Le Jardinage et les Éléments Naturels : Un Guide pour une Autonomie Alimentaire Écologique

Avec la crise environnementale qui prend de plus en plus d’ampleur, nous prenons collectivement conscience de notre dépendance au système et réalisons l’importance d’avoir une plus grande liberté et une meilleure autonomie alimentaire. Encore aujourd’hui, la majorité des aliments que l’on trouve à l’épicerie parcourent des milliers de kilomètres avant d’aboutir dans notre assiette, sans oublier que la plupart proviennent de systèmes agro-industriels destructeurs de la planète. C’est pourquoi, dernièrement, le désir d’une plus grande autonomie alimentaire se répand chez beaucoup de gens. Produire sa propre nourriture de manière écologique est un aspect essentiel dans un mode de vie axé sur la permaculture. C’est un excellent moyen de prendre soin de la Terre et des humains, tout en partageant les surplus.

Ce guide pratique, clair et complet, est conçu principalement pour ceux et celles qui débutent ou qui désirent simplement améliorer leur efficacité en jardinage écologique, afin d'avoir une alimentation saine, tout en respectant l'environnement. Que vous ayez un jardin situé en ville, en banlieue ou en campagne, ce guide peut s’adapter à tous les terrains et vous permettra d'apprendre les bases essentielles pour implanter un jardin-potager écologique, étape par étape. Il rassemble la meilleure information provenant de nombreux ouvrages les plus pertinents sur le sujet, tels que « Le Jardin Écologique » et « Le Grand Livre du Jardinage », ainsi que des connaissances et expériences personnelles.

Illustration d'un jardin potager diversifié et luxuriant

Pourquoi Jardiner au Naturel ?

Jardiner au naturel, c’est adopter des gestes simples et sans produits chimiques pour préserver la biodiversité, améliorer la santé du sol et limiter les impacts sur l’environnement. Le réchauffement climatique, la pollution des sols, la disparition des espèces… nous sommes aujourd’hui à un tournant en matière d’environnement. Rien qu’en termes de biodiversité, 16,7% des espèces sont menacées d’extinction en France d’après une récente étude de l’UICN. Et tous les groupes sont concernés : les plantes comme les animaux. Avec quelques dix-sept millions de jardiniers (les jardins couvrent en effet près d’un million d’hectares, soit 2% du territoire Français), nous pouvons tous activement préserver notre environnement. Mises bout à bout, toutes les actions écologiques menées au jardin peuvent donc avoir un réel impact.

La Biodiversité au Cœur du Jardin Écologique

Créer des espaces favorisant la biodiversité et la présence de certains insectes ou animaux ennemis des ravageurs est très utile au jardin. Augmenter la diversité d’espèces végétales dans votre jardin permet d’attirer davantage d’auxiliaires (insectes, oiseaux et autres animaux) que si vous aviez peu de variétés.

Associer les Végétaux JudicieusementAssociez certains végétaux : les plantes aromatiques (lavande, thym, sauge, etc.) exercent une certaine protection des plantes voisines contre les insectes ravageurs. Le compagnonnage, désignant à l’origine l’association de professionnels artisans, illustre un système solidaire dans le jardin. Veillez à ne pas assembler des plantes qui pourraient se greffer le chignon ! C'est une technique essentielle à appliquer dans votre jardin.

Varier les CulturesVariez les plantes cultivées chaque année pour rompre le cycle de développement des parasites et limiter leur contact avec les cultures auxquelles ils s’attaquent. Pensez au principe de la chaise musicale lorsqu’il s’agit de rotation ! Chaque corps détient un rythme propre à lui-même, une singularité qui ne peut être ignorée. Alors, tels que nous, les végétaux donnent la cadence à plusieurs niveaux. Tout d’abord en besoin nutritif contenu dans le sol. En effet, chaque variété est plus ou moins gourmande en nutriment, alors pour accorder du repos et permettre au sol de se régénérer, veillez à effectuer une rotation de vos cultures selon les caractéristiques de chaque végétaux. De plus, la monoculture augmente les risques de maladies, champignons et prolifération d’insectes ravageurs.

Favoriser les Plantes Locales et les "Mauvaises Herbes"Les plantes locales (dites sauvages ou indigènes) sont parfaitement adaptées au climat de votre région et au sol de votre jardin. En plus de leur meilleure acclimatation, les variétés indigènes sont souvent plus accueillantes pour la faune locale comme les abeilles et les papillons. Créée en 2015, la marque « Végétal local » permet de reconnaître au moyen d’un simple label les végétaux sauvages et indigènes en jardinerie. En plus d’être parfaitement adaptés au climat local, ces semences et ces plantes labellisées sont issues de collectes raisonnées en milieu naturel.

Les herbes folles et les variétés couramment qualifiées de « mauvaises herbes » (adventices) sont parfaitement adaptées à leur milieu. Elles sont une source de nourriture : de nombreuses mauvaises herbes sont des « plantes hôtes » qui hébergent et servent de nourriture à des insectes, en particulier des chenilles. C’est le cas de l’ortie qui est la plante hôte de la chenille du papillon paon de jour. Cette dernière sert elle-même de nourriture à certains oiseaux. Elles améliorent la santé du sol en le protégeant de l’érosion et en permettant de l’aérer en profondeur. Ne les supprimez pas systématiquement, elles attireront de nombreux insectes qui avaient peut-être disparu de votre jardin et contribueront à reconstituer tout un écosystème. Par exemple, le pissenlit, ou Dent-de-lion, souvent considéré comme une mauvaise herbe, est en réalité un précieux atout pour le jardin. Laissez l’herbe et les fleurs vagabondes esthétiques (rose trémière par exemple) se développer dans les allées gravillonnées en terre battue, ou entre les pavés : elles prendront la place des herbes indésirables.

Attention aux Espèces InvasivesBien qu’elles puissent être très attrayantes, certaines espèces invasives (pas toujours exotiques) peuvent causer d’énormes dégâts chez vous et dans le milieu naturel lorsqu’elles s’échappent du jardin. Premièrement, ces espèces peuvent rapidement proliférer et menacer la biodiversité locale en étouffant les plantes indigènes jusqu’à les faire disparaître. C’est le cas de Buddleia de David, un arbuste ornemental à fleurs violettes qui attire les papillons mais peut devenir envahissant et menacer la biodiversité locale. D’autant que les abeilles sont incapables de le butiner. Autre exemple : la griffe de sorcière, une plante succulente rampante qui colonise désormais de larges zones côtières de Bretagne et de Corse. Deuxièmement, les espèces invasives peuvent causer des dommages importants aux infrastructures et peuvent envahir les murs en occasionnant de gros dégâts et causer des coûts de réparation conséquents. Enfin, certaines espèces invasives peuvent être nuisibles pour la santé. C’est le cas de l’ambroisie, une plante invasive originaire d’Amérique du Nord, qui est devenue une menace pour la santé publique en Europe. Son pollen est extrêmement allergisant et peut provoquer des symptômes respiratoires graves chez les personnes sensibles. Si vous constatez la présence de plantes invasives, éliminez-les en les arrachant méticuleusement. Jetez-les ensuite à la déchèterie en prenant soin de correctement les emballer dans un sac pour éviter tout risque de dispersion dans la nature.

Les plantes invasives, vous connaissez ?

Préparation et Santé du Sol

Avant de semer la première graine, il est essentiel de comprendre l’écosystème et les conditions climatiques dans lesquelles votre potager se trouve. La richesse du sol et sa fertilité sont la base d’un jardin sain où l’on peut quasiment se passer de traitements et d’entretien. Connaître son sol est une étape essentielle pour créer un jardin sain et écologique. Chaque type de plante a des besoins spécifiques en termes de pH, de drainage, de fertilité et de texture.

Comprendre les Composantes du Sol : NPK et pH

Pour comprendre, et ne pas négliger une bonne préparation du sol, il faut comprendre la formule clé : NPK. Des initiales désignent en réalité les éléments essentiels au sol : l’Azote (N), le Phosphore (P) et le Potassium (K). Votre sol, affaibli après la production de végétaux, a perdu des composantes NPK. Il nécessite donc un renouvellement de sa composante.

De plus, il est important de connaître le taux de pH du sol. Selon qu’il soit acide, neutre ou alcalin, vous pourrez sélectionner les plantes adaptées à votre potager. Selon votre localisation et votre exposition, le sol connaîtra une température et une matière différente. Par exemple, le Sud-Est de la France se compose majoritairement d’un sol argileux et limoneux. Emprunt à des périodes estivales chaudes et une exposition importante, la lavande et les agaves seront gâtées ! Tandis qu’au Nord-Ouest de la France, les brunisols, ou sols bruns, prédominent le territoire. Les végétaux se sélectionnent selon le sol et son exposition.

Évaluer la Fertilité Biologique du Sol

Le test du slip est une méthode simple et ludique pour évaluer la fertilité biologique d’un sol. Il repose sur le principe suivant : la vitesse de dégradation d’un slip en coton enterré dans le sol est un indicateur de l’activité microbienne du sol. Le protocole est simple : il vous suffit d’enterrer un slip 100% coton blanc (bio de préférence) à environ 10 cm de profondeur dans le sol.

Infographie expliquant le test du slip pour la fertilité du sol

Apports Organiques pour un Sol Sain

La matière organique est essentielle à la santé du sol. Tous les jardins nécessitent des apports importants, qu’il s’agisse de potager, de jardin ornemental ou de culture en serre. Elle améliore la structure du sol, augmente la rétention d’eau mais améliore aussi la fertilité.

Le Compost MaisonLe compost « maison » est probablement la meilleure source naturelle de matière organique. Il est facile à réaliser et peut être utilisé à tout moment de l’année. Pour ce faire, il suffit de choisir un composteur adapté à ses besoins et d’y déposer les déchets compostables : épluchures de fruits et légumes, marc de café, feuilles mortes, etc. En quelques mois, le compost se transformera en un humus que vous pourrez utiliser pour enrichir la terre du jardin et les plantes en pot. Feuilles mortes, tontes de pelouse, brindilles… Le jardin génère de grandes quantités de déchets qui peuvent être valorisés en compost.

Le PaillageUn bon paillage limite les mauvaises herbes, maintient l’humidité, protège le sol des intempéries et l’enrichit en se décomposant lentement. Utilisez les paillis organiques tels que : paille, tontes de gazon, feuilles mortes, aiguilles de pin, etc. en couche de 5 à 10 cm d’épaisseur.

Les Engrais VertsLes engrais verts sont des plantes cultivées pour être ensuite incorporées au sol. Véritables fertilisants naturels, les engrais verts enrichissent le sol en matière organique et améliorent sa structure. Veillez à choisir l’engrais vert adapté aux besoins de votre sol et à le semer au bon moment pour maximiser ses bienfaits. Une bonification qui se fait également par des biostimulants comme le purin d’ortie ou la décoction de prêle.

Le FumierLe fumier est riche en matière organique et en nutriments. Cet excellent amendement pour le jardin permet aussi d’améliorer la structure du sol. Si vous avez la chance d’habiter près d’un centre équestre, vous pouvez facilement vous procurer du crottin en grande quantité. Assurez-vous juste que les chevaux ne sont pas actuellement sous traitement antibiotiques.

Éviter la TourbeSi elle constitue un bon apport de matière organique, l’utilisation de tourbe est toutefois néfaste pour l’environnement. Il s’agit en effet d’une matière organique non renouvelable qui se forme très lentement sur des milliers d’années. Son extraction oblige la destruction de tourbières, des écosystèmes uniques et fragiles.

Fertilisation Naturelle

Bien que le terme ait pris une connotation péjorative, les engrais ne sont qu’un apport concentré en minéraux. Pour se développer correctement, les plantes ont effectivement un besoin vital en minéraux en faible quantité, essentiellement de l’azote (N), du phosphore (P) et du potassium (K). À moins de posséder un sol très riche, les engrais sont donc indispensables à petite dose. La matière organique est quant à elle constituée de carbone d’origine naturelle et permet de nourrir le sol en se décomposant lentement. D’origine végétale comme le compost ou animale comme le fumier, cette matière organique peut également fournir les minéraux nécessaires aux plantes en se dégradant progressivement par le travail des micro-organismes (cloportes, vers de terre, bactéries, champignons…).

Privilégier les Engrais Naturels Organiques

De façon à être le plus écologique, évitez les engrais minéraux de synthèse fabriqués selon des procédés industriels. Oubliez notamment ceux à base de phosphate naturel qui proviennent de mines à ciel ouvert et sont un désastre écologique. Ils contiennent parfois certains métaux lourds comme l’uranium et le cadmium. Si vous optez pour des engrais du commerce, privilégiez les engrais naturels organiques. D’origine végétale ou animale, certains sont 100% Français, leur bilan carbone est donc bien meilleur et ils disposent d’une bonne traçabilité.

Sources Naturelles de Nutriments

Voici quelques sources naturelles pour enrichir votre sol :

  • Cendres de bois : Les cendres de bois sont une source riche en potassium.
  • Purin d’orties : Le purin d’orties est un engrais naturel riche en potassium et en azote.
  • Banane : Les peaux de banane sont une source riche en potassium.
  • Algues marines : Les algues marines sont une source riche en potassium et en autres nutriments.
  • Légumineuses : Les engrais verts, en particulier les légumineuses, comme les haricots, les pois et les trèfles, ont la capacité de fixer l’azote atmosphérique dans le sol.
  • Purin d’ortie : Le purin d’ortie est un engrais naturel riche en azote. Un excès d’azote risque de favoriser la croissance des feuilles au détriment des fruits, et favorisera le développement des pucerons. L’excès de fertilisants risque également d’être entraîné vers les nappes phréatiques.

Si vous adoptez les bonnes méthodes culturales précédemment listées (compost, paillage…), votre sol n’a sans doute pas besoin de beaucoup d’apports en nutriments.

Schéma illustrant les principaux nutriments NPK et leurs rôles

Gestion de l'Eau

Une gestion attentive de l'eau est cruciale pour un jardinage écologique et durable.

Arrosage IntelligentArrosez le matin ou le soir, l'évaporation de l'eau sera moins importante qu'aux heures les plus chaudes.

Récupération de l'EauInstallez un récupérateur d'eau de pluie, réputée meilleure pour le jardin, car elle ne contient pas ni chlore ni calcaire. Récupérez l'eau utilisée pour laver vos légumes ou l'eau de cuisson des aliments comme les pâtes ou les pommes de terre, pour arroser vos fleurs et vos plantes en pot.

Protection Naturelle des Plantes

Plutôt que de lutter contre les maladies et les agresseurs une fois qu’ils sont présents, le mieux est donc de chercher à prévenir leur apparition. Pour ce faire, il suffit de revenir à des méthodes de jardinage au naturel, plus respectueuses de l’environnement.

Le Biocontrôle : Des Solutions Naturelles

Les produits de biocontrôle utilisent des mécanismes naturels pour protéger les plantes contre les attaques de ravageurs, les maladies et les mauvaises herbes. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils sont inoffensifs.

Substances Naturelles Actives

  • L’acide acétique, en particulier le vinaigre blanc, peut désherber, nettoyer, acidifier le sol, lutter contre les maladies et repousser les insectes nuisibles. L’acide acétique ne doit jamais être mélangé avec de l'eau de Javel, car cela crée du chlore gazeux, un gaz toxique, irritant et parfois mortel à fortes concentrations. Depuis l’interdiction des pesticides au Jardin en 2019, l’Anses a relevé une forte augmentation des cas d’intoxication au chlore gazeux.
  • L’acide caprylique est un acide gras naturel présent dans l’huile de coco et dans l’huile de palme (à éviter en raison des problèmes de déforestation).
  • L’acide pélargonique est un acide gras naturel présent dans les géraniums.
  • Le COS-OGA est un stimulateur des défenses naturelles des plantes.
  • La graisse de mouton est un répulsif efficace contre les cervidés, notamment le chevreuil.
  • L’huile de colza est un insecticide qui agit par étouffement sur des nuisibles comme les pucerons, les thrips et les aleurodes.
  • L’huile essentielle d’orange possède des propriétés antifongiques qui lui permettent de lutter contre les maladies cryptogamiques comme le mildiou et l’oïdium.
  • Le bicarbonate de potassium est un fongicide naturel qui peut lutter contre plusieurs champignons, dont le mildiou et l’oïdium.
  • Le phosphate ferrique est un biocide efficace contre les limaces (molluscicide).
  • Le pyrèthre est une substance de biocontrôle naturelle issue des fleurs de chrysanthèmes.
  • Le soufre est un minéral utilisé comme fongicide naturel. Il permet de lutter contre plusieurs champignons, dont le mildiou et l’oïdium.
  • Le spinosad est une substance de biocontrôle naturelle issue de la fermentation d’une bactérie, Saccharopolyspora spinosa.
  • Le sulfate de fer est un traitement contre la mousse qui agit en diminuant le pH du sol et en perturbant ainsi les conditions favorables aux mousses.

Médiateurs Chimiques et Micro-organismesLes médiateurs chimiques regroupent les phéromones et les autres molécules qui attirent ou ont une action répulsive sur les insectes. Les phéromones sont les substances chimiques émises par les insectes pour communiquer. Les micro-organismes regroupent les virus, les champignons et les bactéries non pathogènes.

Attirer les Auxiliaires Naturels

Attirer des animaux insectivores dans votre jardin est un excellent moyen de lutter contre les nuisibles de manière naturelle et efficace. Ces animaux se nourrissent d’insectes, contribuant ainsi à maintenir un équilibre écologique sain.

Créer des Refuges et de la DiversitéPour les attirer, créez des zones refuges : haies, bosquets, bandes enherbées, jachères fleuries, tas de pierres, bois mort, nichoirs… Multiplier les habitats est un moyen simple de créer un jardin accueillant pour une grande variété d’espèces. Les insectes sont en très fort déclin à cause de la destruction de leurs habitats naturels. Il n’y a qu’à regarder nos pare-brises pour s’en rendre compte : leur population a chuté de près de 70% en 20 ans ! Les perce-oreilles (ou forficules) sont des insectes auxiliaires qui se nourrissent de pucerons et d’autres insectes nuisibles. Un simple bois mort constituera un excellent refuge à insectes.

Diversifiez également la végétation : plus vous augmentez les variétés de plantes, de fleurs et de légumes, plus vous attirerez d’auxiliaires différents. Enfin, laissez des zones en friche pour favoriser la biodiversité et les insectes auxiliaires. Ne coupez pas toutes les « mauvaises herbes » : les orties, les ronces, etc.

Le Rôle des CoccinellesPlusieurs espèces de coccinelles se nourrissent de champignons comme l’oïdium, on les appelle les coccinelles mycophages. Elles constituent un groupe important dans la famille des Coccinellidae, avec plus de 400 espèces réparties dans le monde entier. Leurs larves se nourrissent également de champignons. N’achetez jamais de coccinelle asiatique Harmonia axyridis. Cette espèce est nuisible pour les cultures et les coccinelles indigènes qu’elle tend à remplacer. Son éradication totale étant impossible, la meilleure lutte reste la sensibilisation.

Limiter l'Usage des Pesticides, même NaturelsLes pesticides même naturels restent des pesticides. Ils sont rarement sélectifs et privent de nourriture certains auxiliaires qui se nourrissent et dépendent des insectes nuisibles sur vos cultures. Certaines associations de plantes permettent de se passer presque complètement de pesticides en attirant les insectes prédateurs naturels des insectes nuisibles, comme les coccinelles et les syrphes.

Entretien du Jardin au Naturel

Au jardin, quelques aménagements simples peuvent être vite bénéfiques pour la faune sauvage. Ces attentions permettront d’améliorer la santé des plantes, contribueront à l’environnement de manière générale et vous permettront de profiter d’un espace vert plus beau et plus agréable à vivre.

La Tonte Différenciée

Adoptez la tonte haute (6 à 8 cm), qui renforce l’enracinement du gazon et sa résistance à la sécheresse, et permet d’empêcher la germination de graines indésirables et le développement de la mousse. Le gazon "parfait" entièrement lisse et vert est un ennemi du jardinage biologique. Contrôlé, le gazon est d’une beauté purement artificielle, car, ne nourrissant pas la biodiversité, il n’est plaisant qu’à nos yeux. La tonte différentiée désigne une coupe non-uniforme de votre jardin. Ne vous détrompez pas, cela peut être très esthétique ! Vous choisirez la hauteur de tonte selon la zone et ses caractéristiques lumineuses. En effet, si la zone est peu ensoleillée alors il convient de laisser une coupe haute pour permettre à la photosynthèse de procéder.

Exemple visuel d'un jardin avec tonte différenciée

Désherbage Écologique

L’entretien manuel régulier est la solution la plus écologique pour désherber. Mais n’utilisez pas n’importe quels outils : certains sont plus respectueux de la faune du sol. Sachez par exemple que l’utilisation d’un motoculteur anéantit plus de 70% des vers de terre. Les débroussailleuses à fil sont bien pratiques pour couper rapidement les herbes qui vous gênent. Mais elles ont un inconvénient : le fil nylon se coupe très fréquemment et vient polluer le jardin.

Les Filets Anti-Insectes

Les filets anti-insectes peuvent être installés rapidement et facilement sur des cultures en pleine terre ou sous serre. Ils sont réutilisables pendant plusieurs saisons et constituent une alternative écologique aux pesticides chimiques. Seuls bémols : ils sont souvent en plastique et empêchent les insectes pollinisateurs d’accéder aux fleurs.

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