Stratégies de gestion et lutte contre le puceron du prunier : de l'observation à l'intervention systémique et biologique

La présence de pucerons dans votre jardin devient très vite un cauchemar si vous ne les traitez pas. Un bon traitement contre les pucerons peut sauver votre jardin ! Vert, noir, blanc, rouge, différentes espèces évoluent dans votre jardin et chacune a ses repas préférés. Pour venir à bout de ces parasites et permettre à vos différentes cultures de se développer, plusieurs solutions existent. Il faut être particulièrement vigilant lorsque vous voyez des pucerons car leur développement est fulgurant. Au cours de leur cycle de vie, ils prennent plusieurs formes : aptère et ailé. De plus, ils ont deux types de reproduction (par fécondation et par parthénogenèse).

Schéma illustrant le cycle de vie du puceron (œufs, larves, adultes ailés et aptères)

Identification et biologie du puceron farineux du prunier

Les symptômes sont causés par le puceron farineux du prunier, Hyalopterus pruni. Les adultes sont verts, mais recouverts d’une substance cireuse blanche poudrée, qui les fait paraître gris à vert clair. Ils hivernent au stade d’œuf à la base des bourgeons floraux et éclosent au printemps, lorsque les conditions leur sont favorables, soit au moment de la floraison des bourgeons. Ces individus sans ailes demeurent dans les arbres et peuvent littéralement "paver" le dessous des feuilles. Les températures plus chaudes de l’été déclenchent l’apparition des adultes ailés, qui se déplacent alors vers des hôtes alternatifs, en particulier les roseaux (Phragmites).

Ces individus ailés retournent dans les arbres fruitiers en automne afin d’y pondre leurs œufs, qui y hiverneront. Une partie des dégâts qu’ils causent aux fruits est due à la sécrétion de miellat et à la colonisation ultérieure de cette substance sucrée par la fumagine. Ce champignon noir va recouvrir le feuillage de l’arbre, réduisant la capacité des feuilles à effectuer correctement leur photosynthèse.

Impacts sur la santé des arbres et des cultures

Les dégâts d’alimentation causés par ces pucerons affaiblissent les arbres fruitiers, dont la vigueur s’en trouve diminuée. Le miellat sécrété par ces insectes est ensuite colonisé par les champignons de la fumagine, qui peuvent recouvrir les surfaces des feuilles comme des fruits. Ceci a pour effet de réduire encore davantage la productivité de l’arbre, et provoque souvent un léger enroulement des feuilles et une teneur plus faible en sucre des fruits, ce qui les rend invendables. Lorsque cela se produit en grands nombres, ce phénomène peut provoquer la chute prématurée des feuilles et l’atrophie des fruits.

Un indice pour identifier leur présence est l’apparition de fourmis sur les tiges. Ce sont des fourmis éleveuses qui se nourrissent du miellat produit par les pucerons en échange de leur protection. Ces parasites ravageurs sont des piqueurs-suceurs, ils piquent notamment les feuilles et sucent la sève. Le miellat résulte de cette sève excrétée. C’est un liquide épais, visqueux apprécié également des abeilles.

La lutte bio contre les pucerons

Méthodes de prévention et gestion intégrée

Envisagez toujours une approche intégrée associant des mesures préventives à des traitements biologiques, s’il en existe. Inspectez régulièrement vos vergers afin de détecter tout signe du ravageur. Pour éviter d’utiliser des traitements contre les pucerons, mettre en place des méthodes naturelles dans votre jardin est une alternative :

  • Ne surdosez pas l’engrais et choisissez-le plutôt organique que chimique.
  • Installez des nichoirs dans votre jardin pour favoriser la présence d’oiseaux.
  • Installez des gîtes à insectes dans vos espaces verts et semez des fleurs et des plantes qui attirent les insectes mellifères (abeilles).
  • Plantez des plantes répulsives aux abords du potager et du verger.

Pour les arbres fruitiers, des bandes de glue sont installées pour que les fourmis ne puissent pas monter. Des traitements de prévention sont appliqués en hiver comme l’application d’huiles blanches ou d’huile de colza, qui agissent en détruisant les œufs du puceron farineux du prunier.

Contrôle biologique et auxiliaires naturels

L’utilisation de produits chimiques n’est pas une fin en soi. Traiter les pucerons naturellement est accessible tout en étant économique. Parmi les auxiliaires, certains sont parasitoïdes et non prédateurs, ils pondent et se développent à l’intérieur du puceron. Plusieurs pucerons parasitiques attaquent ce ravageur, Aphidius colemani étant le plus courant. D’autres candidats prometteurs pour contrôler les populations du ravageur incluent certaines espèces d’acariens et trois espèces de coccinelles, Exochomus nigromaculatus étant la plus prometteuse.

Les prédateurs de Hyalopterus pruni incluent les larves de certaines espèces de bombyles et de cécidomyies. Le champignon pathogène Neozygites fresenii infecte également ce ravageur. Dès que les pucerons sont détectés et que le risque de gelées nocturnes est écarté, vous pouvez utiliser des coccinelles à 2 points (Adalia bipunctata). Nous recommandons fortement l’usage des adultes et non des larves ou des œufs. Les adultes sont en effet beaucoup moins sensibles aux fourmis et ils vont se répartir dans tout l’arbre pour dénicher les pucerons.

Insecticides de contact vs systémiques : distinction et usage

Les insecticides de contact, comme FLiPPER®, agissent directement sur l’insecte lorsque le produit entre en contact avec son corps. Ils sont idéaux pour les traitements localisés et respectueux de l’environnement, mais nécessitent une application minutieuse qui atteint toutes les parties de la plante. FLiPPER®, composé de sels potassiques d’acide gras, est un insecticide de contact listé biocontrôle et utilisable en agriculture biologique.

À l’opposé, les insecticides systémiques sont absorbés par la plante et distribués par son système vasculaire, la protégeant de l’intérieur. Bien qu’efficaces, ils laissent souvent des résidus sur la récolte, ont de longs délais avant récolte et sont plus toxiques pour les pollinisateurs. Dans le choix du traitement, il faut retenir que les insecticides peuvent être de différentes sortes, car ils attaquent les insectes à différentes étapes de la vie. Les régulateurs de croissance des insectes sont destinés à inhiber le développement de ces parasites et, en fonction du type d’organisme que vous combattez, vous pouvez utiliser des ovicides et des larvicides pour arrêter leur croissance et leur reproduction.

Infographie comparative entre les modes d'action des insecticides de contact et systémiques

Protocoles de traitement : l'innovation des extraits végétaux

Parmi les insecticides agricoles de dernière génération, on trouve des produits formulés à partir d’extraits végétaux ou de substances de base approuvées par la réglementation européenne. Ils constituent la meilleure alternative pour une lutte efficace contre les pucerons en agriculture professionnelle et biologique. Si vous recherchez un produit contre les pucerons efficace, respectueux de l’environnement et compatible avec les programmes de lutte biologique, QUELAFERT® AZ3000 PLUS est une solution innovante formulée à partir d’extrait d’ortie (Urtica spp.).

Le meilleur insecticide contre les pucerons ne doit pas seulement éliminer le ravageur, mais le faire intelligemment. AZ3000 PLUS agit principalement par contact direct. Lors de l’application, l’extrait d’ortie recouvre le corps de l’insecte, interférant avec ses fonctions vitales et provoquant son élimination. Son principal avantage est qu’il combine une haute efficacité avec un profil de sécurité environnementale exceptionnel : résidu nul, compatibilité avec la faune auxiliaire et absence de délai avant récolte.

Pour garantir l’efficacité, la méthode d’application est primordiale : le mouillage complet et exhaustif est essentiel. Assurez-vous de bien couvrir le dessous des feuilles, les pousses tendres et les zones difficiles d’accès où les pucerons se cachent souvent. Le protocole recommandé consiste en 3 traitements : les jours 1, 5 et 12. Ce rythme permet d’éliminer également les nouvelles générations qui éclosent après la première application, brisant ainsi le cycle biologique du ravageur.

Précautions et compatibilité des traitements

Il est important de combiner différents leviers de lutte afin d’éviter les pertes de rendement. Avant d’intervenir avec un insecticide, il est important de vérifier la présence d’auxiliaires. En limitant les traitements, notamment les plus tardifs (au moment de la croissance forte des populations d’auxiliaires), on peut profiter au mieux de leur action régulatrice. Concernant les produits comme QUELAFERT® AZ3000 PLUS, ne mélangez pas le produit avec des fongicides cupriques, des produits soufrés ou de l’hydroxyde de calcium, car ces mélanges pourraient réduire considérablement son efficacité.

S’agissant de produits de contact, il est déconseillé d’appliquer le produit insecticide avec un faible volume de bouillie. Dans les programmes préventifs, il est recommandé d’appliquer ces solutions toutes les 10 à 14 jours, surtout au printemps et en été, lorsque les conditions climatiques favorisent la prolifération des pucerons. Si vous détectez les premiers pucerons, activez immédiatement le protocole curatif pour éliminer le ravageur à la racine.

L’efficacité des coccinelles à 2 points peut être renforcée avec l’application de glu arboricole sur le tronc qui empêchera les fourmis de monter dans l’arbre. Il existe plusieurs produits naturels pour lutter contre les pucerons du prunier, mais ces produits sont généralement peu sélectifs et vont tuer aussi bien les pucerons que leurs prédateurs (c’est le cas des produits à base de pyrèthre). Ils ont aussi une efficacité partielle, les pucerons qui n’auront pas été atteints par le traitement vont de nouveau se multiplier rapidement. Seul le traitement d’hiver et de fin d’hiver peut avoir un intérêt majeur pour réduire drastiquement la pression dès le début de saison.

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