Le jardinage est une danse constante avec la nature, et un jardinier aguerri saura accueillir et tirer parti de tous les aléas météorologiques qui affectent son quotidien. Loin de subir les caprices du ciel, il adopte une approche optimiste, voyant chaque intempérie comme une opportunité. Cet article explore comment naviguer entre pluie, neige, gel, rosée et soleil intense, transformant les défis climatiques en atouts pour un jardin résilient et florissant.
L'Impact Bénéfique et les Défis de la Pluie
La pluie est une source de vie essentielle pour le jardin, mais elle peut aussi présenter des défis spécifiques selon le type de sol. Il est parfois difficile de jardiner sous la pluie, et il est souvent préférable de prendre son mal en patience.
Gestion de la Pluie selon le Type de Sol
Si vous possédez un sol argileux, souvent qualifié de 'terre amoureuse' en raison de sa tendance à devenir collant, certaines précautions sont de mise. Si vous avez sarclé, décroûté ou épandu un paillis protecteur, vous n'avez pas à craindre l'effet de battance, qui peut transformer la surface du sol en une couche dure, semblable à du béton, après ressuyage.
Pour les terrains en pente, une planification judicieuse est cruciale pour prévenir l'érosion. Dessiner les rangs de culture parallèles aux courbes de niveau est une stratégie sage pour limiter le ruissellement et la perte de terre.
La Pluie, Alliée du Désherbage Naturel
En été, la pluie est une véritable bénédiction, particulièrement pour le désherbage manuel. Elle ameublit la terre, rendant l'arrachage des mauvaises herbes beaucoup plus facile et efficace. Il est d'ailleurs remarquable de constater à quel point la végétation semble apprécier la moindre ondée, avec une vitalité qui n'a rien à voir avec un quelconque arrosage artificiel. Cette observation souligne la qualité supérieure de l'eau de pluie pour les plantes.

La Neige : Protection Hivernale et Apport Nutritif
Lorsque la neige advient, le jardin est engoncé sous son blanc manteau. Massifs et allées se confondent, créant un paysage hivernal souvent magnifique, mais nécessitant une attention particulière pour préserver les plantations.
Préserver les Plantes des Charges Excessives
Une couche épaisse de neige, accumulée sur la frondaison des conifères, comme les cyprès, thuyas, Chamaecyparis et autres formes fastigiées, risque de faire ployer dangereusement les rameaux. Il est préférable de s'armer d'un long "gourdin" pour faire tomber délicatement les charges excessives et éviter la casse.
Sur les camélias, la neige peut éventuellement brûler, à la longue, les feuillages et les fleurs ou boutons les plus tendres. Dans ce cas, il est conseillé de la faire tomber de la même manière pour protéger ces plantes délicates.
Les Bénéfices de la Neige pour le Sol
Au-delà des précautions nécessaires, la neige est particulièrement bénéfique à la terre. En fondant, elle lui apporte son lot d'azote, un nutriment essentiel pour la croissance des plantes, enrichissant ainsi le sol de manière naturelle.
Libérer le Jardin de la Neige au Printemps
Pour hâter le réveil du jardin après l'hiver, il est judicieux de libérer le jardin de la neige le plus tôt possible. L'application de cendre de bois, accumulée durant l'hiver, sur la neige du jardin en mars et avril est une méthode efficace. La chaleur du soleil est captée par la cendre, ce qui accélère la fonte de la neige à vue d'œil. Il est important d'utiliser la cendre de bois au jardin en petites quantités, à raison d'environ 100 grammes par mètre carré par an, en l'épandant uniformément sur le sol. Elle enrichit le sol en minéraux et augmente le pH, ce qui peut être bénéfique, sauf pour les plantes acidophiles comme les bleuets et les rhododendrons. Il est crucial d'utiliser uniquement de la cendre de bois non traité, et d'éviter les excès pour ne pas déséquilibrer le sol.
La Rosée et la Gelée Blanche : Précautions et Appréciation
Ces phénomènes matinaux, bien que souvent éphémères, demandent une certaine vigilance pour le jardinier.
Gérer la Rosée pour Prévenir les Maladies Cryptogamiques
A priori, le jardinier n'a guère à craindre la rosée. Toutefois, lorsqu'elle perdure le matin sur les plantes, elle favorise l'apparition de certaines maladies cryptogamiques, causées par des champignons, tels que l'oïdium. Pour limiter ces risques, il est idéal de placer les sujets, espèces et/ou variétés sensibles comme les monardes, phlox, asters et compagnie, au soleil levant. Celui-ci asséchera rapidement les plantes, réduisant ainsi les risques de développement fongique.
La Gelée Blanche : Beauté Éphémère et Sensibilité des Plantes
La gelée blanche est responsable de la décimation des plantes semi-rustiques, aqueuses et non rentrées à temps. Cependant, si elle ne perdure pas trop longtemps, les dégâts sont moindres. C'est l'occasion de sortir pour profiter pleinement de la beauté des plantes ourlées de givre, comme les superbes inflorescences des ombellifères, mais aussi les toiles d'araignées et les fruits de rosiers.
Sur la pelouse, il sera sage de ne pas marcher, comme par temps de fort gel, pour ne pas abîmer les brins d'herbe qui sont alors fragiles.
La gelée au jardin: astuces et conseils pratiques.
Le Gel et la Glace : Stratégies de Protection Hivernale
Le gel peut causer des dégâts importants, surtout sur les plantes sensibles gorgées d'eau. La glace, quant à elle, présente des menaces spécifiques pour les bassins et les arbres.
Protéger les Plantes du Gel
Pour les plantes sensibles au gel, il est recommandé de les installer d'ores et déjà en milieu super drainé. Prévoyez des protections douillettes sous forme de paillis, en veillant à ce qu'il soit large pour protéger l'intégralité des racines. L'idéal est d'utiliser de la feuille de fougère sèche ou des aiguilles de pin, qui isolent tout en laissant l'air passer, limitant ainsi les risques de pourriture.
Le collet des plantes à feuillage poilu et argenté est particulièrement vulnérable à l'humidité. Pour ces sujets, plantez-les en surplomb ou épandez tout autour un paillis minéral (cailloux, gravillons, ardoise pilée) qui favorise le drainage. Méfiez-vous des protections trop étanches, comme les films plastiques, et préférez les voiles d'hivernage qui limitent la condensation et, par conséquent, les pourritures.
Gérer la Glace : Bassins et Arbres
Sur un bassin, la glace obstrue la surface et limite les échanges gazeux, mettant en péril les poissons par manque d'oxygène. De plus, des parois trop rigides peuvent se craqueler sous la pression de la glace. Pour prévenir cela, placez à la surface un ballon d'enfant ou un fagot de bois qui limiteront la pression. Au moindre redoux, ils permettront la fonte et une bonne réoxygénation. Sinon, laissez flotter une cloche anti-gel pour assurer les échanges gazeux durant tout l'hiver, même au plus froid.
Sur les arbres souples comme les bouleaux, une gangue de glace sur les branches peut faire ployer la ramure jusqu'à rupture. Bien qu'un tel spectacle soit ravissant, il est préférable de briser la glace doucement, au bâton, afin de soulager ces arbres graciles.
Le Soleil : Source de Vie et Précautions Nécessaires
S'il est le plus souvent bienvenu et indispensable à la vie, le jardinier avisé s'en méfiera parfois et préviendra son action potentiellement néfaste.
Protéger les Plantes Sensibles de l'Ensoleillement Direct
Un camélia planté au soleil levant subit, en hiver ou au tout début du printemps, des amplitudes élevées et rapides de température. C'est pourquoi il est préférable d'installer camélias, hortensias et autres plantes sensibles côté soleil couchant ou même au nord, ce qui peut paraître aberrant à certains mais s'avère une stratégie protectrice.
Lorsque vous souhaitez tailler des buis, sachez qu'ils sont très sensibles aux coups de soleil. En opérant sans précautions, vous risquez de griller les feuilles jusqu'alors disposées sous les jeunes pousses. Il est recommandé de programmer vos tailles lorsque le temps est couvert, de préférence le soir, voire avant l'arrivée d'un front pluvieux.
Vos fleurs précieuses ou adulées voient leur vie écourtée par un ensoleillement trop vif. Les pivoines arbustives, par exemple, offrent un spectacle inoubliable, mais leur floraison peut être écourtée par un soleil trop intense.
L'Ombrage, une Solution Essentielle contre les Fortes Chaleurs
Les épisodes de fortes chaleurs et de canicule se répètent de plus en plus fréquemment, devenant même de plus en plus violents. Les plantes réclament le même bien-être que le jardinier, un maximum de 27 à 28°C. Il est important d'oublier l'idée que plus il fait chaud et mieux c'est pour les concombres, tomates, courgettes, carottes. À la rigueur, les aubergines, poivrons, melons, pastèques aiment se rôtir sous le plein soleil, mais même eux commencent à tirer la langue d'épuisement sitôt les 30°C dépassés.
L'ombrage est une formidable solution pour se protéger de tels excès de chaleur. La comparaison est vite trouvée avec le jardinier qui met son chapeau de paille dans de telles situations. Les températures peuvent chuter facilement de 10°C, créant un environnement tout autre. Certes, on perdra un peu de luminosité, mais les cultures n'ont nul besoin d'une lumière de plein soleil 12h par jour ; 6 à 8h sont amplement suffisantes. S'ils le pouvaient, les légumes aussi mettraient bien un chapeau de temps en temps !
Solutions d'Ombrage Non Végétales
Toiles d'ombrage et filets brise-vue : Elles sont très efficaces et esthétiques. En confectionnant une structure d'appui à l'aide de chevrons et piquets, on peut rapidement dérouler ces solutions sur les cultures, permettant de stopper plus de 50% des rayons du soleil. La température chute d'un coup et les cultures revivent. On trouve des rouleaux dans tout magasin de bricolage ou jardineries, et il est possible de guetter les bons plans sur les sites d'annonces. Leur coût (comptez 6 à 10 € le m²) est amorti sur de très nombreuses années, car elles sont durables. Il est judicieux de les installer d'un côté une année, et de l'autre l'année suivante, pour équilibrer l'impact du soleil et la courbure des canisses sous l'effet de l'attraction.
Canisses (en osier, bambou, roseau) : Elles ont une durabilité comparable et leur confection permet au vent de s'engouffrer très facilement au travers.
Filets d'ombrage : Cette solution est tout aussi efficace que les canisses et encore plus durable, avec une espérance d'utilisation au potager de plus de 10 saisons. Le coût à l'achat est souvent plus intéressant, autour de 5 € le m². Il faut prévoir une structure à base de piquets assez rigides (par exemple de dimension 9x9cm installés sur des bases en fer pour poteau pour plus de durabilité encore) et y accrocher les filets par la suite. On a le choix entre plusieurs taux d'occultation à la lumière, mais bien souvent, avec 50% d'occultation, c'est largement suffisant. Un voile d'ombrage peut faire baisser la température de 10 degrés sous une serre en plein après-midi.
Solutions économiques (draps, bâches) : De nombreux jardiniers utilisent cette solution pour éviter les dépenses. Le gros inconvénient est que le vent ne passe pas au travers, il faut donc veiller à ne pas devoir courir en permanence après ses voiles.
Solutions d'Ombrage Végétales
On entend souvent et on lit que le maïs, les tournesols, et les cultures grimpantes peuvent produire des ombres portées. Dans ce cas, il en faut beaucoup, en espérant qu'elles ne grillent pas elles-mêmes par période de fortes chaleurs. Une option appréciée est le sorgho, qui pousse très bien en France, demande très peu d'eau et peut monter jusqu'à plus de 3m. Les fraises se régalent à l'ombre de ce tournesol en pleine chaleur.
Il est aussi tendance de considérer la cohabitation possible entre arbres et potagers, répondant à plusieurs problématiques liées au dérèglement climatique. Cependant, les contraintes sont multiples : la place prise par les arbres dans un petit jardin, la concurrence racinaire en eau et en minéraux, la luminosité parfois trop faible et difficilement maîtrisable. Cette solution peut être très efficace, mais demande une mûre réflexion. Les solutions non végétales sont moins concurrentielles en eau et surtout beaucoup plus rapides et maîtrisables. Il est à noter qu'un potager installé au cœur d'une forêt de ce type, dans une clairière, supportera nettement mieux les épisodes de canicules qu'un potager en plein milieu d'un champ vide. Des tomates cerises plantées à l'ombre d'un saule peuvent bien se porter, même si la production est parfois faible.
Solutions d'Ombrage Occasionnelles
Des cagettes peuvent être disposées à l'envers sur les cultures basses ou les semis en cours. Un parasol de plage ou même des parapluies peuvent trouver leur place pour ces journées de fortes chaleurs au potager. Il faut être inventif et utiliser tout ce qui peut traîner dans l'environnement proche, qu'il soit végétal ou matériel, pour ombrager les cultures et leur redonner un souffle de vie durant ces périodes de canicules et de sécheresse. Il est recommandé de protéger les plants avec des cagettes lors des plantations en pleine période de chaleur.

Gestion de l'Eau et Arrosage Intelligent
Une grande partie des besoins en eau des plantes sont générés par l'évaporation de l'eau dans la terre. Des stratégies efficaces permettent de minimiser ces pertes et d'optimiser l'arrosage.
Le Paillage : Réduire l'Évaporation et Protéger le Sol
En paillant le sol, vous allez logiquement diminuer grandement ce besoin en eau. Sous la protection de la chaleur, du vent et des rayons directs du soleil, les conditions météorologiques sont tout autres. Amusez-vous à faire la différence entre un mètre carré paillé de 20 cm d'épaisseur et un sol à nu, un jour de grande chaleur.
Paillez avec tout ce que vous pourrez trouver dans votre environnement le plus proche. On dit souvent que le meilleur paillage est celui le plus local. Vos tontes de pelouses, des feuilles mortes, vos tailles de haies broyées ou juste coupées au sécateur, du carton, feront très bien l'affaire. Du compost plus ou moins grossier, plus ou moins décomposé, sera aussi une très bonne alternative. Si vous le pouvez, allez-y franco : 20 à 30 cm d'épaisseur ! Sinon, dépannerez-vous dans des domaines ou chez des agriculteurs en récupérant du foin, de la paille et installez tout cela au plus vite. Plus l'épaisseur sera conséquente, meilleure sera l'isolation.
Parfois, on pourra rechigner à pailler son sol. C'est vrai que celui-ci peut parfois être source d'ennuis avec des ravageurs qui s'installent sous le paillage. Ou tout simplement, vous n'avez pas de sources de paillages à disposition.
Le Binage : Rompre la Croûte de Surface
Si le paillage n'est pas une option, prenez alors le temps de passer un bon coup de binette sur vos parcelles pour casser la croûte superficielle. L'effet sera immédiat sur l'efficacité de vos arrosages. L'eau pénétrera bien mieux dans la terre plutôt que de rester en surface, plus encore sur sol argileux ou argilo-limoneux. L'effet d'évaporation sera grandement diminué. Le binage permet de casser la croûte qui se forme à la surface du sol et qui empêche l'eau de pénétrer. Le but de cette croûte est de limiter la pénétration de l'eau dans le sol pour lui permettre de regagner les nuages, alors que le jardinier souhaite l'inverse.
Les Besoins en Eau des Cultures
Le besoin en évapotranspiration des plantes doit être comblé si la nature ne s'en charge pas. Une pluie passagère qui déverse 20 litres au m², tous les 5 à 10 jours, suffit généralement. Ce besoin en eau varie fortement selon la saison, selon le stade de développement de la culture et selon les régions. On navigue entre 0 et 10 litres d’eau par jour au m². Une culture d’ail dans le nord de la France en début de culture aura besoin de moins d’un litre. En période de canicule, en période de fort vent également (forte évaporation), les besoins peuvent ainsi monter à plus de 10 litres par jour au m² tellement les plants transpirent et tellement l’évaporation s’accentue.
On peut résumer à un bon arrosoir par jour en période de fortes chaleurs, de sécheresse, pour chaque m² pour les cultures les plus assoiffées. Sans quoi elles pourront être rapidement fragilisées, malades et pire encore, ne pourront survivre si le manque s’accentue. Néanmoins certains contextes permettront sans doute de s’affranchir en partie de cette quantité à apporter. Pour mieux appréhender ce phénomène, faites des tests : essayez de laisser certains plants sans arrosage pour voir comment ils se comportent. Vous pourrez ainsi, d’année en année, ajuster et mieux comprendre les besoins de vos plantes, sur VOTRE sol.
La Réserve Facilement Utilisable en Eau du Sol (RFU)
Tout sol est capable de stocker de l’eau et de disposer d’une réserve hydrique facilement accessible pour nos cultures potagères. Nous appelons cela la réserve facilement utilisable en eau du sol (la RFU). Elle est fortement étudiée tellement les enjeux d’irrigation sont conséquents. La moindre goutte économisée est un plus pour l’environnement et le porte-monnaie.
De façon générale, sans trop rentrer dans les détails, un sol de texture équilibrée (limon, argile, sable) est capable de stocker près de 150 litres d’eau sur le premier mètre de profondeur. Cela montre que vous pouvez espacer vos arrosages de bien 5 jours. Mais par contre, il faudra apporter une quantité conséquente d’eau à chaque fois. En l’occurrence, 5 arrosoirs si vous souhaitez remplir à bloc cette réserve utile. Un sol sableux aura une réserve utile bien inférieure, tout juste 30 litres sur les 30 premiers centimètres de profondeur. L’eau descend rapidement en profondeur avec ce sol trop poreux (regardez la plage qui s’assèche très vite…).

Récupération et Utilisation de l'Eau de Pluie
Il est impératif d'utiliser l'eau avec discernement, en particulier lors des restrictions qui ne concernent généralement pas l’arrosage de zones destinées à la production de nourriture. L’eau de vos gouttières, par exemple, peut très bien être envoyée dans une citerne de récupération. Tous les toits sont bons pour récupérer l’eau de pluie. Un autre exemple est l'installation d'un évier de potager pour récupérer l’eau de nettoyage des récoltes. C’est 10 litres d’eau récupérée à chaque cageot récolté, selon les récoltes bien sûr plus ou moins pleines de terre. Toute cette eau pourra combler les besoins d’évaporation et transpiration pour un mètre carré de cultures par exemple. Directement à l’extérieur, c’est très pratique. Mais on peut aussi le faire dans la maison, en dévissant la bonde.
Techniques d'Arrosage Efficaces
Une situation idéale est de disposer de l'eau nécessaire pour l'utiliser efficacement. Les goutte-à-goutte conviendront mieux. Une aspersion fine (en matinée !), un pommeau d’arrosage très doux, un sol et un paillage humidifié : ce sont les meilleures conditions pour les plantes en ces périodes. Néanmoins, on ne pourra pas toujours offrir ce milieu à nos plantes, car les canicules sont souvent couplées aux sécheresses.
Un goutte-à-goutte fera alors parfaitement l’affaire : le plus important est d’approvisionner les racines en eau. Ce goutte-à-goutte permettra d’économiser de l’eau, précieuse, plutôt que de mouiller le paillage et le laisser se gorger d’eau. Si vous ne manquez pas d’eau, les cultures aimeront tout de même un peu d’eau sur les feuilles et le paillage pour faire montrer un peu l’humidité ambiante. Certains légumes y voient un gain de productivité, comme les poivrons qui adorent l’aspersion. Une petite douche générale le matin ne fait pas de mal. Même les tomates y ont droit, un matin de mai 2022, alors qu'on annonçait 32 degrés en journée.
Concernant le moment idéal, c’est souvent au petit matin si vos nuits sont fraîches. Ce ne sera pas le cas en période de canicules où l’on pourra arroser le soir. Les périodes de sécheresse, elles, n’empêchent pas (dans les régions les plus au nord ou de moyennes altitudes) d’avoir des nuits assez fraîches même en plein été. Dans ce cas-là, évitez peut-être l’arrosage avant la nuit. Cela serait propice aux limaces, escargots et surtout au développement de maladies fongiques comme le mildiou. Alors pour résumer : en cas de températures extrêmes annoncées, on arrose un arrosoir au m² et idéalement au petit matin.
Il est important d'arroser lorsque l'on plante, mais ensuite, de laisser passer 8 à 10 jours s'il ne pleut pas avant de remettre de l'eau. Pour savoir si la terre est assez humide, il est conseillé d'y plonger le doigt dans toute sa longueur. La terre peut former une croûte à la surface et être humide dessous, c'est une bonne façon d'aller vérifier. Enfin, pour l'arrosage, favorisez plutôt le matin de bonne heure ou le soir, un peu plus tard.
Planter et Semer au Bon Moment : L'Influence de la Température du Sol et de la Lune
Le moment choisi pour planter et semer est crucial, et ne dépend pas uniquement des températures ambiantes.
L'Importance de la Température du Sol
Après des mois d’attente, l’envie de semer et de planter nos légumes se fait sentir. Pour ceux qui cultivent de l’ail, dès que la neige disparaît, l’ail commence à pointer le bout du nez, tout comme les pissenlits et autres mauvaises herbes. L’ail au printemps. Si certains légumes préfèrent les températures et un sol frais, tels les Liliacées (ail, oignon, échalote, poireau) et plusieurs légumes feuilles (kale, épinard et laitue), ce n’est pas le cas de bien d’autres légumes populaires, en particulier les légumes-fruits de la famille des Cucurbitacées et de celle des Solanacées. Les pois, les haricots, le maïs sont aussi de petits frileux. Mettre ces semences en terre lorsque celle-ci est encore froide risque de les voir pourrir au lieu de germer.
Dans la pratique, on est porté à se fier à la température extérieure, la température qu’il fait dans l’air, alors que le plus important c’est la température du sol qui déterminera si vos plants fragiles se développeront normalement. Il faut que vos légumes fragiles aient les pieds au chaud ! Si le sol est chaud, ils seront confortables et cela même si l’air est frais ! C’est un peu comme lorsque le plancher de votre maison est froid : vous n’êtes pas à l’aise même si l’air de la maison est chaud. Cependant, à l’extérieur, pour avoir un sol chaud, il faut des journées ensoleillées et des températures chaudes, en particulier la nuit.
De plus, cela va dépendre du type de sol. Un sol léger, comme un sol sablonneux, se réchauffera plus rapidement qu’une terre plus lourde, comme un sol argileux ou limoneux. Cette particularité vient du fait que plus un sol possède des particules fines, plus grande est sa capacité à faire remonter de l’eau du sous-sol par le phénomène de capillarité. Si votre jardin est sur une terre argileuse ou limoneuse et qu’elle est longue à se réchauffer, vous aurez avantage à cultiver sur des buttes ou des planches de culture surélevées. La méthode de culture sur buttes a d’ailleurs été inventée pour ces types de sol. En créant une butte, vous augmentez la distance entre la source d’eau souterraine et la surface, diminuant ainsi l’effet de la capillarité.
En ce printemps 2025, où les journées de soleil sont rares et que les pluies abondantes et froides ne cessent de refroidir la terre, il ne faut pas se presser. Il est préférable d'acclimater les petits semis de tomates, de poivrons, de concombres ou de courges aux conditions extérieures en les sortant les jours où la température est au-dessus de 15 °C et en les rentrant si la température de nuit descend en dessous de 10 °C. Il faut retenir que ce n’est ni la date ni la température de jour qui détermine le moment de planter les variétés fragiles au froid, mais la température du sol.

Le Calendrier Lunaire et les "Saints de Glace"
Ce dimanche, entre la météo et la lune, tous les voyants sont au vert pour planter ses fleurs et ses légumes. C’est le bon moment pour les plantations. Après des semaines de pluie et une météo capricieuse, le temps sec et ensoleillé permet enfin de se consacrer au jardin. Toutes les planètes sont alignées ce dimanche pour se mettre au potager. Avec la pluie et le froid de ces derniers jours, le terrain n’était pas facile. La terre a eu le temps de sécher un peu, ce qui rend les conditions idéales. Celui qui a un motoculteur pourra travailler la terre et on améliore la qualité du terrain en apportant de l’engrais ou du fumier. Mais attention, maintenant, à ne pas trop attendre : plus on attend et plus les légumes vont sortir tard. Si on veut en profiter rapidement, il faut saisir ce créneau.
Côté fleurs : des géraniums, des bégonias, des dahlias, des œillets et des dipladénias par exemple. Côté potager, c’est la bonne saison pour les tomates, les courgettes, les aubergines et le poivron. Le basilic appréciera davantage d’être en terre. La Lune a aussi son mot à dire. Et ce dimanche, c’est une Lune en fleurs, le paradis des jardiniers. Il est conseillé de regarder la lune surtout pour les semis de tomates. Ce samedi, il était conseillé de semer les racines, c’est-à-dire les carottes, les oignons et les pommes de terre. Mais à partir d'aujourd'hui, on peut se concentrer sur les fleurs et s’occuper aussi de la taille.
Par ailleurs, les derniers Saints de Glace ont lieu ce lundi, sans gel annoncé. A priori, les gelées sont désormais derrière nous. Le ciel est dégagé mais il n’est pas signe de froid.
Lutte Contre les Maladies : Mildiou et Oïdium
L'alternance entre pluie et soleil, surtout avec des brouillards matinaux, peut favoriser le développement de maladies cryptogamiques.
Prévenir et Traiter le Mildiou
Les Saints de Glace sont passés mais le beau temps n'est pas encore fixé, il partage les semaines avec les pluies. Et pour finir, des bancs de brouillards matinaux n'inspirent rien de bon à notre maraîcher. Jacky Mercier, maraîcher bio à Frontenay-sur-Dive, a même connu une averse de grêle deux jours avant de nous rejoindre. Sur cette partie de ses terres, les plants de tomate sont à refaire, le phénomène, comme souvent, était hyper localisé.
Compte tenu de l'alternance grand soleil puis giboulée, Jacky conseille, pour éviter le mildiou, de mettre en place dès maintenant un traitement préventif à base de sulfate de cuivre additionné de chaux, mélange que l'on trouve dans le commerce sous l'appellation bouillie bordelaise. Un traitement qui pourra se faire en alternance avec un traitement au bicarbonate de sodium. Pour qu'il agisse, ce traitement doit bénéficier d'un temps d'imprégnation de 2 heures environ avant l'arrivée d'une nouvelle averse. Bouillie bordelaise et/ou bicarbonate de sodium sont à renouveler au bout d'une semaine. Avec le mildiou, le plus sûr est de prévenir car une fois que les taches brunes sont installées sur les feuilles, elles ne tardent pas à contaminer les tomates, et alors il faut arracher le pied pour éviter la contamination aux autres pieds de tomates.
Gérer l'Oïdium
Comme mentionné précédemment, la rosée persistante sur les plantes favorise l'apparition de l'oïdium. Placer les plantes sensibles au soleil levant et assurer une bonne circulation de l'air sont des mesures préventives efficaces.
La gelée au jardin: astuces et conseils pratiques.
Stratégies pour les Sols Difficiles et Terrains en Friche
Travailler un terrain en friche depuis de nombreuses années ou un sol spécifique demande des approches adaptées.
Préparation d'un Terrain en Friche pour le Gazon
Lorsqu'un terrain a été en friche depuis de nombreuses années, la question de planter du gazon et de le désherber se pose. Le désherbage manuel est une option, mais il est très chronophage pour de grandes surfaces. Il est possible d'utiliser de l'eau bouillante pour désherber. L'eau de cuisson du riz et des pommes de terre est aussi une astuce pour certains. Pour le reste du terrain (700m² par exemple), un désherbage manuel serait très long.
Pour le gazon, la meilleure période est septembre/octobre, il est donc conseillé d'attendre un peu. Pour le désherbage, si les traitements chimiques sont une option, le manuel est préférable. Des mauvaises herbes, il y en aura toujours. L'herbe de prairie, avec du ray-grass, est facile à entretenir et reverdit rapidement après une grosse pluie si elle sèche un peu l'été. Le trèfle aussi est bon à mettre dans un gazon, surtout sur un terrain argileux.
En attendant de semer, une solution moins fatigante pour les grandes surfaces est d'étendre de grandes bâches noires. Le manque de lumière empêche les mauvaises herbes de sortir.
Améliorer un Sol Argileux ou Limoneux pour la Culture
Si votre jardin est sur une terre argileuse ou limoneuse et qu’elle est longue à se réchauffer, vous aurez avantage à cultiver sur des buttes ou des planches de culture surélevées. La méthode de culture sur buttes a d’ailleurs été inventée pour ces types de sol. En créant une butte, vous vous trouvez à augmenter la distance entre la source d’eau souterraine et la surface, diminuant ainsi l’effet de la capillarité.
L'Adaptation des Variétés et la Résilience des Plantes
Choisir les bonnes variétés et comprendre la résilience naturelle des plantes est essentiel pour un jardin durable.
Choisir des Variétés Adaptées aux Climats Secs
Des variétés seront plus adaptées à des climats plus secs, avec des feuillages moins conséquents et donc moins sensibles à la transpiration, et des racines capables de vite se développer et aller chercher l’eau en profondeur. Mais il n'y a pas de miracles attendus. Un manque conséquent d’eau, une chaleur trop forte et ces variétés seront tout autant vouées à mourir si le jardinier ne les protège pas des excès de dame nature (et de l’homme en amont…). Il faudra arroser, ombrager, pailler, biner, même avec ces variétés si l’on souhaite les préserver de ces agressions météorologiques.
La Résilience Naturelle des Cultures
Les plantes restent extrêmement résilientes. Même si parfois elles font triste mine en plein après-midi, elles retrouvent vite de la vigueur en fin de journée. En août 2020, avec 36 degrés en plein soleil, les betteraves étaient toutes aplaties au sol. Cela n’a pas empêché d’avoir de belles récoltes, certaines faisant plus d’un kilo un mois plus tard ! Il est donc important de faire du mieux possible, mais de ne pas avoir une obsession du moindre signe de fatigue du plant. Par exemple, il est tout à fait normal que les courges s’affaissent l’après-midi : elles ont trop chaud. Là aussi, le parallèle avec le jardinier est vite trouvé et un effort passager peut au contraire aider notre corps à être résilient plutôt que de se fragiliser. Idem pour nos cultures, un stress dû à la chaleur peut n’avoir qu’une faible incidence sur vos plantes et au contraire les habituer à l’effort, la résilience. Pensez à maintenir à minima un sol humide pendant ces périodes. Les cultures s’en sortiront souvent sans séquelles dans la plupart des régions.
Décaler les Semis pour une Meilleure Adaptation
Une solution à envisager, surtout si vous n’avez pas d’eau sur votre terrain, est de faire un potager de printemps, un potager d’automne/hiver, et de ne pas cultiver grand-chose en été. Au printemps, à l’automne et en hiver, les sols sont (généralement) pourvus en eau, et le rayonnement solaire est moins fort. On peut alors envisager de nombreuses cultures qui seront moins dépendantes du jardinier pour survivre. En été, on peut alors limiter notre surface de culture à quelques pieds de tomates, des courgettes, et autres légumes. C’est une gestion alternative pour contrer les sécheresses et canicules au potager.
