Le Jardin Sans Entretien et le Compost : Une Alliance pour la Durabilité

Le jardinage est une activité enrichissante, mais il peut parfois sembler exigeant en temps et en efforts. Cependant, il est tout à fait possible de créer et de maintenir un jardin florissant avec un minimum d'entretien, notamment en adoptant des pratiques écologiques et en tirant parti du compost. Cet article explore comment un jardin sans entretien peut devenir une réalité, et comment le compost, un amendement organique naturel, joue un rôle central dans cette démarche durable.

Le Compost : Qu'est-ce que c'est et pourquoi l'adopter ?

Le compost est le produit issu de la fermentation aérobie naturelle de déchets biodégradables, principalement d’origine végétale, issus du jardin ou de la maison. Il est composé de déchets d’origine végétale et/ou animale qui vont fermenter de manière naturelle. C'est un amendement organique qui s'apparente à un terreau riche, d'excellente qualité et 100% naturel. L'adoption du compostage est un geste écologique, économique et bénéfique pour le sol et les plantes. Environ un tiers des ordures ménagères sont composées de déchets organiques, et le compostage permet de les recycler et de les valoriser utilement.

Schéma du processus de compostage

Les Intérêts du Compost pour le Jardinier

L'utilisation du compost offre de multiples avantages :

  • Amélioration de la structure du sol : Il augmente la cohésion des sols légers et sableux et allège les sols lourds et argileux.
  • Augmentation de la capacité de rétention d'eau et des éléments fertilisants : Le compost aide le sol à retenir l'eau et les nutriments essentiels.
  • Favorisation de l’activité de la microfaune et microflore du sol : Il crée un environnement propice au développement des micro-organismes bénéfiques.
  • Recyclage des déchets organiques : Il permet de valoriser les déchets ménagers et du jardin, réduisant ainsi le volume de nos poubelles et les transports vers la déchetterie.
  • Alternative naturelle aux produits chimiques : Le compost stimule la croissance des légumes, fleurs et arbres fruitiers, permettant de jardiner plus durablement sans recours aux engrais et pesticides chimiques.

Le compost peut être utilisé en petite quantité pour enrichir le substrat des plantes d’intérieur ou servir de terreau pour les plantes en pot. Cependant, il ne faut pas planter directement la plante dans le compost, mais plutôt dans un mélange enrichi avec des minéraux complémentaires, car la minéralisation n’est sinon pas suffisamment rapide pour satisfaire les besoins des plantes dans un petit volume.

Organiser son Compost : Méthodes et Emplacement

Faire son compost est accessible à tous, que l'on dispose d'un grand jardin, d'un balcon ou même d'une petite cuisine. Plusieurs options s'offrent à vous, adaptées à votre espace et à vos besoins.

Le Compostage en Tas

C'est la technique la plus simple pour les jardins. Les matières à composter sont placées directement sur le sol afin de former un tas d’une hauteur allant de 0,5 m à 1,5 m. Ce tas doit être placé dans un endroit plutôt ombragé, bien à l'abri des vents desséchants et du détrempage dû à la pluie. Un bon emplacement pour un tas de compost est à l'ombre car une situation trop chaude le dessèche.

Le Compostage en Bac (Silo)

Vous pouvez fabriquer un composteur avec quelques planches ou rondins, ou en acheter un. Privilégiez un composteur qui s’ouvre totalement sur une face pour retourner les déchets et vider le compost facilement. Il est idéal d’avoir au moins deux compartiments à compost afin de pouvoir le retourner aisément. Couvrir le composteur et le placer dans un endroit ombragé, à l’abri des vents desséchants et de la pluie. L'emplacement idéal est un endroit ombragé et bien drainé. Laissez bien le fond de votre bac à compost en contact avec le sol car c’est une source directe de micro-organismes (comme les lombrics) indispensables à la réussite de votre compost.

Le Compostage en Appartement : le Lombricompostage

Pour les citadins, le compostage en intérieur est possible grâce à des systèmes de compostage en intérieur, notamment le lombricompostage. Cette pratique fait appel à des vers et se fait grâce à la superposition de plateaux munis de trous : le lombricomposteur. Les déchets de cuisine (épluchures, marc de café, sachets de thé, carton, papier, etc.) sont dégradés par des micro-organismes, puis des vers de compostage. Le lombricomposteur doit être placé dans une pièce aérée, dans un environnement avec une température ambiante comprise entre 15°C et 25°C. Il fonctionne aussi dans une cave ou sur un balcon. Le compostage en ville est en plein essor grâce aux méthodes sans odeur comme le Bokashi.

Compostage de Surface

Il est également possible de semer directement sur un tas de compost (déjà mi-mûr), notamment les courges et potirons. Pour ceux qui désirent composter une petite quantité de déchets, vous pouvez creuser un trou directement dans la terre. Creusez une tranchée de 20cm de profondeur et d’une largeur correspondant à la quantité de déchets que vous souhaitez. Couvrez de paille ou d’un plastique noir et maintenez humide comme pour un compost normal.

Fabriquer et démarrer un lombricomposteur au balcon

Les Règles d'Or du Compostage : Équilibre et Soin

Un bon compost nécessite un équilibre entre matières organiques, oxygène, et humidité. Le compost ne demande pas un grand entretien, et une fois activé et nourri avec les bonnes matières, il se suffira à lui-même.

1. Étaler et Mélanger : L'Équilibre Carbone/Azote

Le principe est d'accélérer la décomposition. Un compost équilibré est composé de déchets riches en carbone (matières brunes, sèches) et de déchets riches en azote (matières vertes, humides).

  • Matières vertes (matières humides) : Épluchures de fruits et légumes, marc de café, sachets de thé, pain, restes alimentaires cuits, coquilles d’œufs broyées, feuilles, tonte fraîche d’herbe, plantes. Les éléments riches en azote (fumier, plantes fermentées…) activent le processus de compostage.
  • Matières brunes (matières sèches) : Feuilles mortes, tailles de haies, petites branches broyées, herbes sèches, coquilles de noix, papiers, carton.

Alternez matières sèches (1/2 à 3/4) et matières humides (1/4 à 1/2), sans apporter un même matériau en trop grande quantité. Par exemple, vous pouvez stocker à côté de votre compost de la matière sèche, et l’ajouter au fur et à mesure que vous rajouterez de la matière humide. Avoir deux composteurs facilite le suivi de l’équilibre entre matières vertes (azote) et brunes (carbone), et évite les erreurs dues à un trop-plein ou à des mélanges mal gérés.

2. Vérifier l'Humidité

L’eau joue un rôle essentiel dans l’activité des micro-organismes responsables de la décomposition. Le compost doit être humide comme une éponge essorée. Le moment idéal pour une approche visuelle de cette humidité est lors des retournements. C’est à ce moment-là que l’humidité peut être corrigée :

  • Si le compost est trop sec : Les bactéries meurent et seuls les champignons continuent à travailler, ce qui peut faire apparaître des filaments mycéliens blancs. Arrosez légèrement s’il devient trop sec, idéalement avec de l'eau de pluie et fermez bien le couvercle. Vous pouvez couvrir votre tas de compost avec une bâche après l’avoir arrosé, elle gardera l’humidité. En été, le compost peut sécher rapidement.
  • Si le compost est trop humide : Un excès d'eau diminue la quantité d'air disponible dans le volume de compost. Les bactéries aérobies (qui ont besoin d’oxygène) sont remplacées par des bactéries anaérobies (qui n’ont pas besoin d’oxygène) qui dégagent des gaz et engendrent des odeurs désagréables. Inversement, surveillez les mauvaises odeurs, souvent liées à un excès de matières humides. En cas d'humidité importante, vérifiez si le compost est bien couvert (pour éviter l’infiltration de l’eau de pluie). Si le compost est trop humide, étalez-le pour que le surplus d’eau s’évacue plus rapidement. Inversement, laissez le couvercle ouvert lors des pluies pour lui apporter de l'humidité si besoin. Une mauvaise odeur signale souvent un excès d’humidité ou un manque d’aération.

3. Aérer et Décompacter

L’aération est un facteur essentiel puisque le compostage est un processus aérobie. La mauvaise aération du tas de compost est la principale raison d’un compostage lent, partiel, hétérogène ou mal odorant. On estime que l'air devrait occuper au moins 50% du volume du tas. Mélangez les matières sèches et humides régulièrement soit par brassage, soit par retournement à l’aide d’une fourche. Retourner de temps en temps votre compost. Sa décomposition sera plus rapide et homogène. Les bactéries responsables de la dégradation du compost doivent être dans des conditions aérobies, c'est-à-dire en présence d’oxygène pour pouvoir respirer. En dégradant, elles produisent de la chaleur. Il est important de bien aérer le tas de compost pour apporter l’oxygène aux bactéries et pour maintenir une température autour de 70°C. Le premier mélange ne doit être réalisé que 2 à 4 semaines après la mise en tas des déchets. Avec un outil adapté comme l'aérocompost, formez des puits d'air dans le compost. Vous pouvez aussi en profiter pour y incorporer des activateurs naturels (urine, fumier de volaille, poudre d’algue, poudre d’os marine) qui stimulent l’activité. Les activateurs de compost ne sont pas indispensables, leur principe est d'accélérer la décomposition.

Le Compost en Hiver et en Été

  • En été : Le compost peut sécher rapidement. Arrosez légèrement s’il devient trop sec, idéalement avec de l'eau de pluie et fermez bien le couvercle.
  • En hiver : Le compostage ralentit, mais ne s’arrête pas. Protégez votre composteur avec un couvercle isolant ou du paillage. Inversement, laissez le couvercle ouvert lors des pluies pour lui apporter de l'humidité si besoin.

Matières à Composter et à Éviter

Pour un compost 100% naturel, utilisez les déchets verts de la maison et du jardin. La diversité des déchets utilisés fait du compost le meilleur engrais organique.

Matières Compostables

  • Au jardin : Feuilles mortes broyées, tonte d'herbe fraîche, herbes séchées, fleurs fanées (même celles du fleuriste), plantes d'appartement, bois de taille broyé, sciures et copeaux, aiguilles de conifères, mauvaises herbes non grainées (dont les orties entières avant floraison).
  • À la maison : Déchets et épluchures de légumes et de fruits, peaux d'agrumes broyées (peu), restes de repas (sans viande, ni graisse), feuilles de thé et sachets de thé, marc de café avec le filtre, croûtes de fromage, couenne de jambon, coquilles d’œufs, de noix, de moules broyées, pomme de terre flétrie broyées, graisses, huiles de cuisine (peu), papier essuie-tout (mouillé), papier, journaux, cartons (en morceaux), tissus naturels tels le coton et le lin (broyés). Les coquilles d'œufs apportent du calcium, bénéfique pour le sol.
  • En très petites quantités : Viande, poisson, fromage.

Matières à Éviter au Compost

  • Au jardin : Terre, sable et cendre de charbon, gros bois, bois traité, bois exotique, plantes malades, tailles de thuyas et autres conifères, cendres de bois, toutes plantes grainées, litières non biodégradables. Si les feuilles, herbes, plantes, branches… sont malades, elles peuvent contaminer votre compost, et donc par la suite vos plantations. S’il n’y a pas une élévation de température de l’ordre de 70°C pendant plusieurs jours, il n’y aura pas de destruction des agents contaminants (ces conditions sont rarement atteintes chez le jardinier amateur).
  • À la maison : Viandes, poissons, produits laitiers, plastiques, métaux, verres (utilisez vos poubelles de tri), papier glacé, imprimé ou coloré, langes jetables, poussières de sac d'aspirateur et balayures, tissus synthétiques tel le nylon et le lycra, tous les produits chimiques, huile de vidange. Ne pas mettre les aliments gras ou les restes de nourriture cuisinés. Pour les cartons et papiers, faire attention aux encres et colles utilisées.

Quand et Comment Utiliser son Compost ?

Un compost bien décomposé est une matière relativement sèche, friable, qui ne présente aucune odeur nauséabonde. Une mauvaise odeur révèle un problème de fermentation. Le compost doit toujours être légèrement humide, mais jamais détrempé.

Les Différents Stades du Compost

Le compost peut être utilisé à mi-décomposition (on dit alors demi-mûr) ou quand il est suffisamment décomposé (on dit qu’il est mûr). Cela peut prendre entre 6 et 9 mois, selon le type de déchets et la température. En hiver, le compost mûrit plus lentement.

  • Compost demi-mûr : Le compost est déjà décomposé mais on distingue encore la forme des végétaux. Lorsqu’on le manipule à la fourche, il se tient en galette. Dans cet état, il peut être utilisé en paillage de sol au pied des arbustes ou en couverture de sol nu après récolte à l’automne.
  • Compost mûr : Le compost prend l’aspect d’un matériau sombre, meuble, et sans odeur désagréable. Il doit être prélevé dans la partie basse du composteur, la plus décomposée. Un compost bien décomposé est une matière relativement sèche, friable, qui ne présente aucune odeur nauséabonde. Il est prêt lorsqu’il sent la terre forestière, l’humus et s’effrite facilement.

Quand l'Utiliser ?

  • À l’automne ou en fin d’hiver : En surface avec un léger griffage pour l’incorporer à la terre.
  • Au printemps : Entre les rangs de légumes avant de pailler par-dessus.
  • Toute l’année : Dans les trous de plantation en le recouvrant de fines couches de terre afin que les graines ne soient pas en contact direct avec le compost. En se développant, ce sont les racines qui vont s’enfoncer dans le sol et accéder aux nutriments du compost.

Comment l'Appliquer ?

  • Pour les pots, jardinières ou semis : Vous pouvez l’utiliser dans une proportion maximale d’1/3, pour améliorer les mélanges terreux de plantation, pour les cultures en jardinière, en pot, ou pour les semis.
  • Pour la plantation d’arbres, arbustes, rosiers : Vous pouvez ajouter à la terre extraite, 10 à 20% de compost, mélangez de façon homogène et utilisez ce mélange pour reboucher le trou de plantation. Dans le cas des plantations en racines nues, la technique du pralinage est très efficace. Elle consiste à tremper les racines nues dans un mélange d’eau, de compost mur et de terre fine de façon à former une boue qui adhère aux racines, favorisant la reprise.
  • Incorporation au sol : Incorporez-le par griffage/binage dans les 5-10 premiers centimètres du sol. Retirez-le par la base et incorporez-le au pied des plantes ou dans les trous de plantation. Attention à ne pas l’enterrer mais à l’incorporer de façon superficielle.
  • Pour votre pelouse : Lors de l’installation, incorporez 8 à 10 kg/m² de compost sur les dix premiers centimètres de terre avant de semer. En entretien, à chaque début de printemps, dispersez 1 à 2 kg/m² de compost, finement tamisé au préalable afin qu’il se répartisse bien entre les brins d’herbe.
  • Pour vos massifs floraux : Lors de l'installation d'un parterre, préparez le sol en effectuant un bon bêchage au cours duquel vous incorporerez de 5 à 8 kg/m² de compost sur les quinze premiers centimètres. Lors des plantations, vous pouvez aussi mettre votre compost dans les trous, en le mélangeant avec la terre. Si vous semez vos plantes, qu’elles soient vivaces ou annuelles, vous pouvez le faire sur sol préparé. Vous effectuerez plus tard un paillage de deux centimètres maximum, afin de limiter la levée des mauvaises herbes et maintenir l’humidité du sol.
  • Sous les haies arbustives : Lors de l’installation, répartissez de 8 à 10 kg/m² de compost en les incorporant sur quinze centimètres de profondeur.
  • Pour la création de nouvelles jardinières : Un bon mélange est constitué d’un tiers de compost, un tiers de terre et un tiers de sable. Si vous réutilisez des jardinières de l’année précédente, ajoutez 20 % maximum de compost à la quantité de l’ancienne terre.

À quelle Dose ?

La dose de compost dépend des besoins des plantes :

  • Plantes à forts besoins (3 à 5 kg/m²/an) : Artichauts, céleri et poireau, cucurbitacées (concombres, cornichons, courges, courgettes, melons, etc.), solanacées (aubergines, poivrons, pommes de terre, tomates, etc.) ainsi que le maïs. Les tomates sont des plantes gourmandes qui apprécient un sol riche, bien drainé et plein de vie microbienne.
  • Plantes aux besoins moyens (1 à 3 kg/m²/an) : Asperges, betteraves, carottes, épinards, haricots, laitue, persil ou les petits pois.
  • Plantes à faibles besoins : Peuvent se passer d’apport de compost.

Épandre 30 à 70 kg de compost pour une surface de 100m², trois fois par an. À la fin du compostage, le tas aura perdu 2/3 de son volume initial, mais il sera concentré en éléments nutritifs.

Le Tamisage du Compost

Lorsque votre compost est prêt, il reste toujours quelques fragments non décomposés. Vous pouvez les récupérer en tamisant votre compost. Réincorporez-les ainsi dans le prochain tas que vous ferez.

Prévenir les Nuisibles dans le Composteur

Il est vrai que certains composteurs mal entretenus peuvent attirer des rongeurs comme les rats ou les souris. Mais cela n’est pas une fatalité. Les rats sont attirés par les restes alimentaires, les odeurs fortes et les endroits chauds et humides.

Pour éviter d'attirer les rongeurs :

  • Gestion équilibrée : Un compost bien géré, équilibré et couvert n’attirera pas de rats.
  • Grillage fin : Vous pouvez également installer un grillage fin sous votre composteur pour empêcher tout passage depuis le sol.

Le Jardin Sans Entretien : Principes et Avantages

Un jardin sans entretien s’auto-régule grâce à une sélection de plantes adaptées au climat, au sol et à l’exposition. En misant sur des plantes faciles à vivre, une organisation astucieuse et des techniques de jardinage écologique, vous réduisez les arrosages, évitez le désherbage et créez un jardin autonome qui reste attractif toute l’année.

Choisir les Bonnes Plantes au Bon Endroit

  • Analyse du terrain : En analysant précisément les conditions naturelles de votre terrain (ensoleillement, type de sol, humidité), vous pourrez choisir des espèces végétales qui s’épanouiront sans soins excessifs.
  • Besoins en luminosité : Une plante dite de plein soleil demande 8 heures et plus d’ensoleillement par jour. Une plante de mi-ombre, entre 4 et 8 heures et une plante d’ombre, 4 heures et moins. Respectez les besoins en luminosité de vos plantes, cette caractéristique est clairement indiquée sur l’étiquette de la plante lors de votre achat.
  • Plantes faciles et rustiques : Choisissez des plantes faciles, rustiques et à floraison prolongée. Certaines d’entre elles produisent en plus une floraison soutenue de juin à septembre, idéales pour un jardin à entretien minimum. Par exemple, les Marguerites Becky pour les endroits ensoleillés, qui durent jusqu’à 8 semaines et sont rustiques en zone 4. Pour les endroits ombragés, l'Astilbe vision nécessite des soins uniquement à la plantation (besoin d’eau pour bien s’enraciner), puis quasi aucun entretien. Elle est rustique en zone 3.
  • Couvre-sols : En se propageant horizontalement, les couvre-sols évitent la pousse d’herbes indésirables et stabilisent les sols.
  • Graminées et arbustes : Les graminées structurent le jardin, apportent du mouvement et se contentent de peu. Certains arbustes offrent une floraison généreuse et un feuillage décoratif sans demander de soins particuliers.

Exemple de jardin paysager avec peu d'entretien

Aménager le Terrain et Réduire les Tâches

  • La pelouse : Bien qu’esthétique, elle est chronophage. Elle exige des tontes régulières, des arrosages fréquents et des fertilisations. Réduire sa surface ou la remplacer par du trèfle blanc, des dalles plantées ou des allées en gravier limite les tâches. Tondez moins souvent pour laisser pousser fleurs et graminées. La pelouse rase est un désert pour la biodiversité. Vous pouvez aussi essayer une tonte en mosaïque qui alterne les zones courtes et hautes pour accueillir fleurs et insectes.
  • Le paillis : C'est un de vos meilleurs alliés au jardin. En plus de limiter l’émergence des mauvaises herbes, il retient l’eau du sol, ce qui réduit grandement l’arrosage de vos plates-bandes. Il facilite le désherbage, car les mauvaises herbes doivent faire de longues tiges avant de voir la lumière du jour. Remuez votre paillis deux fois par année au minimum, une fois au printemps et une fois à l’été pour permettre à l’eau de bien humidifier le sol.
  • Le sol : Pour les plates-bandes comme pour le gazon, il est recommandé d’avoir 6 pouces de belle terre pour éviter les problèmes à long terme. Si vous n’avez pas ce fameux 6 pouces, palliez en ajoutant du compost à chaque printemps, que vous incorporez à la terre existante. Cela diminuera l’entretien de vos plates-bandes et de votre gazon pour l’été, car vous aurez des plantes en santé, plus résistantes aux insectes et aux maladies et qui pousseront bien.

Entretien Minimaliste et Biodiversité

  • Un bon départ au printemps : À tous les printemps, ajoutez de l’engrais à vos plates-bandes pour garder les plants en santé, arrachez les mauvaises herbes qui pourraient germer au printemps, nettoyez les branches brisées ou le feuillage mort des vivaces laissé en place. Des plates-bandes propres jouent un rôle important dans la lutte aux insectes et maladies.
  • Fermeture à l'automne : Enlevez les feuilles abîmées par les insectes ou les maladies pour éviter leur retour l’année suivante. Retirez les fleurs annuelles plutôt que de les laisser pourrir sur place.
  • Désherbage : Ne vous laissez pas envahir ! Le truc est d’en faire un peu chaque jour en vous promenant au jardin, ainsi, vous éviterez la corvée du samedi matin. Gardez aussi en tête que les mauvaises herbes s’arrachent plus facilement après une pluie abondante.
  • Biodiversité : Pour faciliter l’entretien, ayez un mélange de fleurs annuelles, de vivaces, de conifères et d’arbustes dans vos plates-bandes. Ainsi, votre milieu sera diversifié et attirera notamment moins d’insectes. Nos jardins, nos balcons, nos parcs sont des refuges pour les oiseaux, les insectes, la faune du sol. Réunis ils forment ce que l’on appelle des corridors écologiques car ils permettent à la biodiversité de circuler. Balcon fleuri, potager, cour d’école végétalisée. Le champ des possibles est vaste. Tondre moins souvent, accepter des herbes folles, un coin de feuilles mortes ou un tas de bois, c’est offrir toit et couvert à une multitude d’espèces : pollinisateurs, hérissons, oiseaux ou amphibiens.

Les 6 Bonnes Pratiques pour un Jardin Écologique et Moins Exigeant

  1. Tondez moins souvent : Pour laisser pousser fleurs et graminées.
  2. Prévoyez des points d’eau : Une mare naturelle accueille amphibiens et libellules. Vous pouvez aussi réduire l’arrosage en installant un récupérateur d’eau de pluie.
  3. Recyclez les déchets verts : Le broyat nourrit les sols et sert de paillage. Les sols couverts restent fertiles et humides plus longtemps.
  4. Favorisez les plantes locales et la gestion différenciée : De nombreuses collectivités réduisent l’usage des pesticides et expérimentent des pratiques plus respectueuses du vivant : paillage, désherbage thermique, plantes locales et gestion différenciée.
  5. Jardins d'assainissement écologiques : Idéal pour les terrains non raccordés au tout-à-l’égout, ce système repose sur un principe simple : l’épuration des eaux par les plantes. Il permet de remplacer une fosse septique traditionnelle par une solution durable, esthétique et respectueuse de l'environnement.
  6. Gestion naturelle des espaces verts : Elle favorise l’utilisation de produits issus de la nature (engrais verts, pesticides naturels…) et la pratique de connaissances ancestrales (cycles lunaires, jachère, alternance de culture, association de légumes et/ou de fleurs…). Elle exclut donc l’usage de produits chimiques nuisibles à la santé de l’homme et de son environnement. Un soin particulier est apporté à l’approvisionnement en eau afin d’en limiter la consommation (paillage, goutte à goutte, récupérateur d’eau de pluie…).

Fabriquer et démarrer un lombricomposteur au balcon

Créer son Potager Bio : Un Pas Vers l'Autonomie

Cultiver ses aliments, au moins en partie, cela signifie s’autonomiser d’un système qui repose aujourd’hui sur l’injustice sociale et la dégradation accélérée des ressources naturelles. C’est aussi garder le contrôle sur la production et s’assurer de la qualité de ce que l’on mange. De plus, à condition d’y mettre un peu d’énergie (humaine !), cela peut engendrer des économies substantielles.

Les Avantages d'un Potager Bio

  • Contribuer à se nourrir par soi-même et sainement.
  • Gagner en autonomie.
  • Se reconnecter à la terre, au vivant, à la nature.
  • Apprendre et comprendre comment poussent les fruits, les légumes, les céréales, découvrir les spécificités du sol, des semences, etc.
  • Participer à la sauvegarde des terres nourricières, de la biodiversité, des variétés anciennes de semences.

Étapes pour Créer son Potager Bio

Le mois de mai est le bon moment pour commencer un potager car c’est la grande époque des semis et des plantations.

  1. Définir la taille et l'emplacement : Commencer petit, il sera temps, l’année prochaine, d’agrandir la surface cultivable. L'idéal est de choisir un endroit ensoleillé, plat et proche de la maison afin d’y accéder facilement.
  2. Choisir le type de potager : Votre potager peut être en ligne, en planche, en carré ou surélevé. Le potager conventionnel rectiligne a l’avantage d’être simple à dessiner et fonctionnel, surtout si on trace deux grandes allées, en croix, permettant le passage d’une brouette, et des petits chemins menant à chaque planche. Matérialisez les voies avec des matériaux de récupération comme des briques pilées ou de l’ardoise concassée, des plaquettes de chêne, des bandes de pelouse ou tout simplement des planches ou dalles de bois. Les potagers en hauteur, très décoratifs et faciles à travailler par tous, peuvent être bordés de bois tressés, de planches ou de pierres. Les mauvaises herbes s’y ressèment moins et la terre est plus chaude.
  3. Préparer la terre : Pour bien démarrer, retirez toutes les herbes, les racines, les cailloux, ensuite, crochetez puis ratissez. Pour les cultures suivantes, on utilisera une bêche écologique qui permet de bêcher la terre sans la retourner pour ne pas perturber la vie du sol.
  4. Planter : Commencez par des légumes faciles à cultiver, comme des radis, des navets, des tomates, des salades à repiquer. Cultiver des plantes aromatiques et des fleurs dans son potager est primordial, car plus il y a de diversité au jardin moins il y a de maladies et d’invasion d'indésirables.

Les Structures d'Accompagnement et Ressources

De nombreuses structures et ressources sont disponibles pour vous aider dans votre démarche de jardinage écologique et de compostage. Des associations proposent des bacs de compostages partagés et/ou du matériel de compostage à prix réduit. Le Centre écologique Terre Vivante, par exemple, propose des éditions de livres, des revues ("Quatre saisons du jardinage"), des stages et ateliers. Des ouvrages spécialisés sont également une source précieuse d'informations, tels que "Les bonnes associations au potager", "Le poireau préfère les fraises", "Jardin écologique sans pesticides ni engrais", "Soigner le jardin par les plantes", "Votre potager biologique", "Une bonne terre pour un beau jardin", "Le petit livre du compost", "Composts, engrais et traitements bio", "Comment faire son compost et ses engrais", "Les engrais naturels", "Le compost", "Faire son compost".

La transition écologique des espaces verts est résolument collective. Partout en France, les communes, les jardiniers, les entreprises et les citoyens réinventent la manière de gérer la nature en ville. Ensemble, ils montrent qu’il est possible d’allier qualité de vie et préservation du vivant. Des communes exemplaires, dans le cadre de la stratégie Écophyto 2030, réduisent l’usage des pesticides et expérimentent des pratiques plus respectueuses du vivant : paillage, désherbage thermique, plantes locales et gestion différenciée. La Ville de Paris, par exemple, applique des modes de gestion qui s’inscrivent dans le développement durable et applique des pratiques environnementales à l’entretien de ses espaces verts. Les choix et méthodes d’entretien sont définis selon les trois piliers du développement durable (le social, l’économie et l’environnement) et sont le reflet de compromis entre l’histoire des jardins, les usages et la nécessité de favoriser la biodiversité en préservant l’environnement. C’est l’application de la gestion différenciée qui permet de créer des espaces verts avec un peu plus de « naturel ».

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