L'Évolution de la Grimpe : Comprendre les Niveaux et les Systèmes de Cotation

"Et toi? Tu grimpes quoi ? T’es dans quelles cotations ?" Quel grimpeur n’a jamais eu à répondre à ces questions ? Que l’on pratique l’escalade libre (en paroi ou sur bloc), la cascade de glace ou l’alpinisme, les cotations donnent des informations essentielles à connaître avant de se lancer. Les systèmes sont parfois complexes, mais ils sont cruciaux pour évaluer la difficulté d'une voie ou d'un passage. L'escalade, loin d'être une discipline monolithique, se décline en une multitude de formats : bloc, couenne, falaise, grande voie, glace, alpinisme, et bien d'autres. Chacune de ces pratiques possède ses propres spécificités et, par conséquent, ses propres systèmes de cotation, bien que certains partagent des bases communes.

Systèmes de cotation en escalade

L'Escalade Libre : Un Art de Progression Naturelle

L’escalade libre est la forme d’escalade la plus pratiquée. Il s’agit de progresser uniquement en se servant de ses mains et ses pieds, sans aucune aide artificielle pour la progression. Cette discipline de puristes a été popularisée dans les années 80 par des sportifs de l’extrême, comme Patrick Edlinger, qui grimpaient en solo intégral, avec seulement de la magnésie pour éviter d’avoir les mains moites. En escalade sportive, les ancrages sont déjà en place dans la voie. La cotation permet de définir la difficulté d’une voie ou d’un passage. L’échelle commence au degré 2 et va jusqu’au 9e degré. À partir du 4e degré, des sous-cotations a, b ou c sont ajoutées et on affine parfois encore la cotation avec des « + » pour préciser un niveau soutenu sans pour autant justifier une cotation supérieure. Par exemple, un 6a+ sera plus difficile qu’un 6a. Un grimpeur débutant commencera souvent par du 4, et atteindra rapidement le 5a (moyennant un minimum de régularité). Un grimpeur plus régulier arrivera souvent à dompter des parois de 5c, 6a, 6b voire 6c. À partir du niveau 7, les grimpeurs sont considérés comme confirmés. En escalade sportive, une ascension est validée lorsque le grimpeur ne s’est pas reposé sur la corde.

Dans les topos d’escalade, on rencontre ce type de cotations : 5c, 4b, 6b+, 8b+, 7a, etc. Les prises sont plus petites, plus espacées et les mouvements plus complexes. Des prises de pieds ou de main commencent à manquer. Les prises, en nombre limité, sont minuscules. L’ascension est très technique. Cette échelle n’est pas fermée, elle évolue. Le 3 septembre 2017, le Tchèque Adam Ondra a ouvert un passage sur le site de Flatanger, en Norvège. Il a escaladé, après travail, un secteur en dévers particulièrement ardu. Après avoir évalué la difficulté de l’ascension, il a proposé la cotation de 9c ! Néanmoins, cette cotation n’a pas encore été confirmée (on peut se demander si elle le sera un jour, vu la difficulté). En escalade libre, la cotation est attribuée par le grimpeur qui réalise la première ascension. C’est généralement le passage le plus difficile qui détermine la cotation de toute la voie. Cette appréciation repose sur la technicité du mouvement qui a permis de franchir l’obstacle. Si par la suite, une méthode plus facile est découverte, le niveau de la voie peut être revu à la baisse. Tout dépend des facilités du grimpeur. Il arrive qu’une voie soit décotée par un répétiteur, jugeant qu’elle avait été surévaluée par l’ouvreur. Le niveau le plus élevé à ce jour est 9+ et seul 2 grimpeurs l'ont atteint : le jeune tchèque Adam Ondra et la légende américaine Chris Sharma.

Le Bloc : Intensité Concentrée sur Quelques Mètres

Le bloc est une discipline de l’escalade où la difficulté est concentrée sur quelques mètres. On utilise la même échelle de cotation qu’en escalade sportive en falaise, mais en plus dur (6a bloc équivaut environ à 7a falaise). Certains sites de bloc ont leur propre système de cotation comme Annot (du B0 au B14). L’escalade de bloc se pratique sans corde, ni baudrier. Le grimpeur évolue à une faible hauteur, ce qui réduit les risques d’accident. Un matelas (crash-pad) est souvent utilisé pour amortir les chutes. D’abord une méthode d’entraînement, cette pratique est progressivement devenue une discipline à part entière. Elle consiste à escalader des rochers ou des structures artificielles de taille réduite, où la difficulté est concentrée.

Différence entre escalade de bloc et escalade de voie

En France, la cotation utilisée en bloc est celle de Fontainebleau ou de « Bleau ». Ce site d’escalade situé au sud de Paris est réputé internationalement. La difficulté est également mesurée par des degrés de difficulté allant de 1 à 9. Des lettres majuscules (A, B et C) et un « + » viennent affiner la cotation. On trouve du 5A, 6B+ ou du 8C, comme en escalade libre. Mais la comparaison s’arrête là. Le passage de bloc le plus difficile au monde est un rocher situé à 100 km d’Helsinki. Burden of Dreams - c’est son nom - a été coté en 9a en octobre 2016 par le grimpeur finlandais Nalle Hukkataival. Le bloc est un style de grimpe qui se fait soit à l’intérieur, soit à l’extérieur. Dans les 2 cas, on cherche à grimper, sans corde, une surface dont la hauteur ne dépasse généralement pas les 4 mètres. Au-dessus, cela commence à devenir mortel en cas de chute. Pour se protéger, on installe un ou des crash-pads (des matelas en mousse) dans la zone de chute.

L'Alpinisme : Au-delà de la Seule Difficulté Technique

L’échelle de difficulté utilisée en alpinisme est le système de cotation globale. Elle a été introduite en 1925 par l’Allemand Willo Welzenbach qui classait les ascensions dans les Alpes orientales sur une échelle de 6 degrés, allant de Facile (F) à Extrêmement difficile (ED). Ces cotations ont ensuite été étendues à l’ensemble du massif alpin. Elles mesurent principalement la difficulté technique de l’itinéraire. Des + ou des - sont parfois ajoutés pour affiner la cotation. La cotation globale est généralement complétée par la cotation des difficultés de chaque terrain rencontré sur l’ascension, et par un niveau d'exposition au vide.

  • Facile (F) : Course facile. L’alpiniste progresse sans difficulté.
  • Peu difficile (PD) :
  • Assez difficile (AD) :
  • Difficile (D) : Course complexe demandant une bonne maîtrise de l’alpinisme : techniques de corde, orientation, connaissance de la montagne.
  • Très difficile (TD) :
  • Extrêmement difficile (ED) : Réservée aux meilleurs alpinistes, cette ascension comporte des passages en escalade libre en 6b-7a.
  • Abominablement difficile (ABO) : Le niveau Abominablement difficile (ABO) a été créé pour désigner les ascensions rocheuses comportant des portions d’escalade libre supérieures au degré 7b.

La cotation globale est généralement complétée par une seconde échelle. Composée de chiffres romains, elle permet de mesurer le risque couru en cas de mauvais temps ou d’accident.

  • I : Ascension courte et proche de la civilisation. Il est possible de faire marche arrière n’importe quand.
  • II : L’itinéraire (d’environ 4h) ne présente pas de grand danger.
  • III : L’ascension dure une demi-journée.
  • IV : La sortie s’étale sur une journée, loin de la civilisation. Les secours ne peuvent pas intervenir dans de bonnes conditions.
  • V : L’itinéraire est très long. Il faut compter entre 12 et 24h d’ascension dans une zone difficile d’accès.
  • VI : L’ascension peut durer plusieurs jours. La cordée est complètement coupée du monde. Il est impossible de faire demi-tour.

Les différents types d’escalade : tout ce qu’il faut savoir

L'Escalade Artificielle : Quand la Technique Prend le Relais

L’escalade artificielle (à ne pas confondre avec l’escalade en salle !) consiste à progresser en tirant sur des pitons ou des coinceurs à l'aide d'étriers. Cette technique permet de franchir des passages trop difficiles pour de l’escalade libre (à mains nues). Les cotations, quelle que soit la discipline, ont toujours une part de subjectivité et les débats sont sans fin.

Le Processus d'Entraînement en Escalade : Une Approche Globale

Organiser son entraînement en escalade, c’est évidemment un sujet très vaste et dense. Pas si complexe, mais qui demande quelques connaissances théoriques et surtout beaucoup d’expérience. Il faut s’être entraîné pour bien comprendre, pour ensuite pouvoir transmettre. Le premier vrai palier consiste à s’installer solidement dans le sixième degré. Jusqu’ici, une technique rudimentaire et une bonne dépense d’énergie suffisaient à se tirer d’affaire, les prises étant représentées en nombre permettaient de ne pas trop avoir à calculer son itinéraire. Au-dessus du 5b, il vaut déjà mieux se concentrer, car les reliefs se font rares. Le 6 marque l’entrée dans le domaine où l’on ne peut plus passer n’importe comment. Les prises s’espacent et il faut bien calculer son coup pour avoir une chance d’atteindre le haut. Parfois une seule méthode permet de passer (du moins en restant dans le niveau annoncé), toute la difficulté étant de la repérer. Ce stade de la progression est d’autant plus important qu’il conditionne la suite. Bon nombre de grimpeurs cherchant la clé du septième degré auraient intérêt à revoir ces bases, car la solution vient peut-être de là.

Contrairement à ce que l’on croit a priori, le sixième degré est rarement un problème physique. Certes les prises sont plus petites, mais un bon placement permet souvent de mieux s’en sortir qu’une séance de bourrinage en bonne et due forme. L’enjeu de cette étape est d’acquérir le bagage technique qui fera de vous un grimpeur polyvalent, un vrai, posant par là même les bases des prochains échelons.

Progression en escalade

La Technique : La Clé de Voûte

Concentrez-vous sur vos appuis. Essayez de ressentir les transferts de poids d’un pied sur l’autre, la façon de placer votre corps en fonction de la qualité et du sens des prises de pieds. Laissez le plus de poids possible pour les pieds et délestez les mains. Prenez confiance dans l’adhérence des chaussons. Et surtout, n’oubliez pas ceci : plus vous appuyez, plus ça tient. Cultivez la précision de la pose du pied. Par exemple en faisant attention à ne faire aucun bruit lors des contacts avec les prises. Il faut arriver dessus au millimètre près et surtout ne pas le bouger pendant la poussée. Lorsque vous arrivez sur une prise difficile à tenir, assurez-vous qu’il n’y ait pas une petite ruse qui traîne. Un pouce sur le côté par exemple ou une possibilité de rentrer un doigt de plus peuvent faire toute la différence entre le « ça tient » et le « je lâche ». Les meilleurs moyens d’apprendre à bien se placer restent la pratique du bloc (sur rocher ou sur pan). Au ras du sol, vous pouvez travailler à loisir un mouvement en particulier, tester diverses solutions pour voir laquelle marche le mieux. La vôtre ne sera pas forcément la même que pour les autres. Dans une même voie, vous pouvez faire le même boulot à la descente en réessayant un passage qui vous a paru dur. N’oubliez pas que l’expérience est un facteur important de la technique, « affiner » un placement permet d’en accumuler.

Le Physique : Renforcement et Développement

Attention, la maîtrise du sixième degré n’est pas une question de puissance ou de continuité. Bien entendu un minimum s’impose, mais disons qu’à partir du moment où vous arrivez à faire trois tractions d’affilée sur une barre et que vous pouvez courir plus de cinq cents mètres sans cracher un poumon, vous êtes apte à tenter un 6a. Il vaut même mieux commencer sans trop forcer quitte à devoir développer sa pose de pieds plutôt que de profiter d’une puissance acquise dans un autre sport ou grâce à la muscu. Les progrès sont peut-être moins évidents au début, mais vous construisez des bases essentielles pour la suite. Inutile donc à ce niveau de travailler la condition physique à outrance, la pratique de l’escalade est la meilleure préparation possible, développant simultanément force et sensations. Le renforcement est tout ce qui se fait à poids de corps (pompes, tractions, dips, …) ou avec des haltères, sans être spécifique à la préparation physique pour l’escalade. Avec 8 à 15 répétitions par séries. On n’est donc pas vraiment dans le travail de la force, même si on l’améliore (sauf si on a une expérience de la préparation physique très poussées).

Je range dans le gainage général tous les exercices durant lesquels on ne sollicite pas les mains ou on n’est pas pendu par les mains (principalement des exercices au sol). Une fois ce type d’entraînement assimilé, avec un bon renforcement musculaire général en parallèle, on peut passer au gainage spécifique. Le gainage spécifique se transfère très bien à la grimpe. Avec des exercices (et donc des séances) courts et intenses. On oublie les planches de 2’, cela ne sert à rien. Pour la force de traction et de poussée, il est temps de se lester. On travaille généralement sur un maximum de 6 répétitions.

La Tactique : Anticiper et Optimiser

Passer du 5 au 6 réclame avant tout une approche plus « intellectuelle » de l’escalade. Il faut commencer à comprendre comment vous tenez sur le rocher. Essayez d’imaginer la direction des appuis que vous utilisez avec les mains et déduisez le sens des poussées des pieds à effectuer pour rester en équilibre. Par exemple, pour une prise verticale sur laquelle vous tirez vers la droite, une poussée vers la gauche va être nécessaire. La gymnastique cérébrale précédente va vous amener vers une clé du sixième degré : l’anticipation. En effet, le niveau augmentant, la marge d’improvisation se rétrécit. Il faut donc partir dans les bonnes méthodes pour avoir une chance de s’en sortir. Profitez des points de repos dans les voies pour imaginer (ou vous souvenir) de ce qu’il va falloir faire au-dessus. Première étape, deviner le cheminement de la voie style « bon, je vais à la fissure à gauche, puis vers l’écaille et de là, je pourrai mousquetonner ». Deuxième étape, calculer chaque mouvement précisément. Un exercice difficile à réaliser si vous ne connaissez pas la voie, mais à faire absolument, au moins pour les sections dures, dans un itinéraire déjà essayé. Vous l’avez compris, cet exercice vous permet de gagner sur deux fronts, premièrement il vous aide à comprendre votre escalade et donc à terme, de vous servir de cette analyse pour trouver les bonnes méthodes du premier coup. Deuxièmement, il vous amène à adopter un rythme particulièrement adapté. Vous profitez des points de repos pour visualiser et délayer pour ensuite pouvoir accélérer dans les sections dures grâce à votre anticipation.

Le Rythme et la Régularité de l'Entraînement

Le plus important est de grimper régulièrement. Une séance par semaine suffit à atteindre le 6 à condition de ne pas s’oublier. En effet, il faut entretenir ses sensations et le meilleur moyen de calmer sa peur du vide est de battre le fer tant qu’il est chaud. Après une quinzaine de jours sans pratique, il y a de fortes chances de se sentir moins à l’aise. Évidemment, l’idéal serait de grimper plus d’une fois par semaine. Toutefois, n’abusez pas des bonnes choses. Trois séances représentent un maximum. Tout d’abord, pour éviter fatigue et démotivation, privilégiez la qualité de vos séances à la quantité. Mieux vaut une séance à fond par semaine que trois tranquilles. Ensuite, laisser un intervalle entre chaque séance permet de digérer les expériences précédentes, de mieux comprendre son escalade et de préserver son mariage. Chaque séance doit comporter au moins une voie à votre niveau maxi, voire légèrement au-dessus. C’est d’ailleurs le seul moment où vous avez droit à la moulinette. Pour un niveau maxi de 5c, une bonne session serait de commencer par un 4c/5a comme échauffement, puis de 2 à 4 voies en 5 (le out en tête si l’équipement paraît sûr), puis un ou deux 5+/6a pour être sûr de vous sortir les yeux de la tête. Prenez le temps entre les voies, vous êtes là pour vous faire plaisir avant tout et c’est le meilleur moyen d’aborder chaque voie frais et dispo. Changez régulièrement de site (si possible) ou au pire, de voie pour engranger de l’expérience. Le but n’est pas de devenir champion du 6a de gauche du secteur du fond, mais d’acquérir un niveau, c'est-à-dire être capable de tous les faire (même si ce n’est pas du premier coup). Une fois le rêve du 6a devenu réalité, si tout se passe bien, vous n’avez plus qu’une idée en tête, passer à l’échelon supérieur. Certes les prises sont plus petites, plus éloignées, les murs plus longs, plus soutenus, mais vous avez déjà passé plusieurs caps pour maîtriser le 6, les suivants demandent une évolution logique, pas une mutation. Tous les préceptes précédents restent d’actualité, mais il va falloir les pousser plus loin. Il faut se concentrer encore plus sur les placements de pieds, les positions de corps, son équilibre. Pour tout dire, si vous maîtrisez parfaitement tous les points déjà cités dans « du 5 au 6 », vous êtes déjà aux portes du septième degré.

Le Mental : Maître Mot du 6e Degré

Au-delà des points précédents, un paramètre s’avère décisif pour passer ce palier : la maîtrise de la peur. En effet, toute la technique et la puissance du monde ne suffiront pas s’ils sont jugulés par la peur. Pour commencer, apprenez par cœur toutes les manips de base telles que le passage de la moulinette et surtout le mousquetonnage. Le geste doit venir automatique. Pour cela, il peut être utile de s’entraîner à la maison. Une dégaine pendue au lustre du salon et un bout de corde permettent de se mettre dans toutes les situations. Clipage main droite ou gauche, à bout de bras, mousqueton retourné… Des manips bien intégrées sont évidemment un plus au niveau sécurité, mais permettent également de se libérer l’esprit. Rationalisez les risques : la technique du « Je regarde jamais en bas, du coup, j’ai pas peur » ne mène pas très loin et peut même être dangereuse. Mieux vaut se poser la question « qu’est-ce que je risque ? ». Mieux vaut vérifier que vous ne risquez pas le contact avec une marche, un arbre ou le sol avant de vous engager. Une fois ces précautions prises, vous savez qu’objectivement vous ne risquez rien. Ça ne fait pas tout, mais ça aide. L’assureur est un élément déterminant pour surmonter son appréhension. Demandez-lui d’assurer debout, de façon à ce qu’il puisse dynamiser votre chute en avançant. Tenez-le au courant lorsque vous sentez qu’un mouvement délicat approche. Un « j’y vais » bien placé avant d’entamer une section dure permet de s’assurer qu’il y a bien quelqu’un au bout de la corde. Même en tant qu’assureur, vous avez un rôle important dans la confiance du grimpeur. Des encouragements dans les moments difficiles ne font pas mieux tenir les prises, mais confirment qu’en bas on s’occupe de vous. À l’opposé, une situation dangereuse peut parfois être évitée par le second qui peut indiquer que vous vous éloignez de l’itinéraire ou que vous oubliez un point. Bref, en vous sentant soutenu et surveillé, vous oubliez forcément la peur. Quelques chutes volontaires dans un endroit adapté (minimum vertical et équipé solidement) peuvent aider, au moins à se rendre compte qu’effectivement on ne risque pas grand-chose. Commencez juste au-dessus du point puis augmentez la distance peu à peu.

Il est important de considérer désormais que le mental est absolument TOUJOURS primordial dans la qualité de notre pratique de la grimpe comme dans votre entraînement. Et que donc, il s’entraîne ! J’inclus la tactique (lecture, mémorisation, …) dans le mental. Cela crée un complexe de compétences très large à développer, allant de la respiration que tu dois avoir pour cette poussée de pied, à tes objectifs pour l’année suivante.

Les différents types d’escalade : tout ce qu’il faut savoir

Les Filières Énergétiques en Escalade

Quand on délaye, on permet à la filière aérobie mobilisée dans nos avants-bras de fonctionner et de faire récupérer les muscles fléchisseurs des doigts. Il est indispensable de bien comprendre que cette filière permet également de réduire la fatigue musculaire lorsque qu’on lâche une prise, même sur un temps très court, sans délayer, avant d’attraper la prise suivante. Ce sont les seuls instants où elle est réellement efficace. En effet, lorsque l’on sert une prise, la circulation sanguine est très perturbée, voire bloquée par la contraction des muscles de l’avant-bras (phénomène d’ischémie, qui ne se produit pas si vous grimpez dans du très facile). Et donc, sans apport de sang oxygéné et évacuation de sang chargé en CO2, la filière aérobie ne peut tout simplement pas fonctionner. Elle doit donc être le plus efficace possible pour apporter ses bénéfices sur des durées courtes. Cette filière se développe par des longues durées de grimpe sans pause, avec une fatigue faible à modérée. C’est ennuyeux. Je fonctionne le plus possible avec des exercices à intensité dégressive ou ondulatoire. Ce type d’entraînement est à faire toute l’année. Pas seulement en reprise ou au début d’un plan d’entraînement, contrairement à l’idée reçue ! C’est crucial pour récupérer entre les mouvements, mais aussi entre les voies, les blocs, et les séances.

L’entraînement en rési… qui quand il est mal fait consiste à se cramer le plus possible les avants-bras … Comme si toute séance d’entraînement valable devait se terminer avec les bouteilles et en chutant, à l’agonie. Je vois tellement de grimpeurs s’entraîner en salle en mettant exclusivement des essais dans des voies de rési à niveau max … pour très peu de progrès d’une année à l’autre. Car il faut savoir très tôt grimper très fatigué (entraînement mental !). La rési sollicite énormément la filière “du lactate”. Une filière peu efficiente en escalade, qui repose complètement sur les piliers de la force et de la filière aérobie. Elle plafonne vite, et trop insister sur ce type de séance amène beaucoup de fatigue pour peu de résultats. Petite remarque : intensité moyenne ne veut pas dire “souffrance moyenne”. Je m’entraîne très peu en rési, je n’ai pas le temps ! J’essaye de me préparer au mieux en force et conti avant des vacances de roche. Avec ça, je peux déjà me régaler en falaise. Si j’ai le temps de faire de la rési, je serai plus vite prêt à grimper à mon max dans des voies avec des sections intenses et des mauvais repos. Dès les premiers jours du trip.

Entraînement des Doigts et Mobilité

La FORCE des doigts, le sujet qui fait le plus parler et cliquer ! J’ai plusieurs articles en gestation sur le sujet. La préparation des doigts, avec un apprentissage des préhensions par des suspensions de 15” à 20” pour 1’ de repos et un effort ressenti de 4/10. Le renforcement des doigts, des suspensions de 10” à 12” pour 2’ de repos et un effort ressenti de 6/10. La force doigts, en faisant les choses dans l’ordre, la poutre est contrairement à ce qui se dit encore parfois, un excellent outil pour entraîner les doigts et prévenir les blessures. Surtout quand le nouveau grimpeur est un adulte. On est sur 1 à 4 séances par semaine.

La mobilité (dos, épaules, doigts) et le développement des muscles antagonistes à la pratique de l’escalade sont également à travailler de façon très régulière (quasi quotidienne !?). Cela permet certes de prévenir les blessures. Surtout, cela rend plus fort. Cet axe d’amélioration peut donc être vu comme une routine. Vous trouverez énormément de vidéos consacrées à ces 2 thèmes sur YouTube. C’est le fond de commerce de pas mal de sites web très axés “vive le clic”.

Diversité des Formats de Grimpe

« Mais dis donc Jamy, je pensais qu’en escalade seul le bloc et ses prises de toutes les couleurs existait ! Et oui l’ami.e ! Bloc, couenne, falaise, grande voie, glace, alpinisme, … il existe plein de format de grimpe différent. Il y a une dizaine d’années encore, la salle était surtout utilisée pour s’entraîner faute de pouvoir grimper dehors. Sachez que l’on peut faire les deux et qu’il n’y a pas d’étapes nécessaires à suivre. Après avoir fait 2 semaines de blocs en salle, vous avez tout à fait le droit d’aller faire de la falaise.

Couenne et Grande Voie

La couenne se pratique à l’extérieur comme à l’intérieur. De plus en plus de salles d’escalade offrent des murs dotés d’enrouleurs. Pour parcourir cette distance, les grimpeurs doivent effectuer des relais. Lorsque le premier grimpeur atteint un point de relais, il s’assure, puis fait grimper le 2ème (le 2ème grimpe donc en moulinette). Les rôles peuvent ensuite s’inverser. Là où en falaise tu feras 3 ou 4 relais, en grande voie, tu en feras plus de 5. Voire même, tu passeras la nuit sur la voie !

Grimpe en couenne et grande voie

Dry-tooling et Autres Pratiques

Si le dry-tooling fait sens en alpinisme où il arrive d’alterner entre grimpe sur glace et rocher, on se pose quand même question sur l’intérêt du dry-tooling lorsqu’il est pratiqué seul. On fera alors de la marche sur glacier, de la falaise, de l’escalade de glace, et même du dry-tooling.

Vers une Progression Harmonique

La grimpe est un sport de force, et évidemment de puissance. À un moment il faut savoir dynamiser, jeter, mettre de la vitesse dans ses mouvements. Ces grandes lignes des exercices sont utilisées en fonction du niveau des grimpeuses et grimpeurs qui demandent à être entraînés. Cette méthode est évidemment contestable. Pour rester dans les évidences, si la personne a des points forts ou faibles très marqués, l’entraînement est adapté. Autre évidence, la répartition et la fréquence des types d’exercices évoluent suivant le cycle et la période de l’année. Mais aussi en fonction de la spécificité des objectifs. Pour améliorer votre technique quelque soit votre niveau, faire un stage d’escalade ou d'alpinisme sera toujours bénéfique.

Équipement d'escalade

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