Le laurier-rose, connu sous le nom scientifique Nerium oleander, est un arbuste persistant et généreux, à l’aise en pleine terre en climat doux comme en pot. Il rappelle les vacances au soleil ! Toute la belle saison, le laurier-rose bat des records de floraison, déclinant une large gamme de coloris allant du blanc pur au pourpre foncé et émettant souvent un délicieux parfum. Espèce unique de son genre, il trouve ses origines tant dans le pourtour méditerranéen que sur une partie du continent asiatique. S’il reste emblématique des jardins du Sud, il peut se cultiver partout où suffisamment de chaleur et d’ensoleillement sont présents, c’est-à-dire finalement presque partout.

Présentation et caractéristiques morphologiques
Pour les climats moins cléments, il vous sera également possible de cultiver votre plante en pot. Il pousse assez vite, d’une cinquantaine de centimètres par an. Sa silhouette sera généralement buissonnante et érigée. Quelle que soit la variété choisie, le feuillage sera semblable, très représentatif de la plante et très ornemental. Le laurier-rose est persistant, il ne perd pas ses feuilles en hiver et c’est donc toute l’année que vous profiterez de leur belle découpe lancéolée et de leur couleur élégante, un vert bleuté plus ou moins clair.
Les fleurs offrent une grande diversité de formes (simples, doubles ou triples) et surtout de coloris allant du blanc pur au pourpre très foncé en passant par toute une palette de roses, d’orange, de rouges. Elles peuvent même être bicolores, et parfois subtilement parfumées. Elles s’épanouissent en grappes très denses, à l’extrémité des rameaux, de mai à octobre selon le climat et viennent ravir toute sorte de butineurs friands de cette plante très nectarifère et mellifère.
Certains cultivars sont plus résistants au froid que d’autres ; le ‘Villa romaine’ par exemple supportera des températures de -15°C en sol bien drainé. Certains se font remarquer par la rareté de leur teinte. Il est vrai que dans l’imaginaire collectif, le laurier-rose est… rose. Pourtant, il en existe des jaunes, à fleurs simples ou double, qui apporteront de la lumière et de la douceur au paysage. Certaines variétés blanc pur offriront un festival de fleurs d’une élégance rare, comme ‘Sœur Agnès’. Une variété assez rustique, qui résistera jusqu’à -10°C en sol très bien drainé, et qui proposera une silhouette buissonnante atteignant environ 3.5 m de haut pour 3 m d’envergure.
Quelle terre pour lauriers roses
L'univers des variétés : du nain au grand sujet
Si vous souhaitez vous tourner vers une culture en bac, choisissez des cultivars nains qui n’excèderont pas 1.50 m de haut, parfaits pour les espaces réduits ou la culture en contenant à remiser l’hiver. Parmi les sélections populaires, on trouve le Laurier rose Angiolo Pucci, un descendant direct du Nerium oleander. Ce vigoureux arbuste persistant se distingue par ses beaux bouquets jaunes et son feuillage vert sombre persistant. Il est parfait pour concevoir des petites haies compactes et colorées.
Le Laurier Rose 'Belle Hélène' est une autre variété cultivée pour sa beauté et sa robustesse. Elle offre un spectacle floral des plus charmants avec ses fleurs rose vif à fuchsia, souvent doubles ou semi-doubles. 'Belle Hélène' présente un port buissonnant, dense et bien ramifié, pouvant atteindre une hauteur de 2 à 3 mètres à maturité.
Conditions de culture et plantation
Pour qu’il puisse s’épanouir en pleine terre, il lui faudra un climat approprié, une atmosphère lumineuse et chaleureuse. Les épisodes de gel devront être courts et rares, et ne pas excéder de préférence -7°C et en aucun cas -15°C y compris pour les variétés les plus rustiques. Cette condition s’assortira d’un sol ou de substrat très bien drainé.
La plantation en pleine terre
Plantez-le au printemps ou même en été si vous pouvez arroser régulièrement pour assurer la reprise. Le début d’automne est possible, mais seulement en climat doux. Offrez-lui un sol riche en humus, frais en été, mais bien drainé en hiver. En climat doux, océanique ou dans un jardinet urbain préservé des fortes gelées, vous pouvez installer votre laurier-rose en fond de massif ou intégré dans une haie moyenne.
Hydratez la motte avant la plantation en la trempant une dizaine de minutes dans un seau d’eau. Creusez un trou d’au moins trois fois le diamètre de la motte. Mélangez la terre de jardin avec un terreau agrumes et plantes méditerranéennes pour améliorer sa structure. Placez au fond du trou une couche drainante de billes d’argile ou de gravier d’au moins 10 cm de hauteur. Installez votre plante bien au centre et comblez le vide avec le mélange de terre. Après la plantation, arrosez copieusement et paillez afin de limiter la pousse des mauvaises herbes.

La plantation en pot
Si vous le cultivez en pot, offrez-lui un contenant adapté à sa vigueur adulte. Un sujet classique préférera un grand bac de 80 cm de diamètre idéalement. Utilisez un terreau spécifique agrumes et plantes méditerranéennes spécial pot enrichi avec une fumure organique. Vérifiez la présence des indispensables trous de drainage au fond du pot et complétez avec une couche de billes d’argile sur 1/5 de la hauteur du pot.
Entretien courant et pérennisation
Une fois bien installé, votre arbuste ne nécessitera que peu d’entretien. Arrosez-le régulièrement et copieusement pendant toute la belle saison, surtout s’il est cultivé en pot ou s’il est planté en pleine terre depuis moins de deux ans. Contrairement à certaines croyances, le laurier-rose est gourmand en eau. À l’état sauvage, ils plongent leurs racines profondément à la recherche d’humidité. Veillez à ne pas mouiller le feuillage en arrosant pour limiter la propagation de maladies.
Stimulez vigueur et floraison en apportant un engrais spécial arbustes à fleurs au début du printemps. Complétez, tous les 15 jours de mai à août, par un apport d’engrais liquide pour les sujets en pot. Effectuez un rempotage tous les 2 à 3 ans au début du printemps et surfacez les années sans rempotage en changeant la surface du substrat sur cinq centimètres environ.
Hivernage et taille
Hivernez les sujets cultivés en bac dans un local clair, mais non chauffé si les températures descendent souvent sous -5 °C. Sinon, protégez la potée en l’enveloppant d’un voile d’hivernage. Pour les lauriers-roses cultivés en pleine terre, protégez la souche avant l’hiver avec une épaisse couche de paillage ou un voile d’hivernage.
Taillez au début du printemps en rabattant ses rameaux d’un tiers, ou de moitié si vous souhaitez limiter le développement de l’arbuste. Éliminez le bois mort et les plus vieilles branches pour rajeunir la touffe. Le laurier-rose supporte les tailles drastiques jusqu’à 50 cm du sol.
Multiplication par bouturage
Le bouturage reste la plus simple des méthodes. Aux alentours du mois d’août, choisissez des pousses de l’année qui n’ont pas fleuri. Coupez des tronçons de 20 cm. Supprimez toutes les feuilles situées à la base du tronçon. Incisez la tige sur quelques millimètres et immergez cette base dans une bouteille d’eau. Changez l’eau régulièrement et laissez raciner. Au printemps, séparez les boutures racinées et plantez en pot individuel.
Vigilance : parasites et toxicité
Le laurier-rose est parfois parasité par les cochenilles, se manifestant par une vigueur diminuée et la présence de miellat puis de fumagine (poudre noire). Luttez en pulvérisant le feuillage avec un anti-cochenilles à base de produits naturels. Des attaques de pucerons jaune-vert peuvent également affaiblir la plante. Enfin, si l’été est chaud et sec, le laurier-rose peut être la proie des araignées jaunes ; traitez alors à l’huile de colza ou au savon noir.

Il est crucial de rappeler que toutes les parties du laurier-rose sont extrêmement toxiques pour l'homme et les animaux. L'ingestion de feuilles, de fleurs ou de toute autre partie de la plante peut provoquer des troubles digestifs sévères, des troubles cardiaques et, dans les cas les plus graves, le décès. Même le contact avec la sève peut provoquer des irritations cutanées. Il est conseillé de porter des gants lors de la manipulation, notamment lors de la taille ou du rempotage. Tenez les enfants et les animaux domestiques éloignés de cette plante.
Associations au jardin
Le laurier-rose fera un magnifique arbuste de massif, se plantera en solo au cœur d’un décor minéral ou ira rejoindre une haie libre. En isolé, optez pour un sujet présenté sur tige ou quart de tige plutôt qu’en touffe. Garnissez la base de l’arbuste avec un tapis de plantes à massifs de saison : bacopa avec un laurier-rose blanc, bidens avec un sujet jaune. En groupe, il ira rejoindre d’autres arbres à planter en plein soleil, un olivier, ou un palmier. Il s’associera également à merveille avec la lavande et la santoline pour composer une magnifique ambiance provençale. Sur un balcon, il mêlera ses senteurs discrètes à des parfums plus enivrants, comme celles du jasmin.
Distinction nécessaire : Le cas du Laurier-palme (Prunus laurocerasus)
Il est vrai que le terme "laurier" prête à confusion. D'un point de vue scientifique, notons qu'il n'est de véritables lauriers que ceux qui appartiennent au genre Laurus, à savoir le laurier noble (Laurus nobilis), le seul dont les feuilles viennent parfumer de nombreux mets. Tous les autres lauriers ont en fait, au fil du temps, endossé une dénomination par erreur ou par paresse. C'est le cas du laurier-palme, Prunus laurocerasus, un bel arbuste venu des Balkans, que l'on laissera s'épanouir en isolé avec son feuillage sombre et vernissé, sa floraison odorante et mellifère, sa production de baies décoratives ou que l'on choisira comme arbuste pour haie dont le feuillage dense et persistant constituera une fantastique barrière tant visuelle que phonique.

Sa vigueur et sa densité en font un brise-vue de haute efficacité. Au printemps, la floraison en grappe de petites fleurs viendra éclabousser le décor de blanc pur à crème. Les fruits, des baies rouges ou noires, viendront compléter le tableau à l'automne. Faiblement toxiques en cas d'ingestion pour l'humain, surtout lorsqu'elles sont encore vertes, elles réjouiront quelques oiseaux.
Pour les petites haies structurantes, tournez-vous vers des variétés n'excédant pas les 2 m de hauteur comme ‘Mano’, une variété à croissance moins rapide que la plupart, à port très compact. Pour de petites topiaires, le laurier-palme nain ‘Miniredia’ vous fera profiter de ses dimensions réduites et de son port boule naturel. Enfin, pour des haies hautes et denses, vous aurez l'embarras du choix avec des variétés comme ‘Rotundifolia’ et ses feuilles bien arrondies, ou ‘Genolia’ au feuillage vert sombre. Toutes seront très rustiques avec une résistance à des températures de l'ordre de -20.5 °C.
La plantation en pleine terre du laurier-palme se fait sur une zone préalablement aérée. Creusez un trou 3 fois supérieur au volume de la motte, placez celle-ci en laissant le collet juste au-dessus de la surface, rebouchez avec une terre de jardin amendée, tassez, arrosez généreusement et paillez. En raison de sa vigueur, le laurier-palme arrivé à maturité se taille tous les ans au début du printemps pour dynamiser la pousse et, éventuellement, une fois encore en automne pour contrôler et ralentir la pousse. En raison de la toxicité de la plante, travaillez avec des gants et ramassez systématiquement les déchets de taille.