Le terme de "mauvaises herbes" relève d’un jugement de valeur subjectif. Ainsi, mieux vaut lui préférer le terme d’adventice, qui se dit d’une plante poussant spontanément et dont les effets sont variables sur la biodiversité. Ce sont des plantes qui poussent naturellement dans les milieux cultivés et peuvent causer une gêne aux agriculteurs. En grande partie annuelles, elles sont nommées « mauvaises herbes », expression qui ne met en avant que leur aspect négatif, ou « adventices », qui évoque qu’elle s’ajoute dans les champs alors qu’elles font partie intégrante de l’agrosystème et sont indispensables à son bon fonctionnement.

La redéfinition du jardinage : l'approche par l'équilibre
D’ailleurs, vous êtes d’accord avec moi pour dire qu’il ne faut pas voir une mauvaise herbe comme quelque chose de sale non ? Suite à l’interdiction du glyphosate, elles se réapproprient les cimetières et les trottoirs au détriment du bien-être « visuel » des citoyens et citoyennes. Observer puis reconnaître ces herbes ça peut être sympa. Alain Baraton, jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand parc du château de Versailles, nous prête sa main verte en répondant aux questions des auditeurs. On a tendance à avoir un potager que l'on croit propre de toute plante dite adventice. Dans un premier temps, il faut débarrasser le sol de toutes les plantes indésirables pour que l'eau qui tombe du ciel aille directement à la plante que l'on cultive. Une fois que la plante est développée, pourquoi ne pas laisser quelques plantes à la base ?
Avantages écologiques : quand la nature travaille pour vous
Laisser un peu de mauvaises herbes dans le potager peut avoir plusieurs avantages et contribuer à la santé globale de votre jardin. Les mauvaises herbes peuvent jouer un rôle dans l'équilibre écologique du jardin. Elles attirent et nourrissent divers insectes, notamment des pollinisateurs tels que les abeilles, les papillons et les bourdons. Laisser pousser quelques mauvaises herbes favorise la biodiversité dans votre jardin. Les plantes indésirables fournissent un habitat à de nombreux organismes, tels que les insectes bénéfiques et les oiseaux.
En agissant comme une couverture protectrice, les adventices limitent l'évaporation de l'eau, réduisent l'érosion et améliorent la structure du sol. Les mauvaises herbes peuvent agir comme une couverture du sol, ce qui aide à conserver l'humidité. Elles réduisent l'évaporation de l'eau du sol, ce qui est particulièrement bénéfique pendant les périodes sèches. Certaines mauvaises herbes, comme les trèfles ou les plantes à feuilles larges, peuvent être bénéfiques pour le sol. Elles ont des racines profondes qui puisent des nutriments dans les couches inférieures du sol, puis les libèrent dans la zone racinaire des légumes et des plantes cultivées.

Les bénéfices insoupçonnés au quotidien
Certaines de ces "mauvaises herbes" ont des utilités insoupçonnées. Les feuilles de pissenlit ont des propriétés diurétiques et digestives. Vous ne le saviez sans doute pas, mais certaines peuvent être mangées ! Elles peuvent donner du goût à vos plats, et parfois même vous soigner. Certaines adventices sont bénéfiques pour le sol. Avec leurs racines, ils vont aérer le sol, le nourrir, ou encore le fertiliser. Parce que pendant ce temps, votre sol reste vivant et se recharge en matière organique pour le printemps !
Les “mauvaises herbes” participent grandement à la biodiversité. En effet, en laissant pousser les adventices dans une parcelle de votre jardin, un écosystème va se créer, et attirer la faune, notamment les insectes pollinisateurs. Vous favoriserez ainsi la pollinisation des abeilles par exemple, dont nos ressources alimentaires dépendant fortement.
Les défis de la gestion des adventices en milieu agricole
Elles ont depuis toujours été intensivement désherbées par les agriculteurs, autrefois de manière entièrement mécanique. Nous avons peu de recul, car elle a très longtemps été insuffisamment décrite par les botanistes. On suppose que depuis le début du 20e siècle, une dizaine d’espèces ont disparu et que sa diversité et sa densité ont diminué avec l’évolution des pratiques culturales. En cause : le tri des semences, l’apport d’azote, l’irrigation, la sélection d’espèces cultivées compétitives, puis le recours aux herbicides de synthèse à partir de 1945.
Puis avec les réglementations européennes sur les produits de synthèse, l’essor de l’agriculture biologique, des bandes enherbées et des jachères faunistiques, les tendances semblent s’être inversées. Sur les quelques 1 200 espèces rencontrées dans les milieux agricoles, environ 200 y sont fréquemment trouvées. Une centaine sont dites « messicoles », des espèces souvent rares qui font l’objet de programmes de protection. À ce jour, il est difficile de répondre précisément à cette question qui semble pourtant évidente. Très peu d’éléments chiffrés détaillés existent sur les pertes de rendement, difficiles à quantifier.
Les mauvaises herbes peuvent entrer en compétition avec les cultures car elles puisent de l’azote, des nutriments, de l’eau dans le sol, et recherchent la lumière. Cependant, il n’y aura pas de perte là où ces éléments seront disponibles en quantité suffisante. Leur caractère compétitif dépend étroitement des conditions extérieures et des espèces, si bien qu’on ne peut établir un seuil de nuisibilité.
La gestion différenciée des espaces verts
Stratégies de contrôle et bonnes pratiques
Le mieux est d’éviter d’utiliser des herbicides de synthèse, car on connaît leurs effets potentiellement néfastes sur la santé et l’environnement. Certains prônent l’arrêt total du désherbage de synthèse, d’autre une baisse graduelle. Le coût des pratiques culturales est aussi en jeu. Des productions au prix de vente élevé comme le vin de Bourgogne pourront plus facilement se passer d’herbicides que celles de consommation courante où le bas prix est attendu.
Une solution pourrait passer par un partage du territoire combinant agriculture à fort rendement limitant les mauvaises herbes et agriculture à rendement plus faible, plus riche en flore adventice et financièrement soutenue. Pour qu’une plante puisse s’épanouir, elle a besoin d’espace, d’eau et de lumière. Il est donc nécessaire de débarrasser le sol qui l’entoure des plantes indésirables qui pourraient nuire à sa croissance. Le désherbage est parfois nécessaire pour permettre aux plantes cultivées de s’épanouir, en particulier au moment de leur mise en terre.
Cependant, il est important de garder un certain contrôle sur les mauvaises herbes pour éviter qu'elles n'étouffent vos plantes cultivées. Bien évidement, vous allez me dire « mais quand on arrache la racine, au moins la plante ne repousse pas ! » Et bien oui et non. Avec une technique toute simple, vous arriverez à venir à bout de n’importe quelle plante ! À force, le jardinier s'est rendu compte que la meilleure solution pour s’en débarrasser, c’est de couper le plus souvent possible la partie extérieure : ses feuilles ! Vaut-elle vraiment la peine d’être arrachée ou même coupée ? Encore une fois, à vous de juger. Tout ce que je vous conseille, c’est que tant que cette herbe ne vous gêne pas, n’y touchez pas !
Cas particulier : la gestion des arbres fruitiers
La couverture du sol peut être une méthode de lutte contre les mauvaises herbes très efficace et peut également améliorer la gestion de l'eau. Cependant, elle peut également entraîner des inconvénients pour la croissance et le rendement des arbres. En gardant la rangée d’arbres libre de couverture végétale et d’autres matériaux, la rangée d’arbres est moins attrayante pour les rongeurs et le rayonnement thermique du sol réduit le risque de dommages causés par le gel pendant la floraison.
Un sol nu réduit le risque de dégâts dus au gel pendant la floraison. L'apport d'engrais et l'arrosage sont plus efficaces. Les dégâts causés par les rongeurs sont réduits. La concurrence pour l'eau et les nutriments entre les arbres fruitiers et les mauvaises herbes est réduite. Gardez le sol des rangées d'arbres exempt de mauvaises herbes. Cela est particulièrement important à partir de la période de pointe verte jusqu'après le stade T des fruits. Si une couverture du sol est souhaitée, par exemple si l'arrosage n'est pas possible, une couverture avec de la paille de colza est un bon choix.

Vers une gestion intelligente de l'espace cultivé
Transformer sa terrasse ou son balcon en potager hors-sol est une aventure passionnante. Vous aimeriez faire pousser des légumes en "hors-sol" de la façon la plus naturelle possible ? Laissez-moi vous convaincre que c'est possible ! Le paillage des pots de fleurs, balconnières et jardinières est une technique essentielle. Qu’est-ce qu’un paillage ? Pourquoi pailler, mulcher ou couvrir ses pots de fleurs et quels sont les différents paillages que l’on peut utiliser ? Le compostage de surface dans des pots de fleurs est également une méthode à explorer. Qu’est-ce que le compostage de surface ? Quels sont les avantages et les inconvénients ? Peut-on le pratiquer dans des pots de fleurs ?
Les “mauvaises herbes”, ou plutôt les adventices, sont mal considérées par les jardiniers. Nous passons généralement beaucoup de temps à lutter contre les adventices, en essayant de les repousser au maximum. Pourtant, une majorité d’entre elles possèdent une utilité. Nous pourrions ainsi les laisser pousser dans un espace dédié. Vous en savez désormais davantage sur les “mauvaises herbes” ! Devenir un relais pour la biodiversité urbaine est à la portée de tous. Pourquoi et comment attirer plus de biodiversité en milieu urbain sur son balcon, sa terrasse ou son rebord de fenêtre ? La réponse réside souvent dans l'observation et le respect de ces cycles naturels qui, bien que perçus comme "désordonnés", sont le moteur de la vitalité de nos espaces cultivés, qu'ils soient vastes ou confinés dans des pots.