie est bien présente et la décomposition a lieu.
Comment utiliser une griffe de jardin innovante ?
Dans Quels Cas Est-il Possible d’Enterrer Ses Déchets Organiques ?
Le problème qui se pose donc est celui de la décomposition des matières organiques dans le sol. Mais, bien évidemment, avec des déchets organiques déjà parfaitement décomposés, cette problématique de décomposition ne se pose pas ! Compost et humus peuvent donc être intégrés au sol. C’est d’ailleurs ce que vont finalement faire les vers de terre ou autres micro-organismes en forêt. Quel en est l’intérêt ? Mettre directement à disposition des éléments nutritifs à disposition des plantes cultivées, afin de favoriser le développement initial des plants ou semis directs. Ceci est tout à fait discutable. On peut là encore accepter le rythme naturel des choses. Et, d’une manière générale, je pense que c’est finalement préférable. Je dirais donc que, même s’il est tout à fait possible d’enfouir du compost dans la terre, ce n’est absolument pas nécessaire.
Synthèse des Pratiques d'Enfouissement
Récapitulons les 3 cas où il faut (ou non) enfouir les matières organiques :
- Matières organiques non décomposées : à priori, ne les enfouissez pas dans le sol sous nos latitudes, et encore moins si ce sol est froid… Mais rien ne vous empêche d’effectuer un petit test.
- Matières organiques décomposées (compost mûr, humus) : l’enfouissement est possible pour favoriser le développement initial des cultures. Personnellement, je mélange ainsi un peu de compost à la terre lors de mes plantations de tomates ou autres légumes gourmands, ainsi que pour les fruitiers. Cette nourriture est ainsi plus rapidement disponible pour le développement initial des plants.
- Buttes vivantes : les matières organiques sont soumises à l’air… Donc la décomposition aura bien lieu, que ces matières soient initialement décomposées ou non. L’intégration (ce terme me semble plus approprié que celui d’enfouissement) de matières organiques brutes, telles que des troncs ou des branchages, est alors tout à fait possible. Et je constate par exemple que, dans mes buttes-lasagnes, les matériaux les plus durs finissent bien par se décomposer.
Voici un résumé des bonnes pratiques d’enfouissement des matières organiques :
| Type de matière | Enfouissement conseillé ? | Conditions favorables | Remarques |
|---|---|---|---|
| Matières organiques fraîches (bois, branchages, feuilles…) | ❌ Non | Plutôt en climat froid ou sol argileux | Risque de fermentation et d’asphyxie du sol |
| Matières en cours de décomposition | ✅ Oui, sous conditions | Climat chaud, sol léger et aéré | Favorise la rétention d’eau et nourrit la vie microbienne |
| Compost mûr, humus | ✅ Oui | Tous types de sols | Fournit directement des nutriments disponibles pour les cultures |
| Buttes vivantes (bois, compost, paillage…) | ✅ Oui | Tous climats, en surface | Bonne aération, décomposition rapide et complète |
Quoi qu’il en soit, ne fonçons pas tête baissée. Chaque climat, chaque sol et chaque écosystème sont différents. La problématique d’enfouissement des matières organiques est en réalité bien complexe. Dans un sol froid et compact, mieux vaut les utiliser en surface ou en base de butte.
Faut-il enfouir le compost ? Non nécessairement, plutôt en surface sous un paillage. Peut-on enterrer les feuilles mortes ? Non, il est préférable de les laisser en surface pour stimuler la vie microbienne du sol.