Vous souhaitez produire vos propres légumes pour consommer plus sain, local et avec du goût ? C’est possible en cultivant votre potager. Quoi de plus satisfaisant et de plus économique que de cultiver les aliments qui finiront dans notre assiette. Avec la crise économique, le potager revient à la mode et intéresse de plus en plus de familles soucieuses de leur alimentation. Plaisir qui n'est pas seulement réservé aux propriétaires de jardin; dans un pot vous pouvez aussi faire pousser tomates, radis, oignons, fraises… Et le goût de ces légumes et fruits n'a rien à voir avec ceux des grandes surfaces. N'hésitez plus, lancez-vous. Nos conseils vous guideront pas à pas dans la création de votre jardin nourricier.

Les fondements de l'installation
Pour bien débuter, familiarisez-vous avec le monde du potager, et faites-vous une idée du travail à fournir et, surtout, des bienfaits que vous pourrez en obtenir. Choisissez un lieu à l’abri du vent et qui bénéficie de plusieurs heures d’ensoleillement par jour. Pensez à placer votre potager proche des arrivées d’eau pour faciliter l’arrosage. Ensuite définissez la surface que vous souhaitez cultiver. Gardez en mémoire qu’une grande surface nécessite du temps d’entretien, préférez donc commencer petit et agrandissez la surface cultivée au fil des années.
En Provence et dans les régions venteuses, installez une haie protectrice du côté des vents dominants. Vous pouvez la former en plantant des groseilliers, des noisetiers, des sureaux, des cassissiers ou même du maïs. Associez à ces fruitiers des arbustes aromatiques comme le romarin ou le laurier-sauce, et votre haie n’en sera que plus productive. Les fruits et légumes ont besoin de soleil pour mûrir convenablement. C’est toujours pour cela qu’il n’est pas conseillé de planter des arbres dans le potager, mais uniquement en bordure, sur le côté Nord.
Préparation du sol et aménagement technique
Préparer le terrain commence par le désherbage dès la fin de l’été. Coupez à ras les mauvaises herbes puis bêchez la terre et supprimez manuellement toutes racines. Pratiquez ensuite un "faux semis" : laissez 2 semaines la terre au repos, les graines des mauvaises herbes lèveront. Une fois l’hiver passé, cassez les grosses mottes de terre, passez le râteau et ôtez gros cailloux et racines éventuelles. Pour les plantes potagères, le terrain doit être fertile. Pensez à bien l’enrichir avec de l’engrais de fond (le compost ‘maison’ ne répond pas à tous les besoins nutritifs des légumes). Découvrez d'ailleurs les meilleurs fumiers à utiliser dont le fumier de cheval. Procédez à une analyse de sol tous les 6-7 ans et mettez en place les éventuelles recommandations du laboratoire.
Adaptez la taille de vos parcelles cultivées à vos besoins et à votre temps libre. Prévoyez une allée de 50 cm au centre et si possible un abri de jardin, pour stocker les outils et les produits phytosanitaires. Optez pour des carrés : vous pouvez cultiver vos légumes dans des carrés bien délimités, pour maximiser les récoltes sur un espace réduit et calculé. Particulièrement adaptés pour les petits jardins, ainsi que pour les débutants, ces carrés sont également très esthétiques.
Fabriquer des carrés potagers et débuter les premières cultures
Stratégies de plantation et rotations
Dresser la liste des plantes que vous souhaitez faire pousser. Faites un plan très sommaire de votre potager, dessinez des rectangles pour matérialiser chaque parcelle ou des carrés si vous faites des carrés potagers. Sur ce plan, gardez bien en tête les parties les plus ensoleillées et les parties ombragées. Si vous avez déjà réalisé un potager l’année dernière, n’oubliez pas de faire tourner les cultures afin d’éviter les maladies et de permettre à la terre de se reposer.
Ne plantez pas les même légumes d’une année sur l’autre au même endroit car vous risqueriez d’avoir des problèmes tels que l’apparition de maladies et parasites ainsi que l’épuisement du sol. Alternez la plantation de légumes-fruits (courgette, tomate…) avec des légumes-racines (carottes…) et des légumes-feuilles (blette, laitue…) et n'installez jamais des légumes de la même famille sur le même sol de culture : évitez de planter des haricots après des fèves ou des tomates après des poivrons.
Le choix de leurs emplacements va conditionner la réussite de votre potager. Pour cela, il est essentiel de prendre en compte les demandes spécifiques de chaque espèce (ensoleillement, espacement, demande en eau, période de plantation…) mais aussi de privilégier les associations de légumes également appelé « compagnonnage ». En effet, certains légumes s’aiment et d’autres se nuisent :
- Les "bulbes" comme l’ail, l’oignon ou l’échalote contrarient la croissance des légumineuses (haricots et pois).
- Les choux n’apprécient guère la proximité des fraisiers et le fenouil sera avantageusement éloigné des rangs de carottes.
Le calendrier et les cycles de culture
Maintenant que vous savez quelles plantes produire, il est temps de bien placer les légumes sur votre plan en inscrivant leur nom et la quantité. Vous pouvez également jardiner selon le calendrier lunaire. En effet, la lune influe sur les éléments de la Terre, il y a donc des périodes plus propices pour le jardinage avec les cycles de la lune (montante/descendante, croissante/décroissante) et des types de jours (jour-fleur/jour-feuille/jour-fruit) selon le parcours de la lune dans le ciel. Il est également conseiller de laisser passer les Saints de Glace (du 11 au 13 mai) pour planter les variétés frileuses.
Planifiez vos semis et vos récoltes en fonction du calendrier des plantes potagères. Vous pourrez ainsi optimiser l’espace et enchaîner les récoltes. Des légumes toute l’année assurés ! Vos cultures auront besoin d'entretien tout au long de l’année, que ce soit au printemps pour la préparation, en automne avec les semis de fin d'été, en hiver pour le protéger du froid ou même en été pour faire face à la sécheresse.

Techniques de culture spécialisées
La culture sous tunnel ou châssis produit une récolte hâtive. Le tunnel ou le châssis offre une protection contre la grêle et les gelées tardives. Deux règles indispensables à suivre pour éviter toutes maladies sous la serre : surveillez la température interne et aérez lors des jours ensoleillés ; surveillez aussi l’apparition des mauvaises herbes et des maladies.
Sur un paillis plastique, la culture offre un contrôle de la présence des mauvaises herbes. Le plastique noir favorise le réchauffement du sol et évite l’apparition de mauvaises herbes. Le plastique blanc ou transparent a comme avantage de ne pas se réchauffer. Sachez qu'il existe également des films de paillage biodégradable, certes à renouveler mais qui assurera une bonne structure à votre terre nourrie par la même occasion.
Entretien, nutrition et santé du potager
Les mauvaises herbes consomment une partie importante de l’eau et des substances nutritives apportées aux légumes, ce qui produit une concurrence et une diminution des récoltes. Il est important de les éliminer de manière naturelle, sans emploi de produits chimiques. Très gourmandes, les plantes potagères ont d’importants besoins nutritifs. Avant l’hiver et au printemps avant les semis, épandez du compost ‘maison’ sur le sol. Griffez légèrement la surface pour l’enfouir.
Il est important de bien gérer l'arrosage des légumes. Veillez toujours à ce que vos plantations aient leur quota d’eau. Certains légumes demandent en effet plus d’eau que d’autres, c’est le cas par exemple des courges, salades, tomates, aubergines, c’est-à-dire des légumes à croissance rapide et ceux à grandes feuilles. A l’inverse, les légumes comme l’ail, l’oignon, la pomme de terre se contenteront de peu d’eau.
Pour garder l’humidité de la terre en été, et sa chaleur en hiver, ne faites pas sans paillage. Il a de multiples avantages et au pied des plantes potagères, on privilégiera les paillis organiques, que sont les déchets de tonte, le BRF, le compost. Certains légumes ont besoin d’être buttés, c'est-à-dire d'être recouverts par une motte de terre dans les premiers temps de leur croissance. La partie recouverte par la terre blanchira, donnant sa saveur aux légumes. C’est le cas de la pomme de terre, de l’asperge ou encore du poireau.
Gestion des ravageurs et lutte biologique
Évitez tout traitement chimique sur les légumes et les fruits. Il vous faudra attendre plusieurs jours pour qu’ils puissent être à nouveau comestibles. Préférez la lutte biologique ! Favorisez la présence des prédateurs naturels des insectes parasites. Sachez reconnaître les amis du jardinier. Attirez les insectes nuisibles loin de vos légumes en utilisant des fleurs attractives comme les soucis et la capucine. Associez aux légumes sensibles des plantes qui retiendront l’attention des nuisibles, ou au contraire qui les feront fuir. Optez pour des produits naturels, au mieux, fabriqués par vos soins comme les macérations, infusions, purins et autres décoctions de plantes sauvages ou cultivées.

Diversité des espèces potagères
Les légumes-racines se distinguent des autres légumes car c'est la partie souterraine du légume qui est consommée : la "racine" ou le "tubercule". On cite souvent comme "tubercule" la pomme de terre, moins souvent les carottes. Les légumes-fruits portent bien leur nom. C'est pour les fruits que ces familles produisent que ces légumes sont cultivés, aux premiers rangs desquels on retrouve : les avocats, les tomates, les aubergines, les poivrons, les concombres, les haricots. Les légumes-feuilles se distinguent, eux aussi, par la partie pour laquelle ils sont cultivés : les feuilles. On y retrouve certains choux, les salades, les épinards, les chicorées.
Les légumes-bulbes sont cultivés pour leurs bulbes, un renflement qui se forme sous terre. Le plus souvent, ce sont des plantes condimentaires et aromatiques. Les légumes-fleurs sont des plantes potagères cultivées pour leurs inflorescences, comme les artichauts, les choux-fleurs, les choux-brocolis. Les légumes-tiges sont des plantes potagères cultivées pour la consommation de leur tige et parfois de leurs feuilles, dont l'asperge est le réel "porte drapeau". Enfin, les herbes aromatiques ne sont jamais cultivées pour être dégustées elles-mêmes, mais pour assaisonner, relever les plats ou les ingrédients, améliorer les saveurs.
Conservation des récoltes et pérennité
Il serait dommage de ne pas pouvoir profiter plus longtemps de ses légumes et fruits. De nombreuses techniques de conservation existent depuis toujours. Séchez vos légumes et fruits comme nos lointains ancêtres, faites vos propres conserves en mettant vos fruits en bocaux comme nos grand-mères, ou remettez-vous en à votre congélateur !
Le potager perpétuel est un jardin « complémentaire » où vous trouverez de nombreux légumes et herbes aromatiques, comme l’ail des ours, le poireau perpétuel, les échalotes perpétuelles ou ciboule st Jacques, les blettes, la livèche, le formidable hélianti. Il est idéal en cela qu’il s’affranchit plus des contraintes de semis annuels. Faire ses graines est également une pratique qui permet de garantir de superbes légumes, faire des économies, ou encore pour conserver des variétés anciennes.