Comprendre l’hypoglycémie : Mécanismes, signes et gestion d’urgence

Le contrôle de la quantité de glucose présente dans le sang, aussi appelée glycémie, est un aspect essentiel de la santé, particulièrement pour les personnes atteintes de diabète. La glycémie - terme souvent utilisé de manière interchangeable avec le terme glucose ou l’expression sucre sanguin - désigne la concentration de glucose présente dans le sang. Le glucose est une simple molécule de sucre que notre organisme utilise pour produire de l’énergie. La présence de glucose dans le sang est un élément essentiel pour tout l’organisme, notamment les fonctions cérébrales. Normalement, le corps maintient le taux de glucose dans le sang dans un intervalle de 70 à 110 milligrammes par décilitre (mg/dl), soit 3,9 à 6,1 millimoles par litre (mmol/l) de sang. L’hypoglycémie se traduit par une baisse anormale du glucose dans le sang. L’on parle d’hypoglycémie lorsque le taux de sucre dans le sang chute en dessous de ces valeurs normales, généralement inférieure à 0,70 g/l (ou 3,9 mmol/L).

Schéma illustrant la régulation du glucose sanguin par l'insuline et le pancréas

Les mécanismes biologiques de la glycémie

Les glucides contenus dans les aliments que nous consommons constituent notre principale source de glucose. Lorsque nous mangeons et digérons des aliments, le glucose passe dans le sang. À mesure que la concentration de glucose dans le sang augmente, le pancréas commence à produire de l’insuline, une hormone qui permet au glucose d’être absorbé par les tissus de l’organisme afin d’être utilisé comme source d’énergie. Les cellules bêta du pancréas agissent comme des capteurs : lorsqu’il y a une forte concentration de glucose dans le sang, les cellules bêta « s’ouvrent » et déclenchent la libération d’insuline du pancréas pour aider à faire passer le glucose dans les tissus. Lorsque la concentration de glucose est trop faible, les cellules bêta « se referment » et arrêtent la libération d’insuline.

Dans le cas du diabète de type 1, une réaction auto-immune détruit les cellules bêta, et le pancréas ne peut plus produire d’insuline. Dans le cas du diabète de type 2, le pancréas ne peut pas produire suffisamment d’insuline ou l’organisme ne parvient pas à utiliser efficacement l’insuline, ce que l’on appelle l’insulinorésistance. Dans les deux cas, le glucose ne peut pas pénétrer dans les tissus du corps pour être utilisé ou stocké comme source d’énergie et reste plutôt dans la circulation sanguine, ce qui provoque une élévation du taux de glucose. Le diabète est attribuable au fait que l’organisme est incapable de réguler « automatiquement » le taux de glucose sanguin par lui-même et qu’il a donc besoin de l’aide d’interventions « manuelles » pour le faire, notamment le recours à des médicaments et à l’insuline.

Les causes de l’hypoglycémie

La plupart des cas d’hypoglycémie se produisent chez les diabétiques et sont dus à la prise d’insuline ou d’autres médicaments, en particulier les sulfonylurées, destinés à réduire la glycémie. Cette substance peut continuer à agir d’elle-même après que votre taux de glucose a atteint votre plage glycémique cible, ce qui risque d’abaisser encore davantage votre taux de glucose et faire en sorte qu’il soit trop bas. L’hypoglycémie est plus fréquente lorsque des efforts intenses sont déployés pour maintenir les taux de glucose dans le sang aussi proches de la normale que possible, ou lorsque les personnes qui prennent de l’insuline ne vérifient pas assez fréquemment leur glycémie.

Cependant, l’hypoglycémie peut également affecter les personnes non diabétiques. Chez les personnes autrement en bonne santé, un jeûne prolongé et une activité physique prolongée intense peuvent entraîner une baisse de la glycémie. La consommation excessive d’alcool peut bloquer la formation de glucose dans le foie. Chez les personnes atteintes d’une maladie hépatique au stade avancé, le foie n’est parfois pas en mesure de stocker et de produire du glucose en quantité suffisante. Enfin, après certaines interventions de chirurgie bariatrique, l’absorption des glucides est très rapide et stimule une production excessive d’insuline, ce qui peut provoquer une hypoglycémie réactive.

Reconnaître les signes précurseurs

Les symptômes de l’hypoglycémie sont propres à chacun mais, généralement, ils se manifestent par des sueurs, une pâleur, une fringale, une vision floue, des tremblements, une sensation de faiblesse, et des troubles de l’humeur (tristesse, agressivité ou euphorie). Le cerveau est particulièrement sensible aux faibles taux de glucose, car le sucre représente sa principale source d’énergie. Pour empêcher que les taux de glucose dans le sang chutent, le cerveau stimule les glandes surrénales pour sécréter de l’adrénaline et du cortisol, le pancréas pour sécréter du glucagon et l’hypophyse pour sécréter de l’hormone de croissance.

L’adrénaline provoque des symptômes similaires à ceux d’une crise d’angoisse : transpiration, nervosité, tremblements, évanouissement, palpitations et faim. Lorsque l’hypoglycémie devient plus sévère, des symptômes cérébraux apparaissent, tels que des étourdissements, une fatigue ou faiblesse générale, des maux de tête, des troubles de concentration et d’élocution, une confusion, des troubles de la parole et des troubles visuels. Dans les cas les plus graves, l’hypoglycémie peut provoquer des convulsions, une perte de conscience, voire un coma. Il est essentiel de noter que certaines personnes, notamment celles vivant avec le diabète depuis longtemps, peuvent ne plus ressentir les premiers symptômes. Cet état porte le nom d’« inconscience de l’hypoglycémie ».

Infographie présentant les différents niveaux de symptômes de l'hypoglycémie

Conduite à tenir en cas de crise

Il s’agit d’une urgence qu’il faut traiter immédiatement ! Si vous êtes en mesure de vous resucrer seul(e), dès que vous ressentez les premiers signes, cessez toute activité et asseyez-vous calmement. En fonction des résultats, resucrez-vous avec l’équivalent de 15 grammes de glucides. 15 grammes de glucides équivalent à 3 morceaux de sucre, une briquette de jus de fruit (15 cl), une petite canette de soda non light (15 cl), ou 1 cuillère à soupe de confiture ou de miel. Vérifiez votre glycémie 15 minutes plus tard et complétez le resucrage si elle est particulièrement basse.

Si vous n’êtes pas en état de vous resucrer seul(e), une intervention rapide de l’entourage s’impose. Si vous êtes conscient(e) mais n’avez pas la force, demandez à votre entourage de vous aider. Si vous êtes diabétique de type 1 et que vous faites une hypoglycémie profonde ou sévère (perte de conscience, coma, convulsions, impossibilité de déglutir), une personne de votre entourage peut pratiquer une injection de glucagon, si elle a été formée. Prévenez vos proches qu’il ne faut surtout pas vous alimenter si vous êtes inconscient(e) en raison du risque d’étouffement. Si votre entourage ne peut pas gérer la situation, il doit contacter rapidement les secours : le 15 ou le 112.

Que faire en cas de malaise ? Les gestes de premiers secours

Stratégies de prévention au quotidien

La prévention de l’hypoglycémie permet de préserver une bonne santé. Il est recommandé de respecter le plan alimentaire et les horaires des repas, car maintenir un horaire de repas régulier et consommer à peu près la même quantité de glucides à chaque repas est essentiel. L’activité physique, bien qu’elle soit bénéfique, peut augmenter le risque d’hypoglycémie si elle n’est pas correctement planifiée ; il est conseillé de réduire la dose d’insuline ou de consommer des glucides supplémentaires avant et pendant l’exercice.

En voiture, quelques règles simples de sécurité sont à respecter : ayez toujours de quoi vous resucrer, ayez votre lecteur de glycémie à portée de main, et contrôlez votre glycémie avant de prendre le volant. Ne prenez pas le volant lorsque votre glycémie est basse. Enfin, soyez particulièrement vigilant en cas de traitements associés, car certains médicaments peuvent altérer votre vigilance et votre concentration. Si vous êtes sujet à des hypoglycémies sévères, fréquentes ou non ressenties, il est indispensable d’en comprendre les causes et d’en discuter avec votre médecin pour ajuster votre traitement.

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