
Environ 30% des chevaux vivant dans des écuries présentent des signes de maladies respiratoires, souvent liés à une mauvaise qualité de l’air dans les boxes. Les normes sanitaires pour la construction et l'entretien des boxes à chevaux ne se limitent pas à des exigences légales ; elles constituent un pilier fondamental pour la santé, le bien-être et la performance de l’animal. Un environnement sain réduit significativement le risque de coliques, un problème fréquent chez les chevaux en stabulation. Le non-respect de ces normes peut engendrer des problèmes respiratoires, des affections cutanées, des blessures et une diminution significative de la longévité du cheval. Adhérer à ces principes est également essentiel pour la réputation et la viabilité financière de l’écurie, tout en garantissant la conformité aux réglementations locales et nationales concernant le bien-être animal. Investir dans la santé des chevaux est un gage de succès pour tout professionnel du secteur équin. Des boxes bien conçus sont un atout majeur pour toute écurie professionnelle. Nous examinerons comment ces normes contribuent à créer un environnement optimal pour le cheval, favorisant ainsi sa santé, sa performance et sa longévité.
Fondements Réglementaires et Objectifs des Normes
En Europe, plus de 10 millions de chevaux vivent dans des boxes professionnels. Pour assurer leur bien-être et garantir des conditions de vie optimales, des normes européennes strictes régissent la construction et la gestion des boxes. La Directive 2008/120/CE sur le bien-être des chevaux, complétée par d’autres réglementations, définit un cadre légal pour la protection des équidés dans les boxes professionnels. Ces normes visent à garantir la santé et le bien-être des animaux, tout en assurant la sécurité des professionnels et du public. L'objectif principal est de promouvoir la santé et le bien-être des chevaux en minimisant le stress et les risques de blessures. Elles cherchent également à assurer la sécurité des professionnels et du public en garantissant la stabilité des infrastructures et la prévention des accidents, et à harmoniser les pratiques à travers l’Europe, en favorisant une meilleure protection des chevaux quel que soit le pays. Bien que les directives européennes définissent des exigences minimales, certains pays membres ont mis en place des réglementations supplémentaires. Par exemple, en France, des normes spécifiques concernant l’épaisseur de la litière et la hauteur des murs sont en vigueur.
Conception des Boxes : Matériaux, Dimensions et Équipements
La construction et l’aménagement des boxes doivent répondre à des critères précis pour garantir le bien-être des chevaux.
Choix des Matériaux de Construction
Le choix des matériaux de construction a un impact direct sur l’hygiène du box, la santé du cheval et la durabilité des installations. Des matériaux appropriés peuvent prévenir le développement de bactéries, de moisissures et de parasites, tandis que des matériaux inadaptés peuvent favoriser l’accumulation d’humidité et la prolifération d’agents pathogènes. Un bon choix des matériaux contribue également à la durabilité des installations et à la réduction des coûts d’entretien, optimisant ainsi le budget de l’écurie. La qualité des matériaux influence directement la longévité des boxes et le bien-être des chevaux.
Plusieurs options s’offrent aux constructeurs pour les murs des boxes, chacune présentant des avantages et des inconvénients en termes d’hygiène, de durabilité, de coût et d’impact sur la santé des chevaux :
- Bois traité (autoclave, thermo-traitement) : Cette option offre une bonne isolation thermique et une esthétique naturelle. Cependant, elle nécessite un traitement régulier pour éviter la pourriture. Un box en bois traité coûte entre 2500 et 5000 euros selon la taille et le traitement, représentant un investissement initial important mais durable.
- Béton : Durable et facile à nettoyer, le béton peut être froid et peu confortable pour le cheval. Une écurie en béton voit son prix augmenter de 20% par rapport à une structure en bois, justifiant une réflexion approfondie sur le rapport coût/bénéfice.
- Briques (avec enduit adapté) : Résistantes et esthétiques, les briques nécessitent un enduit pour éviter l’absorption de l’humidité. Elles offrent une bonne inertie thermique, contribuant au confort du cheval.
- PVC imputrescible : Facile à nettoyer et résistant à l’humidité, le PVC est moins esthétique et potentiellement moins durable. Le PVC est une option économique pour les écuries nécessitant un entretien minimal.
Les matériaux à éviter comprennent le bois non traité, qui est susceptible de pourrir et de développer des moisissures, ainsi que les matériaux poreux difficiles à nettoyer. Il est également crucial d’utiliser des joints étanches et des finitions lisses pour empêcher la prolifération de bactéries et de parasites, assurant ainsi une hygiène optimale des boxes à chevaux. La prévention des problèmes sanitaires passe par un choix judicieux des matériaux et une attention particulière aux détails de construction.

Aménagement du Sol des Boxes
Le sol du box doit assurer un bon drainage pour éviter l’accumulation d’urine et de fumier, qui sont des sources de bactéries et d’ammoniac. Un sol mal drainé peut favoriser le développement de problèmes de pieds, de dermatites et de maladies respiratoires chez le cheval. Un sol adapté contribue au confort et à la santé du cheval en stabulation. Le choix du sol est donc un élément crucial de la construction des boxes. Les options incluent :
- Béton (avec pente) : Facile à nettoyer, mais peut être glissant et inconfortable. Une pente de 2% est recommandée pour un bon écoulement, minimisant ainsi les risques d’accumulation d’humidité.
- Dalles drainantes : Elles permettent un bon drainage tout en offrant une surface plus confortable que le béton. L’installation de dalles drainantes coûte environ 50 euros par mètre carré, représentant un investissement pour améliorer le confort du cheval.
- Terre battue stabilisée (avec système de drainage) : Naturelle et confortable, cette option nécessite un entretien régulier et un système de drainage efficace. La terre battue est une option économique et écologique, mais exige une gestion attentive.
- Caoutchouc : Antidérapant et confortable, le caoutchouc peut être plus difficile à nettoyer et coûteux. Les sols en caoutchouc peuvent coûter jusqu’à 100 euros par mètre carré, offrant un excellent confort et une bonne isolation. Des substrats innovants pour le couchage, tels que le paillis de miscanthus (qui réduit de 40% la production d’ammoniac) ou les copeaux de bois dépoussiérés, peuvent également améliorer la qualité de l’air et réduire les odeurs dans le box. Ces alternatives offrent des avantages en termes de bien-être animal et de gestion des déchets. La recherche de solutions innovantes contribue à améliorer l’environnement des boxes à chevaux.
« Nous avons équipé tous nos boxes avec des tapis caoutchouc, l’entretien des boxes est depuis bien plus facile, beaucoup moins de crainte de retrouver les chevaux sur le béton par manque d’épaisseur. Lorsque nos chevaux se roulent et se relèvent ils sont en totale sécurité et ne risquent pas de se blesser, quand ils grattent devant la porte en attendant leur ration ils n’usent plus leurs fers et l’écurie est beaucoup plus calme. »
Toiture et Isolation
Le toit joue un rôle important dans l’isolation thermique du box et la régulation de l’humidité. L’utilisation de matériaux isolants, comme la laine de verre ou la laine de roche (avec un coût d’environ 15 euros par mètre carré), permet d’éviter la condensation et la prolifération de moisissures. Un toit bien isolé contribue au confort thermique du cheval, réduisant les variations de température et minimisant le stress. L’intégration de systèmes de ventilation naturelle ou mécanique dans la toiture est également essentielle pour assurer une bonne qualité de l’air et éviter l’accumulation d’humidité.
Dimensions et Forme du Box
Les dimensions et la conception du box ont un impact direct sur le bien-être du cheval, la facilité d’entretien et la sécurité des animaux. Un box suffisamment grand permet au cheval de se déplacer librement et de se coucher confortablement, tandis qu’une conception bien pensée facilite le nettoyage, la gestion du fumier et la prévention des blessures. Des boxes bien conçus sont un investissement pour la santé et la sécurité des chevaux.
La surface minimale d’un box varie en fonction de la race et de la taille du cheval. Un cheval de selle nécessite généralement une surface de 12 m², tandis qu’un cheval de trait peut avoir besoin de 16 m². Ces dimensions permettent au cheval de se déplacer librement, de se coucher confortablement et de se rouler sans être gêné. Les dimensions minimales recommandées pour un box varient en fonction de la taille et du type de chevaux. En général, un box pour un cheval de taille standard (environ 1,60m au garrot) devrait mesurer au moins 3 mètres sur 3,5 mètres, soit 10,5 mètres carrés. Pour les poulains et les juments, des dimensions plus importantes sont nécessaires, allant jusqu’à 12 mètres carrés. Il est important de prendre en compte les besoins spécifiques de chaque cheval pour garantir son confort et son bien-être. Des boxes spacieux permettent aux chevaux de se déplacer plus librement, réduisant ainsi le risque de problèmes locomoteurs. Des références légales ou réglementaires peuvent être trouvées dans le Code Rural, stipulant par exemple un minimum de 9 mètres carrés pour un cheval adulte, mais il est conseillé de dépasser ces exigences minimales pour optimiser le confort du cheval. Le bien-être animal est une priorité pour toute écurie professionnelle. Le respect des réglementations est un gage de qualité et de conformité.
Les formes rectangulaires sont généralement privilégiées pour les boxes, car elles facilitent le nettoyage, la circulation de l’air et l’optimisation de l’espace. Les angles droits permettent également une meilleure organisation du box et une utilisation plus efficace de l’espace disponible. Les boxes rectangulaires sont plus faciles à aménager et à entretenir. La hauteur du box doit être suffisamment haute pour éviter les risques de blessures et favoriser la ventilation. Une hauteur de 2,50 mètres est généralement recommandée, permettant une bonne circulation de l’air et évitant que le cheval ne se cogne la tête. Une hauteur adéquate contribue au bien-être et à la sécurité du cheval.
Portes et Fenêtres
Le type de porte, sa largeur et son positionnement sont des éléments importants à prendre en compte lors de la conception du box, en privilégiant la sécurité et la facilité d’utilisation. Les portes coulissantes sont plus sûres car elles ne peuvent pas claquer et blesser le cheval, tandis que les portes battantes sont plus économiques. Les portes coulissantes sont particulièrement recommandées pour les chevaux nerveux ou ayant tendance à se blesser. Le coût d’une porte coulissante est d’environ 300 euros. La largeur de la porte doit être suffisante pour permettre le passage aisé des chevaux et du matériel de nettoyage. Une largeur de 1,20 mètre est généralement recommandée, permettant un accès facile au box. Il est important d’éviter les courants d’air directs en positionnant la porte de manière appropriée, protégeant ainsi le cheval des variations de température. Une orientation sud ou est est souvent privilégiée pour éviter les vents dominants. Les fenêtres doivent être protégées pour éviter que le cheval ne se blesse en se frottant.
Mangeoires et Abreuvoirs
Les mangeoires et les abreuvoirs doivent être facilement accessibles et placés à une hauteur adaptée au cheval. L’accès continu à l’eau fraîche est essentiel pour la santé et le bien-être du cheval. Les mangeoires doivent être suffisamment grandes pour permettre au cheval de manger confortablement et sans se bousculer. Il est recommandé de choisir des mangeoires en acier inoxydable ou en plastique résistant, faciles à nettoyer et à désinfecter.
Gestion de la Litière et Hygiène du Box
L’hygiène rigoureuse et le nettoyage régulier des boxes sont essentiels pour prévenir la propagation des maladies et maintenir un environnement sain pour les chevaux. L’élimination des sources de contamination, telles que le fumier, l’urine et les aliments souillés, est une étape cruciale. Un protocole de nettoyage efficace contribue à réduire le risque d’infections et à améliorer le bien-être des chevaux. Un entretien régulier permet d’éliminer les sources de contamination et de maintenir un environnement propre et sain pour les chevaux. Il est important de suivre un protocole de nettoyage rigoureux et d’utiliser des produits adaptés. Un entretien régulier contribue à prévenir les maladies et à améliorer la qualité de vie des chevaux.
Rôle et Importance de la Litière
Dans leur box, la litière est aussi importante pour les équidés qu’un bon matelas, de bons draps et une couverture propre pour nous. Le confort est primordial. Un cheval peut passer une grande partie de sa journée au box, il doit donc s’y sentir à l’aise. On privilégie une bonne épaisseur (12 - 15cm au moins) pour garantir au cheval (ou au poney) une zone de couchage attractive, souple et commode. Stress, petite faim, les chevaux se mettent souvent à grignoter leur litière de paille, s’ils n’ont pas accès à du foin ailleurs. S'il reste longtemps au box ou même entre deux reprises, un cheval peut en manger un volume conséquent chaque jour. La litière doit conserver une fonction sanitaire et de couchage pour l'animal. Elle doit être absorbante : vous ne voulez pas trouver des flaques d’urine sous la paille. Vos chevaux qui vont gratter et piétiner dans un magma humide, c’est mauvais pour leurs pieds (pourrissement de la fourchette).
Types de Litière et leurs Caractéristiques
Il existe plusieurs types de produits de litière, chacun avec ses avantages et inconvénients.
Litière de paille : La paille dans le box est depuis toujours la litière préférée de nombreux propriétaires d’équidés. Traditionnelle, économique et polyvalente, elle offre de nombreux avantages. Elle est la plus répandue dans les écuries, peu chère à l’achat, si on a la place pour la stocker et le « bon plan » pour évacuer le fumier, la paille est une litière intéressante. Elle offre à nos amis à sabots un lit confortable pour s’y coucher (un cheval récupère mieux lorsqu’il se couche). La cellulose contenue dans cette litière permet au cheval d’activer son transit (avec modération tout de même !). De plus, le cheval passera le plus clair de son temps à trier les meilleurs brins ce qui lutte contre l’ennui au boxe. Elle a cependant pour principal inconvénient de produire énormément de fumier. Bien que celui-ci fasse le bonheur des agriculteurs, il a le don d’agacer les voisins quelque peu dérangés par les odeurs et les écoulements provoqués. De surcroît en été : lorsque le fumier n’est pas évacué régulièrement il est à l’origine de la prolifération d’insectes (oui les mouches et les taons !!!). Choisir une paille de qualité : optez pour une paille bien sèche, dorée et sans odeur désagréable. Pailler correctement : mettez suffisamment de paille pour offrir un confort optimal à votre cheval. La paille dépoussiérée, comme celle proposée par EQUINOO, offre une solution idéale. En limitant la présence de particules fines et de spores, elle contribue à un environnement sain pour vos chevaux. Pour un box de 9 m², 6 balles de 20 kg de litière aubiose seront nécessaires au démarrage puis une balle ou une demi-balle par semaine suffira.
Paille défibrée : La paille défibrée, comme celle proposée par EQUINOO, est une version améliorée de la paille traditionnelle.
Miscanthus (herbe à éléphant) : Le miscanthus est une alternative naturelle de plus en plus populaire. Il réduit de 40% la production d’ammoniac.
Copeaux, ou sciure de bois : Selon les régions, il est plus ou moins difficile de s’en procurer. Cette litière a l’avantage d’être peu onéreuse mais elle a comme gros inconvénient de produire de l’ammoniac à forte dose ! Cette litière n’a pas un fort pouvoir d’absorption, par conséquent elle demande beaucoup de rigueur dans le nettoyage. Et qui dit litière en copeaux dit : FOIN À VOLONTÉ pour éviter que le cheval ingère des copeaux pouvant risquer une colique. On recommande une épaisseur minimale de 10 cm pour des copeaux de bois. Des copeaux de bois dépoussiérés peuvent également améliorer la qualité de l’air et réduire les odeurs dans le box.
Litière de lin : Cette litière produit une faible quantité de fumier (fumier idéal à épandre sur les fleurs !), une de ses principales qualités est son pouvoir d’absorption des vapeurs d’ammoniac. Tout comme la litière de copeaux, elle nécessite le retrait quotidien des crottins et plaques d’urine afin d’optimiser la qualité de la litière. Si elle est bien entretenue on peut tenir un boxe sur litière de lin sur 3 semaines voire 4 sans curer ! Attention à bien se procurer la bonne fourche à « copeaux » pour bien trier les copeaux sales des copeaux propres. Là aussi il est fortement recommandé de fournir du foin à volonté pour occuper le cheval dans son box (si toutefois il passe la majeure partie de la journée au box).
Pellets de bois ou granulés de bois : Oui les petits granulés qui servent aussi à se chauffer l’hiver pour mettre dans le poêle à bois du chalet ! Ces petits granulés, je les utilise pour la litière de mon lapin. Au début ça paraît bien inconfortable et on se dit qu’on ne mettrait pas ça sous les sabots de son cheval. Mais ça se transforme vite en « poudre » pas assez légère pour être volatile. Et on voit très bien les plaques d’urine (ça forme un bloc). Pour l’utilisation il suffit de mettre suffisamment de pellets, de les humidifier légèrement pour les aider à « s’ouvrir » le cheval fera le reste du travail ! Petit plus : ce n’est pas nocif à l’ingestion, une capacité d’absorption 75 fois supérieure à celle de la paille et produit un très faible volume de fumier (que l’on peut destiner à un bac à composte !). Et si on s’y prend bien, le curage n’est nécessaire que toutes les 6 à 8 semaines : Royal non ? Comme les copeaux et le lin, cette litière demande une certaine rigueur, mais un petit peu tous les jours vaut peut-être plus que « tout d’un coup ». A vrai dire : je me demande même s’il n’y a pas un gain de temps par rapport à la litière de paille : où il faudrait nettoyer et repailler tous les jours ; enlever la litière sale et remettre un sac chaque semaine n’est pas plus contraignant. Si on aime voir son cheval au propre je pense qu’on préfèrera la dernière solution ! (avec du foin à volonté aussi !). Bon vous l’aurez compris : si je devais me convertir à une nouvelle forme de litière ce serait le granule de bois !
Entretien Quotidien et Hebdomadaire de la Litière
L’entretien du box est un aspect fondamental de l’hygiène.
Au quotidien : L’idéal étant de nettoyer le box tous les jours : en enlevant les crottins et la paille souillée on évite ainsi de remettre de la paille propre par-dessus de la paille sale, ce qui évite de « gâcher », car le cheval ne consommera pas cette paille souillée, cette dernière aura d’autant plus la fâcheuse tendance à salir encore plus vite le box… Bref c’est le serpent qui se mord la queue : on consomme plus de paille si on ne nettoie pas le box tous les jours et donc à ce niveau-là ça devient moins rentable pour une écurie ! D’autant plus que le confort sera amoindri : car la paille souillée va se compacter et laissera un filet d’humidité sur le sol qui incommodera notre Poupou d’amour… Une fois le crottin retiré, on remet de la paille propre répartie sur les côtés « en bateau ». On pourra également profiter de ces petits gestes du quotidien pour surveiller l’état de propreté de la mangeoire et de l’abreuvoir. Ensuite, il suffira de retirer les déchets en surface et les zones humides chaque jour. Vous serez surpris de constater que la couche humide se dissocie naturellement de la couche sèche en surface.
Chaque semaine : De façon hebdomadaire, on cure le box. On le vide dans son intégralité, on en profite pour désinfecter les sols (car oui les bactéries sont toujours là !) et si on peut, on laisse sécher pour permettre au produit d’agir ! On remet de la paille propre et c’est reparti pour une semaine ! Durant ces curages on peut en profiter pour nettoyer mangeoires et abreuvoirs, qui sont eux aussi une source de micro-organismes malveillants.
Vidéo n°3 : 1ère mise en place dans le box de la litière en paille compressée
Optimisation de l'Hygiène et Réduction des Coûts : Litière sur Tapis de Caoutchouc
Dans un contexte généralisé de hausse des prix agricoles, les alternatives moins onéreuses à la paille de litière font débat. Les charges d'alimentation, de litière et de main d’œuvre constituent des éléments essentiels dans le calcul de la rentabilité économique d'une entreprise équestre. En 2011, le prix de la paille a nettement augmenté, parallèlement au prix des céréales et du fourrage grossier. C'est ainsi qu'on a dû payer, dans certaines régions, jusqu'à 140 € la tonne de paille. Toutefois, les solutions alternatives en matière de litière ont également un coût, et si on veut évaluer le montant total de l'entretien du box, il ne faut pas seulement prendre en compte la fourniture de litière, mais aussi les coûts de main d'œuvre, et éventuellement y ajouter ceux d’élimination du fumier.
Il existe une nouvelle approche, fondée sur l'idée de maîtriser le coût de litière de façon fiable en réduisant la quantité de litière utilisée. Dans cet objectif, un revêtement de sol souple, constitué par un tapis de caoutchouc offre pour avantages d'être à la fois mou, antidérapant et isolant. La litière ne sert plus qu’à absorber l'humidité.
Une expérimentation s’est déroulée dans une pension pour chevaux, où les box étaient revêtus de tapis de caoutchouc d'une épaisseur de 3 cm. Pour les box d'une taille de 12 m², il en résulte donc une hauteur de litière d'un centimètre sur le revêtement élastique du sol. La quantité de litière nécessaire dépend de la capacité d'absorption du matériau utilisé, de la quantité d’urine émise quotidiennement par le cheval et de son temps de séjour dans le box. La quantité d'urine varie selon la taille du cheval, le type et la quantité du fourrage et l'eau bue. Dans cette expérience, nous avons calculé une quantité d'urine de 10 l. Étant donné que les chevaux ont accès au pâturage pendant six heures par jour, la quantité d'urine à absorber dans les box s'élève à 7,5 l. Dans ces conditions, on a besoin d'une quantité de litière d'environ 4 kg de copeaux (supplément de sécurité inclus) par cheval et par jour.
L'expérience pratique décrite dans cet article met en évidence une économie de 300 €/cheval/an en combinant un revêtement de sol souple et un paillage réduit. Dans la modalité classique de litière renouvelée, la quantité de la litière utilisée atteint 2 062 kg par cheval et par an. Dans la modalité avec revêtement souple et quantité de litière réduite, le besoin de litière calculé dans l’essai s'élève à 1 440 kg de litière par cheval et par an. La diminution de litière de 621 kg par cheval et par an correspond à une économie de 30%. Pour le calcul économique du système examiné, nous avons compté un investissement de 50 €/m² pour le revêtement de sol. En outre, pour un calcul simplifié, nous sommes partis d'un amortissement sur 10 ans et d'un taux d'intérêt de 5%.
Les premiers résultats de l’expérience pratique décrite dans cet article montrent un avantage en termes de coûts de plus de 300 euros d'économie/cheval/an pour le système "revêtement de sol souple en combinaison avec une quantité de litière réduite". Dans ce système, la litière remplit seulement le rôle d'absorbeur d'humidité, les autres fonctions du sol dans le box (antidérapance, souplesse et isolation thermique) étant durablement remplies par un revêtement de sol souple en caoutchouc.
Gestion du Fumier
Une bonne gestion du fumier est essentielle pour maintenir l’hygiène du box et prévenir les odeurs. La conception du box doit faciliter le curage, avec une orientation appropriée et un accès aisé pour la brouette ou le tracteur. L’efficacité du curage influence directement la qualité de l’air dans le box. Des systèmes de collecte et d’évacuation du fumier, tels que les fosses à fumier (avec une capacité de 10 mètres cubes pour 10 chevaux) ou les tapis roulants, peuvent être utilisés dans les grandes écuries, optimisant ainsi la gestion des déchets. Ces systèmes permettent de réduire la main d’œuvre et d’améliorer l’hygiène globale de l’écurie.
Il est indispensable d’installer une fumière (en fait c’est obligatoire pour les centres équestres et élevages qui stockent du fumier). Une fumière est une aire étanche munie au moins d’un point bas où sont collectés les liquides d’égouttages et les eaux pluviales qui doivent être dirigées à l’aide de canalisations étanches (et entretenues régulièrement) vers des cuves elles aussi étanches. On adaptera la superficie de la fumière en fonction du délai de stockage du fumier (et de la quantité produite). Il faudra donc installer la fumière loin des fossés où sont captées les eaux usées (qui sont elles-mêmes destinées à être traitées en aval pour la consommation humaine !). D’autant plus que vous risqueriez d’avoir à rendre des comptes à la société de traitement des eaux de votre communauté de communes, et ça peut coûter très cher !
Il existe des plans de boxes innovants intégrant des solutions pour optimiser la gestion du fumier et améliorer la qualité de l’air, comme les boxes avec système de ventilation intégrée au sol, favorisant ainsi un environnement sain et confortable pour le cheval. Ces innovations contribuent à améliorer le bien-être animal et à réduire les coûts d’entretien.
Ventilation et Qualité de l'Air
Une ventilation adéquate est primordiale pour la santé des chevaux. Elle permet d’évacuer l’ammoniac, la poussière et les agents pathogènes, contribuant ainsi à la prévention des maladies respiratoires telles que l’emphysème et les allergies, qui peuvent réduire significativement les performances du cheval. Un box mal ventilé peut entraîner une accumulation de toxines et une détérioration de la qualité de l’air, nuisant au bien-être général du cheval et augmentant le risque de complications sanitaires. L’hébergement de chevaux dans des box, couramment pratiqué dans les écuries, est tenu pour responsable de beaucoup de maladies respiratoires, à cause de la qualité insuffisante de l'air. Les chevaux, animaux originaires des steppes, ont un grand besoin d'air frais. Pour la détention de chevaux dans des box individuels, seule une bonne gestion de l'écurie et de l’ambiance permet de répondre à ces exigences.
Ventilation Naturelle
La ventilation naturelle repose sur des principes simples tels que le tirage thermique et l’effet de cheminée. Elle utilise des ouvertures stratégiquement placées pour favoriser la circulation de l’air frais et l’évacuation de l’air vicié, sans recourir à des systèmes mécaniques coûteux. L’optimisation de la ventilation naturelle contribue à réduire les coûts d’exploitation de l’écurie et à améliorer la qualité de l’air.
- Principes de base : Le tirage thermique est créé par la différence de température entre l’air intérieur et l’air extérieur, tandis que l’effet de cheminée utilise la hauteur du bâtiment pour favoriser l’ascension de l’air chaud. Ces principes permettent de créer un flux d’air constant et efficace.
- Ouvertures : Les chatières, les lanterneaux et les grilles de ventilation sont des ouvertures couramment utilisées pour la ventilation naturelle. Une grille de ventilation de 20x30cm est recommandée tous les 2 mètres, assurant ainsi un renouvellement constant de l’air. Le coût d’une chatière est d’environ 50 euros.
- Orientation de l’écurie : L’orientation de l’écurie doit être optimisée pour maximiser l’exposition au vent et favoriser la circulation de l’air. En France, une orientation Sud-Ouest est souvent privilégiée, permettant de profiter des vents dominants.

Ventilation Mécanique
La ventilation mécanique devient nécessaire dans les écuries mal ventilées naturellement ou dans les climats extrêmes, où les températures peuvent atteindre des niveaux critiques pour la santé des chevaux. Elle utilise des systèmes artificiels pour contrôler le flux d’air, maintenir une température stable et assurer une ventilation adéquate. Le contrôle du climat des boxes contribue à améliorer le bien-être et la performance des chevaux.
- Quand est-elle nécessaire : La ventilation mécanique est particulièrement utile dans les écuries avec une forte densité de chevaux ou dans les régions où les conditions climatiques rendent la ventilation naturelle difficile, comme les zones urbaines ou les régions montagneuses.
- Types de systèmes : Les extracteurs (avec un débit de 500 m3/h pour un box standard), les ventilateurs et les systèmes de ventilation à pression positive sont couramment utilisés. Un extracteur peut changer l’air d’un box environ 6 fois par heure, assurant un renouvellement constant de l’air.
- Avantages et inconvénients : Bien que plus coûteuse à l’installation et à l’entretien, la ventilation mécanique offre un contrôle précis du flux d’air et peut améliorer considérablement la qualité de l’air, réduisant ainsi le risque de maladies respiratoires. Le coût d’un système de ventilation mécanique peut varier de 1000 à 5000 euros par box.
Surveillance de la Qualité de l’Air
La surveillance de la qualité de l’air est essentielle pour s’assurer que la ventilation est efficace et que les niveaux d’ammoniac et de poussières restent dans des limites acceptables (par exemple, un niveau d’ammoniac inférieur à 10 ppm). Des capteurs peuvent être utilisés pour mesurer ces paramètres en temps réel, permettant ainsi d’ajuster les systèmes de ventilation et d’optimiser le bien-être équin. L’utilisation de capteurs contribue à créer un environnement sain et confortable pour les chevaux.
L'ammoniac est incolore, d'odeur âcre et se comporte chimiquement comme une base faible. Il s'agit d'un gaz toxique, irritant et facilement soluble dans l'eau. La plupart de l'ammoniac est formé par des bactéries anaérobies et aérobies à partir de l'urée. Dans ce procédé, l'uréase catalyse la formation d'ammoniac à partir de l'urée liquide. L'ammoniac a une masse moléculaire et une densité plus faibles que l'air. Cependant, si la ventilation dans les écuries est insuffisante, les concentrations les plus élevées se trouvent au sol. Il en résulte que les chevaux sont couchés, le cas échéant, dans un nuage d'ammoniac. Lors de notre expérience, la teneur en ammoniac a été mesurée en continu avec un capteur électrochimique. Au cours de la période de températures plus fraîches, la concentration d'ammoniac était si faible qu'elle se trouvait le plus souvent en dehors de la plage mesurable. En été, la concentration d'ammoniac était nettement plus élevée dans la modalité de l’essai avec litière renouvelée que dans les box avec litière réduite. On peut en déduire qu’avec une quantité réduite de matière organique dans la litière, l'hygiène de l'écurie en est améliorée dans une certaine mesure et que la concentration d'urine en dessous des tapis de caoutchouc n’a aucune influence sur la charge bactérienne sur et en dessous des tapis. Ce résultat est également corroboré par les mesures réalisées dans le box témoin (équipé en permanence d'un tapis caoutchouc).
Les poussières sont des particules de substances solides dispersées si petites qu'elles restent un certain temps en suspension dans l'air avant de retomber sur le sol. Les particules de poussière sont, selon les endroits où elles sont théoriquement déposées, réparties en trois classes. Le premier groupe étant la fraction inhalable. Il est défini comme l'ensemble des particules en suspension dans l'air qui sont inhalées par la bouche et par le nez (<100 μm). La fraction thoracique comprend toutes les particules qui pénètrent dans les poumons (<10 μm). Alors que les niveaux de concentration d'ammoniac et la charge bactérienne sont inférieurs avec le nouveau mode opératoire (litière réduite sur tapis de caoutchouc), nous avons constaté en revanche une légère augmentation des niveaux de concentration de poussière dans les box à litière réduite par rapport au procédé classique. Cela s'explique par le fait que cette litière est nettement plus sèche qu'en paillage classique. La teneur en poussière moyenne est de 20,74 μg/m³ dans le cas de la litière épaisse, avec un écart type de 12.
Des études sont menées pour explorer l’utilisation de plantes dépolluantes dans l’écurie, telles que le Sansevieria et le Chlorophytum, pour améliorer la qualité de l’air. Cependant, il est important d’évaluer leur efficacité réelle et de prendre des précautions quant à leur toxicité potentielle. L’utilisation de plantes peut être une solution complémentaire pour améliorer la qualité de l’air et créer un environnement plus agréable.
Enrichissement de l'Environnement et Surveillance Sanitaire
En plus de respecter les normes minimales, il est important d’adopter des pratiques optimales pour améliorer le bien-être des chevaux dans les boxes.
Enrichissement du Milieu
Pour stimuler l’activité physique et mentale des chevaux, il est important d’enrichir leur environnement. Des jeux, des jouets, des objets à mâcher, des miroirs et des systèmes d’alimentation interactifs peuvent être utilisés pour divertir les chevaux et prévenir l’ennui. Des études ont montré que l’enrichissement du milieu peut réduire les comportements stéréotypés, comme le balancement de la tête ou le grignotage incessant, souvent observés chez les chevaux en box.
« Certains chevaux, dès qu’ils rentrent dans leur box, mélangent le foin à la litière en grattant ou en se roulant. Dans notre propre centre technique d’essais nous avons régulièrement des chevaux qui font cela, et sans bac ou filet à foin l’entretien de leur litière serait très compliqué et le gaspillage énorme. »
Surveillance de la Santé
Une rotation des chevaux dans les boxes permet de réduire le risque de transmission de maladies. Il est également important de surveiller les chevaux régulièrement pour détecter d’éventuelles pathologies et de les soigner rapidement. Des visites régulières d’un vétérinaire sont essentielles pour assurer le suivi sanitaire des chevaux et pour détecter les signes précoces de maladie.