Les groseilliers et autres petits fruitiers sont à la fois faciles à cultiver, peu encombrants, décoratifs et très productifs. Qu’il s’agisse de groseilles blanches, rouges ou de cassis, elles sont toutes délicieuses ; c’est d’autant plus tragique de découvrir juste avant la récolte des groseilles qui ont magnifiquement poussé, des maladies dont les causes ne peuvent souvent pas être identifiés. De bonnes conditions de culture et la mise en place d'une prévention permettent de limiter l'apparition de maladies ou de parasites sur vos groseilliers. Pour agir, il faut tout d'abord savoir les reconnaître.

Les exigences culturales : favoriser la santé par l'environnement
Le groseillier apprécie une situation aérée et semi-ombragée. Il se plaît en sol frais et meuble, silico-argileux, fertile et bien drainé. Le groseillier à grappe préfère de loin les sols lourds (argileux) aux sols plus légers (sableux) dans lesquels la culture peut être délicate. Il est important de leur apporter de l’engrais afin qu’ils puissent être en bonne santé, résistants, et vous fournir de belles récoltes.
Pour éviter l'apparition de parasites et maladies, aérez le centre de la touffe en supprimant les tiges qui se croisent pour faire pénétrer l'air et la lumière. Le groseillier sera mené en buisson en forme de gobelet ouvert, en aérant le centre de la touffe. Les tailles s’effectuent de préférence en janvier-février. La première année, laissez le plant se développer. La deuxième année, taillez les nouvelles pousses à 3 ou 4 yeux (d’où se développeront de nouvelles pousses). Par la suite, on évidera le centre de la touffe et on supprimera les vieilles branches (4 - 5 ans) au profit de nouvelles ramifications.
Tutoriel de taille d'entretien des Groseilliers à grappes
La gestion des carences et l'importance du sol
Parfois, les problèmes ne proviennent pas de parasites, mais de l'équilibre chimique du substrat. Attention en sol trop calcaire, le groseillier peut développer une chlorose qui se traduit par un limbe très pâle et des nervures bien vertes sur les feuilles. Si les jeunes feuilles du groseillier se décolorent, qu’elles jaunissent alors que les nervures restent vertes, alors l’arbuste montre des signes d’une carence en fer, et d’un excès de calcaire dans le sol.
Le fer est un élément chimique présent naturellement sur notre planète, indispensable à la vie. Bien que l'on pense souvent au fer pour la force physique, il participe surtout à des processus physiologiques vitaux. Dans le jardin, la gestion de la fertilisation est la clé. Le groseillier va principalement avoir besoin d’azote, au printemps notamment, mais il faut également éviter les carences en potassium, en phosphore et en magnésium. Le compost et le fumier sont de très bons fertilisants complets pour le groseillier.
Les maladies cryptogamiques : reconnaître et traiter
Les infections par des champignons sont fréquentes. Phomopsis ribis, aussi appelé Eutypa lata, est un champignon responsable du dépérissement des tiges se propageant de l'extrémité à la base. Si vos groseilliers présentent de tels signes, il est fort probable qu'ils soient affectés par ce pathogène. Le champignon pénètre dans les plantes via les blessures, souvent créées lors de la taille. Il est essentiel, pour prévenir la propagation de cette maladie, de désinfecter scrupuleusement vos outils de coupe après chaque usage et de retirer les parties atteintes des plantes.
L’oïdium est une maladie très présente. La présence d’un feutrage blanc sur les groseilliers est dans la plupart des cas un signe indicateur de l’oïdium américain du groseillier à maquereau, qui peut survenir dès la floraison. Le gris du groseillier est une maladie cryptogamique très proche de l’oïdium. L’anthracnose est un champignon qui se manifeste sous la forme de tâches brunes bordées de noir sur les tiges, les feuilles ou les fruits. À titre préventif, pulvérisez du purin de consoude et arrosez vos plantes avec du purin d'ortie pour les renforcer.
La rouille se reconnaît à des tâches brunes sur le feuillage correspondant à des pustules jaune/orangé au revers. Ce qui, à première vue et superficiellement, ressemble à une coloration automnale naissante des feuilles, se transforme peu de temps en pustules de couleur rouille sur la face inférieure des feuilles, tandis que sur la face supérieure, des taches claires se forment sur toute la surface. Cette maladie du groseillier provient souvent de la proximité avec des pins blancs ou des pins pentaphyllas.

Les ravageurs : insectes et acariens
Les phytoptes (Cecidophyopsis ribis) sont des acariens minuscules ressemblant à des petits vers blanc ou jaune pâle qui déforment les bourgeons. Ces derniers, colonisés par les acariens, se dessèchent et meurent ou finissent par éclore mais les feuilles sont incomplètes ou boursouflées. Accroissez le taux d'humidité, et pulvérisez très souvent du purin d'ortie.
Les pucerons provoquent un enroulement ou un gaufrage des feuilles. Avec le temps les feuilles se décolorent et tombent, la fumagine peut s'installer. Introduisez des chrysopes, ou des coccinelles, insectes prédateurs des pucerons. Les cochenilles à boucliers se fixent sur les tiges. Elles se reconnaissent à leur forme aplatie et arrondie et à leur couleur beige/brunâtre. Ces insectes affaiblissent la plante qui pousse plus lentement.
La sésie (Synanthedon tipuliformis) est un parasite redoutable. Dès le mois de juin et jusqu’à la chute des feuilles, sa chenille blanche ronge la moelle des rameaux des groseilliers, qui se dessèchent et tombent. Placer des pièges à phéromones l'année suivante lorsque les adultes voleront, fin mai. Enfin, la drosophile de la cerise provoque l’une des maladies du groseillier de loin les plus gênantes, car elle touche les fruits lorsqu’ils sont en train de mûrir. Plusieurs larves se précipitent sur les fruits et provoquent un processus de pourriture rapide.
Résilience et philosophie du jardinier
Un groseillier mort à cause d'une maladie est une chose rare. Les groseilliers ont une grande rusticité et sont plus résistants aux maladies que beaucoup d’autres arbustes à baies. Cela est probablement dû au fait que la végétation des groseilliers commence très tôt et vigoureusement. Ils ont donc une longueur d’avance sur les maladies et les ravageurs, et donnent également leurs fruits à maturité très tôt.
En principe, vous devez toujours garder à l’esprit que de nombreuses maladies et ravageurs nous font plus de mal à nous qu’aux plantes de groseilliers elles-mêmes. La plante réagit plutôt de manière détendue face aux maladies et ravageurs : elle compense simplement la perte de surface d’assimilation par une production plus intensive sur le reste de la masse foliaire. Si les feuilles peuvent avoir une piètre apparence en été et en automne, au printemps, un nouveau cycle recommence avec une forte croissance et des feuilles vertes. Chez Lubera, notre philosophie d’entreprise est de rendre le jardinage agréable. Pour les groseilliers rouges, nous ne proposons plus que des variétés tolérantes issues de notre propre sélection. Malheureusement, au moins pour les groseilliers rouges et les groseilliers à maquereau, il n’y a pas de résistance absolue à l’oïdium, seulement une résistance progressive, que nous améliorons constamment en termes de sélection variétale.
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