
Les jardins sont des écosystèmes complexes, foisonnant de vie, où chaque créature, petite ou grande, joue un rôle essentiel. Loin d'être de simples nuisibles, de nombreuses petites bêtes qui peuplent les jardins, suscitent tantôt la peur, tantôt le dégoût chez l’homme, sont en réalité de précieux auxiliaires pour le jardinier. La coccinelle, l’abeille ou encore la tant redoutée araignée sont utiles au jardinier, contribuant à la santé et à la productivité du potager. Les insectes auxiliaires, qu'ils soient pollinisateurs, prédateurs de ravageurs ou nettoyeurs, ont un rôle primordial à jouer pour garantir la bonne santé de la biodiversité. Ils contribuent à un équilibre naturel, réduisant le besoin d'interventions humaines et de produits chimiques.
Les Maîtres de la Pollinisation : Garantir la Reproduction Végétale

Le processus de pollinisation est un enjeu majeur de la biodiversité et un pilier fondamental de la production alimentaire. Les insectes pollinisateurs assurent la reproduction naturelle des fruits, fleurs et légumes du jardin. Saviez-vous que 70% de la production de cultures destinées à l’alimentation des hommes dépend des insectes pollinisateurs ? Sans eux, de nombreux végétaux, comme les tomates, courgettes, fraisiers ou pommiers, resteraient stériles, ou leurs fruits seraient mal formés.
Les abeilles en sont les ambassadrices les plus connues et les plus efficaces. En butinant les fleurs, elles transportent le pollen des organes mâles de la plante aux organes femelles, permettant ainsi la reproduction des végétaux. L'abeille assure à elle seule 85% de la pollinisation des plantes à fleurs, la rendant indispensable. Sans elle, pas de reproduction chez les fleurs. Tout le pollen récolté servira à nourrir ses larves. Le bourdon terrestre, reconnaissable à son derrière tout blanc, est l’un des plus communs et l’un des plus précoces au jardin. Cette future reine est en quête d’un trou dans le sol ou sous le plancher d’une cabane pour y fonder une nouvelle colonie. Nourrir ce petit monde nécessite d’incessantes allées et venues vers les fleurs de framboisier, fraisier, tomate, aubergine, pois et tant d’autres fleurs sauvages et cultivées des haies, pelouses et massifs. Sans ces insectes placides, la production potagère chuterait dramatiquement.
Le syrphe, aux allures de guêpe, est en réalité une mouche butineuse. Comme les abeilles et guêpes solitaires, les syrphes sont des insectes pollinisateurs. Les papillons, les coccinelles, les syrphes et les chrysopes participent aussi activement à la propagation du pollen en se déplaçant de plantes en plantes. Même si les guêpes sont parfois considérées comme nuisibles, elles sont de redoutables prédatrices de certains insectes et beaucoup sont des pollinisatrices occasionnelles.
Pour favoriser la présence de ces précieux pollinisateurs, il est essentiel d'implanter des plantes mellifères variées et d'étaler les floraisons sur toute la saison. Des plantes comme le sureau, la menthe, le millefeuille ou la molène, riches en nectar et en pollen, sont très appréciées. Le Buddleia mérite d'être planté pour les papillons qu'il attire, et le Nepeta offre un bon gîte aux coccinelles tout en fleurissant du printemps à l'automne. Le tournesol est également une excellente option, apprécié par les abeilles pour ses fleurs et par les oiseaux pour ses graines.
Les Petits Prédateurs : Gardiens du Potager

Dans le potager, de petits soldats assurent discrètement la survie des plantations. Ce sont les insectes prédateurs qui aiment se nourrir de nuisibles tels que les chenilles, cochenilles, limaces et bien entendu pucerons. Ces auxiliaires régulateurs contrôlent efficacement les populations de ravageurs, limitant les dégâts sur les cultures et offrant une solution de lutte biologique intégrée.
La Coccinelle : L'Amie Incontournable
La coccinelle est sans doute l’auxiliaire la plus connue et la plus appréciée des jardiniers. Pour lutter contre les fameux pucerons, la coccinelle ne se fait pas prier. Elle est une alliée de taille. Une seule coccinelle adulte peut dévorer jusqu’à 150 pucerons par jour. Ses larves, souvent méconnues car moins jolies que l’adulte, sont encore plus voraces, consommant jusqu'à 600 pucerons tout au long de leur croissance. Il est donc essentiel de ne pas les confondre avec des nuisibles et de les laisser accomplir leur travail. La coccinelle se nourrit également d’acariens, de psylles, de cochenilles et d’aleurodes (une petite mouche blanche sévissant en particulier dans les serres).
Pour attirer les coccinelles durablement, la coccinelle apprécie notamment les herbes hautes, des plantes pérennes, des orties, des tiges creuses laissées au sol, et le fenouil qui leur offrent du pollen et du nectar. Elles hibernent sous forme de coléoptères dans les crevasses de l’écorce des arbres, les anfractuosités des murs de pierre ou les fissures des murs des maisons anciennes, et apprécient aussi les hôtels pour insectes. Il est également possible de leur offrir gîte et couvert toute l'année en laissant des tapis d'orties ou des coupes de végétaux à tige creuse sur le sol.
La Chrysope : La Demoiselle aux Yeux d'Or et Lion des Pucerons
La chrysope, appelée communément « mouche aux yeux d’or », est un insecte délicat aux grandes ailes translucides qui passe souvent inaperçu. Pourtant, ses larves sont de féroces prédateurs que l’on surnomme parfois « lions des pucerons ». La chrysope et sa larve sont aussi très friandes de pucerons et d’acariens. Les agriculteurs en élèvent même par milliers sous serre pour protéger les plantations. En plus des pucerons et acariens, les larves dévorent cochenilles farineuses, acariens tétranyques, thrips, mouches blanches, cigales, et petites chenilles. L’adulte, lui, se nourrit principalement de nectar et de pollen, participant ainsi à la pollinisation de vos fleurs et légumes.
Pour favoriser la présence des chrysopes, un vaste choix de fleurs au jardin est le meilleur moyen de les attirer. La femelle a besoin de manger suffisamment de pollen au printemps pour que tous ses œufs se développent parfaitement. Les chrysopes adultes se réfugient en hiver dans les abris de jardin, les dépendances des maisons, les tas de bois, sous les feuilles mortes. On peut fabriquer une boîte en bois percée de nombreux trous et garnie de paille ou de lamelles de papier journal chiffonnées, à accrocher dans un arbre ou un buisson à l’abri du vent et de la pluie.
Le Syrphe : Un Faux Jumeau Utile
Le syrphe, aux allures de guêpe, est en réalité une mouche butineuse. Il ressemble à une guêpe, il a la couleur d’une guêpe mais c’est une mouche ! Avec la coccinelle et la chrysope, c’est le trio infernal pour les pucerons ! Le premier insecte déjà dehors dès février pour polliniser les premières fleurs. Le vol vrombissant, stationnaire et avec changement brusque de direction, à la manière d’un colibri, est une caractéristique typique des syrphides. Les larves de syrphides vivent sur des tiges et des feuilles et dévorent les pucerons par centaines, notamment ceux que les coccinelles délaissent, comme le puceron cendré du chou. Leur couleur, entre transparent et vert-jaune, les rend difficiles à déceler au premier coup d’œil. Au stade de nymphe, les syrphides se collent sur les tiges de plantes et les feuilles à la manière de gouttes d’eau brunes et sèches.
Pour les attirer, il faut des fleurs en fin d’hiver, au printemps, en été et jusqu’en automne. Les plantes sauvages fleuries attirent les syrphides adultes au jardin. Elles aiment les fleurs au nectar facilement accessibles comme les fleurs en ombelles et en capitules. La présence de pucerons est indispensable pour que la femelle ponde.
Le Carabe : Le Chasseur Nocturne du Jardin
Le carabe est un coléoptère terrestre qui chasse principalement la nuit, ce qui explique qu’on le remarque rarement. Pourtant, il patrouille inlassablement dans vos allées et entre vos plants à la recherche de limaces, de vers gris et de larves nuisibles. Le carabe apprécie les vergers et autres souches d’arbres sur lesquelles se trouvent de grasses chenilles à dévorer. Il est l'ami du verger. Pour favoriser sa présence, évitez de retourner trop fréquemment votre sol et laissez quelques zones avec des pierres ou des morceaux de bois sous lesquels il pourra se réfugier le jour. Ils apprécient les jardins chauds et ensoleillés et hibernent sous des pierres ou de la mousse. Pour les accueillir, on peut également laisser des tas de bois, des feuilles mortes, des vieilles souches d'arbres ou des tas de pierres. Les larves du carabe doré éliminent les larves de la mouche de la carotte et du doryphore et d’autres petits animaux vivant dans le sol des plates-bandes de légumes. Les coléoptères adultes montent aux arbres pour chasser les insectes, les limaces et des vers qui sont parfois plus gros qu’eux.
Le Perce-Oreille : Un Prédateur Discret
La forficule, plus connue sous le nom de perce-oreille, est une prédatrice hors pair, se nourrissant, de nuit, de très nombreux insectes. Il débarrasse le sol du potager des fruits et légumes pourris ou en décomposition. Celui-là, on ne l’aime pas trop pourtant certains sont prédateurs des psylles (insectes piqueur-suceurs qui s’attaquent à nos plantes), de pucerons, d’acariens et de cochenilles et en général on ne les croise pas trop puisqu’ils travaillent surtout la nuit et se régalent du lanigère, un puceron qui sévit sur les pommiers.
Pour favoriser leur présence, pendant la journée, les perce-oreilles cherchent des cachettes étroites dans lesquelles ils se blottissent sur le ventre ou sur le dos. Si l’infestation de pucerons est importante sur les arbres fruitiers, on peut alors installer des « abris en forme de cloche » fabriqués à l’aide de pots en terre ou des pochettes pour perce-oreilles. Faites d’une pierre deux coups : installez des pots de fleurs retournés, remplis de paille, dans les arbres à noyaux, avant la maturité des fruits. S’ils sont occupés par des perce-oreilles, transférez-les sur les pommiers ou toute autre plante parasitée par les pucerons.
Les Mini-Guêpes Parasitoïdes : Stratèges Discrets
Méconnue cousine des guêpes, bien plus petite et bien plus discrète, la micro-guêpe parasitoïde est une sacrée cruelle. Sa tactique pour se débarrasser des pucerons c’est de pondre un œuf directement dans leur corps. La larve de l'ichneumon dévore le puceron de l’intérieur et ne laisse qu’une enveloppe sphérique beige et desséchée. On rencontre souvent ces momies sur les plantes sur lesquelles on a auparavant aperçu des pucerons. L'Aphidius est un champion dans la catégorie taille mini mais qui fait le maximum. La femelle pond ses œufs, plusieurs centaines, dans le corps des pucerons, à raison d’un œuf par puceron. La larve consomme l’intérieur du puceron, qui cesse peu à peu de s’alimenter et meurt, juste au moment de la sortie de la larve qui se transforme alors en un nouvel aphidius adulte. On les repère au stade de larve parasitoïde, car le puceron parasité devient gros comme une tête d’épingle. La Cotesia glomerata est une braconidé de seulement 3 millimètres. Les femelles pondent leurs œufs dans les chenilles de la piéride du chou, un ravageur de légumes très répandu.
Autres Alliés Prédateurs
Les araignées, tant redoutées, sont également très utiles. Elles sont de redoutables prédateurs. Les calosomes, même pas peur des chenilles processionnaires du pin et du chêne, sont de gros coléoptères noirs bleutés, redoutables carnassiers discrets et nocturnes. Ce petit gourmet apprécie les escargots, les limaces et leurs œufs, pondus en automne et au printemps dans les premiers centimètres du sol. Pour l’attirer et le protéger, ménagez-lui des abris permanents, évitez de trop nettoyer le jardin, couvrez la terre de paillis.
Les faucheux, qui ne sont pas des insectes mais un ordre propre de la famille des arachnides, sont facilement reconnaissables à leurs longues pattes. Leur nourriture préférée se compose de minuscules animaux impliqués dans la dégradation de plantes mortes. Les libellules et demoiselles, bien utiles quand on a une mare ou un bassin, attrapent les moustiques au vol et dévorent chenilles, vers, mites, papillons et cochenilles. Les punaises, comme le célèbre gendarme, sont aussi considérées comme des auxiliaires. Certaines punaises prédatrices s’attaquent également aux psylles, pucerons, acariens et cochenilles.
Les guêpes, en général pacifiques si on ne les dérange pas, se délectent de mouches, de pucerons ou encore de petites chenilles. Une guêpe solitaire du genre Passaloecus peut capturer jusqu’à la modeste quantité de 1 500 pucerons durant les quelques semaines de sa vie, tandis qu’une guêpe sociale mange en moyenne 1 000 mouches et 1 000 chenilles. Les sauterelles, avec leurs puissantes mâchoires, s’attaquent aux insectes nuisibles pendant vos étés, chassant des larves de doryphore et des chenilles. Les acariens prédateurs, bien que minuscules (moins d'1 millimètre), chassent les acariens tétranyques suceurs de jus de plantes et apprécient les emplacements humides et chauds.
Les Nettoyeurs du Sol : Bâtisseurs d'un Terreau Fertile

Sous les pieds du jardinier, de nombreuses petites bêtes font un travail colossal pour maintenir la terre en bonne santé. Ces insectes nettoyeurs et leurs larves se nourrissent de plantes mortes, recyclant ainsi les déchets du sol en matière organique fertile. Ces auxiliaires de la vie du sol sont les ingénieurs discrets du potager.
Le ver de terre est un habitant du jardin particulièrement apprécié. En créant des galeries, il fabrique des microporosités qui améliorent la rétention de l’humidité. Les vers de terre sont indispensables à la vie du sol, l'aérant et l'enrichissant avec leurs déjections. Pour les favoriser, il faut des apports réguliers de matière organique, un sol couvert et un travail du sol réduit, en évitant le labour profond et les passages répétés d'outils motorisés.
Les staphylins débarrassent aussi le sol des excréments et des feuilles mortes. Les cloportes décomposent la matière organique et créent ainsi un humus de qualité. Quant au perce-oreille, il débarrasse le sol du potager des fruits et légumes pourris ou en décomposition. Les collemboles, en consommant les champignons, bactéries et déchets végétaux se trouvant en surface ou dans le sol, accélèrent le recyclage des nutriments et favorisent ainsi la fertilité des terres. Les fourmis, en qualité de recycleuses de cadavres, jouent également un rôle important pour ce qui concerne la vie du sol.
Comprendre et Attirer les Auxiliaires : Les Clés d'un Jardinage Écologique

Vous êtes maintenant convaincu de l’utilité des insectes dans le jardin potager ? Pour les attirer durablement et les protéger, quelques solutions existent, toutes basées sur une approche respectueuse de la biodiversité. Protéger et attirer les insectes dans les jardins devient un enjeu environnemental majeur.
Aménager le Jardin pour les Accueillir
Durant la saison hivernale, les insectes ont besoin de lieux sûrs pour se reposer jusqu’au printemps. Plantez des végétaux essentiels au bon développement des petites bêtes. Certaines plantes servent à la fois d’abris et de garde-mangers. Aux pieds des arbres fruitiers, il est possible de laisser un peu de feuilles mortes ou de végétation sauvage en friche qui abriteront coccinelles et araignées.
- Hôtels à insectes et nichoirs : Adoptez un hôtel à insectes au milieu du potager. De simples nichoirs à oiseaux peuvent aussi convenir aux insectes à condition d’y loger de la mousse et des feuilles sèches. Les coccinelles viendront passer l’hiver derrière des planchettes rapprochées et abritées de la pluie. Les hôtels à abeilles et autres structures offrent un lieu idéal pour hiverner et protéger leurs petits.
- Diversité floristique : Dans le jardin, plantez des plantes hôtes mellifères comme le sureau, la menthe, le millefeuille ou la molène, riches en nectar et en pollen. Le maintien et le renforcement de la diversité floristique (arbres, arbustes, plantes annuelles) sont essentiels à la santé des abeilles et des autres pollinisateurs. Même sur un balcon en ville, il est possible de faire pousser des végétaux attirants pour les petites bêtes. Dans un potager Ceercle, le souci ou la capucine plairont autant aux insectes qu’aux cuisiniers amateurs. Les fleurs en ombelles, par exemple les carottes sauvages, la livèche et le fenouil aromatique, attirent les coléoptères, syrphides et chrysopes adultes qui se nourrissent de nectar et de pollen.
- Zones de refuge : Conservez un vieux tronc d’arbre, une souche creuse, des tas de bois et de branchages. Laissez çà et là quelques tas de bois et de branchages. Constituez des amas de pierres, ou construisez un muret de pierres (non jointées). Plantez des plantes pérennes comme abri en hiver. Laissez pousser les herbes sauvages, notamment au pied des haies. Réservez un coin d’herbes hautes que vous ne tondez qu’une ou deux fois par an. Évitez de tout tondre ou nettoyer le même jour : gardez toujours des zones « refuge ».
- Points d'eau : Aménagez un point d’eau peu profond avec des cailloux pour éviter la noyade. Une mare attirera des batraciens comme les grenouilles et les crapauds, friands de limaces et de larves d’insectes.
Les Pratiques de Jardinage Respectueuses
La première condition à l’installation d’auxiliaires au jardin, c’est tout simplement la biodiversité. En face aux dérèglements climatiques et à l’utilisation encore massive de pesticides, il est indispensable de trouver des solutions.
- Bannir les produits chimiques : Bien entendu, il est important de ne pas utiliser d’engrais chimiques et de produits phytosanitaires, d’ailleurs interdits aux particuliers depuis 2019. L'utilisation de produits phytosanitaires a longtemps été la première cause de leur extinction. Les insecticides, même "doux" ou "naturels", ne font pas la différence entre nuisibles et auxiliaires. Ils tuent et engendrent des déséquilibres.
- Favoriser la diversité : Plus votre jardin est diversifié, plus ils seront nombreux à s’installer durablement. Implantez des haies constituées d’essences locales variées. Privilégiez plutôt un tapis d’herbes spontanées, plutôt qu’une belle pelouse parfaitement entretenue.
- Limiter le travail du sol : Évitez de retourner trop fréquemment votre sol et privilégiez donc un travail sans labour ou conservez au moins quelques zones non labourées.
Tutoriel : Construire un hôtel pour les insectes
Auxiliaires ou Ravageurs ? Apprendre à les Reconnaître

Au potager, notre premier réflexe est souvent de chasser tout insecte qui s’approche de nos plants. Pourtant, de nombreux animaux ne sont pas uniquement nocifs ou exclusivement utiles. La nature ne connaît ni auxiliaires ni ravageurs. À nos yeux, les limaces, pucerons et autres chenilles sont des ravageurs parce qu’ils grignotent les fruits et les légumes ou parce qu’ils sucent les feuilles des plantes. La guêpe commune, par exemple, est un ravageur quand elle s’attaque aux raisins ou aux cerises, et embêtante quand elle nous importune pendant le barbecue. Cependant, elles sont aussi de redoutables prédatrices et pollinisatrices occasionnelles.
- Identifier les auxiliaires : Pour réussir à reconnaître les auxiliaires, il est très utile de comprendre leur développement et leur mode de vie. Les chrysopes, syrphides et coccinelles adultes peuvent être observées tandis qu’elles volent de fleurs en fleurs. Leurs larves peuvent elles aussi être observées pendant la journée quand elles se déplacent le long des branches parsemées de pucerons. Les insectes chasseurs, tels les coléoptères, les perce-oreilles et les faucheux vivent généralement la nuit afin de ne pas servir de proies aux autres espèces.
- Le cycle de vie : Au cours de chacune des phases de leur développement, les insectes utiles privilégient différentes sources de nourriture. Les nymphes en revanche n’absorbent pas de nourriture car elles utilisent les réserves constituées pendant le stade larvaire pour accomplir la transformation en insecte. Les insectes adultes, pour leur part, bourdonnent et dansent dans les airs à la recherche de partenaires et privilégient de ce fait une nourriture énergétique, comme le nectar ou le miellat (excréments riches en sucre des pucerons).
- Observation patiente : Si, en examinant une plante grignotée ou affaiblie, vous découvrez un petit insecte rampant ou une larve, il se peut que vous tiriez de mauvaises conclusions, car il ne s’agit pas forcément du coupable. Là où se regroupent limaces, chenilles et pucerons, leurs adversaires naturels ne sont jamais bien loin. Avant d’intervenir, prenez le temps d’observer et, si possible, de l’identifier. Une recherche à partir d’une photo ou la consultation de guides de terrain permet souvent de lever le doute sans nuire inutilement à un auxiliaire.
Les Autres Alliés du Jardinier : Faune Variée et Équilibrée

Les insectes ne sont pas les seuls à être utiles au jardin. De nombreux autres animaux, qu'ils soient vertébrés ou d'autres invertébrés, contribuent également à l'équilibre de l'écosystème.
- Batraciens : Les batraciens (grenouilles et crapauds) sont particulièrement friands de limaces et de larves d’insectes. Un simple bassin, ou mieux une mare, devrait rapidement les attirer.
- Oiseaux : Les oiseaux fréquentant les jardins (rouge-gorge, pinson, étourneau, mésange, moineau, fauvette, grive, merle noir) régulent efficacement les populations animales en se nourrissant de larves, de petits insectes. Des haies, des arbres et arbustes diversifiés (dont quelques espèces au feuillage persistant en hiver, ainsi que des essences produisant des baies) accueilleront de nombreuses espèces d’oiseaux.
- Chauves-souris : Les chauves-souris dévorent toutes sortes d’insectes volant de nuit et régulent ainsi notamment les populations de carpocapses, de tordeuses ou de mineuses (par exemple la mineuse du poireau). Des cavités naturelles ou une grange ouverte leur serviront d’abri dans la journée.
- Hérissons : Les hérissons ne sont pas seulement de fameux insectivores : ils se nourrissent également de limaces ou de petits vertébrés. Des tas de bois et des haies denses leur fourniront le gîte.
- Taupes : Les taupes se nourrissent certes de vers de terre, mais également de limaces et d’insectes souterrains (vers blancs). Il ne faut pas détruire leur habitat.
- Reptiles : Les reptiles, comme les couleuvres ou les orvets, régulent les populations de limaces, de chenilles, de vers blancs, de petits rongeurs. Ils sont inoffensifs pour l’homme. Il faut préserver des abris naturels : tas de bois, broussailles, herbes hautes, paillages, pierres.
La Lutte Biologique : Une Alternative Naturelle

La lutte biologique est un moyen de limiter un ennemi donné par son prédateur naturel qui devient un auxiliaire du jardinier. Les auxiliaires qu'on cherche à utiliser sont le plus souvent des insectes entomophages, des acariens entomophages ou parasites. Cette solution est ciblée à un parasite, et ne détruit donc pas l'ensemble de la faune.
- Principes de la lutte biologique : Il faut n'avoir recours à l'auxiliaire que si le ravageur est en quantité suffisante. Il vaut mieux ne pas avoir utilisé de pesticide quelconque depuis au moins 2 mois, et ne plus utiliser de purin d'ortie ni de décoctions une fois le prédateur introduit dans le jardin. Il vaut mieux utiliser les prédateurs adaptés aux ravageurs, dans des conditions climatiques qui leur correspondent.
- Achat d'auxiliaires : Si les ravageurs se multiplient soudainement si vite que leurs adversaires naturels ont besoin de renfort, il est possible d’acheter des auxiliaires et les répartir de manière ciblée. Pour les plantes d’intérieur et les jardins d’hiver, on peut aussi utiliser des acariens prédateurs contre les acariens tétranyques, les thrips et les sciarides ou des larves de coccinelles australiennes contre les cochenilles et les cochenilles farineuses. Cependant, dans la plupart des jardins amateurs, ce n’est ni nécessaire ni souhaitable. Introduire des auxiliaires achetés peut donner un « coup de fouet » très ponctuel, mais ne remplace pas un jardin accueillant et équilibré. Mieux vaut d’abord travailler sur le milieu lui-même.
- Lutte intégrée : De plus en plus, la lutte biologique entre dans un cadre plus large, la lutte intégrée qui associe tous les moyens de lutte disponibles : chimique, biologique, mécanique, thermique. Elle vise non pas à éliminer totalement les ravageurs, mais à maintenir leur population en-dessous d'un seuil supportable économiquement parlant. Les avantages de cette lutte sont le risque zéro de surdosage ou d'empoisonnement et l'absence de pollution.
En somme, faire des auxiliaires de vrais partenaires de jardin, c'est adopter une logique d'observation et d'accompagnement. Ces animaux rendent de vrais services en limitant les ravageurs, améliorant la pollinisation et participant à la fertilité du sol. Votre jardin gagne en autonomie et en stabilité.