Les principes de la verrerie en maraîchage biologique : une approche globale pour une production durable

Maraîchage biologique en planches permanentes

Le maraîchage, activité agricole consistant à cultiver des légumes et des fruits sur une petite surface, requiert une connaissance approfondie et une gestion rigoureuse des ressources. L'agriculture biologique, quant à elle, s'inscrit dans une démarche de respect des sols, de l'environnement et de la biodiversité, tout en visant une production de qualité. L'intégration des principes de la verrerie, au sens large, c'est-à-dire des structures abritées comme les serres, est un levier majeur pour optimiser la production maraîchère biologique, étendre les saisons et sécuriser les récoltes.

L'inspiration de Jean-Martin Fortier et l'agriculture bio-intensive

Jean-Martin Fortier, un agriculteur québécois de renom, est une figure emblématique du maraîchage sur petite surface et de l'agriculture bio-intensive. Son livre, « Le jardinier-maraîcher », un manuel d’agriculture sur petite surface vendu à plus de 150 000 exemplaires et traduit en plusieurs langues, a inspiré des centaines de milliers de lecteurs à travers le monde. Fondateur des Jardins de la Grelinette, une micro-ferme écologique, humaine et heureuse, Fortier opère sur les principes de l’agriculture dite « bio-intensive », concentrant la production sur une petite surface (environ 1 hectare), sans tracteur et en respectant les sols. Sa philosophie repose sur la diffusion des connaissances et des outils pour permettre à chacun de développer son propre projet agricole inspiré de son modèle.

Portrait de Jean-Martin Fortier travaillant dans son jardin

La planification et la rotation des cultures : piliers de la fertilité du sol

La planification de la production est un élément essentiel du maraîchage. Il est important de planifier avec soin la production de chaque saison en tenant compte des besoins des plantes. Jean-Martin Fortier recommande également de diviser la surface en bandes permanentes pour une meilleure rotation des cultures. Il est aussi important de prendre en compte les facteurs climatiques et les précipitations pour optimiser la production.

La rotation des cultures est une technique qui consiste à changer régulièrement les cultures dans une même parcelle de terrain. Cette technique permet de préserver les sols et de lutter contre les maladies et les parasites. Il faut choisir les cultures en fonction de leur capacité à améliorer la structure et la fertilité des sols. La diversification des cultures est une technique qui consiste à cultiver différentes plantes sur une même parcelle. Cette méthode permet de préserver les sols et d’améliorer la qualité des cultures en favorisant la biodiversité. Jean Martin Fortier recommande la diversification des cultures pour une production optimale. Cette technique permet de produire des aliments de qualité tout en préservant l’environnement. En France, la diversification des cultures est de plus en plus utilisée par les agriculteurs. Cette technique permet de produire des aliments de qualité tout en préservant les sols et en favorisant la biodiversité.

La gestion de l'eau et les techniques de travail du sol

L’eau est une ressource précieuse dans le maraîchage. Pour une production rentable, il est important de bien gérer l’eau et l’irrigation des cultures. Il est important de prendre en compte les besoins en eau de chaque plante et de les arroser de manière régulière et adaptée. L’irrigation goutte à goutte est largement utilisée, car elle permet d’apporter l’eau directement au niveau des racines, sans gaspillage.

La grelinette est un outil de jardinage qui permet de travailler le sol sans le retourner complètement. Cette technique permet de préserver la vie microbienne du sol et de limiter le piétinement des cultures. En France, la grelinette est un outil traditionnel utilisé par les jardiniers depuis des générations. Cette technique permet de travailler le sol en profondeur sans perturber l’écosystème naturel du sol. La culture en bandes permanentes est une technique qui consiste à diviser la surface de production en bandes de cultures fixes. Cette méthode permet de limiter le piétinement des sols et d’améliorer la rotation des cultures. En France, cette technique est utilisée depuis des siècles dans les jardins potagers. Les jardiniers français ont développé cette méthode pour maximiser leur production de légumes en utilisant les espaces de manière efficace.

Fertilisation naturelle et préservation de la vie du sol

Nourrir le sol pour nourrir la plante constitue un des principes clés de l’agriculture biologique grâce à l’introduction de légumineuses et engrais verts dans la rotation et par l’épandage d’effluents d’élevage ou de matières organiques de préférence compostés. La fertilisation repose principalement sur des apports organiques : compost, fumier, engrais verts. Le paillis et le compostage sont des techniques de fertilisation naturelle. Le compostage consiste à utiliser des matières organiques pour fertiliser les sols. En France, le compostage est une pratique courante dans les jardins potagers. Les jardiniers français utilisent les déchets de cuisine et de jardin pour créer leur propre compost naturel.

Plus riches en matière organique, les sols agricoles des parcelles cultivées en agriculture biologique accueillent davantage d’animaux, parfois microscopiques. Le rapport de l’ITAB relatif aux bénéfices de l’agriculture biologique souligne que la plupart des articles issus de la littérature internationale concluent à des teneurs en matières organiques élevées dans les sols conduits en agriculture biologique. Le même rapport indique que la vie du sol est également plus importante notamment grâce à la non-utilisation de pesticides chimiques de synthèse. Ainsi, l’activité biologique du sol est plus développée. Les organismes vivants du sol - comme les vers de terre, les champignons, les insectes de surface - sont plus nombreux, diversifiés, avec une activité biologique plus intense. La richesse en matière organique améliore les caractéristiques physiques des sols : stabilité structurale accrue, meilleure porosité, capacités de rétention en eau plus élevées.

L'importance des serres en maraîchage biologique

Les avantages de cultiver en serres - Serres Harnois

L’optimisation de l’espace et des ressources est un enjeu important pour les agriculteurs et les producteurs. Les techniques de culture innovantes permettent aujourd’hui de produire des aliments de qualité tout en préservant l’environnement. La culture en serre est une technique qui permet de produire des plantes toute l’année en utilisant l’énergie solaire. Les serres sont des structures fermées qui permettent de contrôler l’humidité et la température pour une production optimale. Les avantages de la culture en serre sont nombreux. Elle permet d’augmenter la production de plantes en créant un environnement idéal pour leur croissance. Elle permet également de protéger les cultures des intempéries et des parasites. Jean-Martin Fortier, un agriculteur québécois reconnu pour son expertise en agriculture biologique, recommande l’utilisation de serres pour les cultures les plus fragiles. Les serres permettent de protéger les plantes des maladies et des ravageurs, tout en offrant un environnement optimal pour leur croissance. En France, la culture en serre est de plus en plus utilisée, notamment dans les régions où les conditions climatiques sont difficiles. Les serres permettent de produire des légumes frais et locaux, même en hiver.

Une densité de plantation optimisée, avec des cultures implantées de manière plus serrée qu’en plein champ, permet d’exploiter pleinement l’espace disponible et de limiter le développement des mauvaises herbes. Une succession rapide des cultures fait que les planches ne restent jamais vides. Elles permettent de structurer l’espace de production, de standardiser les pratiques et de faciliter la gestion des cultures. Elle permet d’allonger les saisons de production, de sécuriser les cultures et d’augmenter la productivité sur une surface donnée. Sur une surface bien organisée, il est possible d’obtenir des productions très élevées. Cependant, cela demande une forte implication en main-d’œuvre, notamment pour la gestion des cultures, le désherbage et la récolte.

Impact environnemental de l'agriculture biologique

Comparaison de l'empreinte carbone entre agriculture biologique et conventionnelle

La non-utilisation de pesticides chimiques de synthèse préserve la flore et la faune aquatiques, le milieu écologique des eaux des rivières, donc la qualité des eaux. L’introduction de culture de légumineuses dans les rotations de cultures et l’apport de matières organiques aident à réguler la fertilité des sols et limitent le passage de l’azote dans l’eau sous forme de nitrates. La fertilisation des sols en agriculture biologique est effectuée grâce aux engrais organiques. L’azote d’origine organique se lie aux argiles du sol et ainsi il est libéré de façon progressive sous forme de nitrates solubles : les risques de lessivage sont donc réduits. La pratique des cultures d’engrais verts, la forte présence de prairies réduit également le risque de lessivage des nitrates. Ainsi, selon le rapport de l’ITAB sur les aménités de l’agriculture biologique, plusieurs études concordent sur un moindre lessivage des nitrates en AB. Alors que ce même rapport conclut également au fait « qu’une réduction à la source des pollutions agricoles est bien moins onéreuse qu’un traitement des eaux avant distribution », la présence de parcelles en agriculture biologique dans les zones de captage d’eau constitue donc l’un des leviers les plus efficaces pour reconquérir et préserver la qualité de l’eau. De nombreux sites en France se sont engagés. Vous pouvez les consulter sur le site « Eau et Bio ».

La production alimentaire est responsable de 57% des émissions de gaz à effet de serre de notre assiette, selon une note du Commissariat général au développement durable (Le point sur - Numéro 158 - Mars 2013). L’agriculture biologique, de par ses pratiques culturales, permet de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique d’une part en limitant les rejets polluants et d’autre part en stockant davantage de CO2 dans le sol. Les émissions de gaz à effet de serre sont limitées grâce à la non-utilisation d’engrais azotés chimiques de synthèse. L’emploi d’engrais organique permet de ne pas contribuer à l’émission de CO2 nécessaire pour la fabrication industrielle d’engrais chimiques de synthèse. La culture de plantes légumineuses permet la fixation biologique de l’azote dans le sol et réduit donc les émissions de protoxyde d’azote (NO2). Ces cultures contribuent non seulement à limiter les émissions de gaz à effet de serre mais servent aussi à améliorer la fertilité du sol. La séquestration du carbone est favorisée grâce à des rotations de cultures longues et limitant le nombre de labours, à l’élevage en plein air sur des prairies permanentes qui fixent le carbone dans le sol et compensent les émissions de méthane des animaux, et à la protection des structures écologiques telles que les haies, les arbres et le maintien de bandes enherbées.

L'agroforesterie et la permaculture : des approches complémentaires

L’agroforesterie consiste à cultiver des arbres et des plantes ensemble pour une production optimale. Les arbres permettent de créer de l’ombre et de protéger les cultures des intempéries, tandis que les plantes permettent de couvrir le sol et de favoriser la biodiversité. La permaculture, quant à elle, est une méthode de culture en harmonie avec l’écosystème local. Elle consiste à imiter les écosystèmes naturels pour produire des aliments de manière durable. La permaculture repose sur trois principes fondamentaux : prendre soin de la terre, prendre soin des hommes et partager équitablement les ressources. Ces techniques sont de plus en plus utilisées dans le monde entier, notamment dans les pays en développement où l’agriculture traditionnelle a des impacts négatifs sur l’environnement.

Le dynamisme de l'emploi en agriculture biologique

En 2017, on estime que les métiers de l’agriculture biologique comptent près de 134 500 emplois directs (les emplois dans les fermes bio et ceux liés aux activités de transformation et de distribution), soit 16 500 de plus qu’en 2016. Ce sont 49 200 emplois directs qui ont été créés depuis 2012, avec une croissance annuelle moyenne de +9,5 % depuis 5 ans. Alors que l’emploi agricole diminue à un rythme de -1,1 % en moyenne annuelle entre 2010 et 2015, l’emploi dans la production agricole biologique a progressé de 10 669 emplois en temps plein entre 2017 et 2016, soit +13,7 % : une performance. (Source Bilan annuel de l’emploi agricole (BAEA), Agreste Chiffres et Données Agriculture n°238, juillet 2017). Ces créations d’emplois contribuent au dynamisme des territoires français. Outre les bénéfices pour l’environnement et le bien-être animal, les filières biologiques apportent une valeur ajoutée importante à la vie économique et sociale locale.

Qualité et certification des produits biologiques

L’agriculture biologique constitue en France l’un des signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine. Contrôlé par des organismes certificateurs indépendants, ce mode de production permet d’obtenir des produits aux qualités sanitaires et nutritionnelles avérées. Dès 2003, l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) avait conclu à une concentration en certains nutriments plus élevée dans les produits bio.

Commercialisation et rentabilité en maraîchage biologique

Schéma des circuits courts et de la vente directe

Les circuits courts et la vente directe sont des techniques de commercialisation qui permettent aux producteurs de vendre leurs produits directement aux consommateurs. Les circuits courts et la vente directe sont de plus en plus populaires en France. Les consommateurs cherchent à acheter des produits frais et locaux, et les producteurs cherchent à maximiser leurs profits. Les producteurs qui choisissent de vendre en circuits courts et en vente directe doivent avoir une bonne connaissance de leur marché. Ils doivent savoir quels produits sont les plus demandés et à quel moment de l’année, afin de maximiser leur production et leur rentabilité. Les partenariats avec les restaurants et les épiceries sont des techniques de commercialisation qui permettent aux producteurs de vendre leurs produits à un plus grand nombre de consommateurs. Les restaurants et les épiceries sont des partenaires importants pour les producteurs maraîchers. Ces derniers peuvent ainsi vendre leurs produits en plus grande quantité et à un prix plus élevé que s’ils vendaient directement aux consommateurs. Pour établir des partenariats avec des restaurants et des épiceries, les producteurs doivent être en mesure de fournir des produits de qualité constante et en quantité suffisante.

La gestion des coûts et des investissements est un élément essentiel de la production maraîchère. Une gestion efficace des coûts permet de maximiser la rentabilité de la production et d’optimiser les investissements futurs. Les coûts de production peuvent varier considérablement en fonction des techniques de culture utilisées, de la taille de l’exploitation et des ressources disponibles. Les investissements dans la production maraîchère peuvent être importants, notamment pour l’achat de matériel et d’équipement. En somme, la commercialisation et la rentabilité sont des éléments clés de la production maraîchère.

Étude de cas : maraîchage sur petites surfaces en Auvergne-Rhône-Alpes

Depuis quelques années, le nombre d’installations en maraîchage sur petites surfaces connaît un engouement important en Auvergne-Rhône-Alpes. L’approche systémique du projet vise à comprendre les pratiques observées dans les exploitations classiques diversifiées (système de référence “classique”) à un modèle de maraîchage sur petites surfaces (système “petites surfaces”). La première étape a été de définir les systèmes en accord avec les professionnels. Un système de maraîchage diversifié que l’on pourrait qualifier de « Classique » pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, c’est-à-dire des exploitations dont la superficie est comprise entre 2 et 5 ha. Le temps de travail d’un UTH exploitant a été évalué à 60h semaine sur 50 semaines soit 3000 h/an. Ils ont été répartis sur l’année afin de s’adapter à la saisonnalité du travail. Le matériel correspond à du matériel classique présent sur ce type d’exploitation : travail du sol en planche (actisol, cultirateau), semoir pneumatique, désherbeur thermique, binage avec un porte-outil, dérouleuse plastique, lame souleveuse… La gamme de légumes correspond à celle retrouvée sur ce type d’exploitation.

Un système de « maraîchage sur petite surface » est défini par une superficie comprise entre 7000 m2 et 1ha. L’objectif était d’avoir un système « optimisé », ce qui a conduit à une surface d’abris plus importante que dans le système « classique », soit 20 %, avec un tunnel mobile. La limite du temps de travail a été fixée à 40 h/semaine, annualisé en fonction des saisons, soit 1/3 de moins que pour les producteurs du système classique ; ce choix correspond à la volonté des exploitants sur petites surfaces de limiter leurs temps de travail pour se dégager du temps libre. Le travail du sol se fait avec un motoculteur avec herse rotative ou rotavator. Le travail du sol se fait à plat et sur une largeur de 80 cm. La gamme de légumes du système « petites surfaces », est une gamme diversifiée « classique » pour la région, adaptée aux spécificités de ce système « petite surface ». Les densités de plantation sont aussi plus importantes que dans le système « classique », avec pour la plupart des cultures, une densité multipliée par 1,5 ou 2.

Exemples de cultures et techniques spécifiques

La culture de tomates a été plantée sur un rang avec un écartement de 25 cm. Le palissage s’est fait sur deux lignes de culture en alternant le positionnement des plants. Il n’y a pas eu de différence en termes de rendement. Cependant, le temps de palissage est plus long du fait de la densité. Les melons ont été palissés sur un filet à ramer. Cette technique demande peu d’intervention, la plante grimpe assez facilement. Les melons ont tenu suspendus au filet jusqu’à la récolte sans aucune intervention. Le mesclun est semé avec le semoir Colman en mélangeant les espèces sur la planche. L’objectif était en une coupe d’avoir toutes les espèces du mélange. La concurrence entre les espèces et l’enherbement a conduit à un changement d’itinéraire de production du mesclun. Les espèces sont semées en plaques puis repiquées sur paillage plastique.

Le matériel acheté au lancement du projet était un motoculteur avec un rotavator et une herse rotative. Dans les conditions de sol de la station, la herse rotative est privilégiée, pour avoir un lit de semences assez fin avec l’inconvénient de faire remonter les cailloux en surface. Pour tous les autres travaux de sol, le rotavator est utilisé. Avec ce matériel, le travail de sol nécessite plusieurs passages et est assez gourmand en temps. Les outils utilisés travaillent sur une profondeur assez faible et peuvent créer une semelle de « labour ».

Le tunnel mobile : un atout pour l'intensification

Le tunnel mobile utilisé dans l’expérimentation a été construit avec l’aide de l’Atelier Paysan sur la base d’un tunnel Richel® de 10 m de long par 8 m de large. Des roulettes ont été adaptées pour être fixées aux pieds de chaque arceau et des rails (glissières de sécurité d’autoroute) ont été posés au sol pour permettre le déplacement. Une amarre à frapper est aussi placée pour chaque pied à tous les emplacements du tunnel pour pouvoir le maintenir en position. Il peut être déplacé sur 3 emplacements. Il a été choisi dès le début du projet d’utiliser le tunnel mobile pour intensifier la production sur la surface. Suite à la tempête Barbara le 21 Octobre 2020, les deux premiers arceaux du tunnel mobile se sont envolés. Le tunnel était fixé avec des tendeurs à crochet mais en les serrant au maximum, ils arrivaient à se décrocher. Ils ont été remplacés par des tendeurs à lanterne. Le tunnel est déplacé avant chaque implantation.

  • Janvier : Les implantations sur l’emplacement n°1 : choux cœur de bœuf, fèves, navets nouveaux, petits pois et pois gourmands.
  • Mars : Les implantations sur l’emplacement n°2 : carottes nouvelles, pommes de terre nouvelles, haricots grimpants, petits pois et pois gourmands.
  • Mai : Les implantations sur l’emplacement n°3 : melons, maïs/pastèques, tomates et patates douces.
  • Septembre : Pour les trois premières dates d’implantation le tunnel était déplacé quelques jours avant les plantations pour permettre au sol de se réchauffer.

Résultats et observations des cultures sous tunnel mobile

  • Fèves : Le tunnel leur a permis de démarrer rapidement sous le tunnel sans être gênées par les excès de chaleur printaniers car en extérieur à cette époque. Rendement : 1,3 kg/m².
  • Pois gourmands : Même principe que pour les fèves, le tunnel leur permet de commencer leur croissance pendant les périodes froides et quand ils se retrouvent en extérieur ils sont moins dérangés par les excès de chaleur. Rendement : 400 g/m².
  • Melons et tomates : Ces deux cultures sont implantées sous le tunnel en fin de printemps pour toute la période estivale. Elles sont palissées à la structure et sont conduites comme sous un tunnel fixe. Rendement de tomates : 15 kg/m². Rendement Melons : 7,4 kg/m².
  • Courgettes : La culture est plantée en extérieur au mois de septembre puis le tunnel mobile permet de protéger les plants à partir du mois d’octobre pour une production s’étalant jusqu’à fin novembre.
  • Haricots grimpants : Le tunnel leur permet de bien se développer mais comme ils se trouvaient sur le deuxième emplacement ils ont été palissés sur une structure externe au tunnel. Dès que la culture s’est retrouvée en extérieur, lors du déplacement, les haricots ont souffert du vent.

Évaluation économique et défis

Le temps de travail pour chaque action réalisée (implantation, désherbage, récolte) est mesuré et enregistré. La commercialisation n’étant pas réellement mise en œuvre son temps a été estimé à 25 % du temps total. L’ensemble des rendements commerciaux ont été comptabilisés, et tous les intrants par culture ont été également comptabilisés. Les annuités d’emprunt ont été estimées pour les deux systèmes en fonction des équipements dont la station dispose pour reproduire les systèmes. Il est à noter que la plupart des prix utilisés dans les documents suivants sont les coûts de matériels neufs. L’estimation des prix de vente a été basée sur la mercuriale de prix AURABIO en 2019 pour définir les prix des légumes.

Les premiers résultats économiques sont satisfaisants, notamment sur le trio de tête des légumes phares d’été en maraîchage : tomates, aubergines et courgettes, tout comme pour le mesclun. Ces cultures sont incontestablement rémunératrices, mais ce sont surtout des cultures ayant une productivité au m² élevée. Il est à noter que ces données économiques démarrent en première saison d’expérimentations, comme cela serait pour un·e maraicher·e qui s’installe. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de légumes de garde en début de saison. Les ventes commencent par des légumes primeurs uniquement. De même, l’année se clôture avec des légumes de gardes en stock non vendus et cela est visible sur les résultats économiques des poireaux et des oignons par exemple. En stock restent également des choux et des courges. Pour les cultures d’épinards, de laitues et de pois, les résultats négatifs représentent des difficultés de production qui se sont traduites par de faibles rendements. Suite au comité de pilotage, les maraîchers ont soulevé que les temps de travaux sont probablement sous-estimés. En effet, sur le système expérimental seul le temps de travail productif est comptabilisé.

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