Le Juniperus, ou genévrier, est sans aucun doute l’un des arbres les plus appréciés par les amateurs de bonsaï du monde entier. Sa grande robustesse, sa beauté naturelle et sa capacité incroyable à être façonné en font un choix idéal. Donner à un Juniperus sa forme miniature et harmonieuse demande de la patience, une bonne technique et une excellente compréhension de l’arbre. Le Juniperus est un conifère très populaire et répandu dans le magnifique art du bonsaï. Le genre Juniperus regroupe en effet des arbres érigés pouvant atteindre allègrement les 20 mètres de hauteur, mais aussi des arbustes à port étalé convenant bien en massifs ou en bordures, comme le Juniperus horizontalis.

Comprendre la nature du genévrier
Le Juniperus horizontalis, ou genévrier rampant, est un conifère à faible croissance. Ses pousses sont très fines, avec des feuilles très facilement identifiables typiques des conifères, des tons vert-jaune terne et des baies en forme de cône qui stockent les graines. Comme la plupart des conifères, il s’agit d’un arbuste à croissance très lente et une espèce à très longue durée de vie.
En bonsaï, le Juniperus peut adopter de très nombreux styles différents, allant du droit formel, au droit informel, ou même à la cascade complète. Travailler un Juniperus, c’est avant tout chercher le bon équilibre entre la sculpture de l’arbre et le respect de son rythme biologique. Avant de tailler ou de ligaturer un Juniperus, il est absolument essentiel de comprendre précisément la manière dont il se développe. Ce conifère pousse en grande partie à l’extrémité de ses branches.
Ce qui différencie certainement le genévrier des autres essences en bonsaï, c’est sa capacité à former des veines vivantes qui courent le long du bois mort. En d’autres termes, la sève circule dans des canaux qui relient directement les grosses racines aux branches. De même, si vous taillez une branche, la partie racinaire associée va mourir. Lorsque l’on regarde un genévrier préparé pour une exposition de bonsaï, ce qui saute aux yeux, c’est ce contraste entre le bois mort blanc, les veines vivantes bien rouges et le feuillage d’un vert profond.
Mise en forme et techniques de ligature
Le Juniperus vous offre une grande liberté artistique pour sa forme. Le style cascade est l’un des plus impressionnants dans l’art du bonsaï : l’arbre plonge nettement vers le bas, rappelant un conifère accroché à une falaise. Définir le style dès le départ vous aide grandement à décider quelles branches vous devez conserver, raccourcir ou rediriger.
La ligature est la technique clé pour former un Juniperus bonsaï élégant et dynamique. Les branches de Juniperus étant souples, la ligature s’effectue généralement en fil d’aluminium anodisé. Enroulez le fil délicatement autour de la branche, puis mettez-la lentement en forme. Pour la mise en forme, inspirez-vous de formes que vous appréciez en bonsaï. Lâchez-vous et donnez du mouvement. Pour ce qui est du genévrier, on évitera de faire un arbre strictement droit parce que ce n’est pas forcément le style le plus approprié.

Lors du travail sur de jeunes plants, comme les Juniperus itoigawa, il est important de donner du mouvement à la base du tronc. Les mouvements doivent se faire quand le fil est à l’extérieur de la courbe. On ne va pas jusqu’au point de rupture, même si parfois le résultat est superbe. Une fois votre mise en forme faite, vous pouvez avoir des branches à l’intérieur des courbes : ne les coupez pas toutes, elles vont vous servir de tire-sèves.
Taille et entretien du feuillage
La taille est absolument essentielle pour révéler la silhouette définitive de l’arbre. La taille de structure sert surtout à dévoiler le mouvement du tronc et à poser les premières bases de son futur dessin. Un Juniperus en bonne santé va développer des tiges aux extrémités des branches. Il est nécessaire de les tailler afin de favoriser l’apparition de bourgeons intérieurs. Si vous ne taillez pas, très peu de bourgeons apparaîtront sur le bois des années précédentes.
Nous pouvons souvent lire qu’il faut pincer les rameaux, en venant « casser » les tiges qui dépassent du profil de l’arbre. Si vous pincez tout le temps, vous bloquez sa croissance et allez affaiblir votre arbre. Le pincement ne doit se pratiquer que sur un genévrier que vous allez présenter en exposition, afin de bien délimiter les plateaux et d’avoir une belle finition. Commencez par supprimer tous les rameaux qui poussent vers le bas, afin d’obtenir des plateaux dont le dessous est plat. Faites également un petit ménage lorsqu’il y en a plusieurs qui partent d’une même intersection. Enfin, raccourcissez les rameaux les plus longs, en taillant sur la partie lignifiée.
Conditions de culture et soins quotidiens
Le genévrier est un bonsaï d’extérieur qui doit rester dehors toute l’année. Il a besoin de soleil pour que le feuillage se développe et se densifie. En hiver, il ne nécessite pas vraiment de protection contre le gel, sauf si celui-ci descend en dessous de -10°C. Les genévriers ont un grand besoin de lumière : les cultiver à l’ombre est le début des problèmes (étiolement, pas de pousse, feuillage faible).
Concernant l'arrosage, le Juniperus n’aime ni l'excès ni le manque d’eau. Le facteur limitant dans une bonne culture, c’est l’eau. N’hésitez pas à arroser fréquemment, surtout en phase de croissance. En plein été, les plants manqueront obligatoirement d’eau, ce qui ralentira fortement la pousse. Toutefois, les racines n’aiment pas les excès d’eau stagnante. Avant d'arroser, le sol doit sécher légèrement.
IL EST TEMPS DE REMPOTER MON GENÉVRIER KISHU
Pour le substrat, utilisez un mélange drainant. Pour de jeunes plants, un mélange de 80% de fibre de coco et 20% de roche volcanique peut être utilisé pour favoriser la rétention, la proportion de roche volcanique augmentant à mesure que les troncs grossissent. Le rempotage se fait tous les 3 à 5 ans, suivant l’état d’avancement de l’arbre. Plus un bonsaï est mature, et moins il nécessitera d’être rempoté souvent.
Fertilisation et santé de l'arbre
Le genévrier en bonsaï aime l’engrais, et nous n’hésitons pas à utiliser conjointement fertilisation organique et chimique en respectant les doses. Un apport nutritif régulier favorise une croissance saine et harmonieuse. Les principaux ravageurs des conifères sont les cochenilles, situées sur les tiges, suçant la sève et affaiblissant lentement le genévrier.
Si les genévriers sont bien entretenus et placés dans un emplacement idéal, ils sont assez résistants aux ravageurs. Attention toutefois à la « maladie du brunissement », causée par le champignon Phytophora, qui vit dans des sols gorgés d’eau. Ce champignon obstrue les canaux de sève et finit par dessécher des branches entières. La vigilance sur le drainage est donc la clé de la longévité de votre bonsaï.

Le genévrier est également un arbre qui se bouture très bien. Lorsque la bouture est bien racinée, n'hésitez pas à la ligaturer pour lui donner du mouvement, même en l'exagérant fortement. En suivant ces principes de base, du choix du plant à la gestion rigoureuse de l'eau et de la lumière, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour cultiver un Juniperus horizontalis d'exception. Former un genévrier en bonsaï est une activité passionnante, créative et relaxante qui demande une observation constante de la réaction de l'arbre au fil des saisons.
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