La Taille des Arbres Fruitiers en Forme Libre et la Terre Vivante : Un Art au Service de la Fructification

Pour être productifs, les arbres fruitiers nécessitent quelques soins, dont la taille, qui s’effectue régulièrement chaque année. Cette pratique, qu'elle soit en hiver ou en fin d’été selon le type d’arbre, favorise la santé et la vigueur du fruitier. La taille permet d’optimiser les récoltes et d’obtenir des fruits bien calibrés. Pour la pratiquer à bon escient, un peu de méthode est nécessaire.

Sécateur bien aiguisé et propre

La taille des arbres fruitiers est une technique d’arboriculture fruitière consistant à tailler les branches et rameaux pour leur donner une forme particulière, permettant d’améliorer leur fructification en optimisant leur exposition à la lumière et de les renforcer afin de porter la production de fruits. W. Donner forme à un jeune scion pour le transformer en un arbre fruitier majestueux est bien plus qu'une simple technique. C'est un dialogue avec la nature, une invitation à façonner son jardin selon ses envies.

Quand Faut-il Tailler les Arbres Fruitiers ?

La période de taille des arbres fruitiers est différente selon le type de taille (formation, entretien, fructification) et le type de fruits : à pépins ou à noyaux.

La Taille de Formation

Pratiquée dans les premières années après la plantation, la taille de formation s’effectue pour tous les jeunes arbres fruitiers (à pépins ou à noyaux) en hiver, de novembre à mars. En cette période de repos, la circulation de la sève est faible, ce qui favorise une cicatrisation de bonne qualité. Il est crucial de ne pas tailler vos arbres fruitiers quand il gèle.

On notera quelques exceptions comme l’olivier qui se taillera plutôt après les dernières gelées printanières, de mars à mai selon les régions. Ce sera également le cas pour la plupart des agrumes qui se tailleront toujours à cette période un peu plus tardive, après la fructification. La taille de formation pour les petits arbres se pratique environ pendant les quatre années qui suivent la plantation et peut aller jusqu’à quinze années pour les grands arbres et les formes complexes. Elle permet de former la charpente de l’arbre.

La Taille d’Entretien

Elle se pratique tout au long de la vie de votre arbre, plus ou moins fréquemment selon la variété et le résultat attendu. Les arbres à pépins (pommiers, poiriers, cognassiers, etc.) se taillent en période de repos végétatif, avant l’apparition des bourgeons floraux. Pour les arbres à noyaux de type cerisiers, abricotiers ou mirabelliers par exemple, ils se taillent en fin d’été, après la récolte des fruits. La taille d’entretien se pratique à partir de la cinquième année afin de maintenir la forme de l’arbre et de favoriser la pénétration de la lumière au cœur de l’arbre.

La Taille de Fructification

Elle ne survient pas forcément tous les ans et seulement sur des arbres bien vigoureux. Si elle peut avoir lieu en hiver, toujours hors période de gel, pour un grand nombre de fruitiers, on préférera la taille en vert - c’est-à-dire sur un arbre toujours pourvu de ses feuilles - pour certains fruitiers. On procédera ainsi, généralement entre juillet et septembre, pour les arbres à noyaux comme les pruniers, mais également pour tailler les arbres fruitiers en espalier ou autres formes palissées comme la vigne en treille par exemple. La taille de fructification se pratique régulièrement, dès que l’arbre commence à produire, afin de favoriser la mise à fruit. Je commence en premier la taille des fruits à noyau, dès que les boutons à fleur sont apparents, car j’ai des arbres avec une très grande vigueur et qui n’avaient presque pas de fruits l’année dernière à cause des gelées.

Comprendre les arbres pour mieux les tailler – Formation fruitiers avec Julien Coirier

Le Calendrier Lunaire et Autres Astuces

Pour ceux qui suivent le calendrier lunaire et qui se demandent quand tailler les arbres fruitiers avec la Lune, taillez en lune descendante, lorsque la sève se concentre dans les racines.

Les Objectifs et Techniques Essentielles de la Taille

La taille s’adaptera, bien sûr, à la morphologie de vos arbres et aux exigences de chaque espèce, mais il est intéressant de bien comprendre le but de la taille et les gestes essentiels pour y parvenir.

La Taille de Formation : Sculpter l'Avenir de l'Arbre

Conduite pendant les deux ou trois premières années après la plantation d’un arbre fruitier, la taille de formation a pour but de bien former sa charpente. Pour cela, on choisit les branches charpentières qui détermineront la silhouette future et on en limite le nombre pour permettre à celles-ci et aux branches latérales de se développer avec vigueur. Toutes les branches qui n’entrent pas dans la structure sont supprimées.

Dans le cas d’un verger piéton - les arbres fruitiers sont maintenus à hauteur d’homme - ou d’arbres fruitiers palissés, la taille de formation sera une étape primordiale puisque c’est à cet instant précis que se dessine la silhouette future. Si vous avez acheté un fruitier déjà formé en cordon, en U ou en palmette, il s’agira de poursuivre le travail de formation entamé. La taille de formation permet non seulement de donner une apparence aux arbres, mais aussi de disposer les branches charpentières à un écartement suffisant pour que la fructification s’établisse et se maintienne, sur toute leur longueur, parfaitement éclairée et aérée.

La Taille de Fructification : Optimiser la Production

Elle a pour but essentiel d’améliorer la régularité de la fructification et influe surtout sur le calibre des fruits. Il s’agit plus d’un éclaircissage que d’une taille. Pour repères, l’idéal est de conserver une pomme par bouquet et une dizaine de pommes par mètre de branche, une ou deux poires par bouquet et d’une dizaine à une quinzaine de poires par mètre de branche ; concernant les fruits à noyaux, comptez de huit pêches à quinze abricots environ par branche. L’éclaircissage consiste à supprimer une partie des jeunes fruits et complète la taille de fructification. Il permet d’obtenir des fruits plus gros, parfumés et sucrés. La taille de fructification peut être complétée de déformation de rameaux (arcure), destinée à accélérer l’évolution des bourgeons en yeux à fruits.

La Taille d’Entretien : Assurer la Santé et la Longévité

La taille d’entretien d’un arbre fruitier se pratique tout au long de sa vie. Commencez par supprimer les branches mortes ou abîmées, celles qui se croisent et les nouvelles branches qui poussent en dessous de la couronne. S’il y en a, vous retirerez également les fruits momifiés ou pourris. Pour favoriser la bonne santé de l’arbre et une bonne mise à fruits, il est nécessaire que l’air et le soleil pénètrent largement au cœur de la couronne. Pour cela, supprimez les branches qui poussent vers l’intérieur de l’arbre.

La dernière étape de la taille consiste à raccourcir les branches conservées, ce qui encouragera une meilleure production et une meilleure répartition de la sève. Cela évitera également que des fruits se forment à l’extrémité trop frêle des branches. Pratiquez une coupe franche, légèrement en biais, juste après un bourgeon tourné vers l’extérieur, en raccourcissant les branches d’un tiers environ de leur hauteur. Toutefois, ajustez la longueur de la coupe selon les branches, afin que la couronne ait une forme harmonieuse favorable à une bonne fructification : en prenant régulièrement un peu de recul, vous jugerez mieux de la silhouette de l’arbre.

Schéma des différents types de coupes de taille

Principes Fondamentaux de la Coupe et Réaction de l'Arbre

La taille en douceur bouscule les idées reçues. On ne taille pas seulement en hiver. Il est possible de tailler à d’autres périodes de l’année. L’arbre réagit à la coupe des branches.

La Zone de Barrage et la Cicatrisation

À l’endroit où la branche s’insère sur le tronc, sur le dessus de la fourche, on trouve un repli, un bourrelet appelé la ride de l’écorce. Elle est bien visible sur la plupart des espèces. Ces deux éléments, ride de l’écorce et col de la branche, n’appartiennent pas à la branche, mais au tronc. Ils délimitent une zone de barrage. Celle-ci réagit en produisant des substances inhibitrices des champignons et favorise la formation d’un bourrelet régulier qui va rapidement refermer la blessure. Il est fondamental de tailler juste au ras de cette zone de barrage. Une coupe effectuée trop loin, au-delà du col, laisse un chicot qui ne sera pas recouvert par le callus. Pour effectuer les coupes avec précision, il faut être en mesure de déterminer où se trouve la limite entre deux ramifications. Certaines espèces, comme le peuplier blanc, le cèdre ou l’épicéa ont un col très marqué, qui entoure totalement la branche. Dans ce cas, pas de problème, taillez au ras du col de la branche sans l’entamer.

Le cas de taille le plus délicat est la suppression d’un des brins d’une fourche. Si on coupe selon une oblique trop inclinée, on risque de faire une plaie importante qui pourrira avant de se refermer. Si on coupe perpendiculairement à la branche, on laisse un chicot impossible à recouvrir. Il faut tailler selon une oblique moyenne, qui part juste au ras de la ride de l’écorce, en supprimant toute la branche à tailler. Les explications qui précèdent concernent la suppression d’une branche ou d’un rameau latéral. La branche principale est conservée, la branche secondaire est taillée.

Détail de la ride de l'écorce et du col de la branche

La Coupe et le Nouveau Prolongement

Que se passe-t-il lorsque c’est l’inverse ? Quand c’est le prolongement de la branche principale qui doit être taillé et non l’une des branches latérales. C’est une situation de taille très fréquente. Ici encore, c’est la ride de l’écorce de la branche qui sert de point de repère. On va raccourcir la branche principale au niveau d’une ramification latérale, de façon à lui donner un nouveau prolongement, muni d’un bourgeon terminal. La coupe s’effectue au ras de la ride, selon un plan parallèle à l’axe de la branche latérale.

Mastics de Cicatrisation : Utilité Controversée

Lorsque la plaie est d’une certaine importance, il peut sembler judicieux de protéger cette porte d’entrée aux maladies par un badigeon ou un mastic qualifié de « cicatrisant ». Il faut savoir que l’efficacité de cette pratique est très controversée et que ce qui compte, avant tout, c’est la qualité de la coupe. Si le cambium est endommagé ou arraché, ou si on a coupé trop près du tronc sans tenir compte de la zone de barrage, le mastic n’y changera rien. En général, appliquez un mastic cicatrisant sur les plus grosses plaies de taille. Ce mastic polyvalent peut être utilisé comme mastic à greffer ou cicatrisant à appliquer sur les plaies de taille. Lac Balsam se présente sous forme de pâte à base d’huile végétale et de résines naturelles. Il est particulièrement adapté pour être appliqué sur les blessures des arbres. Véritable écorce artificielle, ce mastic constitue une barrière physique qui protège le bois sous-jacent de l’entrée des champignons lignivores et des bactéries.

Évolution des Techniques de Taille et Formes Modernes

Traditionnellement, la conduite de l’arbre consiste à « construire » ce dernier, c’est-à-dire à lui donner une forme architecturale précise afin de mieux contrôler sa croissance et sa mise à fruit. Cette pratique de la taille date du XVIIe siècle et a été développée sous l’impulsion de Jean-Baptiste de La Quintinie par les jardiniers des châteaux et des monastères pour des raisons avant tout esthétiques. La taille tri-gemme (tri-gemme veut dire "à trois bourgeons") qui consiste à tailler les rameaux en ne laissant que trois yeux, était souvent utilisée en France pour ce genre de taille traditionnelle. Mais aucun arbre, aucune variété n’est semblable à l’autre, il est donc difficile d’utiliser une méthode unique. Les formes jardinées permettent de produire les meilleurs fruits dans un volume réduit. Elles ont également l’avantage d’exprimer toute la plasticité de l’arbre, ce qui peut donner au jardinier la possibilité de faire des recherches esthétiques.

Exemples de formes palissées (palmette, cordon)

Les Formes en Espalier (Palissées)

Les formes en espalier (ou plates, palissées, dirigées ou en palmettes) incluent la haie, la palmette (conduite contre un mur en horizontal, vertical ou oblique), le contre-espalier (palmette conduite sans mur mais avec treillis), le palissage en V, le candélabre, le drapeau, le cordon.

La Palmette, Élégance et Productivité

Idéale pour les petits espaces ou pour habiller un mur, la palmette allie esthétique et rendement.

  • Première année : Taillez le scion à 30-40 cm du sol. Sélectionnez deux bourgeons opposés pour chaque duo de 'charpentières' et éliminez les autres. Si vous voulez 3x2 branches porteuses (charpentières), vous laissez 3x2 bourgeons opposés.
  • Deuxième année : Guidez les deux branches choisies à l’horizontale. Pincez leurs extrémités pour encourager la ramification. Attachez-les pour les guider dans la direction souhaitée. Guider des branches se fait en sortant de l'hiver, début du printemps (montée de sève) pour une bonne flexibilité.
  • Entretien annuel : Taillez les rameaux latéraux à deux ou trois yeux pour favoriser la fructification. Assez similaire à la taille de la vigne et du rosier grimpant. On garde les charpentières et on réduit les rameaux à deux ou trois yeux. Si vous reconnaissez les bourgeons à fleurs (donc fruits), ceux-là on veut surtout les garder.

Les Formes en Axe Vertical

Les techniques de taille ont aujourd’hui évolué vers des formes beaucoup moins artificielles. L’axe vertical est un axe (tronc) autour duquel se développent librement les branches fruitières selon le type de fructification de la variété.

Le Solen et le Solaxe

À partir des années 1980, la technique du « Solen » permet de limiter la hauteur des arbres. Le scion (première pousse verticale d’un jeune arbre de pépinière) est rabattu à hauteur d’homme afin d’obtenir deux pousses qui sont croisées et arquées à l’horizontale. Lespinasse propose alors, en 1990, le « Solaxe » (Solen + Axe), un mélange des deux premières techniques.

La Maîtrise de la Fructification et l'Extinction

La maîtrise de la fructification consiste à gérer simultanément le problème de la taille et de l’alternance. C'est une conduite dite « centrifuge ». L’extinction est un type de taille pratiquée à un stade ultérieur du développement de l’arbre, sur les organes directement engagés dans la fructification. Ainsi, elle se différencie des tailles classiques qui agissent sur la structure de l’arbre, le tronc (taille de formation) ou les branches (taille de renouvellement), qui n’ont pas d’équivalent dans le fonctionnement physiologique normal de l’arbre, qui par conséquent réagit en réitérant le tronc ou la branche taillée.

L’extinction permet de maîtriser l’alternance et d’éclairer de manière plus optimale et homogène l’ensemble de l’arbre. Pour ce faire, un puits de lumière ou cheminée est créé après extinction systématique au centre de l’arbre. « L’arbre est davantage vu comme un ensemble de branches imbriquées en tuile, qui sont autant de capteurs hémisphériques de la lumière. Seule la partie périphérique est fructifère. L’extinction se produit naturellement à partir du centre de l’arbre et progresse de façon centrifuge quand l’arbre vieillit.

Comprendre la Fructification et les Bourgeons

Pour obtenir un fruit, il faut que la sève circule très lentement à travers toutes les ramifications de l’arbre. En période de végétation, sur la plupart des arbres fruitiers, la sève montante (brute) favorise le développement des parties supérieures des branches au détriment de leur base. On sait donc que le bourgeon qui poussera plus vite qu’un autre sera au-dessus de celui-ci, qu’il sera également mieux alimenté que celui qui est en dessous, etc. Ce principe, qui permet de former les arbres, fait également obtenir la fructification. La sève descendante (élaborée) est gorgée de sucre. Elle participe à la fois à élaborer les fruits et à nourrir l’arbre.

Les Organes Stériles et Fertiles

La distinction des organes stériles :

  • Le gourmand : le nom est impropre par rapport à la définition horticole d’une pousse très vigoureuse qui se développe à partir du porte-greffe, au détriment des branches de la variété greffée. En arboriculture, c’est en effet un rameau vertical d’une très grande vigueur (souvent 1 m de longueur) et de forte section. Il est lui aussi perturbateur, car il a tendance à déséquilibrer la forme de l’arbre, en tirant à lui progressivement toute la sève.
  • Le rameau à bois : il ne porte que des yeux à bois sur toute la longueur ; ceux de la base sont parfois mal constitués. Il est de vigueur modérée, sa longueur de 20 à 60 cm environ avec un empattement du diamètre d’un crayon.
  • La brindille : les brindilles sont des rameaux à bois de longueur réduite (de 10 à 30 cm), de faible section et donc de faible vigueur. La brindille est terminée par un œil à bois.

Le "bouquet de mai" est un rameau très court présent sur les arbres à noyau et le groseillier. Tous ses bourgeons, excepté le terminal, se transforment en boutons à fleurs.

  • Bourse : vestige de l’emplacement d’une fructification.
  • Coursonne : partie de l’arbre qui reste sur la branche charpentière après la taille.

Différents types de bourgeons (à bois, à fleurs)

Les Types de Bourgeons

  • L’œil à bois est un petit bourgeon plus ou moins pointu, tomenteux (légèrement duveteux) chez le pommier et glabre chez le poirier, situé à la base du pétiole des feuilles en période de végétation, et réparti sur l’ensemble des rameaux stériles sur toute leur longueur. Il est protégé par des écailles réunies étroitement entre elles. À la base de cet œil, on trouve deux yeux stipulaires, qui sont des yeux latéraux. Peu apparents, ces yeux ne sont pas indépendants et ne se développeront qu’à la suite de la disparition de l’œil à bois qu’ils entourent, même lorsque celui-ci se sera transformé en rameaux. Ces « roues de secours » permettront plus tard le rajeunissement des coursonnes après une taille de rapprochement.
  • La brindille couronnée : la brindille peut se terminer par un bouton à fleurs, qui couronne sa tête. Chez les variétés très fertiles, la transformation des yeux à bois en boutons à fleurs est très rapide et ne demande que quelques mois. On trouve donc en fin de saison, à l’extrémité des ramifications de l’année, des boutons à fleurs.
  • Le bouton à fleurs ou lambourde ou lambourde fructifère : c’est un œil à bois, voire un dard, mais plus globuleux. Il donne l’aspect d’un organe légèrement gonflé, ovoïde, recouvert d’écailles plus ou moins brunes (de 17 à 23), semblables à celles de l’œil à bois, mais, à l’intérieur, est présente une inflorescence en corymbe (6 à 15), parfois flanquée à sa base de deux yeux stipulaires à bois. Un bouton à fleurs reste à fleurs, quelle que soit la quantité de sève que l’on dirige sur lui. Il n’y a pas de danger de le voir retourner à bois. C’est le résultat de la transformation d’un dard de l’année précédente. On le reconnaît dans l’été, car il est entouré d’une collerette de 6 feuilles, mais surtout, au printemps, il s’épanouit avant le départ des yeux à bois en végétation, pour donner une inflorescence pluriflore, entourée d’une collerette de feuilles. On le rencontre sur les coursonnes où, d’une façon naturelle ou à la suite de la taille de fructification, la transformation de l’œil à bois s’est effectuée en passant du stade d’œil à bois en dard et, enfin, en bouton à fleurs. Cette opération dure normalement de deux ans (parfois chez le pommier) à plus.

Outils et Bonnes Pratiques pour la Taille

Une taille réussie c’est bien sûr le respect d’un calendrier et de techniques. C’est également quelques bons réflexes supplémentaires.

Choisir les Bons Outils

Choisissez des outils adéquats. La taille d’un arbre fruitier se fait, en fonction de la taille des rameaux et des branches, avec un sécateur à lames franches, un coupe-branche, voire une scie d’élagage pour les branches les plus grosses. Retrouvez l’ensemble de nos produits liés à la taille des haies, arbres fruitiers ou vignes : sécateurs manuels électriques ou pneumatiques, épinettes, scies, ébrancheurs, cisailles, tronçonneuses et matériels d’élagage. Le sécateur est un outil indispensable pour le jardinier, l’arboriculteur, le viticulteur, etc.

Assortiment d'outils de taille

Hygiène et Entretien des Outils

Les arbres fruitiers sont sensibles aux maladies. Pour limiter leur propagation, désinfectez soigneusement vos outils de taille entre deux utilisations. Veillez également à ce que ces outils soient toujours bien affûtés, afin de réaliser des coupes franches, moins susceptibles de favoriser les maladies. Gardez vos outils de taille affûtés pour assurer une santé parfaite aux végétaux.

Gérer les Déchets de Taille

Après la taille, éliminez tous les déchets de taille restés au sol, en les broyant pour les réutiliser au jardin (compost ou paillage).

Comprendre la Physiologie de l'Arbre pour une Taille Efficace

Un arbre se construit de manière méthodique : il possède un ordre, une organisation qui lui est propre. Il ne faut donc pas faire de suppression intempestive de charpentière (grosse branche principale qui part directement du tronc) ni d’étêtages radicaux. Les tailles doivent être nettes et pas trop près du bourgeon. Les coupes doivent être faites en biseau afin d’éviter (ou plutôt limiter) la pénétration de l’eau dans les tissus de l’arbre. La pente du biseau doit être dirigée à l’opposé de l’œil (bourgeon). La position de l’œil indique la direction vers laquelle se dirigera le rameau qui naîtra éventuellement après la taille effectuée au-dessus de lui.

L'Impact de la Vigueur de l'Arbre

Si votre arbre est vigoureux (il produit beaucoup de rameaux et peu de fruits, souvent de gros fruits pleins d’eau et de mauvaise conservation), il faut le tailler long. Un arbre vigoureux donnera du bois. Plus vous le taillez, plus il donnera du bois et toujours peu de fruits. Cette forte vigueur est le cas des arbres jeunes. Les tailles sévères et les abus d’engrais favorisent la croissance végétative au détriment des fruits. Par conséquent, tailler trop sévèrement ou de façon inadéquate est plus néfaste que de ne pas tailler du tout. La suppression de branches provoque toujours une réaction, plus ou moins marquée, selon la quantité de bois enlevée.

Réguler la Circulation de la Sève

Il est important d’intervenir pour réguler la circulation de sève, la freiner ou l’accélérer. Ces interruptions sont appelées « cran », « entaille » ou « incision », suivant la forme qu’elles revêtent. L’effet est limité par le temps nécessaire à la cicatrisation. Les opérations de taille ne doivent pas être envisagées seulement à court terme, mais également dans leur répercussion sur l’avenir.

Les branches charpentières doivent être prolongées, allongées, avec une longueur de taille utile, pour un prolongement moyen, située entre 20 et 30 cm. En effet, cette longueur est variable et doit être effectuée en fonction de la vigueur de la branche charpentière. Sur les branches où le courant de sève est freiné, les longueurs de taille seront décroissantes, allant de 30 cm à successivement 20, 10 cm ou simplement 1 ou 2 yeux. On recherche à la fois l’allongement de chaque branche charpentière, et aussi le développement des yeux latéraux portés sur le prolongement taillé. Ce développement des yeux latéraux doit donner des ramifications courtes, nombreuses et si possible d’égale vigueur, appelées « coursonnes ». Pour pouvoir porter des fruits longtemps et en bonne santé, une coursonne doit être moyennement vigoureuse, implantée ni trop verticalement et, ni trop basse.

La Taille en Vert et l'Élagage Sélectif

La taille en vert consiste à supprimer des gourmands et des branches inutiles de façon à réserver plus de sève aux fruits et aux rameaux porteurs de fruits, l’année suivante. Le principe de base de cette taille est de couper en hiver (hors gelées) tous les rameaux poussant à la verticale. En effet, ces rameaux sont généralement ce qu’on appelle des "rameaux à bois" et ne produisent donc pas de fruits. On les taille donc pour ne laisser que les rameaux poussant à l’horizontale ou vers le bas qui seront, eux, porteurs de nombreux fruits.

Éliminer les Éléments Indésirables

  • Drageons : ces pousses végétatives qui épuisent les éléments nutritifs nécessaires à la production de fruits sont à tailler.
  • Branches frottantes : elles créent des blessures sur l’écorce qui deviennent des points d’entrée pour les insectes et les maladies.
  • Branches intérieures : on les taille car elles sont à l’ombre.
  • Gourmands : ce sont des rameaux à bois dépassant le plus haut bourgeon du tronc central, une sorte de tentative de "putsch".
  • Verticille : ils sont composés de plusieurs branches originaires du même point sur le tronc ou la branche souvent à la suite d’une taille. Les joints y sont plus faibles.

Exemples de gourmands et drageons à supprimer

Les Formes Jardinées et Leur Mise en Place

L’arboriculture fruitière en formes jardinées vise à produire les meilleurs fruits possibles. Même si elle travaille sur l’ensemble des dimensions et des paramètres de l’arboriculture fruitière, l’arboriculture en formes jardinées s’organise autour d’un ensemble de savoirs et de savoir-faire spécifiques : ceux de la taille de formation et de fructification. Même si c’est un exercice auquel se sont livrés et continuent de se livrer de nombreux spécialistes de l’arboriculture fruitière, décrire des savoir-faire dans un texte est un exercice très difficile. On a choisi de le faire ici sous formes d’instructions pour conduire un arbre à produire des fruits.

Le Cordon Horizontal

Des techniques relativement simples permettent de conduire toutes les formes jardinées possibles et imaginables.

  • En automne, il convient de planter un scion de la variété désirée, mais pas trop vigoureux. Le scion sera planté verticalement et non pas obliquement. Il ne faut pas tailler, sauf si le scion porte des ramifications latérales.
  • En été, il faudra courber doucement le scion sur un fil de fer tendu horizontalement à 40 cm au-dessus du sol. Le cordon sera alors fixé sur le fil de fer avec quelques attaches. Ensuite, aucune intervention jusqu’au printemps de l’année suivante.
  • En hiver, on sera étonné de constater que de nombreux yeux à bois se sont transformés en boutons à fleurs. Supprimer alors simplement les ramifications ligneuses (brindilles, rameaux) qui se seraient développées par hasard sur le dessus du cordon. Garder toutes les autres en entier.
  • Au printemps, la sélection se fera par ébourgeonnement.
  • En fin d’été, on palissera les extrémités des rameaux en formant les coudes qui deviendront le futur U. Il faut impérativement respecter des distances de 30 cm entre chaque branche charpentière (branches du U). Les deux branches ainsi obtenues seront de vigueur identique et faciliteront la taille fruitière. On palissera verticalement les rameaux et on supprimera d’éventuels rameaux en surnombre.

La Pyramide Ailée

Comment obtenir une pyramide ailée ?

  • La formation de cette forme demande des baguettes en infrastructure de soutien pour palisser les ailes de la forme. Les branches sont implantées par étages espacés de 50 cm.
  • Après avoir taillé à environ 50 cm du sol, il faut sélectionner les yeux à conserver. Pour obtenir les premières branches, on réservera cinq yeux échelonnés autour de l’axe central. La phyllotaxie (ordre dans lequel sont implantées les feuilles ou les rameaux) facilitera cette opération. Ces cinq premiers yeux seront suivis par un sixième placé au-dessus d’eux.
  • Au lieu de tailler directement au-dessus de l’œil de flèche, effectuer une taille « à l’onglet ». Cette taille consiste à couper le scion à 10 cm au-dessus de l’œil de flèche et à éborgner sur sa longueur. On obtient ainsi un moignon inactif. Il sert à palisser le bourgeon destiné à prolonger le tronc. Supprimer cet onglet en fin de saison. Tous les yeux en surnombre doivent être éborgnés. On régularisera la vigueur en établissant des barrages de sève. On entaillera au-dessus du premier et du deuxième œil (les plus bas).
  • La deuxième année (taille hiver), on rabattra à 15-20 cm les deux rameaux inférieurs, à 10 cm les troisièmes et quatrièmes rameaux, à 5 cm seulement pour le plus haut. Le sixième œil, le prolongement, sera taillé court sur le premier œil opposé à son départ.
  • Les années suivantes, il faudra monter l’axe central en écartant de 50 cm chaque nouvelle série de branches. N’entreprenez la deuxième série de branches que lorsque la première est bien établie. Si la longueur des premières branches est insuffisante, effectuez une seconde taille de renforcement. Procédez toujours avec un œil opposé au point de départ du prolongement. Dès que possible, faites remonter les cinq branches charpentières en les coudant pour former les ailes de la pyramide.

Le Gobelet Dirigé

Le gobelet dirigé est une forme simple à obtenir. Pour un gobelet dirigé à huit branches verticales, à la plantation, il faut tailler le scion à 30 cm de hauteur au-dessus de quatre yeux bien formés. Lorsque les bourgeons poussent, palissez-les sur l’infrastructure de soutien. Dessinez alors sur le terrain un cercle de 20 cm de rayon, le pied du scion étant le centre. Tracez deux diamètres perpendiculaires. À l’extrémité des diamètres, plantez des piquets d’environ 50 cm de hauteur. Prenez ensuite une baguette flexible courbée en arc de cercle.

Pour la deuxième taille (hiver suivant), il conviendra de rabattre au-dessus de deux yeux latéraux les quatre branches charpentières verticales. Ces yeux formeront la bifurcation analogue à une fourche posée à plat sur le sol et dont les dents auraient la pointe en l’air. Lorsque les bourgeons pousseront, palissez-les sur des baguettes au fur et à mesure, de manière à ce qu’ils aient tous la même hauteur à leur extrémité.

Diagramme de formation d'un gobelet dirigé

Facteurs Influencant la Fructification

Le jardinier n’est pas entièrement désarmé face à la fructification. Il sait que le choix du terrain, des sujets porte-greffe, des variétés, du travail du sol ou de la taille sont tous des facteurs qui régissent le comportement de l’arbre.

Azote (N) et Hydrates de Carbone (C)

Deux facteurs sont essentiels dans le processus de la mise à fruit : la richesse des tissus en azote (N) et leur richesse en hydrates de carbone (C).

  • Si N est fort et C faible, alors les arbres croissent très vigoureusement, mais ne portent pas de fruits. C’est le cas des arbres jeunes, au porte-greffe vigoureux, et croissant dans un sol riche.
  • Si N est limité et C abondant, alors les arbres fleurissent abondamment et ont une croissance acceptable.
  • Si C est trop bien pourvu par rapport à N, ce qui est le cas des arbres vieillissants, alors le résultat varie suivant le degré de pauvreté en azote.
  • L’apport d’azote doit être modéré pour les arbres jeunes ou approchant le stade de fructification et tout ce qui diminue la surface foliaire (taille trop sévère) réduit l’alimentation carbonée.
  • La formation de boutons à fleurs est également directement influencée par la quantité de fruits que porte l’arbre au moment de la différenciation des boutons.
  • On estime qu’il faut environ 30 à 50 feuilles normales pour alimenter un fruit moyen, si l’on désire que, en même temps, l’arbre continue à pousser et fructifier normalement. Son rôle est prédominant pour la mise à fruits.

Pollinisation et Reproduction

Au printemps, les arbres fruitiers fleurissent, puis les fruits apparaissent. Ils enferment une ou plusieurs graines qui proviennent des ovules contenus dans le pistil de la fleur. Pour que les ovules se transforment en graines, il a fallu que le pistil (organe femelle) soit pollinisé avec du pollen provenant des étamines (organe mâle) d’une fleur de la même espèce. Les « fruits » sont donc issus d’une reproduction sexuée. La majorité des arbres fruitiers nécessitent une pollinisation croisée pour produire des fruits.

Conseils Spécifiques et Remèdes de Jardinier

L'Abricotier

Il est toujours tentant d’avoir un abricotier dans son jardin… mais les conditions rigoureuses du climat peuvent l’empêcher de porter des fruits. Plantez-le, si possible, à l’ombre des premiers soleils d’hiver.

Le Cerisier

Bêcher au pied du cerisier à protéger et apporter une brouettée de compost. Semer - clair - des graines de rue (une plante aromatique très amère). Attention en désherbant ou en passant la tondeuse : on distingue la rue grâce à son feuillage d’un vert glauque particulier et à sa dentelure arrondie.

Le Cognassier

J’ai deux cognassiers qui, du fait de la maladie, n’ont pratiquement rien produit pendant des années. Jusqu’au jour où… Me disant que la sève doit être capable de dissoudre le cuivre, j’ai coupé à la pince coupante des éléments de cuivre de 1 cm de long dans une couronne de fil de calibre 3 mm. J’ai planté ces pointes à la fin du printemps sur le pourtour de toutes les branches un peu grosses, comme des clous, jusqu’à ce qu’elles ne dépassent plus. Au total, j’ai dû en planter 30 à 50 pour un gros cognassier. La première récolte a été, comme d’habitude, minable sans doute parce que le cuivre n’avait pas encore eu le temps de circuler. Les récoltes suivantes ont toutes été formidables : plusieurs cageots de fruits par arbre !

Le Framboisier

Souvent, les framboisiers poussent d’une façon anarchique et ne rapportent pas beaucoup. Alors, changeons nos habitudes ! Planter de jeunes sujets en ligne, sur 10 m environ, à raison d’un plant tous les 50 cm. Cette ligne sera placée de préférence en bordure de jardin. Quand les framboisiers seront de taille adulte, planter un piquet de bois à chaque extrémité de la ligne, tendre une ficelle de chaque côté des arbustes, à 50-60 cm de hauteur. Relier ces ficelles tous les 3 m. Ainsi, on pourra aborder facilement les framboisiers, les désherber, les biner (très important). À la fin de la saison, couper les branches sèches (qui ont produit des fruits) et les brûler, car c’est là que se logent les maladies. Seconde solution de taille : couper tous les sarments au ras du sol vers la fin novembre, puis bêcher autour des framboisiers. Cette méthode permet de bien nettoyer le sol sans risque pour les plants. Inconvénient : la récolte ne commencera que début août au lieu de fin juin.

Souvent, on ne sait quoi faire des tailles de lauriers-cerises. Auparavant, je les brûlais. Maintenant, je répands les feuilles dans ma plantation de framboisiers. Cela empêche la pousse des mauvaises herbes. Les feuilles finissent par sécher et s’émietter. Pour empêcher le liseron de prospérer parmi les framboisiers, j’ai recouvert le sol d’une couche de coupes de thuya récupérées chez les voisins (ravis de s’en débarrasser).

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