La Guirlande de Lierre et les Jeux Isthmiques : Une Plongée dans les Cérémonies de la Grèce Antique

La civilisation grecque antique est reconnue pour sa riche tapisserie de traditions, de croyances religieuses et de pratiques culturelles, parmi lesquelles les compétitions sportives occupent une place prépondérante. Au-delà des emblématiques Jeux Olympiques, d'autres festivals panhelléniques, tels que les Jeux Isthmiques, Pythiques et Néméens, constituaient des piliers fondamentaux de la vie grecque, tissant des liens profonds entre le sport, l'art et la spiritualité. Ces jeux, interconnectés dans un calendrier quadriennal appelé « olympiade », offraient aux athlètes l'opportunité de concourir à travers la Grèce, renforçant un sentiment d'unité inter-cités. Ils étaient également des célébrations profondément religieuses, accompagnées de rituels et de sacrifices en l'honneur des dieux, reflétant la cosmogonie et le système de croyances partagés par les Grecs.

Carte de la Grèce antique montrant les sites des Jeux panhelléniques

Les Jeux Isthmiques : Honneur à Poséidon et aux Divinités Marines

Les Jeux Isthmiques, également connus sous le nom de concours isthmiques, étaient organisés tous les deux ans sur l'isthme de Corinthe. Ces jeux mêlaient compétitions sportives, célébrations religieuses et événements artistiques. Leur ère commence en 582 avant J.-C. et ils étaient célébrés au printemps (avril-mai), les deuxième et quatrième années de chaque olympiade. L'organisation de ces jeux était réservée à Corinthe jusqu'à la destruction de la ville en 146 avant J.-C. par les Romains. Pendant la période où la ville fut déserte, les Sicyoniens furent chargés de les faire célébrer ; lorsqu'elle fut reconstruite, cet honneur fut décerné à ses nouveaux habitants (Pausanias, Corinth. cap.). Initialement, les jeux étaient ouverts à tous les Grecs, à l'exception des Éléens. En 228 avant J.-C., ils furent également ouverts aux Romains.

Plan du site archéologique de l'Isthme de Corinthe

Origines Mythologiques et Évolution

L'origine mythologique des Jeux Isthmiques fait l'objet de débats. Pausanias les attribue à Sisyphe, le roi légendaire de Corinthe, qui les aurait institués en l'honneur de Mélicerte (également connu sous le nom de Palémon). Mélicerte était le fils d'Athamas, roi de Thèbes, et d'Ino. Pour échapper à la fureur de son époux, Ino se précipita avec Mélicerte dans la mer, où Poséidon les reçut au nombre des divinités. Sisyphe aurait organisé des rites funéraires pour Mélicerte après avoir retrouvé son corps sur les rivages de l'isthme.

Une autre version attribue leur fondation à Thésée, roi d'Athènes, qui transforma ces rites funéraires en compétitions sportives dédiées à Poséidon. Il est dit que Thésée aurait changé la destination de ces jeux, les remplaçant par des jeux triennaux en l'honneur de Neptune. Ces jeux avaient lieu sur les côtes du détroit de l'Isthme qui sépare la mer d'Ionie de la mer Égée, entre les villes de Léchée et Cenchrée. Historiquement, les Jeux Isthmiques sont attestés dès 582 avant J.-C. À partir du Ve siècle avant J.-C., des compétitions musicales, poétiques et dramatiques furent ajoutées, enrichissant le programme des festivités.

La Guirlande de Lierre et le Pin : Symboles de Victoire

Les vainqueurs des Jeux Isthmiques recevaient une couronne faite de céleri sauvage (ache vert, selinum montanum) ou de pin. Ces végétaux, outre leur valeur symbolique d'humilité et d'honneur, étaient dits représenter l'infécondité de ces côtes maritimes. Sur le chemin menant au temple de Neptune, on pouvait admirer les statues des athlètes qui avaient remporté des prix aux jeux Isthmiques, témoignage de leur gloire.

L'imagerie du lierre, évoquée par l'expression "guirlande de lierre", est fortement associée à Bacchus (Dionysos), dieu du vin, de la folie et de l'extase. Le lierre, plante toujours verte et grimpante, était un de ses attributs principaux, symbolisant la vitalité, la fête et l'immortalité. Bien que la couronne de pin ou de céleri soit le prix des Jeux Isthmiques, l'association du lierre aux festivités et aux divinités, comme Bacchus couronné de lierre chancelant sous le vin (56), souligne la richesse des symboles végétaux dans les offrandes et les célébrations de l'époque.

Représentation d'un athlète vainqueur recevant une couronne de pin

Épreuves et Célébrations Religieuses

Les Jeux Isthmiques étaient avant tout une célébration religieuse dédiée à Poséidon, dieu des mers et des chevaux. Les festivités commençaient par des sacrifices au temple de Poséidon situé près d’un bois sacré sur l’isthme. Le sanctuaire dédié au dieu des mers jouait un rôle central, renforçant l'importance spirituelle de ces jeux. Les célébrations comportaient des processions et des sacrifices destinés à apaiser les dieux et garantir leur faveur.

Les épreuves variaient et comprenaient :

  • Courses de chevaux et de chars : Les courses hippiques étaient particulièrement populaires, en l'honneur de Poséidon, qui était également le dieu des chevaux.
  • Combat de boxe (pugilat) et lutte : Des disciplines athlétiques intenses qui mettaient en valeur la force et l'endurance.
  • Tir à l'arc : Une épreuve de précision et d'adresse.
  • Course de bateaux : En raison de la proximité maritime de l'isthme, ces compétitions étaient un aspect distinctif des Jeux Isthmiques.
  • Courses à pied (stade, diaulos, dolichos) : Comme dans les autres jeux panhelléniques, différentes distances de courses à pied étaient au programme.
  • Pentathlon : Une compétition comprenant cinq épreuves : le lancer du disque, le saut en longueur, le lancer du javelot, la course à pied et la lutte.

Les Jeux Isthmiques incarnaient une tradition riche mêlant sport, art et religion dans un cadre mythologique fascinant. Ils servaient non seulement à démontrer les prouesses physiques mais aussi à célébrer l'unité culturelle et religieuse du monde grec antique.

Les Jeux Pythiques : L'Honneur d'Apollon et la Musique

Les Jeux Pythiques se déroulaient à Delphes, en Phocide, une région de la Grèce centrale, et rendaient hommage au dieu Apollon. Delphes était un lieu d'une importance capitale pour les Grecs, étant le siège de la Pythie, une voyante dotée de capacités de divination par Apollon. Les Grecs, profondément croyants, venaient la consulter pour obtenir des présages des Dieux. Les Jeux Pythiques faisaient d'elle l'arbitre des Jeux. Leur origine mythologique indique qu'Apollon tua le serpent Python, un monstrueux fils de Gaïa (la Terre) qui veillait sur l'oracle de Delphes. Pour apaiser la colère de Gaïa, Apollon créa les jeux Pythiques. Les premiers jeux dont on a trace remontent à 582 avant J.-C.

La Première Guerre Sacrée et la Renaissance des Jeux

En 590 avant J.-C., l'Amphictyonie delphique remporta la première guerre sacrée. Les forces thessaliennes, auxquelles s'étaient joints des contingents d'Athènes et de Sicyone, livrèrent bataille pendant dix ans à Cirrha et à Crissa (la cité sur laquelle se trouvait le territoire de Delphes), accusées de lever des taxes sur les pèlerins se rendant à Delphes. Cirrha et Crissa furent anéanties. Pour commémorer cette victoire, le conseil de l'Amphictyonie décida de faire renaître les jeux Pythiques à partir de 582 avant J.-C.

La Spécificité des Compétitions Artistiques

La particularité des Jeux Pythiques résidait dans leur fort accent sur les compétitions musicales et artistiques. Au début, les épreuves pythiques étaient avant tout artistiques : il s'agissait de récompenser le plus bel hymne à Apollon accompagné à la cithare.

Les concours artistiques comprenaient :

  • Musique : Des compétitions instrumentales et vocales, souvent dédiées à Apollon.
  • Poésie : La récitation de poèmes épiques ou lyriques.
  • Théâtre : Des présentations dramatiques et des tragédies.
  • Joutes verbales et pantomime : La pantomime était un jeu de théâtre muet utilisant des gestes, des mimiques et des mouvements corporels pour raconter des histoires ou exprimer des émotions.

Cependant, des jeux sportifs étaient également au programme :

  • Courses de chars et de chevaux.
  • Courses à pied : Le stade, le diaulos et le dolichos.
  • Lutte et pugilat (boxe).
  • Pancrace : Une combinaison de lutte et de boxe.
  • Pentathlon.

Le Laurier de Tempé et le Site de Delphes

Les vainqueurs des Jeux Pythiques recevaient une couronne de laurier cueillie sur l'arbre sacré de la vallée de Tempé, remplaçant les premières récompenses monétaires par sa valeur symbolique. Le laurier est l'un des symboles d'Apollon.

Le lieu où se déroulaient les épreuves se situait sur la colline du Mont Parnasse à Delphes, où diverses installations étaient présentes pour les jeux, notamment un stade (au plus haut), puis le théâtre, le sanctuaire de la Pythie et les différents trésors donnés par les cités. Un trésor désignait un bâtiment dans lequel une cité grecque déposait des fonds monétaires importants pour les Dieux (ici Apollon) et s'assurait son soutien dans des divinations favorables de la Pythie. Ces trésors permirent à Delphes de s'enrichir très fortement, car de nombreuses cités contribuaient au sanctuaire. Les personnes les plus fortunées pouvaient construire un trésor pour elles seules. Un chemin principal, appelé la Voie sacrée, était utilisé par les processions religieuses et les athlètes pour accomplir leurs tâches respectives. Les jeux se déroulaient entre juillet et août de la troisième année de l'olympiade.

Delphes était également considéré par les Grecs comme le "nombril du Monde" (omphalos), ce qui renforçait son importance religieuse dans la conception grecque du monde. Pour soutenir la Pythie, une ligue de chefs religieux nommée l'Amphictyonie pyléo-delphique, un groupe international de religieux, gérait les Jeux Pythiques, y compris leur déroulement, les sacrifices, les rituels et la protection des terres sacrées. La Pythie dépendait de ce groupe car elle devait être isolée du monde pour pouvoir entendre les paroles des Dieux. Ils étaient le symbole de l'harmonie et de l'unité du monde grec.

Vue du stade de Delphes

Les Jeux Néméens : En l'Honneur de Zeus et l'Héritage d'Héraclès

Les Jeux Néméens étaient organisés tous les deux ans dans l'Antiquité grecque, à Némée, une petite ville de l'Argolide, dans une plaine très encaissée, à 20 km d'Argos. Dediés à Zeus, ces jeux se tenaient au cœur d'un sanctuaire sacré et furent initiés en 573 avant J.-C.

Mythes Fondateurs

Selon la tradition, leurs origines sont associées à plusieurs légendes :

  • Le mythe d'Opheltes : Selon Pausanias, les jeux furent institués en l'honneur d'Opheltes, un jeune enfant tragiquement tué par un serpent. Alors que sa nourrice Hypsipyle guidait les guerriers des Sept contre Thèbes vers une source d'eau, le bébé fut laissé sur un lit de céleri sauvage et attaqué par un serpent. En hommage à sa mort, les guerriers organisèrent des jeux funéraires qui devinrent les Jeux Néméens. Opheltes fut ensuite surnommé Archemoros, signifiant « celui qui annonce la mort ».
  • Héraclès et le lion de Némée : Une autre légende attribue la fondation des jeux à Héraclès après qu'il eut vaincu le lion de Némée lors de son premier travail. Héraclès aurait institué ces compétitions pour commémorer sa victoire.

Épreuves et Caractère Militaire

Comme les autres jeux panhelléniques, les Jeux Néméens comprenaient une série d'épreuves athlétiques :

  • Courses à pied : Le stade, le diaulos et le dolichos.
  • Lutte et pugilat.
  • Lancer du disque.
  • Saut en longueur.
  • Pentathlon.
  • Courses de chars (tethrippon) et courses à cheval (kélès) : Se déroulant dans un hippodrome.

À leurs débuts, les Jeux Néméens étaient fortement militarisés. Seuls les guerriers et leurs fils pouvaient y participer. Les épreuves comme la course en armure reflétaient cet héritage martial.

Célébrations Religieuses et Renaissance Moderne

Au-delà des compétitions sportives, les Jeux Néméens incluaient des rites religieux. Les sacrifices, principalement en l'honneur de Zeus, jouaient un rôle essentiel pour honorer les dieux et invoquer leur bénédiction. Par ailleurs, ces jeux servaient aussi à renforcer l'identité collective des Grecs en offrant un lieu de rassemblement sacré, sanctifié par la présence de temples dédiés à Zeus et autres divinités.

Après avoir disparu pendant des siècles, les Jeux Néméens ont été ravivés en 1996 grâce aux efforts de la Society for the Revival of the Nemean Games. Ces interprétations modernes permettent aux participants du monde entier de revivre l'expérience antique en courant pieds nus dans des tuniques traditionnelles au sein du stade restauré de Némée. Les Jeux Néméens incarnent l'esprit compétitif et religieux qui définissait la Grèce antique, servant non seulement à démontrer la force physique mais aussi à renforcer l'unité culturelle entre les cités-États grecques.

Reconstitution des Jeux Néméens dans le stade restauré

Les Offrandes Votives : Une Tradition Ancêtre du Dépôt de Trophées

Les jeux panhelléniques étaient intrinsèquement liés à la pratique des offrandes votives, une coutume religieuse fondamentale dans le monde grec. Les athlètes, les chasseurs, les pêcheurs, les artisans et même les citoyens ordinaires consacraient des objets aux divinités pour diverses raisons : remercier pour un succès, demander une bénédiction, commémorer un événement ou simplement honorer un dieu. Ces offrandes, souvent exposées dans les sanctuaires, constituaient des témoignages matériels de la piété et des exploits individuels.

Offrandes Sportives et Militaires

Les victoires aux jeux étaient une occasion majeure de faire des offrandes. Les athlètes victorieux dédiaient des objets symbolisant leur réussite. Par exemple, Nicagoras dédie un fragment du bouclier qui armait son bras dans les batailles à Jupiter (84), le reste ayant été détruit par les javelots et les épées. Promachus consacre un arc recourbé et un carquois vide à Apollon (9), témoignant d'une victoire ou d'une fin de carrière. Mars, dieu des combats, recevait également des boucliers, javelots, épées, flèches, freins, casques et cuirasses des mains de divers guerriers tels que Promachus, Acontée, Eumède, Cydon, Hippomédon, Mélante, Nicon, Aristomaque et Philinus (91). Ces offrandes n'étaient pas toujours des armes brisées ou tachées de sang, mais pouvaient aussi être des objets ayant figuré dans des chœurs et non dans des combats (163), soulignant la diversité des contextes de dédicace.

Offrandes des Chasseurs et des Pêcheurs

Les chasseurs et les pêcheurs étaient particulièrement prolifiques en offrandes, remerciant les dieux pour leur succès et leur subsistance. Clitor consacre des filets de pêche à Pan (11), tout comme Zosime, Damis ses filets de chasseur et Pigrès ses filets d'oiselier (15, 16, 181, 182, 183). Le vieux pêcheur Cinyras, épuisé par l'âge et le travail, consacre son filet de pêche aux Nymphes (25), car il ne peut plus le lancer avec la même vigueur. De même, les trois frères, chasseurs habiles dans des éléments divers, offrent leurs filets à Pan : Pigrès des filets d'oiseleur, Damis des filets pour les bêtes fauves et Clitor des filets de pêche (179, 180, 184, 186, 187). Ces exemples montrent la gratitude pour l'abondance et la reconnaissance de la fin d'une activité.

Des offrandes plus spécifiques incluent un carquois de chien et la dépouille d'un sanglier (34) par Rhianus, ou un épieu aux dents recourbées (176) consacré à Pan et aux Dryades. Alcimène offre à Leucon un chien habile et vaillant chasseur (175). Sosis, Philé et Polycrate consacrent à Apollon une lyre, un arc et un filet, représentant leurs professions respectives d'archer, de citharède et de chasseur (118).

Offrandes Agricoles et Pastorales

Les agriculteurs et les pasteurs honoraient également les divinités pour la fertilité de la terre et la protection de leurs troupeaux. Sosiclés, un laboureur, consacre des gerbes de son petit champ à Cérès après une belle récolte (36). Agathias mentionne Callimène retournant le sol fertilisé d'un champ en friche (41). Hermophile, pâtre et fiancé d'Eurynoma, consacre du lait caillé et des rayons de miel à Pitho et Cypris (55). Le vigneron Lénagoras dédie à Bacchus un satyre couronné de lierre, chancelant sous le vin (56). Hérônax, comme prémices de ses jeunes vignes et de ses trois vignobles, a consacré à Bacchus trois jarres remplies du vin de la première récolte (44). Cinyras, après avoir chassé un bouc, l'offre à Bacchus après avoir arrosé ses saints autels du lait d'une jeune brebis (99).

Offrandes Diverses et Objets Personnels

La gamme des offrandes était très vaste, allant d'objets du quotidien à des créations artistiques. Laïs, dont les ans ont flétri les attraits, a consacré à la reine de l'éternelle beauté le disque qui fut le compagnon de sa jeunesse, car l'épreuve du miroir lui est odieuse (18). Cinyras consacre un filet de pêche aux Nymphes (25). Macédonius, devenu vieux et pauvre, se demande ce qu'il peut offrir (30). Les femmes offraient des instruments de travail, comme une navette et une corbeille avec des pelotes de laine, qui avaient soutenu leur vie laborieuse jusqu'à la vieillesse (39).

Des objets plus insolites incluent une grenouille modelée en bronze, offrande votive d'un voyageur guéri d'une horrible soif (43). Ménis le pêcheur offre à Diane un mulet grillé, un goujon, une coupe de vin pur et un morceau de pain dur, des offrandes pauvres mais pieuses, en retour, il espère des filets toujours pleins (105). Xénophon le buveur consacre un tonneau vide à Bacchus (77). Le canif de fer, auquel Mars et les Muses ont donné leurs propres attributs, est également mentionné (68).

Même la représentation d'une hernie est consacrée par Denys, qui s'est sauvé seul d'un naufrage en l'attachant au-dessus de ses cuisses pour nager (166). Cela montre l'aspect très personnel et parfois humoristique des offrandes. La dédicace d'œuvres littéraires est également présente, comme Agathias qui dédie ses neuf livres de Daphniaques à Cypris, cherchant moins à plaire aux Muses qu'à l'Amour (80).

Le Déclin des Jeux Panhelléniques

La fin des Jeux Pythiques, Néméens et Isthmiques s'inscrit dans le déclin général des jeux panhelléniques sous l'influence de Rome et l'essor du christianisme. À partir du IIe siècle avant J.-C., la domination romaine affaiblit le soutien aux compétitions grecques, les considérant comme des célébrations païennes incompatibles avec les valeurs chrétiennes.

Les Jeux Néméens furent déplacés à Argos en 271 avant J.-C., avant d'être progressivement abandonnés sous la pression impériale contre les rites polythéistes au IVe siècle après J.-C. Les Jeux Isthmiques, eux, continuèrent sporadiquement après la destruction de Corinthe en 146 avant J.-C., mais disparurent également vers la fin du IVe siècle, lorsque les cultes païens furent interdits. Quant aux Jeux Pythiques, leur célébration à Delphes persista jusqu'à environ 424 après J.-C., malgré l'essor du christianisme et le déclin des sanctuaires païens.

Malgré leur disparition, l'héritage de ces jeux perdure comme un symbole de la grandeur culturelle de l'Antiquité, témoignant de la richesse culturelle et religieuse de la Grèce antique, où sport, art et spiritualité s'entrelacent harmonieusement.

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