Gestion stratégique des mauvaises herbes en maraîchage : techniques et innovations

Dès que vous commencez à planter vos semences et vos transplants, vous devez être prêt à affronter un ennemi majeur : les mauvaises herbes. Les mauvaises herbes, qui ne sont pas maîtrisées adéquatement, font compétition à vos cultures pour les éléments nutritifs, l’espace et l’eau. Vous risquez de perdre gros. La gestion de l’enherbement est une des problématiques techniques majeures dans la production de légumes, aussi bien en conventionnel qu’en agriculture biologique. Les techniques employées actuellement sont de plusieurs types : chimique, thermique, mécanique et manuel. Plusieurs retraits actuels et futurs de produits engendrent des impasses techniques pour les producteurs et les incitent à combiner d’autres techniques pour maintenir la gestion de l’enherbement dans la culture et aux abords des parcelles. En système biologique, cette problématique est une constante. Cependant, changer ses pratiques et donc son système de production, même en engageant uniquement la gestion de l’enherbement, peut représenter des investissements socio-économiques conséquents en fonction des exploitations.

Schéma illustrant la compétition entre les cultures maraîchères et les adventices pour les ressources vitales

Les fondements d'une gestion proactive

La clé de la gestion des mauvaises herbes est de connaître leurs cycles de croissance et de planifier en conséquence les outils, le temps et les stratégies. La gestion des mauvaises herbes doit être une priorité ! La façon la plus efficace de tenir les mauvaises herbes à distance est de prévoir une séance régulière de binage. Utilisez des outils spécialisés conçus pour le désherbage. Selon l’expérience de Jean-Martin Fortier, l’utilisation d’une variété de binettes ou de sarcloirs à long manche, conçue pour un sarclage léger, vous permettra de désherber différents types de plantes. Par exemple, nous favorisons l’utilisation d’une herse étrille pour sarcler les cultures comme les radis, les rabioles et les verdurettes. Celles-ci doivent être exemptes de mauvaises herbes et sont faciles à désherber avec cet outil.

Plus les mauvaises herbes sont grosses, plus elles font compétition à vos cultures pour les ressources comme l’eau, les éléments nutritifs et le soleil. Un autre conseil précieux pour garder une longueur d’avance sur les mauvaises herbes? Plus elles grandissent, plus elles deviennent problématiques. Au stade cotylédon, les mauvaises herbes sont caractérisées par une pousse blanche unique qui annonce « Nous sommes en route! ». Leur système racinaire est mieux établi lorsque plus de deux feuilles se développent. Il sera donc beaucoup plus difficile de les supprimer rapidement et facilement avec des outils. Il faut éviter autant que possible le désherbage manuel, trop inefficace pour un fermier occupé! Pour être certain d’intervenir au bon moment, bloquez du temps de désherbage dans chacune de vos tâches hebdomadaires.

L'occultation et la préparation des planches

Quiconque suit le travail de Jean-Martin Fortier connaît l’importance qu’il accorde à l’utilisation des bâches d’ensilage pour contrôler les mauvaises herbes. Cette méthode, aussi appelée « occultation », consiste à recouvrir les planches récoltées d’une bâche noire opaque. Par la suite, il faut attendre un minimum de trois semaines (deux semaines peuvent suffire en période de grande chaleur) avant de transplanter la prochaine culture. Le bâchage assure une destruction totale de toutes vivaces (rumex, ortie, liseron, chiendent, ronces, …) en 6 mois poussants (= autour de l’été). Il faut être extrêmement vigilant à ce que les vivaces telles que l’ortie et surtout le liseron ne passent pas par les trous, sinon le bâchage n’atteindra pas l’objectif de désherbage.

Pour la préparation des planches, Jean-Martin préconise une perturbation minimale du sol. Après un apport initial en amendements de qualité pour restaurer la santé du sol, il n’est plus nécessaire de le travailler. En retournant le sol avec un outil ou un rotoculteur, vous risquez non seulement d’en affecter la structure, mais également de remonter des semences de mauvaises herbes à la surface. Souvenez-vous : votre objectif est d’éliminer les mauvaises herbes dans les cinq premiers centimètres du sol.

Pratiques d'occultation du sol et désherbage en maraîchage

Stratégies de plantation et occupation de l'espace

Si vous cultivez une petite superficie, votre stratégie de plantation est d’autant plus importante. L’utilisation de chaque mètre carré de vos champs est cruciale, puisqu’elle influence les cultures choisies et les quantités produites (et par conséquent, les profits générés!). Notre approche consiste à planter densément afin que nos cultures forment une canopée capable d’étouffer les mauvaises herbes. Planter densément permet aux cultures de former une canopée. Une autre règle fondamentale est d’utiliser un compost exempt de mauvaises herbes. En effet, pour réduire la pression des mauvaises herbes sur vos cultures, il faut éliminer toute source de semences pouvant provenir de la ferme.

Occuper l’espace lumineux est essentiel : l’accaparer avec les plantes que nous souhaitons cultiver pour ne pas laisser de place aux adventices. On peut pour cela jouer sur les densités de culture, les associations etc. Si l’enherbement est lancé mais que la culture est déjà bien partie avec plus d’un mois d'avance, la majorité des cultures pourra tolérer la cohabitation.

Paillages et couverts végétaux

Différentes alternatives sont à l’étude en cultures plantées et semées avec des stratégies de paillages « clef en main », des couverts végétaux, des mulchs organiques ou l’utilisation de cobots. En 2021 en culture de laitues, les paillages clefs en main (chanvre, papier, paillage plastique biodégradable PLA) permettent de s’affranchir des adventices. Toutefois, seule la modalité paillage papier permet d’obtenir un rendement commercialisable identique à la référence plastique. Le paragraphe "Réussir un couvert végétal" explique comment réussir un couvert végétal. Ici nous nous concentrons sur le pouvoir désherbant des couverts végétaux. Diverses études ont montré que plus un couvert végétal est dense et couvrant, plus la densité et la biomasse d’adventices sont réduites (en comparaison à des parcelles témoins). Ces résultats s’expliquent surtout par l’effet d’ombrage et la compétition racinaire.

Pour réussir à maîtriser l’enherbement d’une culture avec un itinéraire technique (ITK) plantation dans la paille, il faut une épaisseur de paillage de 20 à 30 cm au démarrage. Ce paillage sera digéré en une année par la vie biologique du sol. Une astuce de désherbage de parcelle paillée consiste à venir remuer la paille en place (au moyen d’un broyeur à ax# La Gestion des Mauvaises Herbes en Maraîchage : Stratégies et Innovations pour une Production Durable

Dès le début de l'implantation des semences et des transplants, les maraîchers sont confrontés à un défi majeur : les mauvaises herbes, également appelées adventices. Ces dernières, si elles ne sont pas maîtrisées adéquatement, entrent en compétition avec les cultures pour les éléments nutritifs, l’espace et l’eau, entraînant un risque de pertes significatives pour la production. La clé d’une gestion efficace des mauvaises herbes réside dans la compréhension de leurs cycles de croissance et la planification stratégique des outils, du temps et des méthodes. L'évolution des pratiques agricoles, notamment vers le maraîchage biologique, rend cette problématique encore plus prégnante, nécessitant l'évaluation et l'adoption de nouvelles techniques et combinaisons de stratégies pour maintenir l'enherbement sous contrôle.

Comprendre l'Ennemi : Le Cycle de Vie des Mauvaises Herbes

Les mauvaises herbes, qu'elles soient annuelles ou vivaces, possèdent des mécanismes de survie et de propagation qui les rendent particulièrement résistantes. Les vivaces, par exemple, se perpétuent à l’infini par des organes végétatifs tels que bulbes, drageons, rhizomes, stolons, tubercules et racines tubérisées. Leur germination est intrinsèquement liée à des variables environnementales clés comme la température, l’hygrométrie et la luminosité. Des variations brusques de ces facteurs peuvent déclencher la levée des graines, soulignant l'importance de stratégies visant à stabiliser ces conditions.

Une observation cruciale dans la gestion des adventices est leur stade de développement. Au stade cotylédon, caractérisé par une pousse blanche unique, les mauvaises herbes sont relativement faciles à supprimer. Cependant, dès que plus de deux feuilles se développent, leur système racinaire s’établit plus profondément, rendant leur élimination manuelle beaucoup plus difficile et chronophage. Plus elles grandissent, plus elles deviennent problématiques, car la compétition pour les ressources vitales (eau, éléments nutritifs, soleil) s'intensifie. Pour cette raison, l'intervention précoce est un pilier de la gestion des mauvaises herbes.

Cycle de vie d'une mauvaise herbe

Stratégies Préventives en Maraîchage

La prévention est la première ligne de défense contre les mauvaises herbes. Adopter des pratiques qui réduisent leur implantation initiale est essentiel pour minimiser les efforts de désherbage ultérieurs.

L'Occultation ou Bâchage des Planches

L'une des méthodes préventives les plus efficaces, popularisée notamment par Jean-Martin Fortier, est l'occultation. Cette technique consiste à recouvrir les planches récoltées d'une bâche noire opaque. La privation de lumière empêche la germination des graines et affaiblit les vivaces. Il est recommandé d'attendre un minimum de trois semaines (deux semaines peuvent suffire en période de grande chaleur) avant de transplanter la culture suivante.

Le bâchage assure une destruction totale des vivaces comme le rumex, l'ortie, le liseron, le chiendent et les ronces, en environ six mois poussants (principalement durant l'été). Cependant, une vigilance extrême est requise pour s'assurer que les vivaces ne passent pas par les trous des bâches, car cela annulerait l'efficacité de la méthode. Les bâches peuvent être laissées en place plusieurs mois après la culture, puis retirées juste avant l'implantation de la culture suivante pour faciliter la gestion de l’enherbement. L'enjeu majeur du bâchage est de savoir comment les pratiques de l'année N peuvent garantir un sol propre en année N+1, voire N+2. Certaines fermes choisissent de simplifier le désherbage en utilisant les bâches une année sur deux, tandis que d'autres préfèrent minimiser le déplacement des bâches et enchaîner plusieurs cultures sur bâches sur plus d’une année, en apportant la ration de sol pour plusieurs années avant la pose de la bâche.

Bâchage d'une planche de culture

Bien que le bâchage plastique puisse soulever des questions environnementales, il est souvent considéré comme un compromis pragmatique efficace. L'utilisation de bâches de seconde main et leur longévité (jusqu'à 30 ans) peuvent atténuer leur impact. De plus, le bâchage favorise un système en sol vivant, réduisant l'utilisation d'énergie fossile liée au travail du sol et à l'apport de matière organique pour la couverture.

Utilisation de Cultures de Couverture (Engrais Verts)

Lorsqu'une planche est inutilisée pendant plusieurs semaines, l’implantation d’une culture de couverture, ou engrais vert, est une excellente pratique pour une gestion efficace des mauvaises herbes. Ces couverts végétaux occupent l'espace lumineux et racinaire, empêchant les adventices de s'établir. Des études ont montré qu'un couvert végétal dense et couvrant réduit significativement la densité et la biomasse des adventices par rapport à des parcelles témoins, principalement grâce à l'effet d'ombrage et à la compétition racinaire. Ces couverts doivent cependant être détruits avant la culture suivante pour ne pas gêner son développement. Une stratégie consiste à implanter un couvert végétal facile à détruire à l'automne, suivi d'un roulage et d'un semis direct ou d'une plantation des légumes.

Densité de Plantation et Canopée

Pour les petites surfaces, une stratégie de plantation dense est cruciale. L’utilisation optimale de chaque mètre carré influence les cultures choisies, les quantités produites et, par conséquent, les profits. L'approche consistant à planter densément permet aux cultures de former une canopée qui étouffe les mauvaises herbes, les privant de lumière et d'espace.

Compost Exempt de Mauvaises Herbes

Une règle fondamentale pour réduire la pression des mauvaises herbes est d’utiliser un compost exempt de graines d'adventices. Éliminer toute source de semences provenant de la ferme est essentiel pour ne pas réintroduire des mauvaises herbes dans les parcelles.

Minimisation de la Perturbation du Sol

Jean-Martin Fortier préconise une perturbation minimale du sol. Après un apport initial d'amendements de qualité pour restaurer la santé du sol, il n'est plus nécessaire de le travailler. Retourner le sol avec un outil ou un rotoculteur risque non seulement d'affecter sa structure, mais également de remonter des semences de mauvaises herbes à la surface. L'objectif est de cibler l'élimination des mauvaises herbes dans les cinq premiers centimètres du sol.

Pratiques d'occultation du sol et désherbage en maraîchage

Stratégies de Désherbage Actif

Malgré toutes les mesures préventives, une intervention active peut s'avérer nécessaire. Le désherbage doit être une priorité et une activité planifiée dans les tâches hebdomadaires du maraîcher.

Le Désherbage Précoce et Régulier

Plus les mauvaises herbes grandissent, plus elles deviennent difficiles à gérer. Il est donc primordial d'intervenir au stade cotylédon, lorsque leur système racinaire est encore peu développé. Bloquer du temps spécifique pour le désherbage dans chaque semaine est une approche proactive. Le désherbage manuel, s'il est trop inefficace pour un agriculteur occupé, doit être évité au profit d'outils spécialisés.

Outils Spécialisés pour le Désherbage

L'utilisation d'une variété de binettes ou de sarcloirs à long manche, conçus pour un sarclage léger, permet de désherber différents types de plantes. Par exemple, une herse étrille est efficace pour sarcler les cultures comme les radis, les rabioles et les verdurettes, à condition qu'elles soient exemptes de mauvaises herbes et faciles à travailler avec cet outil. Confier la responsabilité du désherbage à un membre de l'équipe peut également améliorer l'efficacité.

Différents outils de désherbage manuel

Le Faux-Semis

La technique du faux-semis est une méthode astucieuse pour réduire la banque de graines d'adventices dans le sol avant la culture principale. Elle consiste à préparer le lit de semence comme si l'on allait semer, puis à le laisser tel quel pendant quelques jours pour permettre aux graines de mauvaises herbes de germer. Une fois les plantules levées, elles sont détruites par un léger travail du sol ou un bâchage temporaire avant le semis de la culture désirée. Une variation de cette technique avec bâchage implique un débâchage éphémère avant le débâchage final : débâcher, arroser abondamment, puis bâcher à nouveau pendant 10 à 15 jours. Toutes les conditions (sol nu et propre, lumière, forte variation d'hygrométrie) sont ainsi réunies pour faire lever le stock de graines.

Pré-Germination des Semences

Pour certaines cultures, la pré-germination des semences peut donner un avantage compétitif aux légumes par rapport aux mauvaises herbes. Une technique simple consiste à faire tremper les graines dans l'eau tous les jours et à les égoutter pour les ressuyer, répétant ce processus pendant plusieurs jours. Pour anticiper le moment de germination, un petit lot témoin peut être mis à tremper avec un décalage de 2-3 jours ; sa germination indiquera le délai restant pour le lot principal. Cette technique, bien que simple, peut améliorer significativement le démarrage des cultures.

Intégration des Stratégies : Vers un Maraîchage Sol Vivant

Dans un système de Maraîchage Sol Vivant (MSV), l’arrêt du travail du sol et la couverture constante du sol réduisent considérablement la nécessité du désherbage. Chaque maraîcher a sa propre tolérance à l'enherbement, mais il est généralement admis qu'au-delà d’une adventice au mètre carré, le désherbage devient trop chronophage. Si l’enherbement est présent mais que la culture a déjà plus d'un mois d'avance, la majorité des cultures pourra tolérer la cohabitation.

Paillage Organique

Le paillage organique est une technique essentielle en MSV pour maîtriser l’enherbement. Pour une plantation dans la paille, une épaisseur de 20 à 30 cm de paillage au démarrage est nécessaire (environ 15 cm après tassement). Ce paillage sera digéré en une année par la vie biologique du sol. Une astuce consiste à remuer la paille en place avec un broyeur à axe horizontal (en régime moteur faible et avance rapide) pour la réétaler et bousculer les adventices qui auraient commencé à germer. Il est important de ne pas broyer trop finement pour maintenir l'efficacité du paillage, car plus les fibres sont longues, plus le matelas est épais et meilleure est l'occultation. Diminuer l'épaisseur du paillage pour réduire les coûts économiques représente un risque de devoir faire face à un désherbage accru.

Occupation de l'Espace Lumineux

Une autre façon d'éviter l'enherbement est d'occuper l'espace lumineux avec les cultures souhaitées, ne laissant ainsi aucune place aux adventices. Cela peut être réalisé en ajustant la densité de culture et en pratiquant des associations de cultures.

Gestion de l'Enherbement en Fin de Culture

Pour certaines cultures, comme le chou ou le brocoli, l'enherbement en fin de culture ne pose pas de problème majeur, car les vivaces, qui reviennent inévitablement, ont un retard sur les légumes qui ont eu le temps de se développer et d’être en bonne santé. Cependant, des cultures comme le poireau, l'épinard, la mâche ou le céleri sont beaucoup plus sensibles à la concurrence des adventices.

Innovations et Recherche en Gestion des Mauvaises Herbes

La gestion de l'enherbement est une problématique technique majeure, tant en agriculture conventionnelle qu'en agriculture biologique. Les retraits de produits phytosanitaires (comme le glyphosate ou le Totril sur poireau) entraînent des impasses techniques pour les producteurs, les incitant à combiner diverses méthodes : chimique, thermique, mécanique et manuelle.

Le programme innovant « Systèmes Maraîchage Tout Herbe » du CFPPA du Campus Métiers Nature de Coutances, soutenu par le Ministère de l’Agriculture, est un exemple de recherche appliquée visant à évaluer de nouvelles techniques, combinaisons ou stratégies de gestion de l’enherbement. Ce programme, qui se déroule sur 4 ans (2024 à 2027), explore des alternatives telles que les paillages « clef en main », les couverts végétaux, les mulchs organiques et l’utilisation de cobots.

En 2021, des essais sur la culture de laitues ont montré que les paillages « clefs en main » (chanvre, papier, plastique biodégradable PLA) permettent de se débarrasser des adventices. Seul le paillage papier a permis d'obtenir un rendement commercialisable identique à la référence plastique. La plantation sous couvert de trèfle, le mulch de gazon et le mulch forestier ont également donné des rendements identiques ou supérieurs à la référence plastique. Cependant, l’absence de solutions de mécanisation limite actuellement l’expansion de ces stratégies à de grandes surfaces, nécessitant des essais complémentaires pour optimiser et consolider ces résultats.

Le Maraîchage Tout-Herbe (MTH) et l'Autonomie de Fertilisation

Le programme Maraîchage Tout-Herbe vise également à permettre une gestion autonome de la fertilisation. Une ferme maraîchère diversifiée, exportant beaucoup de légumes de ses parcelles, est souvent dépendante d’apports organiques extérieurs (effluents d’élevage ou engrais du commerce) pour nourrir ses sols. Le MTH cherche à réduire cette dépendance en optimisant les processus internes à la ferme.

L'Importance de la Cohérence et de la Vision à Long Terme

Le plus important parmi tous les conseils est de ne jamais laisser les mauvaises herbes monter en graine. Toutes les stratégies présentées visent la gestion et la prévention. Si l’objectif est de réduire la banque de mauvaises herbes présente dans les champs, une gestion rigoureuse est essentielle. Si les adventices montent en graine, le travail sera considérablement accru et la capacité de production s'en trouvera affectée.

Champ maraîcher bien entretenu

La coopérative "La Mauvaise Herbe", par exemple, incarne une approche collective et durable du maraîchage. Née du constat d'un manque de "bons légumes" à Nassogne, elle vise la souveraineté alimentaire de son territoire en favorisant les circuits ultra courts et en puisant ses forces dans le terroir. Cette initiative met en avant l'importance de l'action collective pour construire des liens d'interdépendance bénéfiques entre mangeurs et producteurs. Elle crée de l'emploi local et durable, réinvestit les bénéfices dans des projets de développement de la souveraineté alimentaire locale et soutient les producteurs locaux par un point de vente fixe et des "coups de mains" ponctuels. Le pôle maraîchage de "La Mauvaise Herbe" s'inspire du "maraîchage biointensif sur petite surface" de Jean-Martin Fortier et des principes de permaculture de la Ferme du Bec Hellouin, soulignant l'importance de cultures "intenses" en soins, en savoirs et en densité de plantation.

La gestion des mauvaises herbes est un aspect dynamique et en constante évolution du maraîchage. En combinant les connaissances traditionnelles avec les avancées de la recherche scientifique et les innovations techniques, les maraîchers peuvent développer des systèmes de production plus résilients, productifs et respectueux de l'environnement.

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