Techniques et protocoles pour le grimper sur arbre : approche du système mono brin

Le grimper sur arbre, qu'il soit pratiqué comme loisir ou dans un cadre professionnel, est une discipline exigeante qui nécessite une compréhension profonde de la physiologie végétale et une maîtrise rigoureuse des équipements de sécurité. La technique SRT (Single Rope Technique), également appelée grimper alternatif ou à l’anglaise, consiste à ne monter que sur un seul brin de la corde d’accès. Contrairement aux approches plus classiques de type rappel, cette méthode demande une technicité accrue. La sécurité passe obligatoirement par une bonne lecture des arbres, dans le doute on s'abstient.

Schéma illustrant le système SRT avec corde simple ancrée en haut et système de blocage au harnais

Fondamentaux de la sécurité et dendrologie

La première règle d'or est la suivante : jamais sur un arbre ou une branche morte, on ne grimpe que sur du bois vert. La sécurité commence par l'observation. Avant de commencer à grimper à l'arbre, reculez-vous pour inspecter l'arbre en entier. Une forme étrange ou un tronc noueux doivent alerter. Approchez-vous de l'arbre et inspectez le bas du tronc et dans un rayon d'un mètre tout autour. Même si l'arbre est solide, le temps qu'il fait peut rendre cette activité dangereuse ; les températures froides peuvent rendre le bois cassant.

En règle générale, ne vous fixez pas à des branches de moins de 15 cm de diamètre et surtout, mettez vous un minimum à la dendrologie. Le point où les branches de l'arbre se rejoignent est le point le plus solide sur lequel vous posez le pied. Les apparences sont souvent trompeuses en ce qui concerne la force des branches. Si une partie de l'arbre tombe en petits morceaux, cela signifie que l'arbre est pourri. Les arbres pourrissent de l'intérieur vers l'extérieur, c'est pourquoi l'arbre pourrait être très abimé même si l'écorce a l'air solide.

Équipement technique : du matériel spécifique à l'arboriculture

Ce qui est éprouvé en escalade peut être dangereux en grimpe en arbre, et vice versa. Le baudrier, faut un baudar arboriste, on reste longtemps en suspension, on a besoin pour bien attacher la longe d'avoir des anneaux d'attache latéraux, pour plus de liberté de mouvement on préférera aussi les baudriers à pontet large qui permettent de se suspendre à l’horizontale sans souffrir.

Les cordes statiques n'ont pas comme unique avantage d'éviter de faire le yoyo, elles sont aussi très résistantes à la coupure, et dans les arbres vous risquez de frotter contre des branches qui peuvent être fort abrasives. Les cordes d'arbo sont spéciales et vous ne trouverez aucun arboriste qui grimpe avec de la corde dynamique. Les gros diamètres sont préférables pour la saisie, en général entre 12 et 13 mm. Concernant les bloqueurs, on évitera tous les bloqueurs à picots, on sollicite énormément la corde en arbo alors on évite tout ce qui peut l'abimer.

Comparaison entre une corde statique d'arboriculture et une corde dynamique d'escalade

Protocoles d'installation et techniques de progression

Pour lancer la corde, l’élagueur a parfois recours à un sac de lancer, pour attraper une branche charpentière solide. Le grimper cordé s'effectue toujours à l'aide de deux longes indépendantes accrochées à un harnais. C'est impératif : on n'enlève jamais une fixation si on n'a pas une fixation secondaire pour se sécuriser.

Concernant la technique SRT, au lieu d'attraper les deux côtés de la corde, vous grimpez sur un seul côté en fixant l'autre côté sur la branche ou à la base de l'arbre. Les professionnels déconseillent d'utiliser des crampons pour grimper aux arbres. Cela blesse l'arbre et laisse des blessures ouvertes qui peuvent s'infecter. Les professionnels ne les utilisent que sur les arbres morts.

Tree climbing rope installation - Cambium-/Friction Saver - Throwline - Throwbag - DRT - SRT

Gestion de la descente et maintenance du système

Mollo sur les prusik à la descente, les cordes ça fusionne, on y va tout doucement. La technique du nœud de Blake est classique, mais attention : si vous n'êtes pas entraîné à faire ce genre de nœud, ce n'est pas le moment pour les essayer pour la première fois.

Il est important de noter que les fausses fourches ça marche mais c'est contraignant, mieux vaut utiliser un rope sleeve, ça marche aussi bien et c'est plus facile à enlever pour accéder plus haut. Continuez de faire attention même lorsque vous descendez. Les branches mortes et d'autres dangers sont plus difficiles à voir pendant que vous descendez. Si vous tombez de l'arbre ou sautez, assurez-vous de rouler une fois que vous atterrissez par terre, quelle que soit votre taille.

Spécificités des essences et environnement de travail

Le peuplier est un arbre assez cassant que les arbos n'affectionnent pas particulièrement par ce fait. C'est un bois lourd souvent humide, ça casse et ça tombe vite. Fibres longues avec parfois des contre fils, on ne peut pas savoir si une branche va tenir ou se fendre, c'est pour cela qu'il est considéré comme un bois imprévisible. On évite ou si on tient vraiment à tenter le diable on se raccorde à des branches de 20 cm de diamètre minimum et bien près du fût, en ayant prit soin de bien vérifier à la jumelle s'il n'y a pas de fentes qui couveraient une faiblesse majeure.

La grande variété d'arbres et leurs formes naturelles font que chaque arbre représente un défi unique. Même si la plupart des gens pensent que grimper aux arbres est un passetemps pour enfants, cela peut souvent être difficile et dangereux. Une formation est un pré requis qui peut sauver des vies. Tant pis si on est un as en falaise, faut être humble quand on change aussi fortement de pratique, c'est comme redevenir débutant. Ne grimpez pas dans les arbres seuls. Sortez toujours avec un ami ou un partenaire qui va rester à la base de l'arbre pour vous surveiller.

Illustration des zones de faiblesse structurelle sur un arbre : fourches, branches mortes et cavités

Équipement de protection individuelle (EPI)

Au-delà des techniques, l'équipement vestimentaire joue un rôle dans la sécurité et le confort. Une veste "High Viz" Classic Husqvarna permet un bon confort et une visibilité accrue. Concernant la protection faciale, une visière de protection professionnelle à écran grillagé relevable est indispensable. Il existe des variantes spécifiques : visière grillagée en Nylon pour la protection classique, visière à miroir argentée à utiliser en plein soleil, ou visière anti-fumée. Les gants de protection doivent être particulièrement légers et respirants pour ne pas entraver la dextérité. Enfin, la veste de pluie technique de Husqvarna est recommandée pour sa résistance et son confort lors des interventions en conditions dégradées. La ceinture porte-batterie Flexi complète cet équipement pour les professionnels utilisant des outils électroportatifs en hauteur.

Analyse des risques et lecture de l'arbre

Le choix du type de grimpe fait partie du travail du professionnel. Il le choisit en fonction de l'arbre, de son âge, de l'environnement. Lors de l'inspection, soyez vigilant : une cime fourchue est un signe de décomposition chez les conifères. Observez l'arbre et ses alentours pour repérer la présence d'abeilles ou de guêpes, ainsi que les nids de gros oiseaux ou de mammifères.

Le tronc doit être examiné avec attention : une absence d'écorce sur le tronc pourrait indiquer que l'arbre pourrit ou qu'il a été abimé récemment, ce qui peut le rendre plus faible. Tout comme pour les arbres avec deux ou trois troncs, examinez l'endroit d'où partent les branches à partir de leur base. Pour la cime, il est normal de trouver des branches mortes sur la partie basse de l'arbre, car elles n'ont pas reçu suffisamment de soleil. Cependant, la présence de branches mortes sur le dessus indique que l'arbre est en train de mourir.

L'évolution des pratiques en arboriculture

La plupart des techniques d'élagage sont récentes et en perpétuelle évolution. Aujourd’hui, l’objectif est de préserver les arbres tout en offrant un maximum de sécurité aux élagueurs. L'utilisation du matériel d'escalade classique en milieu arboricole est une source de confusion fréquente. Le Grigri, par exemple, on oublie ; ça peut dépanner mais ce n'est pas fait pour de tels diamètres et un bon vieux Prusik fait tout aussi bien l'affaire. Il n'y a pas de bloqueur arbo miracle à proposer pour le remplacer, les très rares qui existent étant hyper dangereux si on n'a pas l'habitude.

Le grimper en arbre exige une remise en question permanente. Si vous grimpez dans les arbres pour le sport ou parce que c'est votre métier, vous allez avoir besoin d'un équipement adéquat pour assurer votre sécurité. Une corde de lancer, c'est une corde fine de couleur claire que vous lancez par-dessus la branche. Un protecteur de branches, connu aussi sous le nom de protecteur cambium, permet de protéger les branches de la friction ce qui aide votre corde à durer plus longtemps.

Représentation schématique d'un protecteur de cambium en place sur une branche charpentière

Approfondissement technique : la gestion des longes

La sécurité repose sur la redondance des systèmes. Le grimper cordé s'effectue toujours à l'aide de deux longes indépendantes accrochées à un harnais. Le Grillon de chez Petzl est génial pour ça mais on peut en bidouiller une avec une corde statique, deux mousquetons et un prusik en corde légèrement plus fine que la longe.

La bidouille consiste à utiliser une corde statique de 3m, à un bout on fait un nœud de poing, on y fixe un moustif, à l'autre bout un second nœud de poing qui ne servira pas d'attache mais de blocage du prusik. Un prusik donc relié par ses deux extrémités à un second mousqueton. Le prusik va permettre de régler la longueur de la longe et bloquera si chute, le second nœud de poing sur la longe sert à arrêter le prusik si jamais il glisse. Avant de grimper on vérifie systématiquement les nœuds. Attention aux faux nœuds de poings qui peuvent se libérer en provoquant une chute immédiate.

Méthodologie d'accès aux branches hautes

Il existe plusieurs méthodes pour aborder les premières branches inaccessibles. On peut utiliser la technique de la ficelle lestée : lancer avec force une ficelle type cerf-volant lestée d'un descendeur en huit ou autre (éviter les mousquetons et attention aux têtes), au-dessus d'une branche solide visée à 6-7 mètres de hauteur. Après avoir récupéré les deux brins de la ficelle/cordelette, vous accrochez à une extrémité une corde statique de spéléo de préférence (une corde dynamique 12 mm fait aussi l'affaire) avec un nœud de huit et un mousqueton à vis.

Une fois la corde installée, la grimpée peut se faire à la poignée frein/pédale et au frein de poitrine sur environ huit mètres (technique spéléologie). Pour assurer la progression, on peut ajouter un descendeur autobloquant (type spéléo ou type plaquette Mascott de chez Alp'tech), une longe courte en plus de la double longe. La gestion de la tension et des nœuds est cruciale pour éviter tout déséquilibre.

La biomécanique du grimpeur

Lorsque vous grimpez à un arbre sans cordes, trois de vos quatre membres doivent être posés quelque part en permanence. Chacun de ces membres doit être soutenu par des points différents sur l'arbre. Si vous mettez deux pieds sur la même branche, vous n'utilisez qu'un seul point de soutien. Restez bien droit en gardant les hanches directement sous les épaules lorsque cela est possible. Serrez l'arbre dans vos bras le plus près possible pour augmenter votre stabilité.

Si vous avez suffisamment de force dans le haut de votre corps, vous pourrez arriver à grimper dans l'arbre en vous aidant seulement de vos bras. La plupart des grimpeurs utilisent aussi une corde de Prusik ou une aide pour les pieds. La corde de Prusik s'attache à la corde principale et permet d'avoir une meilleure prise sur vos pieds. En règle générale, vous allez grimper sur la corde en vous servant de l'arbre pour vous guider ou pour vous soutenir de temps en temps.

Évaluation de la charge et contraintes mécaniques

Une branche de moins de 8 cm ne doit pas être utilisée pour appuyer plus d'un seul membre. Si la branche est plus petite que votre biceps, elle ne peut pas soutenir votre poids. En règle générale, si vous pouvez atteindre la branche la plus basse, attrapez-la d'une main et enroulez votre bras autour du tronc. Posez votre pied sur un nœud solide ou saisissez les côtés du tronc avec vos cuisses et vos mollets. Si vous devez sauter pour attraper la branche, faites-le juste à côté du tronc. Si vous avez de la force dans les jambes, vous pouvez grimper dans les arbres en utilisant une branche basse plus haute. Montez avec une vitesse modérée au niveau du tronc. Posez le métatarse de votre pied dominant sur l'arbre et poussez vers le haut contre l'arbre tout en sautant sur l'autre pied.

Stratégies de progression en hauteur

Une fois que vous vous tenez sur une grosse branche, cherchez un chemin sûr vers la prochaine. Saisissez les branches à l'endroit le plus près possible du tronc. Si vous ne vous sentez pas prêt à redescendre et si vous avez envie d'un petit défi, vous pouvez vous sécuriser sur la branche pour vous préparer à monter plus haut. Pour ce faire, vous allez devoir réinstaller les cordes sur les branches du dessus. C'est l'étape la plus simple, il vous suffit d'attraper le nœud principal (le nœud de Blake) et de tirer doucement dessus vers le bas. N'allez pas trop vite ! De nombreux grimpeurs chevronnés placent souvent des nœuds de sécurité sur leurs cordes pour éviter de descendre trop vite. Souvenez-vous cependant que si vous lâchez la corde, vous allez vous arrêter.

Considérations éthiques et environnementales

L'accès à l'arbre n'est pas un droit acquis. Demandez-vous : avez-vous la permission de grimper dans l'arbre ? Pour terminer, observez le lieu en général. Est-il facile de s'y rendre ? Allez-vous avoir une belle vue lorsque vous arrivez à la cime ? Ce n'est pas parce que l'arbre est grand, solide et au bon endroit que vous pouvez y grimper. L'angle large : souvent, il est plus facile de voir un arbre depuis une certaine distance. Le sol : il est aussi important de voir l'endroit où vous allez mettre vos pieds. Le tronc : une absence d'écorce sur le tronc pourrait indiquer que l'arbre pourrit ou qu'il a été abimé récemment, ce qui peut le rendre plus faible. Tout comme pour les arbres avec deux ou trois troncs, examinez l'endroit d'où partent les branches à partir de leur base. La cime : il est normal de trouver des branches mortes sur la partie basse de l'arbre, car elles n'ont pas reçu suffisamment de soleil. Cependant, la présence de branches mortes sur le dessus indique que l'arbre est en train de mourir.

La complexité du grimper alternatif

La technique SRT, ou grimper alternatif, demande une rigueur particulière dans la gestion du point d'ancrage. Le point d'ancrage doit être choisi avec une attention particulière à la solidité de la fourche ou de la branche charpentière. L'utilisation d'une fausse fourche ou d'un protecteur de cambium est recommandée pour limiter l'usure de la corde, surtout si le grimpeur prévoit de se déplacer latéralement.

Le choix du type de grimpe fait partie du travail du professionnel. Il le choisit en fonction de l'arbre, de son âge, de l'environnement. La technique SRT appelée également grimper alternatif ou à l’anglaise consiste à ne monter que sur un seul brin de la corde d’accès. L'astuce d'Hubert : « Pour lancer la corde, l’élagueur a parfois recours à un sac de lancer, pour attraper une branche charpentière solide. » Chaque arbre représente un défi unique en raison de sa forme et de son essence. La maîtrise de ces techniques ne remplace pas une formation qualifiante. La sécurité est une construction permanente, faite de vérifications systématiques et de connaissances approfondies de la biologie des arbres. En cas de doute, la prudence dicte de renoncer à l'ascension. La grimpe est une activité qui demande une grande humilité face à la nature et à la complexité des systèmes mécaniques que nous y déployons.

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