Le kochia à balais (Bassia scoparia), également appelé kochia ou kochia à balais résistant aux herbicides, est une plante problématique qui peut réduire considérablement les rendements des cultures. Cette mauvaise herbe est devenue une préoccupation majeure, en particulier dans l'Ouest du Canada, en raison de sa propension à développer une résistance aux herbicides. Comprendre ses caractéristiques biologiques, ses impacts sur les cultures et les stratégies de gestion intégrée est essentiel pour atténuer ses effets néfastes.

Identification et Biologie du Kochia à Balais
Le kochia à balais est l'une des premières mauvaises herbes à apparaître au printemps. Ses feuilles sont pubescentes et lancéolées, et leur face inférieure est typiquement rougeâtre. Sans désherbage adéquat, les plantules compactes pousseront et deviendront de grandes plantes buissonnantes pouvant atteindre deux mètres de haut. Cette croissance rapide et sa capacité à former des structures denses lui confèrent un avantage compétitif significatif sur les cultures. Les graines de cette mauvaise herbe demeurent viables dans le sol pendant seulement un ou deux ans. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, cette courte viabilité des graines crée une pression de sélection plus forte pour la résistance aux herbicides, car les populations sont rapidement renouvelées, favorisant la survie des individus résistants.
Impact sur les Rendements des Cultures
Des recherches ont démontré que les pertes de rendement moyennes causées par le kochia à balais sont plus élevées chez le maïs grain, suivi du sorgho, du soya, de la betterave à sucre, du maïs ensilage, du tournesol, du blé de printemps, des pois, du canola et de l'avoine. Cette liste illustre la vaste gamme de cultures affectées par cette mauvaise herbe, soulignant son caractère omni-présent et la nécessité d'une gestion proactive. Une étude de Geddes et Sharpe (2022) a spécifiquement mis en lumière l'ampleur des pertes de rendement dues à l'interférence du kochia (Bassia scoparia).
Le Défi de la Résistance aux Herbicides
Le kochia à balais résistant aux herbicides est l'une des plus importantes menaces aux cultures dans l'Ouest du Canada. Les probabilités que le kochia à balais développe une résistance aux herbicides sont très élevées en raison de ses caractéristiques biologiques, notamment sa courte période de viabilité des graines et son cycle de vie rapide.
Historique de la Résistance
Des plants résistants aux herbicides du groupe 2 ont été signalés pour la première fois en 1988. Aujourd'hui, presque toutes les populations de kochia à balais dans l'Ouest du Canada sont considérées comme étant résistantes aux herbicides du groupe 2. Cette évolution rapide témoigne de la forte capacité d'adaptation de cette plante.
Résistance Multiple
Une étude menée en 2017 en Alberta a révélé une augmentation alarmante de la résistance. 50 % des populations de kochia à balais étaient résistantes à l'herbicide du groupe 9 (glyphosate), et 28 % étaient résistantes à au moins un herbicide du groupe 4 (auxines synthétiques). La même étude a démontré que du kochia à balais résistant à trois groupes d'herbicides (les groupes 2, 4 et 9) se trouvait dans 16 % des champs (Beckie et al., 2019 ; Geddes et al., 2021). Des cas de résistance au fluroxypyr (groupe 4) ont également été confirmés en Alberta, et une augmentation rapide de la résistance au glyphosate, ainsi que la confirmation de la résistance au dicamba (groupe 4), ont été observées au Manitoba (Geddes et al., 2021).

Signes de Résistance
Lors du dépistage en début de saison, tout plant de kochia à balais qui semble avoir résisté au traitement herbicide alors que les autres plants ont été bien maîtrisés est un signe de résistance potentielle. Une surveillance attentive est donc cruciale pour une intervention rapide.
Stratégies de Gestion Intégrée des Mauvaises Herbes
En raison de la prépondérance de la résistance aux herbicides chez le kochia à balais, il est essentiel d'être proactif et de se doter d'un plan de gestion intégrée des mauvaises herbes. L'adoption de pratiques de gestion optimales est essentielle pour éviter ou retarder le développement de la résistance.
Pratiques Générales de Gestion de la Résistance
Il existe des pratiques optimales de gestion de la résistance qui sont propres au kochia à balais, mais aussi des principes applicables à toutes les mauvaises herbes.
- Rotations Diversifiées : Les rotations qui comprennent des cultures semées tôt et d'autres qui sont semées tardivement aident à maîtriser les populations de kochia à balais. Les rotations diversifiées permettent également d'utiliser des herbicides différents chaque saison de croissance, réduisant ainsi la pression de sélection sur un groupe d'herbicides particulier.
- Minimiser la Prolifération dans les Zones Salines : Le kochia à balais pousse très bien dans les zones salines qui ne sont pas propices aux cultures. Une gestion spécifique de ces zones est nécessaire pour éviter qu'elles ne deviennent des réservoirs de semences.
- Traitement Herbicide Précoce : On peut tirer parti de la levée hâtive du kochia à balais pour maîtriser les premières pousses avant la levée de la culture. Cette approche réduit la compétition précoce et le nombre de graines produites.
- Dépistage Précoce et Fréquent : Évaluer l'efficacité de tout traitement herbicide contre le kochia à balais deux ou trois semaines après le traitement. Un dépistage régulier permet d'identifier rapidement les échecs de traitement et d'ajuster les stratégies.
- Traitements Herbicides en Postlevée selon les Pratiques Optimales : Il est impératif de mélanger et d'alterner les herbicides et, si possible, d'utiliser au moins deux herbicides ayant des modes d'action différents. Effectuer toujours les traitements au moment recommandé sur les étiquettes et utiliser les doses indiquées. L'application d'un herbicide en prélevée suivie d'une autre application d'un herbicide en postlevée est recommandée pour une maîtrise plus complète.
- Bonnes Techniques de Pulvérisation : Pour assurer une maîtrise optimale, utiliser les adjuvants recommandés, aux doses recommandées. Vérifier que l'eau utilisée est de bonne qualité et assurer une couverture de pulvérisation adéquate en ajustant le volume d'eau, la vitesse de déplacement du pulvérisateur et la hauteur de la rampe.
- Prévenir la Production de Graines : Il est essentiel de gérer les zones infestées de kochia à balais afin de limiter la production de graines. Pour ce faire, on peut effectuer un traitement herbicide localisé, un traitement herbicide non sélectif à l'automne ou un travail du sol ciblé. Il est également possible d'arracher manuellement, de tondre les plants ou de faire paître du bétail dans ces zones avant que les plants produisent des semences. Les graines de kochia à balais commencent généralement à être viables à compter de la mi-août (Geddes et Davis, 2021).
- Cultures de Couverture : Les cultures de couverture devraient être envisagées comme solution de rechange aux jachères. Des cultures de couverture semées à l'automne peuvent s'avérer efficaces pour réprimer le kochia à balais et réduire sa densité et sa biomasse au printemps.
- Destructeur de Graines Attaché à la Moissonneuse-Batteuse : Un destructeur de graines attaché à la moissonneuse-batteuse peut aider à minimiser la dissémination des graines de kochia à balais.
Comment procéder : identifier et gérer le kochia à balai
Stratégies Spécifiques par Culture
Le kochia à balais est problématique dans de nombreuses cultures. Certaines pratiques de gestion de la résistance peuvent être utilisées dans toutes les cultures, alors que d'autres s'appliquent seulement à certaines cultures en particulier.
Blé
Le kochia à balais résistant à plusieurs herbicides est un problème pour les producteurs de blé, puisque de nombreux herbicides utilisés contre le kochia à balais en postlevée appartiennent aux groupes 2 et 4, et que les herbicides du groupe 9 sont souvent utilisés avant ou après la récolte, ainsi qu'en présemis. L'application en présemis d'un herbicide du groupe 9 mélangé à un autre herbicide contre les mauvaises herbes à feuilles larges aide à maîtriser les premières pousses de kochia à balais et à ralentir le développement de la résistance. Les herbicides des groupes 4 et 9 ont encore leur place dans la gestion du kochia à balais dans le blé, mais les producteurs devraient envisager d'utiliser des produits efficaces ayant des modes d'action différents et d'alterner ces produits avec des herbicides appartenant aux groupes 2, 3, 14 et 15. Les autres herbicides homologués contre le kochia à balais dans les céréales appartiennent aux groupes 2, 5, 6 et 27. Puisque le kochia à balais résistant aux groupes 4 et 9 n'est pas présent dans toutes les fermes, les agriculteurs qui ont de bonnes pratiques de rotation devraient les maintenir; toutefois, ils peuvent améliorer leur gestion en ajoutant des produits ou des mélanges de produits ayant des modes d'action différents et en adoptant des pratiques optimales non chimiques afin d'assurer l'efficacité à long terme des herbicides existants.
Canola
Il est recommandé de produire du canola seulement dans des champs où le kochia à balais était bien maîtrisé dans la culture précédente. L'application en présemis d'un mélange d'herbicides ayant des modes d'action différents est efficace. Les herbicides des groupes 3, 6, 14 et 27 peuvent être employés en présemis et en prélevée. Pour les traitements en postlevée, les herbicides recommandés appartiennent aux groupes 9 et 10. Les variétés de canola résistantes au glufosinate offrent une bonne solution pour maîtriser le kochia à balais en postlevée.
Légumineuses
Dans les cultures de légumineuses, il est crucial de maîtriser le kochia à balais avant la levée puisqu'il existe peu d'herbicides efficaces pouvant être employés en postlevée autres que ceux du groupe 2, et que ces derniers sont maintenant considérés comme étant inefficaces contre le kochia à balais. Il est recommandé d'utiliser un mélange en réservoir contenant un herbicide du groupe 9 pour désherbage printanier et un herbicide de contact à activité résiduelle pouvant être utilisé en prélevée. Les herbicides qui peuvent être utilisés avant une culture de légumineuses appartiennent aux groupes 3, 4, 6, 14 et 15.
Note Générale pour Toutes les Cultures
Bien qu'un traitement effectué en prélevée suivi d'un autre traitement effectué en postlevée avec des herbicides différents soit une stratégie recommandée, les producteurs devraient éviter de surutiliser les herbicides du groupe 14. Selon une étude récente, l'avantage économique d'une stratégie de gestion proactive de la résistance peut atteindre jusqu'à 20 $ l'acre sur 10 ans (Frisvold, G. étude non publiée).
Confusion avec d'Autres Plantes : Le Cas de l'Asclépiade Commune
Il est important de noter que d'autres plantes sont parfois considérées à tort comme de simples "mauvaises herbes", alors qu'elles possèdent des caractéristiques et des rôles écologiques bien spécifiques. L'asclépiade commune (Asclepias syriaca) en est un exemple frappant. Souvent méconnue, elle est piétinée, tondue, arrachée. Pourtant, l'asclépiade commune est une plante vivace, indigène au Canada, essentielle à la survie du papillon monarque et possédant des vertus uniques et exceptionnelles.

Identification de l'Asclépiade Commune
Toutes les parties de l'asclépiade commune contiennent du latex en abondance. La tige est robuste, simple, à port dressé et mesure de 0,7 à 1,2 m de hauteur. Elle est légèrement pubescente. Le système racinaire est composé de rhizomes qui donnent de nouvelles tiges feuillées (pousse végétative) au printemps. Les feuilles sont opposées sur la tige. Le limbe est de forme elliptique à allongée et souvent terminé par une petite pointe. Il mesure de 7 à 15 cm de longueur et de 5 à 10 cm de largeur. La marge du limbe est entière. La face supérieure est faiblement pubescente et de couleur vert foncé. Une pubescence duveteuse d'apparence blanchâtre est présente sur la face inférieure et à la marge du limbe.
Les inflorescences sont composées d'ombelles compactes. Elles sont situées à l'extrémité de la tige et à l'aisselle des feuilles supérieures. Chaque fleur est disposée au bout d'un pédicelle mesurant de 3 à 10 cm. Elles sont composées de 3 parties distinctes : le calice, la corolle et la couronne. Le calice est composé de 5 sépales minces et de couleur verte. La corolle est composée de 5 pétales lobés, plus grands et recourbés le long du pédicelle. Les pétales mesurent de 7 à 10 mm et sont de couleur pourpre à verdâtre. La couronne est formée par 5 capuchons en lobes ovés et obtus. Ils mesurent de 3 à 4 mm de longueur, sont de couleur pourpre pâle et portent chacun une courte corne recourbée vers l'intérieur.
Les fruits sont des follicules vert grisâtre qui mesurent de 7 à 12 cm de longueur et environ 2,5 cm de largeur. Ils pendent sur les pédicelles recourbés et ont une forme conique inversée semblable à une banane. La surface est pubescente et couverte de protubérances. Les follicules s'ouvrent sur un côté à maturité pour libérer les graines. Ces dernières mesurent de 7 à 8 mm de longueur et sont de couleur brune. La plantule est à tige et à feuilles opposées. Les cotylédons sont de forme oblongue avec un sommet arrondi et un pétiole distinct.

Répartition et Habitat
L'asclépiade commune est indigène en Amérique du Nord (USDA-ARS, 2017). Elle est répandue partout dans l'est des États-Unis ainsi que dans le Montana et l'Oregon (USDA-NCRS, 2017). L'asclépiade commune préfère pousser sur les bords de chemin, de clôtures, de voies ferrées et de bassins fluviaux, ainsi que dans les terrains vagues, les boisés, les prairies et les milieux marécageux. On en trouve aussi dans les céréales, les grandes cultures et les plantes fourragères (Bhowmik and Bandeen, 1976). Elle est particulièrement présente dans les champs où le travail du sol est réduit ou nul. C'est une plante qui compétitionne mal avec les mauvaises herbes annuelles comme les amarantes et les sétaires. Elle croît bien dans les sols chauds et secs qui ont une bonne exposition au soleil et un bon drainage. L'humidité excessive nuit à sa croissance.
Propagation
Cette espèce se propage par graines et par bourgeons racinaires adventifs (Bhowmik and Bandeen, 1976).
Toxicité
Elle contient plusieurs substances toxiques qui indisposent les moutons, les bovins et parfois les chevaux. Le Centre antipoison du Québec classe toutefois l'asclépiade dans sa liste des plantes indigènes et cultivées toxiques pour les humains et la majorité des animaux. Les boutons floraux, les tiges, les feuilles et les fruits seraient comestibles, mais seulement lorsqu'ils seraient en début de maturité. Les jeunes pousses printanières pourraient être consommées comme des asperges, d'où leur appellation d'asperges sauvages. L'asclépiade est enfin connue sous le nom de cochon de lait, car elle produit un latex de couleur blanchâtre, qui est toxique.
Espèces Similaires
L'identification des espèces semblables est fondée sur l'étude de la morphologie des graines ; les espèces qui possèdent des unités de dispersion semblables sont retenues. L'étude est limitée par la disponibilité des spécimens physiques et des publications au moment de l'examen et peut être teintée par la subjectivité des auteurs, compte tenu de leurs connaissances et de leur expérience. Les graines des espèces nommées Belle asclépiade et asclépiade tubéreuse ressemblent à celles de l'asclépiade commune par leur contour larmiforme, leur couleur brun rougeâtre et la présence d'une marque centrale foncée au centre de la graine.
L'asclépiade incarnate (Asclepias incarnata) se distingue par sa plus petite taille, ses feuilles plus étroites et son fruit étroit qui est porté par un pédicelle dressé. De plus, l'inflorescence de l'asclépiade incarnate est terminale. L'apocyn à feuilles d'androsème (Apocynum androsaemifolium) a un port et un développement semblable à celui de l'asclépiade commune. La plante contient également un latex blanchâtre.
Importance Écologique et Économique de l'Asclépiade Commune
L'asclépiade et le papillon monarque sont intimement liés. Il est essentiel de conserver l'asclépiade ; la survie du monarque en dépend. En effet, la femelle monarque pond ses œufs uniquement sur cette plante, et les chenilles s'y développent en consommant exclusivement les feuilles de l'asclépiade. La sève de l'asclépiade confère au papillon une certaine toxicité le protégeant des prédateurs qui évitent de le manger. La couleur vive du monarque sert d'avertissement à ceux qui s'y risqueraient. Une fois à maturité, la chenille deviendra une jolie chrysalide couleur émeraude, d'où sortira le majestueux papillon.
Malgré sa petite taille, le monarque est capable de parcourir plus de 4000 km par année avec la précision d'une boussole ! Le monarque se reproduit l'été au Québec, et ce sont les jeunes nés en septembre qui effectuent la longue migration jusqu'au Mexique. Une prouesse qu'ils accomplissent en deux mois et demi. Tous les monarques de l'est du Canada se retrouvent alors dans les forêts de pins au centre du Mexique pour hiverner. Au printemps, les monarques s'accouplent au lieu d'hivernage avant d'entreprendre leur migration vers le nord. Avant de mourir, les femelles déposent leurs œufs sur des plants d'asclépiade trouvés sur le chemin du retour. La nouvelle génération de monarque prend le relai et poursuit la migration entamée par les parents vers le Québec.

Au-delà de son rôle écologique crucial, l'asclépiade possède des propriétés qui pourraient révolutionner l'industrie textile. La fibre naturelle et biodégradable issue de la plante possède des vertus uniques et exceptionnelles. La soie des graines de l'asclépiade est particulièrement intéressante. Cette « ouate » est très isolante, aussi chaude que le duvet d'oie. Elle possède la propriété de repousser l'eau et peut absorber jusqu'à 15 fois son volume en huile (ou pétrole), ce qui la rend particulièrement efficace en cas de déversement d'hydrocarbures, spécialement dans les plans d'eau. La fibre d'asclépiade est présentement testée dans la fabrication de vêtements et de sacs de couchage, en remplacement du duvet. Puisqu'elle n'absorbe pas l'humidité, elle pourrait être plus performante que le duvet, qui perd ses propriétés isolantes une fois mouillé. En plein essor, la production d'asclépiade pourrait révolutionner l'industrie textile. De plus, l'asclépiade croît sur des sols pauvres et ne nécessite aucun engrais, ce qui limite son coût de production. Dans cette perspective, son exploitation pourrait assurer un marché lucratif.
Usages Multiples Historiques et Modernes
Dès 1635, le médecin et botaniste parisien Jacques Philippe Cornut illustre et décrit l'asclépiade dans son livre Canadensium, le premier traité de botanique portant sur l'Amérique du Nord. Toutefois, il n'est pas le premier à mentionner l'existence de cette plante aux fibres soyeuses. L'explorateur Jacques Cartier et l'avocat, voyageur et écrivain Marc Lescarbot l'avaient fait bien avant. Quoi qu'il en soit, cette plante défie le temps par l'intérêt que les autochtones, explorateurs, botanistes, soldats, gourmets, scientifiques, ingénieurs et entrepreneurs lui réservent.
Il y a longtemps, les autochtones utilisaient la fibre de sa tige pour fabriquer de la corde. Par la suite, le chirurgien, médecin et naturaliste Michel Sarrazin rapporte que le nectar des fleurs d'asclépiade est sucré. Le missionnaire jésuite français Louis Nicolas, quant à lui, évoque même le terme de « miel ». Le chimiste et apothicaire Samuel Sturton attribuait des propriétés magiques aux fleurs de l'asclépiade, car coupées, elles se déplaçaient toutes seules, disait-il. Les mouvements des fleurs étaient dus en fait à la forte présence d'insectes.
Récemment, les propriétés isolantes de la fibre intéressent les ingénieurs. La fibre soyeuse produite à partir de l'aigrette de la graine est utilisée dans le rembourrage des gilets de sauvetage et des duvets et la fabrication de vêtements chauds. Pour ces raisons, l'asclépiade est appelée herbe à ouate, herbe à coton ou cotonnier.
Aujourd'hui, les scientifiques s'intéressent particulièrement aux fibres de cellulose des soies, des graines et de la tige de l'asclépiade. Ces dernières ont des propriétés ultra-absorbantes ; elles peuvent notamment absorber les huiles, ce qui en fait une plante de premier choix pour la décontamination à la suite des marées noires.
Autres Espèces d'Asclépiades au Québec
Au Québec, le genre Asclepias correspond aux quatre espèces indigènes suivantes :
- L'asclépiade commune ou Asclepias syriaca
- L'asclépiade incarnate ou Asclepias incarnata
- L'asclépiade très grande ou Asclepias exaltata (espèce peu commune)
- L'asclépiade tubéreuse ou asclépiade de l'intérieur ou Asclepias tuberosa var. interior (espèce désignée menacée au Québec)
La Renouée du Japon : Une Autre Invasive Notable
Un autre exemple de plante problématique, mais avec des caractéristiques très différentes du kochia à balais et de l'asclépiade, est la renouée du Japon (Fallopia japonica). Saviez-vous que la renouée du Japon (Fallopia japonica) figure parmi les 100 pires espèces exotiques envahissantes de la planète selon l'Union mondiale pour la nature (UICN) ? Ne vous laissez pas charmer par ses caractéristiques intéressantes comme sa croissance rapide, sa floraison abondante, et le fait qu'elle soit rarement malade ou envahie par les insectes.

Prolifération et Impacts
Cette vivace se reproduit facilement par ses rhizomes pouvant atteindre jusqu'à 2 mètres de profondeur et ses tiges aériennes qui peuvent s'étendre en largeur jusqu'à 7 mètres. La renouée du Japon devient encombrante pour les plates-bandes et étouffe les espèces indigènes, en plus d'avoir la force et la capacité à transpercer l'asphalte, un morceau de plastique dense ou même les fondations de votre maison ! Généralement, cette plante se développe dans les milieux humides comme près des plans d'eau, des fossés, des canaux d'irrigations ou autres lieux.
Difficultés de Contrôle
En raison de son ampleur, radier la renouée du Japon d'un terrain est ardu, voire quasi impossible. Considérant qu'un seul petit fragment peut reformer un nouveau plant, la gestion des résidus doit être des plus rigoureuses. Ils doivent être mis dans des sacs étanches, incinérés ou envoyés au site d'enfouissement. Ne jamais composter.
La lutte à l'aide d'un produit antiparasitaire, effectuée par l'application d'un herbicide non sélectif à une seule reprise durant l'année, n'engendre pas non plus de bons résultats. Le contrôle s'effectue de mai à septembre. Plus les actions préventives sont effectuées tôt, meilleur sera le taux de réussite du contrôle. L'application d'un herbicide sélectif est effectuée 3 fois par année (ou 2 fois si précédée d'une fauche), sur une période minimum de 3 années consécutives.