Voyager en allant dormir chez l’habitant est une quête d'aventures, mais parfois, tout ne se passe pas toujours comme prévu ! L'épisode de "J'irai dormir chez vous" en Corée du Sud a d’ailleurs particulièrement marqué l’animateur, Antoine de Maximy. Ce dernier, invité à passer la nuit chez des inconnus rencontrés au hasard, se trouve souvent confronté à une mission qui n’est pas toujours simple. Il a d'ailleurs confié qu’il était plus facile d’aller dormir chez des femmes. Toutefois, ses rencontres ont souvent donné lieu à des épisodes mémorables, et celui en Corée du Sud en est un exemple frappant.
L'aventure coréenne d'Antoine de Maximy est disponible sur YouTube depuis quelques jours et offre une incalculable d'aventures. Le jeudi 16 juillet, après un tout nouvel épisode de "J'irais dormir chez vous" où Antoine de Maximy emmenait les téléspectateurs dans les Caraïbes, France 5 diffusait ensuite un ancien épisode de 2012, en Corée du Sud.

Immersion Culturelle et Barrière de la Langue
Le journaliste se balade d'abord en ville où un homme, qui s'éclaire à la bougie, n'hésite pas une seconde à lui proposer de dormir chez lui. Puis, s'éloignant de la ville, Antoine de Maximy arrive dans un village isolé et agricole de montagne. Bien que le lieu compte peu d'habitants et des bâtiments déserts, l'accueil y est inoubliable. Le problème dans ce bourg retiré de Corée du Sud est évidemment la barrière de la langue. Pour s'intégrer, Antoine de Maximy accepte avec plaisir un verre… ou deux, d'un groupe d'hommes attablés dans un café. Au centre de la table, en buvant un alcool incolore, ils se partagent des feuilles vertes trempées dans une sauce rouge pimentée.
Antoine de Maximy complètement saoul en Corée du Sud - C à vous - 11/12/2014
La Plante Mystérieuse : Entre Saveur et Euphorie
Antoine de Maximy décide de goûter la plante mystérieuse. "Ça pique un peu", dit-il. Le lendemain, il ne se souviendra pas de ce qu'il a fait après 6 heures de sommeil dans sa voiture. Les images sont là pour lui montrer… "Jamais je ne me suis retrouvé dans un état comme ça… et ce n'était pas qu'un problème d'alcool !", avait-il confié peu après. Cet événement a suscité de nombreuses interrogations sur la nature de la plante consommée.
Un utilisateur du nom de so6, passionné de plantes, a lancé une discussion sur un forum en février 2012 pour identifier cette plante qui a rendu Antoine de Maximy euphorique lors de son voyage en Corée. Il a partagé une vidéo et a noté qu'à 1 minute 27 secondes, on peut observer la plante. Il a d'abord émis l'hypothèse de la Salvia divinorum, mais a remarqué que ses feuilles étaient plus imparipennées que les feuilles opposées en croix de la Salvia. L'hypothèse du sumac vénéneux a également été évoquée, mais so6 a souligné que le sumac vénéneux est toxique et non comestible. La confusion autour de l'ingrédient est d'autant plus grande que, à la fin de la vidéo, Antoine de Maximy explique qu'il ne se souvient de rien et que, en revoyant les images, il a retrouvé des bribes de souvenirs qui lui indiquent que son état euphorique n’était pas dû à l'alcool, mais vraiment à cette plante.
Jeodébutant a répondu en suggérant que le Sumac Vénéneux était la seule hypothèse proposée par les amateurs de "J'irai Dormir Chez Vous". Il a évoqué la possibilité que les autochtones enlèvent le principe urticant par une certaine préparation. Cependant, il a également insisté sur la quantité d'alcool de patates coréen, un "truc extrêmement traître", que Tonio avait bu, laissant entendre que l'effet pouvait venir de là. So6 a ensuite précisé que c'était du Soju, de l'alcool de riz, qu'il buvait. Ethnoplantswebmaster, un passionné de plantes sacrées, a affirmé que ce n'était "certainement pas du sumac vénéneux et encore moins de la Salvia divinorum!". Il a promis de chercher la réponse.
So6 a continué à chercher, remarquant que la plante ressemblait à de la verveine ou à des feuilles de frêne et qu'elle semblait être une plante plutôt qu'un arbuste ou un arbre. Hellvis, un autre modérateur et passionné de botanique, a également participé à la discussion. Ethnoplantswebmaster a finalement donné un indice, indiquant que c'était un petit arbre invasif d'Asie, introduit en Amérique et en Europe, et que son nom botanique commençait par un A. Pascaldruide, un autre participant, a rapidement deviné qu'il s'agissait d'Ailanthus. Ethnoplantswebmaster a confirmé, ajoutant que les feuilles de cette plante ont un effet narcotique selon le livre des plantes psychoactives, mais a mis en garde contre sa dangerosité.
Marsmalo34jardinier a également trouvé la réponse, confirmant qu'il s'agissait d'Ailanthus altissima. En 2013, un utilisateur nommé carbo a apporté une clarification supplémentaire, après avoir demandé à sa belle-mère coréenne. Selon elle, il s'agirait du Toxicodendron vernicifluum, en français le "Vernis du Japon". Elle a précisé que la plante est très peu consommée car très allergisante, mais que cela se fait encore à la campagne pour ses vertus médicinales et son goût.
Le Vernis du Japon et ses Homonymes Botaniques
Le "Vernis du Japon" est un terme qui recouvre une réalité botanique complexe. Les amis d'Antoine de Maximy ont également parlé du vernis du Japon qu’ils ont dans leur jardin. En cherchant un peu, un véritable "bazar botanique" a été découvert. Non seulement l’arbre à laque a changé de famille au fil du temps en raison des réorganisations scientifiques, mais surtout, le nom vulgaire "vernis du Japon" décrit, selon les auteurs, des arbres différents. Et cela ne date pas d'hier !

Toxicodendron vernicifluum : Le Véritable Vernis du Japon
La sève de cet arbre, qui peut atteindre une vingtaine de mètres, est récoltée plusieurs fois par an. Cette sève est très toxique ; elle contient des éléments allergisants comme l’urushiol, qui tire son nom du nom japonais de cette espèce, urushi (漆). L’urushiol est une substance chimique non volatile et un puissant allergène qui peut provoquer des dermites de contact, se manifestant par des démangeaisons, des inflammations de la peau, ou plus sérieusement des lésions suintantes qui peuvent être accompagnées de fièvre. Pourtant, en Corée, il est habituel de manger les feuilles en salade. C’est l’aventure qu’a vécue Antoine de Maximy dans « J’irai dormir chez vous ». Ses hôtes coréens le mettent bien en garde de ne pas frotter les feuilles contre sa peau, mais lui proposent plutôt de les manger trempées dans une sauce pimentée.

Ailanthus altissima : Le Faux Vernis du Japon
Au XVIIIe siècle, époque de la vogue des "chinoiseries" dans les intérieurs européens, les Jésuites étaient déjà installés depuis longtemps en Chine. L'un d'eux, Pierre Nicolas Le Chéron d’Incarville (Louviers, 21 août 1706 - Pékin, 12 juin 1757), était un passionné de botanique. Il était correspondant du Jardin du roi et fit parvenir à Bernard de Jussieu (1699-1777) et à Buffon (1707-1788) un grand nombre de graines d’arbres et arbustes. L’arbre s’est rapidement propagé dans toute l’Europe ainsi qu’en Amérique. L’Ailanthus a été utilisé au cours du XIXe siècle pour la sériciculture car un papillon, le bombyx de l’ailante, l’apprécie beaucoup. Sa chenille produit des cocons dont on tire de la soie. Le papillon s’est maintenu, après l’abandon de son élevage, dans des zones urbaines (parcs et jardins plantés en Ailantes), là où la chenille échappe à ses prédateurs naturels. Cet arbre est souvent désigné comme le "faux" vernis du Japon.

Toona sinensis : Le Faux-Faux Vernis du Japon (Acajou de Chine)
Si l’Ailante est le "faux" vernis du Japon, il existe aussi un "faux-faux", le Toona sinensis, communément planté dans les villes, et qui a aussi de grandes feuilles composées pennées. Il est aussi appelé Cedrela ou encore Acajou de Chine. Adrien de Jussieu en fit la description vers 1830, lui donnant le nom de Cedrela. Découvert par le père d’Incarville, l’acajou de Chine fut introduit en Europe via la France où il fut planté à Paris, au Jardin des Plantes en 1862.

Confusion Botanique et Précautions
La confusion entre ces différentes espèces est courante en raison de leurs noms vernaculaires et de leurs similitudes morphologiques. Cependant, leurs propriétés sont distinctes, et certaines peuvent être dangereuses. Le cas d'Antoine de Maximy met en lumière l'importance de l'identification précise des plantes, surtout lorsqu'elles sont consommées. La prudence est de mise, d'autant plus que les effets peuvent être puissants et inattendus, comme l'a expérimenté l'animateur. L'aventure chez l'habitant offre une fenêtre unique sur les coutumes locales, y compris culinaires, mais elle souligne également la nécessité d'une connaissance approfondie des traditions et des spécificités de chaque région.