Les Composés Ferrés et Autres Agents Chimiques : Usages, Désherbage et Impact sur l'Environnement

La gestion des espaces verts et des terrains agricoles représente un défi constant pour maintenir la santé des cultures et l'esthétique des jardins. Au fil du temps, diverses substances chimiques ont été employées pour influencer la croissance des plantes, lutter contre les adventices ou améliorer la fertilité du sol. Parmi ces agents, les composés à base de fer, sous différentes formes, occupent une place notable, bien que leurs applications spécifiques puissent varier considérablement. Tandis que certains sont reconnus pour leurs propriétés fertilisantes et anti-mousse, d'autres substances chimiques, qu'elles soient d'origine synthétique ou minérale, ont été développées spécifiquement comme herbicides, transformant profondément les pratiques agricoles et de jardinage. Cette exploration détaillée se penchera sur le rôle de divers composés, en particulier les dérivés du fer, dans l'entretien des végétaux, l'éradication des mauvaises herbes et les implications historiques et environnementales de leur utilisation.

Le Sulfate de Fer : Un Allié Indispensable pour la Santé et l'Esthétique du Gazon

Le sulfate de fer, également connu sous le nom de sulfate ferreux, est un engrais de jardin essentiel, qui peut être utilisé spécifiquement pour le gazon. Cet engrais polyvalent est couramment utilisé, principalement répandu sur les pelouses, offrant de multiples bénéfices allant bien au-delà de sa fonction fertilisante. Le fer, en tant qu'oligo-élément important, est indispensable à votre gazon et joue un rôle direct dans la production de chlorophylle, un pigment vert nécessaire à la photosynthèse. Il est crucial tant pour la photosynthèse que pour la respiration des plantes. En effet, ce nutriment permet non seulement de débarrasser votre pelouse de la mousse, mais aussi de la rendre plus vivante et plus verte.

Lutte Efficace contre la Mousse

L'application la plus importante est sans doute l'utilisation du sulfate de fer pour lutter contre la mousse. Le sulfate de fer permet de lutter rapidement et efficacement contre la mousse, entraînant sa mort quelques jours après l'application. Vous constaterez rapidement que la mousse prend une couleur brun foncé, voire noire. Une fois que c'est le cas, vous pouvez facilement l'enlever de votre pelouse. Il est important de noter que si l'engrais ferreux est très efficace pour éliminer la mousse visible, il ne s'attaque pas aux causes sous-jacentes de son apparition. La mousse se développe souvent sur un sol acide et/ou dans des zones ombragées. Elle peut également apparaître lorsque le gazon est accidentellement coupé trop court. Quelle qu'en soit la cause, l'action du fer acidifie le sol. Idéalement, après l'application de sulfate de fer, il est recommandé d'effectuer un test de sol pour vérifier si le pH est trop bas, ce qui pourrait nécessiter des ajustements ultérieurs.

Sulfate de fer pour gazon et mousse

Stimulation de la Croissance et Intensification de la Couleur Verte

Le sulfate de fer stimule le processus de photosynthèse. Le gazon est ainsi mieux à même de transformer la lumière (du soleil), l'eau et le CO2 en sucres. Ces sucres sont un carburant essentiel dont les plantes herbacées ont besoin pour croître et se développer, favorisant ainsi un gazon plus robuste et plus dense. De plus, le sulfate de fer joue également un rôle important dans le développement d'un système racinaire étendu et profond. Ce nutriment stimule le développement des points de croissance dans les racines, contribuant à une meilleure absorption de l'eau et des nutriments par la plante.

En stimulant la production de chlorophylle, un pigment coloré, le sulfate de fer donne à l'herbe un vert plus intense. Le fer est un composant essentiel des enzymes responsables de la formation de la chlorophylle. Si votre gazon est vert pâle, voire jaune ou brun, il retrouvera un aspect vert frais en l'espace d'une semaine avec le sulfate de fer. C'est l'un des oligo-éléments les plus importants, un composant essentiel qui ne doit être présent qu'en petites quantités pour améliorer la qualité de votre gazon.

Conseils d'Application et Précautions

Pour maximiser l'efficacité du sulfate de fer, le timing et la méthode d'application sont cruciaux. Les meilleures périodes pour épandre le sulfate de fer sont le printemps (de mars à mai) et l'automne (de septembre à novembre). L'engrais est plus efficace lorsque la température du sol est d'au moins 10 degrés Celsius. Le printemps est la période idéale pour redynamiser votre pelouse après l'hiver. Il est conseillé d'utiliser le sulfate de fer par temps sec et sans vent, pour éviter que le produit ne soit emporté ou dispersé. Coupez l'herbe à ras avant de commencer, afin que le produit pénètre plus rapidement dans le sol. Un sol légèrement humide favorise même l'absorption. Évitez toutefois un excès d'eau en surface ou une averse imminente, car l'engrais risque d'être lessivé, réduisant ainsi son efficacité.

Le sulfate de fer peut être répandu de différentes manières. Les méthodes les plus courantes consistent à mélanger le sulfate de fer avec du sable ou à le dissoudre dans l'eau. Pour les petites pelouses jusqu'à 100 m², dissoudre environ 100 grammes de sulfate de fer dans 5 litres d'eau et utiliser un arrosoir fera l'affaire. Si vous disposez d'un arrosoir de 10 litres, 9 à 25 grammes de sulfate de fer (environ une demi-tasse) suffiront. Une méthode ancienne, mais toujours aussi simple et efficace, est la pulvérisation de cette solution. Pour les grandes surfaces, mélanger 2 à 3 kilogrammes de sulfate de fer avec 4 à 5 kilogrammes de sable pour environ 100 m² est recommandé. Saupoudrez ensuite le mélange uniformément sur la pelouse.

Il est impératif de prendre certaines précautions lors de l'utilisation de cet engrais. N'oubliez pas que le sulfate de fer peut laisser des taches brunes et rouillées. Une attention particulière doit être portée aux pavés, aux pierres et au béton, car ces marques sont difficiles à enlever. Pour plus de sécurité, portez des gants, de vieux vêtements et des chaussures. Bien que composé de minéraux naturels qui ne sont pas toxiques pour les chiens ou les autres animaux domestiques, il n'est pas souhaitable qu'ils l'ingèrent. L'excès n'est jamais bon, et il en va de même pour le sulfate de fer. En effet, ce pesticide peut, s'il est utilisé de manière irresponsable, nuire à la vie du sol.

Comment Enlever la Mousse dans le Gazon ?

Entretien Post-Application pour un Gazon Durablement Sain

Après l'utilisation du sulfate de fer pour lutter contre la mousse, des zones dégarnies peuvent apparaître. Une stratégie en plusieurs étapes est alors nécessaire pour restaurer la pelouse et prévenir la réapparition de la mousse.

  • Étape 1 : Chaulage. Avant de commencer à semer, il est d'abord utile d'épandre de la chaux. Le développement de la mousse est souvent la conséquence directe d'un sol trop acide. De plus, le sulfate de fer ne fait qu'accentuer l'acidité du sol. Se demander si une fertilisation à la chaux est nécessaire est pertinent après un test de pH du sol.
  • Étape 2 : Préparation du sol. Une fois que les granulés de chaux sont entièrement dissous dans le sol, vous pouvez préparer la surface d'ensemencement. Débarrassez le sol des herbes mortes, de la mousse et des mauvaises herbes, créant ainsi un lit de semence propre et favorable.
  • Étape 3 : Réensemencement. Il est temps de restaurer votre pelouse ! Répartissez les semences de gazon uniformément sur les zones dénudées et ratissez légèrement. Il est préférable de compléter les zones dégarnies avec des semences de gazon de regarnissage. Ces mélanges de graminées contiennent une forte proportion de ray-grass, connu pour sa germination rapide et sa robustesse.
  • Étape 4 : Fertilisation organique. Enfin, fertilisez régulièrement la pelouse avec un engrais organique. Cela favorisera la santé générale de votre gazon et la vie du sol, créant un environnement moins propice à la mousse à long terme. La mousse dans la pelouse est un cauchemar pour tout propriétaire, mais avec le sulfate de fer, il est possible d'agir rapidement contre la mousse et de stimuler en même temps le gazon.

Le Chlorure de Fer(III) (FeCl3) : Un Composé aux Usages Spécifiques

Le chlorure de fer(III), noté FeCl3, est un composé chimique dont l'apparence se présente sous forme de cristaux. La couleur de ces cristaux dépend de l’angle de vision, pouvant apparaître violets, verts, brun-rougeâtres ou brun foncé avec un éclat métallique. Leur teinte jaunâtre lorsqu’ils interagissent avec l’air leur confère une ressemblance frappante avec le sable humide.

Il est essentiel de noter que, selon les informations fournies, le chlorure de fer(III) n'est pas décrit comme un désherbant utilisé dans l'entretien des espaces verts ou l'agriculture. Ses applications principales se situent dans un domaine différent. En effet, le chlorure de fer(III) est utilisé dans le traitement des eaux usées et dans la production d’eau potable. Dans l’eau, le chlorure ferrique forme un hydroxyde de fer légèrement soluble. Au cours de sa formation, diverses impuretés organiques et inorganiques sont capturées, formant des flocons lâches qui sont facilement éliminés des effluents traités, contribuant ainsi à purifier l'eau.

Structure moléculaire du chlorure de fer(III)

Comme pour tout produit chimique, des précautions sont nécessaires lors de sa manipulation. En cas de contact avec les yeux, il est recommandé de rincer avec précaution à l’eau pendant plusieurs minutes. Il est également important d'enlever les lentilles de contact si la victime en porte et si elles peuvent être facilement enlevées, afin de minimiser les risques d'irritation ou de dommages.

Le 2 Méthyle · Glyphosate : Un Herbicide Composé Modernes

En entrant dans la saison de croissance la plus vigoureuse de toutes sortes de mauvaises herbes, il est très difficile de les tuer, ce qui rend les amis des agriculteurs très mal à la tête, désireux d'avoir un prix bas, un herbicide et un effet de contrôle des mauvaises herbes. C'est dans ce contexte que des solutions comme le 2 méthyle · glyphosate sont proposées, constituant un excellent herbicide par sa formulation combinée et ses propriétés.

Mécanisme de Désherbage Synergique

Le 2 méthyle · glyphosate est composé de 2 méthyl 4 chlorure de sodium et de sel d'ammonium de glyphosate dans une certaine proportion. Chaque composant agit par un mécanisme distinct mais complémentaire. Le 2 méthyl 4 chlorure de sodium est un régulateur hormonal, doté d'une bonne conductivité d'absorption interne, facile à absorber et à conduire par les racines et les feuilles des plantes. Il détruit le métabolisme des plantes, entraînant leur transformation, le gonflement, le mildiou et finalement la mort. Ce composant est principalement utilisé pour la prévention et le contrôle de diverses mauvaises herbes à feuilles larges et à carex, telles que le carex hétérogène, le rhizome d'aconit parfumé, l'herbe de langue de canard, l'amarante d'eau, le champignon sauvage, l'herbe de cerf de perche plate, le polygonum, les légumes de grand nid, le porc, la renoncule, la bourse de berger, le pissenlit, l'herbe ampelopsis japonaise et l'herbe piquante japonaise.

Le glyphosate, quant à lui, est un herbicide insecticide qui inhibe principalement la synthase de phosphate d'énolacétone shikimin dans les plantes. En interférant avec la synthèse des protéines, il conduit à la mort des plantes. La combinaison des deux peut tuer efficacement plus de 100 mauvaises herbes annuelles et vivaces, offrant ainsi un spectre d'action très large.

Formes Galéniques et Caractéristiques Principales

Le 2 méthylglyphosate est disponible sous de nombreuses formes posologiques pour s'adapter à diverses applications. Les formes posologiques courantes sont : 50 %, 56 %, 80 %, 90 %, 93 % de poudre soluble, et 33 %, 36 %, 44 %, 49 %, 51 % d'eau.

Ce type d'herbicide présente plusieurs caractéristiques clés qui le distinguent :

  1. Vitesse de désherbage rapide : La recette désherbe plus rapidement qu'une dose unique, agissant 5 à 10 jours plus vite. Alors que le MCPA prend généralement plus de 10 jours après l'application pour que les mauvaises herbes meurent, et le glyphosate seul peut prendre plus de temps, avec le 2 méthyle · glyphosate, les symptômes d'empoisonnement des mauvaises herbes sont visibles dès le jour de la pulvérisation, et généralement 3 à 5 jours suffisent pour qu'elles meurent.
  2. Un spectre plus large d'herbes tueuses : Le glyphosate contrôle principalement le setaria, le niang de blé, l'herbe de tendon de boeuf, la soie de cheval, le xanthium, le quinoa, le complexe, le complexe de bétail et le porc, ainsi que d'autres mauvaises herbes annuelles. Le chlorure de sodium 2 méthyl 4 contrôle principalement les mauvaises herbes telles que le cyperus japonicus hétéromorphe, le rhizome de rhizome, l'herba japonicus, l'amarante aigue-marine, le polygonum vulgaris, l'ampelopsis ampelopsis, la Porcine herba, le ranunculus japonicus, la moutarde de berger, le pissenlit, l'ampelopsis japonais ampelopsis et les thorniacées japonaises. Après la combinaison des deux, les espèces de mauvaises herbes herbacées sont augmentées et l'effet de contrôle sur les dicotylédones malignes et les cypéracées est remarquable.
  3. Moins de résistance : En raison de l'utilisation du glyphosate pendant de nombreuses années, de nombreuses mauvaises herbes ont développé une forte résistance. La combinaison avec le 2 méthyle · chlorure de sodium permet de résoudre efficacement la résistance causée par l'utilisation à long terme du seul agent de glyphosate.
  4. Meilleure sécurité : Ce produit est plus dégradable et respectueux de l'environnement. Le glyphosate, peu de temps après avoir atteint le sol, se combine avec le fer, l'aluminium et d'autres ions métalliques et perd son activité. Le chlorure de sodium 2 méthyl 4 lui-même est un herbicide hormonal, sans pollution pour l'environnement.
  5. Résistance à basse température : Le 2 méthyle · glyphosate n'affecte pas l'effet de désherbage à basse température. Il peut tuer les mauvaises herbes à partir de 3 degrés Celsius et plus, ce qui compense les lacunes d'un agent unique d'effet à basse température.
  6. Période de rétention plus longue : Après utilisation du 2 méthyle · glyphosate, les mauvaises herbes peuvent mourir en environ 5 jours, et la période de rétention peut atteindre plus de 35 jours, tuant les mauvaises herbes de manière plus propre et plus complète.

Schéma d'action du glyphosate sur les plantes

Objets de Prévention et de Contrôle et Cultures Applicables

Ce composé est destructeur principal pour une très grande variété de mauvaises herbes, incluant le bristlegrass vert, le mai niang, l'eleusine indica, le digitaria, le xanthium sibiricum, le quinoa, le mouron des oiseaux, le gaillet, le cynodon dactylon, la petite vergerette, l'alternanthera philoxeroides, le carex, le cyperus rotundus, l'waterhead, le duck, l'herbe à cerf plat, la renouée, la vesce, la renoncule, la bourse à berger, le pissenlit, l'herbe cayratia japonaise, le céphalanoplos, et bien d'autres, ainsi qu'une variété d'arbustes.

Il est principalement utilisé pour le désherbage des digues, des friches, des vergers (pommiers, pêchers, vignobles, poiriers, théiers, mûriers) et des terres agricoles de loisirs, offrant une solution polyvalente pour de nombreux environnements non cultivées ou avec des cultures résistantes.

La méthode d'utilisation est principalement appliquée dans les digues, les terres agricoles inutilisées, les terres en friche et d'autres endroits similaires.

Le Chlorate de Soude (Chlorate de Sodium) : Un Désherbant Historiquement Controverti

Le chlorate de soude, également appelé chlorate de sodium (NaClO3), représente un produit chimique oxydant qui fut largement utilisé comme désherbant total pendant plus de vingt ans. Cette solution blanche cristalline, obtenue par électrolyse de la solution de saumure, détruit toutes les plantes sans distinction et agit directement au niveau des racines. Le chlorate de sodium se présente sous forme de cristaux incolores ou de poudre blanche jaunâtre, avec une masse molaire de 106,44 g/mol. Ce produit chimique possède une solubilité remarquable dans l’eau, atteignant 1000 g par litre d’eau à 20°C, ce qui le rendait facile à utiliser en solution.

Mécanisme d'Action et Usages Passés

Les propriétés oxydantes du chlorate de soude expliquent son action destructrice sur les structures cellulaires au niveau des racines. Lorsque le produit pénètre dans le sol, il libère de l’oxygène qui détruit les structures cellulaires des végétaux, provoquant leur dessèchement rapide et une éradication complète. Avant son interdiction, le chlorate de soude servait principalement au désherbage des allées, cours, terrasses et bordures, où une végétation totale était souhaitée. Les jardiniers l’utilisaient aussi pour le défanage des pommes de terre et même pour dessoucher les arbres en versant la solution dans des trous percés dans les souches. L’usage du chlorate s’étendait également à la pyrotechnie, domaine où sa nature explosive était exploitée de manière contrôlée, mais risquée.

Interdiction et Risques Associés

L’interdiction du chlorate de sodium résulte de multiples facteurs de sécurité et environnementaux. Le produit présente des risques d’explosion majeurs lorsqu’il entre en contact avec des matières combustibles, provoquant des accidents graves liés au chlorate de sodium. La toxicité du chlorate constitue un autre motif d’interdiction. Les animaux domestiques, attirés par le goût salé du produit, subissent des intoxications souvent mortelles après ingestion. Les symptômes apparaissent rapidement : vomissements, difficultés respiratoires, muqueuses foncées et convulsions, ce qui en fait un danger domestique important.

L’impact environnemental du chlorate de soude a également préoccupé les autorités sanitaires. Sa persistance dans le sol et sa migration vers les nappes phréatiques par lessivage contaminent durablement les ressources en eau, posant un problème de pollution à long terme. La réglementation française interdit strictement la vente et l’usage du chlorate de soude depuis le 31 décembre 2009. Malgré l’interdiction, le produit reste parfois accessible via internet ou par l’utilisation d’anciens stocks. Les autorités rappellent que la détention et l’usage du chlorate de sodium exposent à des sanctions pénales, sans compter les risques pour la santé et l’environnement. Le chlorate de sodium se transforme théoriquement en chlorure de sodium (sel de cuisine) sous l’action de l’eau et du temps, mais ce processus peut être lent et sa présence persistante dans l'environnement est problématique. Non, la vente du chlorate de soude est strictement interdite en France et dans l’Union européenne.

Alternatives Écologiques au Désherbage

Face à l'interdiction du chlorate de soude et une prise de conscience environnementale croissante, plusieurs méthodes écologiques remplacent efficacement le chlorate de sodium pour le désherbage.

  • L’eau bouillante : Elle constitue une solution immédiate pour éliminer les mauvaises herbes dans les interstices et zones gravillonnées. La chaleur choc détruit les cellules végétales, provoquant un flétrissement rapide.
  • Le vinaigre blanc : Dilué à 50%, il offre une alternative biodégradable pour détruire les parties aériennes des végétaux indésirables. Son action, bien que moins persistante que le chlorate, présente l’avantage d’un impact environnemental minimal et est souvent utilisée pour les jeunes pousses.
  • Le paillage : Il représente une méthode préventive particulièrement efficace. Une couche épaisse de matières organiques ou minérales (paille, tonte séchée, graviers, feuilles mortes) empêche la germination des graines et limite considérablement le développement des adventices en bloquant la lumière et en créant une barrière physique.
  • Le désherbage manuel : Bien que plus laborieux, il reste la méthode la plus écologique pour éliminer les mauvaises herbes de manière ciblée, préservant la microfaune et la structure du sol.
  • Les outils mécaniques : L'utilisation de désherbeurs thermiques, de binettes ou de sarcloirs permet également un contrôle efficace sans recours aux produits chimiques.

Alternatives écologiques au désherbage

Il est important de noter la différence entre le chlorate de soude (NaClO3) et l’eau de Javel (hypochlorite de sodium). Ce sont deux produits chimiques distincts, avec des usages et des dangers différents, et il est crucial de ne pas les confondre.

De l'Antiquité aux Temps Modernes : L'Évolution du Désherbage Chimique

Le terme "désherbant" a été utilisé de longue date à toutes les formes, y compris en tant que participe présent. "Désherbant" a été facilement adjectivé (produit désherbant) et substantifié dès le début du XXe siècle pour caractériser un produit qui tue les plantes, apparaissant dans de nombreuses revues plus ou moins spécialisées. Il semble être devenu d’usage courant dès le début du XXe siècle, pour qualifier (comme adjectif) ou nommer (comme substantif) les premiers produits testés et vendus. Peu avant la Première Guerre mondiale, on trouve des publicités vantant les qualités de l’« herbicide Euréka » et l’« herbicide Floquet », certainement des sels d’arsenic, utilisés pour nettoyer les allées ou entretenir les terrains de « lawns-tennis » devenus à la mode. En 1914, « L’Agriculture Nouvelle » reproduit une lettre où l'auteur déclare « depuis trois ans, j’utilise pour l’entretien de mon tennis et des allées de mon jardin, l’herbicide Euréka ». De même, dans la littérature professionnelle ou scientifique agricole, à propos de l’acide sulfurique ou de ses sels, on peut lire : « Des essais sont à poursuivre en petit sur diverses cultures, et même sur sols nus pour préciser la valeur herbicide et fertilisante du bisulfate de soude ». Au début du XXe siècle, les produits chimiques détruisant tout végétal étaient parfois nommés "poisons des plantes", tandis que des produits utilisables en culture (capables de détruire une ou plusieurs adventices sans trop affecter la culture) étaient plutôt nommés "produits désherbants" ou "désherbants". Puis "herbicide" et "désherbant" ont été utilisés parallèlement pendant la première moitié du siècle. Plus tard, dans la profession agricole, sur le modèle de "pesticide", terme anglais importé plus tardivement, se sont multipliés et généralisés les termes en « -cide » : acaricide, corvicide, fongicide, molluscicide, nématicide, rodenticide, taupicide. "Désherbant" est de moins en moins utilisé. Il semble qu’il y ait une tendance à utiliser l’un ou l’autre terme selon l’origine des locuteurs. Les professionnels de la sphère agricole et ceux qui gravitent autour utilisent plus volontiers "herbicide" ; le reste de la société a tendance à privilégier encore le terme "désherbant".

Évolution des techniques de désherbage

Les Premières Traces de Lutte Contre les Adventices

Depuis toujours, le principal problème qui limite la production agricole est la nuisibilité, directe et indirecte, des mauvaises herbes vis-à-vis de la culture. L'histoire du désherbage remonte à l'Antiquité, où divers peuples salaient la terre des cités vaincues pour la stériliser, une méthode radicale de destruction. En agriculture, ce qu’on appelle maintenant désherbage chimique a été, sinon pratiqué, du moins recommandé, très tôt. Des textes anciens suggèrent déjà des pratiques : « Et au cas que ces moyens ne soient suffisants, il sera bon d’épandre de la chaux sur la terre labourée sur la fin de Février : car outre qu’elle engraisse grandement, elle nettoie encore tout terroir, & y fait mourir toutes les herbes méchantes & dangereuses, d’où vient que la cueillette en est plus abondante, que de tous fiens [fumiers] qu’on y saurait mélanger. » (Estienne & Liébault, 1572). Cependant, les premières observations d'effets chimiques sur les plantes n'étaient pas toujours positives. Home, expérimentateur anglais du XVIIIe siècle, rapporte une anecdote à propos d’un gentilhomme à qui on avait préconisé du tartre vitriolé (sulfate de potassium) pour détruire les herbes de sa cour. Ce qui fut fait, mais il en conclut qu’au contraire elles s’en étaient trouvées renforcées. Ces rares exemples historiques concernent des mentions d’effets délétères de produits chimiques sur des plantes, mais pas de tentatives de désherbage chimique épargnant la culture.

La Naissance du Désherbage Sélectif

C’est fortuitement que Louis Bonnet, viticulteur à Murigny près de Reims, fit la première observation qui allait initier une utilisation agricole des produits chimiques pour un contrôle sélectif des adventices dans une culture. Il en fit une communication au Comice de Reims le 12 décembre 1896. Il avait remarqué quelques années auparavant dans ses vignes que la bouillie bordelaise qui tombait sur des ravenelles ou des moutardes brûlait les feuilles et pouvait les tuer s’il y en avait assez, mais surtout qu’elle semblait sans effet sur des folles avoines. Donc, en 1896, ayant un champ d’avoine envahi de moutardes et ravenelles déjà en fleur, il eut l’idée d’essayer une solution à 2%, puis à 4 et 6% car les ravenelles semblaient encore survivre. Satisfait de l’évolution, il traita tout le champ qui, trois jours après, se trouva complètement désherbé et sans symptômes sur l’avoine. Le plus important, outre le fait qu’il avait procédé à des tests pour déterminer la dose à appliquer pour détruire les adventices en préservant la culture, est qu’il concluait sa communication en imaginant : 1) qu’un traitement plus précoce serait à la fois plus facile, plus efficace et utiliserait moins d’eau et de sulfate de cuivre, 2) il en déduisait tout le parti qu’on pouvait tirer de cette observation pour généraliser la possibilité de désherbage chimique à d’autres cultures et d’autres adventices.

Cette communication fut confirmée par des tests rapportés à l’Académie d’Agriculture lors de cinq séances en 1897, démontrant que le blé est moins mouillable que la moutarde. Ceci entraîna dès cette année-là de nombreux essais en France, en Allemagne et jusqu’en Russie puis en Grande-Bretagne en 1898. Dès 1897, on testait à côté du sulfate de cuivre, du nitrate de cuivre et du sulfate de fer… Mais toujours uniquement contre la moutarde. Puis, rapidement, on a dû organiser des concours de pulvérisateurs pour améliorer l'efficacité de l'application.

Mais le véritable promoteur et vulgarisateur du désherbage sélectif du peuplement adventice (traitement qui doit détruire le maximum d’adventices tout en ayant le moins d’effet possible sur la culture) des céréales est Edmond Rabaté, à l’origine d’une méthode à base d’acide sulfurique que l’on nommera « méthode Rabaté ». Bien que de premiers essais de 1898-1900 avec l’acide sulfurique seul n’aient pas été jugés satisfaisants, assez rapidement, on lui a reconnu un effet modulé qu’on a tenté d’expliquer par le fait qu’il apparaissait d’autant plus efficace que les espèces avaient des feuilles molles, étalées, mouillables et l’« œil » (le méristème terminal) apparent, par opposition aux graminées. Aussi, dès 1906, Rabaté commença par définir les doses en fonction de la pureté de l’acide et des différentes espèces à détruire. Néanmoins, avant le traitement du champ, il conseillait aux agriculteurs de faire des essais préliminaires avec des doses croissantes et d’observer les adventices et la culture après quelques jours. Il avait déjà observé et signalé l’effet de l’humidité relative et de la température, et préconisait des périodes de traitement en fonction du stade des adventices et de la culture, et même plusieurs traitements s’il y avait plusieurs espèces (Rabaté, 1927).

Ainsi, dès les années 1920, l’acide sulfurique était utilisé comme herbicide sélectif pour les céréales, le lin, la luzerne, certaines cultures maraîchères, la vigne, l’oranger, les prairies permanentes, ainsi que pour contrôler le piétin, l’anthracnose de la vigne, le nettoyage hivernal des vergers… Il fut homologué dès le début en 1944 et le resta jusqu’en 1979. Très rapidement, toute une série de produits furent testés : des acides (nitrique, chlorhydrique, sulfurique), des bases (soude et potasse).

Comment Enlever la Mousse dans le Gazon ?

L'Ère des Herbicides Organiques et la Révolution Agricole

En 1932, le DNOC (dinitroorthocrésol), un colorant jaune victoria également utilisé comme amaigrissant et première molécule issue de la chimie organique déjà employée comme insecticide sur les arbres, fut proposé comme herbicide sélectif des céréales puis du lin. C’est en 1942 que fut créé au Royaume-Uni l’« Advisory Committee on the Scheme for Approval of Proprietary Products for the Control of Plant Pests and Diseases », sans référence explicite aux herbicides, qui analysait les propositions sur la base de l’efficacité essentiellement pour rejeter les produits ne correspondant pas aux efficacités et indications affichées. Le 2 novembre 1943 fut promulguée en France la loi organisant le contrôle des produits antiparasitaires à usage agricole, essentiellement pour protéger par l’homologation les agriculteurs des contrefaçons et définir des règles d’utilisation des produits devant l’explosion des formulations. Ainsi, en 1944, 12 produits furent homologués : 1 acide (sulfurique), 1 engrais (cyanamide calcique), 2 sels de sodium (chlorate et chlorure), 3 phénols (DNP (dinitrophénol), DNOC et TCP (trichlorophénol)), 3 sulfates (cuivre et fer) et 2 nitrates (cuivre et zinc). C’est en 1946 que les deux premières « phytohormones » mimétiques de l’auxine, synthétisées en 1941, ont été homologuées : le 2,4-D et le MCPA. Depuis lors, par opposition aux expérimentations aléatoires des décennies précédentes, les grandes entreprises chimiques recherchent systématiquement des produits adaptés au désherbage sélectif.

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, le long et fastidieux désherbage des céréales et du lin (et même des cultures sarclées) se faisait entièrement à la main, mais ne permettait pas de réduire les populations d’adventices au fil des ans. Si bien qu’en plus des infestations d’espèces vivaces (chiendent, avoine à chapelet, chardons, sureau hièble) impossibles à contrôler correctement, la céréale était systématiquement envahie chaque printemps par une explosion de floraisons de crucifères, coquelicots, vesces, matricaires, bleuets. Avec le développement de l’enseignement des enfants qui devient obligatoire dans la deuxième moitié du XIXe siècle et l’exode rural en réponse à une demande citadine croissante de main d’œuvre avec de meilleurs salaires, il n’y a plus assez de bras pour assurer l’entretien des cultures, alors que la demande de production ne cesse de croître.

À la fin du XIXe siècle, la découverte des propriétés sélectives de certains produits chimiques vis-à-vis des cultures apparaissait comme un progrès immense : on remplaçait un labeur essentiellement féminin de 4 à 7 jours d’une personne pour nettoyer un hectare de blé (et jusqu’à 4 semaines pour le lin) par un traitement de 4 heures pour un homme et un cheval ! Les deux guerres mondiales, avec les hécatombes chez les hommes et la dégradation des exploitations, ont renforcé le besoin de modernisation de l’agriculture (production accrue par une main d’œuvre réduite) qui va s’appuyer sur les découvertes sur la physiologie des végétaux peu avant la seconde guerre. Au même titre que l’agronomie, la génétique ou la protection contre les maladies et les ravageurs, l’usage des herbicides a enfin permis à la France, non seulement d’être enfin autosuffisante tous les ans, mais aussi de devenir exportatrice de céréales (notamment de blé de haute valeur boulangère).

L'Impact sur la Biodiversité et les Défis Actuels

Dans la première moitié du XXe siècle, les adventices étaient très abondantes dans toutes les cultures. Dans les céréales, les plus fréquentes étaient, par ordre décroissant, des chiendents, l’avoine à chapelet, des chardons, des vesces, des gesses, des ray-grass, toutes vivaces, et des annuelles : deux espèces de folles avoines, le mélampyre, la nielle, la renoncule rampante, la ravenelle, les matricaires, le coquelicot, le bleuet, le gaillet, le grémil. Grâce aux herbicides, de redoutables espèces vivaces qui, outre une forte concurrence, faisaient verser la culture et salissaient la récolte, ont été éliminées des céréales : les chiendents, l’avoine à chapelet, les vesces et gesses, le mélampyre, le mélilot et l’ail. Elles n’ont pas disparu mais sont aujourd’hui repoussées dans les bordures ou des milieux non cultivés. La nielle aux graines toxiques est relictuelle et les autres ont fortement régressé.

Avant les herbicides, on pouvait compter, selon la parcelle, en plus des nombreuses espèces vivaces, de 46 000 à plus de 200 000 graines par mètre carré de sol travaillé pour plus de 40 espèces annuelles, soit une levée potentielle de plus de 5 000 plantules adventices sur l’année. Aujourd’hui, les herbicides ont réduit le nombre d’espèces à environ une dizaine par parcelle et le stock de graines à 2 000-4 000 par m² (levée potentielle d’environ 300 plantules), voire moins. Mais l’agriculteur gère des espèces vivantes et rien n’est jamais définitivement acquis. Dès qu’il réduit son emprise sur les adventices, celles-ci reprennent le dessus, quand ce ne sont pas de nouvelles espèces qui entrent dans la parcelle (extension du vulpin et des ray-grass, apparition des bromes, de la vulpie, de l’anthrisque). Il faut à nouveau recommencer à lutter au maximum. Par ailleurs, s’il néglige les principes de base de l’agronomie, un mauvais usage des herbicides peut sélectionner des populations résistantes qui ne sont plus contrôlées correctement, disqualifiant prématurément le produit quelles que soient ses qualités initiales.

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