
Avec l'arrivée du printemps et des beaux jours, la saison des belles pelouses resplendissantes pointe le bout de son nez, et il est temps de ressortir la tondeuse à gazon du garage. Cependant, l'utilisation de ces appareils, souvent bruyants, est réglementée afin d'éviter les nuisances sonores pour le voisinage. Il est essentiel de connaître les règles en vigueur dans votre département, et plus particulièrement dans les Ardennes, pour tondre votre gazon en toute légalité et dans le respect de la tranquillité de tous.
Cadre juridique général des nuisances sonores
La lutte contre les bruits de voisinage est encadrée par le décret n° 2006-1099 du 31 août 2006. Ce texte stipule qu'« aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme, dans un lieu public ou privé, qu’une personne en soit elle-même à l’origine ou que ce soit par l’intermédiaire d’une personne, d’une chose dont elle a la garde ». Cette réglementation ne concerne pas uniquement la tonte de pelouse, mais englobe plus globalement toutes les activités bruyantes de jardinage et de bricolage.
Depuis une modification en 1990 du Code général des collectivités territoriales, les maires des communes disposent d’un pouvoir de police générale en matière de lutte contre les bruits de voisinage. Ils sont donc autorisés à prendre un arrêté municipal fixant des créneaux horaires spécifiques pour la tonte de pelouse. Il est important de savoir que les bruits de voisinage peuvent également être réglementés au niveau du département, via des arrêtés préfectoraux. Avant de tondre son gazon, il est donc fortement recommandé aux propriétaires de vérifier auprès de leur mairie et de leur préfecture si un arrêté municipal ou préfectoral réglemente cette activité dans le périmètre de leur commune. Pour les copropriétaires, il est impératif de consulter le règlement de copropriété afin de connaître les dispositions particulières qui pourraient être prévues pour la tonte de pelouse.
Horaires de tonte spécifiques et leurs variations
Les horaires autorisés de tonte de pelouse diffèrent significativement selon les communes et les départements. Il n'existe pas d'horaire unique applicable à l'ensemble du territoire national. Certaines municipalités, par exemple, interdisent à leurs administrés de tondre leur gazon les dimanches et jours fériés. Il est donc crucial de se renseigner précisément sur les arrêtés locaux en vigueur dans les Ardennes, car un contrevenant peut se voir infliger une amende forfaitaire en cas de non-respect de ces règles.

Ci-dessus, les horaires autorisés pour passer sa tondeuse à gazon du lundi au vendredi, le samedi, le dimanche, ainsi que pendant les jours fériés, dans les départements de France métropolitaine, peuvent servir de base indicative. Cependant, ces horaires génériques doivent toujours être vérifiés localement. Par exemple, il est fréquent que les activités bruyantes soient permises en semaine de 8h30 à 12h00 et de 14h30 à 19h30, le samedi de 9h00 à 12h00 et de 15h00 à 19h00, et souvent restreintes, voire interdites, le dimanche et les jours fériés.
Prévention des nuisances sonores et gestion des déchets de tonte
Pour éviter au maximum les nuisances sonores, le choix de l'équipement peut jouer un rôle. Les tondeuses électriques ou à batterie sont généralement moins bruyantes que les modèles thermiques. En outre, un entretien régulier de la machine permet d'assurer son bon fonctionnement et de limiter les bruits excessifs. Laurent Camus, gérant d'un magasin de matériel d'espaces verts, préconise une révision annuelle de la machine à chaque début de saison. "Comme cela fait au moins 5 mois qu'elle n'a pas été utilisée, la tondeuse peut avoir des endroits grippés ou rouillés", explique-t-il. Il ajoute qu'il est également judicieux d'affûter la lame pour une coupe plus efficace et moins d'effort pour la machine. Pour la conserver pendant la basse saison, il ne faut pas la laisser dehors.
Les bases de l'entretien de sa tondeuse thermique (pour les nuls en mécanique comme moi) (Version 2)
Au printemps, il est courant de tondre sa pelouse une fois par semaine. Le jardinier peut alors se retrouver très vite avec un gros volume d’herbes coupées. La gestion de ces déchets verts est une autre problématique à considérer :
- Ramassage et déplacement à la déchèterie : L’inconvénient principal est qu'il faut régulièrement se déplacer à la déchèterie, généralement située en périphérie, et veiller à ce que la tonte ne salisse pas la voiture. Il peut être judicieux de se renseigner s’il existe dans sa commune une collecte spécifique pour les résidus végétaux, à l’image de celles pour les emballages ou le papier-carton.
- Mulching (laisser l’herbe coupée sur la pelouse) : Non seulement le mulching oblige à tondre très souvent (cette technique n’est pas adaptée aux herbes hautes), mais elle nécessite un matériel adapté. Les tondeuses « mulching » (généralement des modèles britanniques) ne comportent pas de bac de ramassage et sont équipées de deux lames pour « hacher » le gazon.
- Compostage : Cette méthode implique l'achat ou la fabrication d'un composteur. Pour éviter que l’herbe coupée ne fermente et pourrisse, il faut la mélanger avec des résidus secs (feuilles mortes, copeaux de bois, paille, papier, carton…). L’idéal est d’incorporer dans le compost moitié de déchets « verts » (tonte de pelouse, mais aussi restes de fruits et légumes) et de déchets « bruns ».
Mesures de sécurité lors de l'utilisation de la tondeuse
Au-delà de la réglementation des horaires, la sécurité est un aspect primordial lors de l'utilisation d'une tondeuse à gazon. Laurent Camus rappelle qu'il faut toujours porter une tenue adéquate. Dans son magasin, il met un point d'honneur à monter et démarrer les engins devant les clients lorsqu'il les vend pour expliquer les règles de sécurité. Le capitaine Ruinet des pompiers de l'Aube se veut rassurant : "Les accidents de tondeuses sont très rares voire inexistants." Il met en garde sur le rechargement des batteries des tondeuses électriques, insistant sur l'importance de suivre les instructions du fabricant pour éviter tout risque. Le plus important pour rester en sécurité est de ne pas chercher à modifier la machine telle qu'elle a été construite par le fabricant. Toute altération des dispositifs de sécurité ou de la structure de l'appareil peut entraîner des risques graves.
Procédure en cas de nuisances sonores persistantes
En cas de nuisances sonores répétées, et notamment de tontes de pelouse effectuées fréquemment avec un engin bruyant (tondeuse à gazon thermique, coupe-bordures, etc.) en dehors des créneaux horaires autorisés, il est recommandé de commencer par des démarches à l’amiable.
- Dialogue avec le voisin : La première étape consiste à aborder le voisin de manière courtoise pour lui faire part de la gêne occasionnée. Souvent, une simple discussion peut résoudre le problème, car la personne n'est pas toujours consciente de la nuisance qu'elle génère.
- Vérification des réglementations locales : Si le voisin persiste, il est conseillé d’aller en mairie ou en préfecture vérifier s’il existe un arrêté municipal ou préfectoral réglementant les horaires de tonte. Dans le cadre d’une copropriété, il faut consulter le règlement de copropriété qui peut limiter ou interdire certains bruits, dont la tonte de pelouse.
- Lettre recommandée avec accusé de réception : En cas de non-réponse ou si les nuisances continuent après une première approche amiable, le mieux est de renvoyer une nouvelle lettre, mais cette fois-ci en recommandé avec accusé de réception (AR). Cela constitue une preuve écrite de la démarche.
- Saisir un conciliateur de justice : Il est possible de saisir, dans le cadre d’une démarche à l’amiable et donc en dehors d’une procédure judiciaire, un conciliateur de justice. Cette démarche est gratuite et permet de trouver un terrain d'entente entre les parties.
- Faire appel à un huissier : Si les troubles persistent malgré ces démarches, il est conseillé de faire appel à un huissier qui constatera la nuisance. Le constat d'huissier est une preuve juridique solide.
- Saisir le tribunal d'instance (TI) : Si un voisin estime que la tonte de pelouse en dehors des horaires autorisés lui porte préjudice, il peut saisir le tribunal d’instance (TI). Pour démontrer la réalité du préjudice et évaluer le montant de la réparation, il doit fournir au TI le maximum de preuves : courriers échangés avec le voisin indélicat, témoignage d’autres voisins, procès-verbaux de la police ou de la gendarmerie, constat d’huissier, voire pétition du voisinage.
