Guide complet : Comment gérer la présence des fourmis dans vos rosiers

La présence de fourmis sur les rosiers est un phénomène fréquent qui soulève de nombreuses interrogations chez les jardiniers. Si ces insectes font partie intégrante de la biodiversité, leur activité autour de vos fleurs cache souvent une interaction biologique complexe. Pour bien comprendre et agir, il est essentiel d'analyser la relation symbiotique qui unit les fourmis aux pucerons.

Schéma illustrant la relation symbiotique entre fourmis et pucerons sur une tige de rosier

La réalité biologique : Fourmis et pucerons, une alliance stratégique

A priori, les fourmis ne sont pas nuisibles. Elles rendent même de précieux services aux jardiniers : elles dévorent des larves, vers et autres nuisibles présents dans le sol, elles aèrent le sol par leurs galeries, elles disséminent les graines et enfin elles enrichissent la terre en recyclant des déchets végétaux et animaux morts. Cependant, lorsqu'il s'agit de rosiers, leur comportement est dicté par une tout autre motivation.

Le puceron du rosier, Macrosiphum rosae, demeure le plus commun avec sa taille de 2 à 4 millimètres et ses couleurs variables. Cette espèce présente des antennes et des pattes noires caractéristiques. Le puceron des tiges, Maculolachnus submacula, se distingue par sa couleur brun jaunâtre à noirâtre et sa taille de 3 à 4 millimètres. Cette espèce s’installe sur la partie inférieure des tiges et ses larves migrent vers les racines.

Les pucerons consomment la sève des plantes en les piquant grâce à leurs pièces buccales. Cette sève est pauvre en protéines mais riche en sucres divers. Les pucerons extraient les éléments protéinés dont ils ont besoin, puis excrètent le reste sous forme de miellat, un liquide chargé en sucres, acides aminés, vitamines et minéraux. Les fourmis sont friandes de ce miellat. Les pucerons se laissent « traire » en échange de la protection des fourmis. C’est donnant-donnant !

Les conséquences pour vos rosiers

La présence des fourmis sur les tiges constitue un excellent indicateur d’infestation. Les fourmis deviennent les gardiennes des colonies de pucerons, les protégeant agressivement contre leurs prédateurs naturels, tels que les coccinelles, les syrphes ou les chrysopes, n'hésitant pas à attaquer tout intrus qui s'approcherait de leur « bétail ». Ce comportement réduit l'efficacité des coccinelles, qui sont des alliées naturelles contre les pucerons.

Les pucerons affaiblissent le rosier par la succion continue de la sève. Cette ponction nutritive provoque un ralentissement de la croissance et une diminution de la vitalité de la plante. Les boutons floraux dépérissent sous l’attaque des pucerons, réduisant considérablement la floraison. Le miellat collant excrété par les pucerons favorise le développement de la fumagine, un champignon noir qui bloque la photosynthèse. Ce dépôt noirâtre qu'on confond parfois avec de la suie, c'est la double peine : les pucerons affaiblissent la plante par la succion, et leur miellat l'asphyxie en plus par-dessus.

Photo macro montrant des pucerons sur un bouton floral avec des fourmis à proximité

Stratégies de lutte naturelle : Repousser sans détruire

Il ne faut pas nécessairement voir le mal partout lorsqu’il s’agit des fourmis. Elles peuvent avoir un rôle assez important dans la biodiversité. Si vous remarquez quelques fourmis, pas de panique, elles ne sont pas néfastes en présence modérée. Mais si les prédateurs naturels n’arrivent pas, même après plusieurs semaines, et si les fourmis sont là en grand nombre, favorisant encore la croissance de la colonie, il vaut mieux intervenir.

Couper l'accès physique

Chasser les fourmis sans traiter les pucerons, c'est remplir un seau percé. La priorité est de couper l'accès physique aux tiges. Si la plante est en pot, enroulez autour du pot des bandes adhésives double-face pour empêcher les fourmis de grimper dessus, ou alors tracez un trait à la craie. Les craies ont une texture particulière que les pattes de ces petites bêtes détestent. Tracer un trait autour de vos pots ou sur leur passage peut permettre de créer une véritable barrière. Pour les arbustes, la meilleure solution consiste à entourer le tronc de l'arbre d'une bande de glu, achetée en jardinerie.

Le rôle des plantes compagnes

Plantons des « plantes martyres » : des capucines, des eryngium ou des fèves attirent les pucerons comme un aimant, suffisamment pour les détourner des rosiers. En « déplaçant » les pucerons, nous aurons du même coup moins de fourmis sur les rosiers, puisqu’elles suivront leurs « troupeaux ». De nombreuses plantes, par leur odeur, permettent de lutter contre les fourmis. La menthe, l’ail, la lavande, le basilic, le thym, la sauge et la ciboulette sont des plantes qui repoussent efficacement les fourmis.

Solutions de contact et répulsifs

  • Le savon noir liquide : Il constitue l’un des traitements bio les plus utilisés contre les pucerons du rosier. Cette solution perturbe la cuticule des insectes et provoque leur déshydratation. La pulvérisation s’effectue sur les feuilles et les tiges, en insistant sur la face inférieure.
  • L’ail : Les fourmis détestent l’odeur forte de l’ail. Plantez des bulbes d’allium dans le massif ou enterrez des gousses d’ail au pied du rosier. Les décoctions d’ail préparées en faisant bouillir plusieurs gousses dans un litre d’eau repoussent efficacement les pucerons.
  • Le marc de café : Dispersez sur le sol du marc de café humide. C’est aussi un excellent engrais mais il ne faut pas en abuser. Son odeur aide grandement à faire éloigner une fourmi.
  • Le vinaigre et le citron : L’acidité et l’odeur du citron vont perturber les fourmis. Vous pouvez vaporiser de l’eau citronnée (¼ de citron pour ¾ d’eau) sur les endroits envahis ou déposer des citrons pourris au sol. Le vinaigre blanc est également un produit ménager efficace : il suffit de le vaporiser autour du jardin et dans les zones où les fourmis sont présentes.

Comment traiter la maladie des taches noires du rosier ?

Favoriser les auxiliaires de jardin

L'installation d'abris comme les hôtels à insectes ou les tas de feuilles mortes favorise l’hivernage des auxiliaires. Les larves de coccinelles représentent les prédateurs naturels les plus redoutables pour les pucerons du rosier. Une larve de coccinelle au quatrième stade de développement consomme jusqu’à 150 pucerons. Pour attirer les coccinelles dans le jardin, il convient de planter des fleurs nectarifères comme les cosmos, les soucis ou la phacélie.

Les larves de chrysopes consomment jusqu’à 500 pucerons au cours de leur développement. Les syrphes, dont les larves se nourrissent de pucerons, pollinisent également les fleurs du jardin. En maintenant un équilibre, vous permettez aux prédateurs de limiter naturellement la prolifération des pucerons, ce qui, par ricochet, diminue l'intérêt des fourmis pour vos rosiers.

Précautions et entretien préventif

La surveillance hebdomadaire des rosiers, notamment au printemps, permet une détection précoce des infestations. Il est important d’éviter les engrais coup de fouet très dosés en azote, susceptibles de favoriser la venue des pucerons. Les plantes trop nourries en engrais azotés développent en effet de jeunes pousses tendres et sucrées dont les pucerons raffolent.

Lutter contre les pucerons lanigères des racines est également crucial ; ils vivent sous terre, parfois même dans les galeries des nids de fourmis, accrochés aux racines. Quand un nid de fourmis forme un monticule de terre au pied d’un rosier, cela affaiblit la plante. La terre de diatomée est une poudre efficace comme répulsif naturel mais dangereuse pour les enfants et les animaux de compagnie : elle provoque la déshydratation des insectes par contact.

Enfin, rappelez-vous que la biodiversité repose sur de grands principes qui régissent les différents comportements qui se produisent dans l’écosystème de votre pelouse. En agissant avec discernement, en favorisant les barrières physiques plutôt que l'extermination massive, vous assurez la pérennité de votre jardin tout en protégeant la santé de vos rosiers.

tags: #jardinage #comment #chasser #les #fourmis #dans