Le "Bozoulais" de Marcel Mézy : Une Révolution Agricole Née de l'Observation de la Nature

À une époque où l'agriculture intensive montre ses limites et où les sols cultivables perdent de leur fertilité, une solution concrète, née de l'observation minutieuse des écosystèmes, émerge de l'Aveyron, en France. Marcel Mézy, un agriculteur-chercheur, a développé un procédé unique de fertilisation, le "Bozoulais", qui offre une alternative crédible aux intrants chimiques et se positionne comme un acteur majeur dans la lutte contre le changement climatique et la promotion d'une agriculture durable. Son approche, basée sur la revitalisation des sols par les micro-organismes, est aujourd'hui reconnue et utilisée par des milliers d'agriculteurs à travers le monde.

La Genèse d'une Découverte : L'Œil Curieux de l'Enfant

La démarche de Marcel Mézy puise ses racines dans son enfance, passée à garder les bêtes de ses parents dans l'Aveyron. Alors âgé de 8 à 12 ans, le jeune Marcel, loin de se contenter de ses tâches, aimait "gratouiller sous les pierres", une curiosité qui lui a permis de comprendre intuitivement le fonctionnement complexe des écosystèmes et le rôle crucial de chaque espèce dans leur équilibre. Cette observation précoce des processus naturels du sol a jeté les bases d'une idée qui allait transformer l'agriculture.

Marcel Mézy jeune observant le sol

Plus de quinze ans plus tard, cette compréhension a mûri pour donner naissance à la formule qui allait devenir le "Bozoulais". Marcel Mézy se souvient d'avoir eu "50 ans d'avance" sur son temps, une affirmation confirmée par les décennies de combat qu'il a dû mener pour prouver la légitimité et l'efficacité de son produit. En 2003, il a même été contraint d'aller au tribunal face à ceux qui l'accusaient de "vendre du vent", témoignant des résistances initiales face à une innovation qui remettait en question les pratiques établies.

Le "Bozoulais" : Un Créateur de Sol et un Fixateur de Carbone

Le "Bozoulais", baptisé en l'honneur du village d'origine de Marcel Mézy, est bien plus qu'un simple fertilisant. Marcel le décrit comme un "créateur de sol", une formule dont le secret est "aussi bien gardé que les emplacements des coins à champignon". Sa composition est un savant dosage de seize plantes et de huit essences d'arbre, dont l'ortie, le lichen, le chêne et le noisetier sont quelques-uns des rares ingrédients que l'inventeur consent à révéler.

Le principe fondamental de son action est la capacité à installer et à développer la vie microbienne dans le sol. Marcel Mézy explique que si l'on prend un caillou, que l'on le creuse et que l'on y met son produit, "il y aura de la matière organique et quelque chose va pousser, un peu comme la mousse". Cette capacité à créer de la matière organique même dans des milieux a priori hostiles souligne son pouvoir régénérateur.

Schéma du processus de création d'humus par le Bozoulais

Une des vertus les plus importantes du "Bozoulais" est sa capacité à fixer le carbone dans le sol. Cette fixation du carbone se fait "dans des seuils qui pourraient ralentir le réchauffement climatique", faisant de cette innovation un véritable acteur dans la lutte contre le changement climatique. En effet, en redonnant naturellement à la terre son pouvoir fertile, cette invention peut installer la vie rapidement et partout, favorisant ainsi le maintien des hommes dans leur milieu naturel tout en préservant leur santé et celle de la terre. Ses capacités à fixer le CO2 en font un véritable acteur luttant contre le changement climatique.

Des Bénéfices Multiples : Santé des Plantes, du Bétail et de l'Environnement

L'utilisation du "Bozoulais" apporte une cascade de bénéfices qui s'étendent de la santé des plantes à celle du bétail, en passant par une amélioration globale de l'environnement. En produisant des plantes plus saines, il permet aussi de fournir une alimentation plus saine au bétail. Les éleveurs qui utilisent ce fertilisant notent d'ailleurs que leurs bêtes sont moins malades, et que la mortalité à la naissance a considérablement diminué. André Franques, éleveur de brebis à Sébazac-Concourès et pionnier de l'utilisation du produit, témoigne : "En 1986, j'ai décidé de passer au bio et d'utiliser le produit de Marcel pour mes pâtures. Ce n'était pas une décision facile à prendre car à l'époque tout le monde nous disait que nous allions échouer".

Un autre exemple concret est celui de Paul Causse, éleveur d'aubrac, qui raconte un test effectué sur une de ses parcelles : "Nous avons répandu les granulés sur une partie du terrain avec un résultat incroyable. Par rapport aux endroits non-traités, nous avons constaté que l'herbe était plus verte, que la flore s'était beaucoup développée et une variété de fenouil sauvage, qui avait presque disparu, a même repoussé". Xavier Aigouy est encore plus catégorique : "Bien sûr, le bio nécessite plus de travail, mais le résultat est là."

Marcel MEZY, le berger des bactéries : découvrez son invention pour une agriculture durable.

Le "Bozoulais" permet d'abandonner totalement le recours aux produits phytosanitaires. À l'ère du tout chimique et de l'exploitation à outrance de terres d'ores et déjà fragilisées par l'activité humaine, Marcel Mézy rêve de voir succéder une agriculture durable. Cette idée - que certains qualifieront d’utopique - le taraude déjà depuis plus de trente ans. À l'époque où il entreprend la mise au point d'un compost alternatif, uniquement produit à base de déchets végétaux, personne n'entrevoit la faillite écologique de l'agriculture intensive. Les engrais, pesticides et autres insecticides gorgés de produits chimiques règnent alors en maîtres sur un secteur primaire en pleine standardisation.

Un Produit Accessible et Commercialisé Mondialement

Le succès du fertilisant de Marcel Mézy s'étend bien au-delà des frontières françaises. Quinze pays importent déjà le produit, et son inventeur souligne son caractère universel : "l'avantage, c'est que la base du produit est présente sur tous les continents, donc tout le monde peut en faire". Ce potentiel de production locale facilite son adoption à l'échelle mondiale.

Marcel Mézy travaille en partenariat avec l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), et en plus de ses 12 fermes, il possède également un laboratoire de recherche employant six ingénieurs agronomes. Cette collaboration avec le monde scientifique et cette infrastructure de recherche témoignent de la reconnaissance de son travail et de son engagement pour une amélioration continue.

La société SOBAC, fondée en 1992, commercialise les Technologies Marcel Mézy (TMM) sous les marques déposées BACTÉRIOSOL®, BACTÉRIOLIT®, BACTÉRIOMÉTHA®, QUATERNA® dans les secteurs de l'agriculture, du jardinage et des collectivités. Marcel Mézy explique que "tout le monde se moquait de moi lorsque j'ai commencé à commercialiser mon compost dans les années 80", ajoutant : "On m'accusait de ne vendre que du vent". Aujourd'hui, la société SOBAC et sa cinquantaine de salariés produisent 40 000 tonnes par an dans son usine de Bourré (Loir-et-Cher) et devrait rapidement s'agrandir pour satisfaire ses 8 000 clients en France et à l'étranger (Canada, Maroc).

Le compost "révolutionnaire", commercialisé sous le nom de Bactériosol pour la terre et Bactériolit pour le fumier et le lisier, permet d'améliorer le rendement des sols sans pour autant les gaver de produits phytosanitaires. Initialement réservé aux agriculteurs, il est désormais également disponible pour les particuliers, leur permettant de l'utiliser pour leurs jardins et leurs potagers. Bactériosol a d'ailleurs remporté deux titres lors des Eco trophées 2009.

Carte des pays utilisant les produits Marcel Mézy

Les granulés, constitués de composts de feuilles, de lichens ou encore d'orties, agglomérés à d'autres matières organiques (essentiellement de la cabosse de cacao et du tourteau de colza) et à de la terre, sont répandus en surface. Ils se désagrègent plus ou moins rapidement selon la température et le degré d'humidité, accélérant la transformation de la matière organique en humus, une matière qui joue un rôle de réserve de nourriture et de rétenteur de nitrates et de CO2. "Il n'est pas nécessaire d'ajouter d'engrais chimiques", qui ne sont que des piqûres dopantes permettant la survie de la plante, explique l'inventeur.

Ses clients se trouvent en Algérie, au Qatar, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Irlande. Avec eux s'ouvrent de nouveaux marchés. Le traitement du mildiou, ce parasite qui attaque la vigne, est envisagé. Tout comme celui des eaux usées et des sols salés.

Un Parcours Semé d'Embûches et de Reconnaissances

Le parcours de Marcel Mézy est celui d'un autodidacte persévérant, qui a longtemps évolué "en marge des institutions agricoles". Né dans une famille de modestes paysans aveyronnais, Marcel Mézy, sixième d'une fratrie de huit garçons, n'a pas pu suivre les études dont il rêvait. Il s'est alors plongé dans les livres pour assouvir sa soif de connaissances. Après son service militaire, il devient vendeur de limonade, avant de revenir à ses premiers amours : la terre. Il se convertit en marchand d'engrais et de matériel agricole, puis ouvre l'un des premiers magasins de produits biologiques, tout en continuant à s'occuper, en parallèle, de ses chevaux. Toutes ces expériences ont forgé le caractère de cette force de la nature, précurseur dans le domaine de l'agriculture raisonnée.

Marcel Mézy dans son domaine de Grioudas

Il a "pris des coups", et a même "affronté des procès en sorcellerie". À quelques centimètres sous nos pieds, la vie grouille et notre santé en dépend. C'est à ce travail que s'est attelé Terragénome, un consortium scientifique créé en 2010. On peut compter jusqu'à 10 000 espèces génomiques dans un gramme de sol. Toute la difficulté consiste à les isoler et les cultiver. Pendant trente ans, on a pensé que j'étais fou. Et maintenant, tout le monde ou presque me suit. Mais je reste un peu naïf. Je pensais qu'au XXIe siècle, tout le monde travaillerait avec des micro-organismes. Ça me semble tellement une évidence que les engrais chimiques appauvrissent le sol, confie-t-il à Patrick Le Roux, ancien rédacteur en chef de L'Équipe, qui lui a consacré un livre, "L'homme qui redonne vie à la terre".

Aujourd'hui, plus personne ne doute. La formule de Marcel Mézy, reconnue par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), est utilisée dans les jardins de la Villa Médicis à Rome pour sauver orangers, citronniers, rosiers, chênes et cyprès. Une cargaison a également été expédiée à la coopérative Ocozaca, située à Zacamitla, dans l'État mexicain de Veracruz, pour des essais sur les caféiers affectés par un champignon, sous la houlette de Jean-Pierre Blanc, le directeur général du torréfacteur Malongo.

Les Technologies Marcel Mézy (TMM) : Une Réponse aux Problématiques Mondiales

Marcel Mézy a passé une partie de sa vie à mettre au point un procédé de fertilisation qui est aujourd'hui utilisé par plus de 10 000 agriculteurs en France et en Europe : Les Technologies Marcel Mézy (TMM). Il a découvert au fil des années que son produit, d'abord conçu pour remplacer les engrais, avait des vertus bien plus importantes et surtout plus globales.

Les TMM permettent de répondre à des problématiques mondiales : la garantie d'une alimentation durable et saine, une meilleure gestion des réserves en eau et la lutte contre le changement climatique en fixant notamment le carbone au niveau des sols. En œuvrant pour la santé des sols, elles apparaissent aujourd'hui comme une solution sociale, agronomique, économique, territoriale et respectueuse de la santé des Hommes et de la planète.

Marcel Mazoyer, ingénieur agronome, forestier et expert en économie agricole, professeur à l'Université PARIS XI, rédacteur en chef du dernier Larousse agricole, professeur émérite de développement agricole à l'Institut National Agronomique Paris-Grignon, souligne l'importance de cette invention. En redonnant naturellement à la terre son pouvoir fertile, cette invention peut installer la vie rapidement et partout, favorisant ainsi le maintien des hommes dans leur milieu naturel tout en préservant leur santé et celle de la terre.

Depuis 1992, grâce aux Technologies Marcel Mézy, la société SOBAC propose aux agriculteurs une alternative aux pratiques de l'agriculture conventionnelle. Ils sont aujourd'hui plusieurs milliers à avoir tourné la page du chimique en ayant le sentiment profond de respecter l'environnement et la vie des sols. En fertilisant leurs terres différemment, ils reconnaissent avoir retrouvé une certaine fierté en travaillant autrement plus proprement pour nourrir les hommes.

Aujourd'hui, à l'échelle de la planète pratiquement tous les sols cultivés ont perdu de leur fertilité, entraînant érosion, tassement et asphyxie. Les technologies inventées par Marcel Mézy, que SOBAC commercialise, permettent de produire cet humus et donc d'améliorer l'état et le fonctionnement du sol, tout en respectant l'environnement et même en luttant contre le réchauffement climatique.

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