
La gestion des litières animales et l'amendement des sols constituent des préoccupations majeures pour les éleveurs et les jardiniers. Si la paille de céréales reste un choix traditionnel pour les litières bovines, son coût croissant et sa disponibilité fluctuante, influencés par les aléas climatiques et l'éloignement des zones céréalières, poussent à explorer des alternatives. Parmi celles-ci, la sciure de bois émerge comme une solution prometteuse, offrant des avantages techniques et économiques non négligeables, tant pour la confection de litières que pour la production de fumier et l'enrichissement du sol.
L'essai comparatif de litières : la sciure face aux alternatives
Afin d'évaluer les différentes options, la Chambre d’Agriculture de la Corrèze a coordonné un essai comparatif chez Sébastien Chauzas, éleveur-engraisseur à Estivaux. Cet essai a porté sur des lots de vaches en cours de finition et visait à analyser les avantages et inconvénients techniques et économiques de divers sous-produits. Coralie Sirieix, en charge de la supervision de ce travail, a souligné que l'essai s'est déroulé sur une durée de cinq semaines, du 12 mars au 25 avril.
Dès la première semaine, les litières à base de paille et de dolomie se sont avérées moins propres que celles comprenant de la sciure, du miscanthus et des granulés de bois. L'apport initial pour les différentes litières a été fait avec les volumes classiquement préconisés. Au bout d’une semaine, de la paille a dû être ajoutée dans les box de dolomie, sciure/paille et paille, puis régulièrement à raison d’une à deux fois par semaine. En revanche, la litière sur granulés de bois a tenu 35 jours sans aucun apport, démontrant une durabilité supérieure.
Conditions de l'expérimentation et caractéristiques des matériaux
L'essai a été mené dans l'un des bâtiments d’engraissement de Sébastien Chauzas, spécialisé dans les femelles bouchères haut de gamme. Ce bâtiment se prête bien à l’utilisation de produits autres que la paille en raison de la disposition des cases, faciles à curer et à regarnir par l’arrière. Le sol est stabilisé à la chaux, une technique qui consiste à mélanger de la chaux avec de la terre et à compacter le mélange pour obtenir une meilleure portance. Habituellement, cet engraisseur utilise une litière à base de sciure provenant d’une scierie proche et stockée sous un hangar. La stabulation utilisée pour cet essai est recouverte de panneaux photovoltaïques et idéalement orientée plein sud, assurant des conditions optimales. L'alimentation des animaux reposait sur une ration sèche distribuée à la mélangeuse, associant paille de blé, mélasse, complémentaire azoté et trois céréales différentes (orge, maïs et blé).
Les granulés de bois utilisés ont été fournis par la société Fargesbois. Il s’agissait de pellets de sciure compressée de 6 mm de diamètre, initialement destinés à l’alimentation de chaudière mais déclassés car n’ayant pas la longueur suffisante. Pour la combustion en chaudière, la taille optimale est de 1 à 3 cm de long. La différence avec les granulés de chauffage réside dans le passage au crible pour un tri selon leur dimension, avec une incidence sur leur prix. La masse volumique des « pellets litière » avoisine 650 kg/m³ et leur taux d’humidité est inférieur à 10 %. La société utilise de la sciure et des produits connexes issus de sa scierie pour confectionner ses granulés.
Température des litières et propreté des animaux
Les températures des litières, relevées chaque semaine à 10 cm de profondeur dans chacune des sept cases, n’ont jamais excédé 23 °C. Elles ont globalement progressé légèrement durant les trois premières semaines avant de redescendre. Le mélange sciure + paille a enregistré les températures les plus élevées, mais n’a jamais dépassé 30 °C, seuil au-delà duquel certaines bactéries pathogènes peuvent se développer. Le compte rendu de l’expérimentation souligne que les écarts de température entre la litière et la température ambiante du bâtiment sont plus stables avec des granulés de bois ou des granulés mélangés à de la paille.
Dès la première semaine, les litières à base de paille et de dolomie étaient moins propres que celles comprenant de la sciure, du miscanthus et des granulés de bois. Conséquence logique de ces observations, les animaux étaient plus propres avec des litières de type granulé, sciure et miscanthus comparativement aux litières à base de paille ou de dolomie. Les animaux étaient régulièrement couchés quel que soit le type de litière.
Poussière et impacts sur la santé
Des émissions de poussière ont été notées uniquement lors de la mise en place de la couche de granulés de bois et de miscanthus, alors qu'elles étaient bien présentes tous les deux jours dans les cases bénéficiant d’un apport complémentaire en paille. Ces émissions peuvent avoir un impact négatif sur la santé des animaux comme sur celle de leurs détenteurs.
Litière de fumier recyclée et santé des vaches… Deux objectifs réconciliables?
Caractéristiques du fumier issu de litières à base de sciure
Quel que soit le substrat utilisé pour ces litières, le pH des fumiers était toujours élevé et largement supérieur à 7. En revanche, les analyses montrent que le rapport carbone/azote (C/N) est plus élevé pour les fumiers issus de résidus de bois. Cette valeur indique l’aptitude d’un fumier à se décomposer plus ou moins rapidement dans le sol : plus le rapport C/N est élevé, moins l’azote est rapidement disponible. Il convient de signaler les teneurs particulièrement élevées en calcium et magnésium du fumier issu de litière incluant de la dolomie comparativement aux six autres échantillons.
D’autres éléments doivent être pris en compte pour l'étude, notamment l’alimentation des vaches. En fonction de l’équilibre de la ration, la qualité des bouses peut avoir un impact considérable sur la propreté des vaches et des litières. De plus, dans l’ensemble des cases, le point d’abreuvement était sur la marche du côté du quai d’alimentation et non sur la partie litière, n’ayant donc pas eu d’impact sur la qualité de la litière. Enfin, la météo a été très favorable durant la période d'expérimentation, avec un temps sec et venteux et seulement deux jours de pluie pour un total de 20 mm, limitant le salissement.
Le fumier : un allié du potager et sa constitution
Le fumier, bien que n'étant pas le sujet le plus poétique, s'avère être un formidable allié au potager. Il est un berceau de richesse pour notre sol et, à terme, un apport de nutriments pour nos cultures. Le fumier est un mélange de plusieurs matières organiques, comprenant les urines et les déjections animales (crottins, bouses, fientes, crottes…), ainsi que la litière qui absorbe les urines, qu'il s'agisse de foin, de paille, de broyat ou de sciure. C'est un mélange de matières très sèches, très carbonées, très ligneuses, couplées à des matières très humides. Pour un jardinier amateur comme Olivier, avec ses trois poules et un lapin, la quantité de fumier produite, bien qu'insuffisante pour ses 150m² cultivés, reste un apport précieux. Les fientes de poules sont récupérées avec la litière de paille, directement dans le poulailler, surtout sous les perchoirs.
Fumier frais ou composté : avantages et inconvénients
La question se pose de savoir si un fumier s’utilise frais ou s’il est nécessaire de le composter durant quelques semaines ou mois. Les deux hypothèses sont envisageables, mais l’apport d’un fumier composté au potager est la pratique la plus répandue, voire obligatoire en maraîchage professionnel.
Avantages du fumier composté :
- Assainissement et sécurité sanitaire : Le compostage assainit le fumier, limitant les risques sanitaires, notamment si les animaux ont été traités et que des résidus médicamenteux persistent dans les urines.
- Valorisation homogène : Mis en tas, le fumier se valorise de lui-même, les litières imprégnées d’urine et les déjections se bonifiant mutuellement dans un équilibre d’humidité et d’oxygénation, pour former un très beau compost homogène.
- Réduction de volume et logistique : Le fumier composté prend deux fois moins de place qu’un fumier frais, la paille se décomposant et s’émiettant. Il demande donc deux fois moins de logistique de transport.
- Stabilité et libération lente de minéraux : Parfaitement homogène et stable, il libère très lentement des minéraux et peut être utilisé toute l’année.
- Réduction des graines d'adventices : Grâce à la phase de compostage à chaud, il contient moins de graines d’adventices, qui seraient autrement propagées dans l'amendement.
Utilisation du fumier frais :Le fumier frais contient une bonne partie d’azote très vite disponible via les urines et déjections fraîches. Cependant, de nombreuses études montrent une déperdition d’azote pouvant atteindre 50% par volatilisation. Pour une bonne décomposition, le fumier a besoin d’oxygène. Il est donc conseillé de l’enfouir tout en le laissant dans un milieu aérobie, aéré, sur les 10 premiers centimètres de sol maximum. Son épandage est fortement conseillé en dehors des périodes de culture, le meilleur moment étant l'automne. Le sol est alors encore chaud et actif, et peut l'engloutir durant l’hiver. Les macros-organismes se régaleront de matières grossières à décomposer et se multiplieront.
Olivier, par exemple, utilise en grande partie du fumier composté qu'il met en tas dans un coin ombragé pour qu’il garde une bonne humidité, brassant ce tas tous les quinze jours. Il lui arrive parfois d’apporter quelques pelletées de fumier frais en surface du sol pendant l’automne, pour démultiplier la vie biologique.
Le fumier : un amendement, pas un engrais concentré
Le fumier est une ressource assez peu concentrée en minéraux. On dit d’ailleurs que c’est un amendement et non un engrais, dans le sens où ses concentrations en azote, phosphore, potassium sont inférieures à 3%. Ces faibles concentrations et la richesse en carbone du fumier ont un double impact. Il faudra du temps pour que la vie du sol décompose les molécules complexes du fumier et il faudrait l’apporter en quantité. Pour l’azote, il faudra plusieurs semaines, plusieurs mois et même plusieurs années pour qu’il se rende disponible pour les cultures, cet azote étant très complexe, relié au carbone (on parle d’azote organique). La vie du sol aura du pain sur la planche pour le déchiqueter et le casser en morceaux afin qu’il soit absorbable pour les cultures potagères. On parle de minéralisation de l’azote. Pour le phosphore et le potassium, même s’ils sont plus rapides à être disponibles, il faudra tout de même là aussi quelques semaines, quelques mois pour que le fumier libère sa richesse nutritive.
Olivier apporte du fumier au potager une fois par an à l’automne. Sachant que c’est un apport très stable et très lent à libérer ses minéraux, il n’hésite pas à apporter de fortes quantités, surtout pour les parcelles qui accueilleront des cultures gourmandes comme la plupart des cultures estivales (tomates, aubergines, poivrons, courgettes…). Une bonne brouette pour 10m², voire même deux parfois s’il a la ressource nécessaire.
Diversité des fumiers : du petit animal au grand
Plus l’animal est petit, plus le fumier est riche ! On parle aussi souvent de fumier froid ou fumier chaud, mais il est avant tout conseillé d'utiliser le fumier pour lequel l’accès est le plus facile. Que ce soit un centre équestre proche, un agriculteur, des voisins avec des animaux, ou une micro-ferme, les ressources locales sont à privilégier. Si la logistique de transport manque, du fumier composté en sac, facilement transportable, est disponible en jardinerie.
- Fumier de lapin et de poules : Ces fumiers sont au moins deux fois plus concentrés en minéraux qu’un fumier de vache ou de cheval. Tout juste 1 kilo au m² sera déjà une belle dose, correspondant à une bonne pelletée. Le fumier de lapin est le plus riche en potasse après celui de volaille, ce qui en fait sa particularité. Il est idéal pour répondre aux besoins exigeants des cultures les plus gourmandes comme les tomates, pommes de terre ou betteraves. Souvent assez pailleux lorsqu'il est récupéré avec la litière, il sera bien plus efficace composté, évitant tout risque de brûlure des cultures. Un bon compostage nécessite environ 90 jours de stockage, en maintenant une bonne humidité et en cassant les mottes compactes et sèches que peuvent parfois former les crottes. C'est un fumier chaud, idéal pour alléger les sols lourds.
- Fumier de cheval : C’est le fumier le plus répandu et le plus utilisé dans nos potagers. Il monte vite en chaleur et est d’ailleurs parfois utilisé pour confectionner des « couches chaudes », une alternance de fumier frais et paille ou foin pour chauffer un espace à semis, par exemple. Le fumier de cheval, souvent mélangé à de la litière (genêt, sciure, ajonc, fougère), est riche en fibres, humus et micro-organismes végétaux. Ses minéraux sont importants pour le développement de la terre cultivée et sa spécificité chimique favorise la culture. C'est le choix favori des jardiniers car il allège le sol grâce à sa température chaude, apportant très vite une nouvelle texture à la terre à cultiver. Il est ainsi souvent choisi pour les parcelles argileuses et lourdes. Toutefois, il faut faire très attention à sa manipulation à l'état frais car il peut être dévastateur. Il est impératif de le composter pour éviter les mauvaises surprises. L’excrément tout chaud contient encore des végétaux cellulosiques qui, s'ils sont répandus immédiatement sur le sol, pourraient germer et nuire aux semences. De plus, si le cheval est en traitement médical, les produits chimiques des médicaments seraient néfastes à la plantation. Enfin, il est susceptible de contenir des champignons ou des virus. Il est possible d’y intégrer les déchets verts du jardin ou de la cuisine pour améliorer le compostage. Demi-mûr, il peut être épandu deux fois par an, au printemps et à l’automne, pour permettre à la terre de conserver sa fertilité. Il est aussi agréable de l’utiliser comme produit de fond pour certaines plantes comme le rosier ou les tomates.
- Fumier de vache : Un fumier également très utilisé au potager, et en agriculture du fait des quantités disponibles assez considérables. Il est plutôt conseillé pour les sols légers tellement ce fumier est lourd et froid. Les bouses complétées d’une litière de paille mettent du temps à se décomposer sans trop de montées en température. Mais une fois composté, il pourra être utilisé pour tout type de sol. Sa richesse nutritive est assez similaire au fumier de cheval, un peu plus riche tout de même, notamment en potassium.

La sciure de bois : une ressource polyvalente pour le jardin et la maison
La sciure de bois, souvent considérée comme un déchet après des travaux de bricolage ou la coupe de bois de chauffage, représente bien plus qu'un simple résidu. Riche en carbone, dotée d’excellentes propriétés absorbantes et 100% naturelle, elle s’inscrit parfaitement dans une démarche zéro déchet. Que l'on soit jardinier, éleveur amateur ou bricoleur, de nombreuses solutions existent pour la réutiliser intelligemment.
Précautions d'utilisation de la sciure
Avant de recycler la sciure de bois, il est impératif d'identifier sa provenance. Il est crucial de ne jamais utiliser de sciure de bois traité chimiquement pour le jardin, la litière animale ou le contact alimentaire. Il faut privilégier exclusivement la sciure de bois naturel non traité : planches brutes, bois de chauffage, chutes de menuiserie certifiées. En cas de doute sur la provenance, il est systématiquement conseillé de renoncer à son utilisation. L'OSB, le contreplaqué et le lamellé collé sont aussi à éviter. Il faut également faire attention à l’origine du bois ; si le bois est exotique, la vie du sol ne sera pas en mesure de le digérer. Les sciures de résineux (pin, sapin, épicéa) sont acides et conviennent parfaitement aux plantes acidophiles comme les fraisiers, framboises, hortensias, azalées, rhododendrons. Avant toute utilisation, il est nécessaire de vérifier le type d’huile de chaîne utilisé, car les huiles conventionnelles contiennent des hydrocarbures polluants.

Applications multiples de la sciure
Le recyclage de la sciure de bois s’inscrit dans une démarche d’économie circulaire vertueuse. Pour les particuliers, les meilleures options de recyclage restent le compostage domestique, le paillage au jardin et la litière animale.
- Compostage : Le compostage représente la meilleure façon de transformer la sciure de bois en amendement organique de qualité. La sciure est extrêmement riche en carbone (rapport C/N de 100 à 500:1). Il est crucial de ne jamais dépasser 25% de sciure en volume total dans le compost. Pour un bon compostage, il faut alterner 1 volume de sciure avec 2-3 volumes de matières azotées (tontes, déchets de cuisine, fumier). Un compost actif avec apport d’azote et retournements réguliers prendra 6 à 12 mois. D'après les observations d'un maraîcher du réseau MSV qui a stocké 300 m³ de sciure de chêne et d'hêtre pure, il n'y a pas de compostage de l'andain qui finit par se couvrir de chiendent si pas d'entretien. Seuls les 15-20 cm de sciure en contact avec le sol finissent par brunir après un certain temps. Une autre solution avancée pour éviter la faim d’azote serait de mélanger la sciure de bois avec un apport azoté de type fiente, plumes, fumier peu pailleux, lisier, pour abaisser le C/N. Cependant, l'expérience du même maraîcher a montré qu'un mélange de sciure brute avec du broyage de déchet vert, apporté à l'automne sur une parcelle cultivée en oignon au printemps suivant, a entraîné une faim d'azote même après un double apport de fertilisation. Il est donc recommandé d'éviter d'épandre de la sciure de bois, même mélangée, sur des planches destinées à produire des légumes prochainement.
- Paillage : Le paillage à la sciure de bois nécessite des précautions pour éviter les désagréments. Il ne faut jamais dépasser 3-4 cm de sciure pure en paillage excessif. Les plantes acidophiles (fraises, framboises, myrtilles) et les cultures à faible besoin en azote (ail, oignons) tolèrent mieux le paillage de sciure au jardin. En paillage de surface, il faut prévoir 2 à 4 ans pour sa décomposition. L’utilisation de sciure pour matérialiser les allées du potager représente l’application la plus sûre au jardin. Sur sols lourds, la sciure fine peut aggraver le compactage.
- Litière animale : La sciure constitue l’une des litières animales les plus performantes.
- Chevaux : Il est préférable d'utiliser de la sciure de résineux (15-20 cm d’épaisseur).
- Volailles : Des copeaux moyens (5-8 cm) sont à privilégier.
- Rongeurs : Il faut opter pour de la sciure fine de feuillus uniquement, en évitant les résineux irritants.
- Allume-feu écologiques : La fabrication d’allume-feu écologiques avec de la sciure est simple, économique et zéro déchet. Un seul allume-feu suffit pour démarrer un feu, même avec du bois légèrement humide.
- Fumage : Le fumage avec sciure et copeaux donne aux préparations des arômes authentiques.
- Toilettes sèches : La sciure constitue le matériau carboné de référence pour les toilettes sèches.
- Conservation des légumes : La conservation dans la sciure préserve pommes de terre, carottes, betteraves pendant 6 à 8 mois.
- En atelier : Elle est efficace pour l'absorption des fuites d’huile, d'essence ou de liquides de refroidissement.
Erreurs à éviter avec la sciure :
- Paillage excessif : Ne jamais dépasser 3-4 cm de sciure pure.
- Bois traité : Ne jamais utiliser de sciure de palettes industrielles, traverses ou meubles traités.
- Compactage du sol : Sur sols lourds, la sciure fine aggrave le compactage.
- Stockage humide : Stocker la sciure absolument sèche.
- Brûler en vrac : Ne jamais brûler de sciure en vrac dans un poêle classique.
Fourniture et impact sur le sol
Des sources gratuites de sciure de bois peuvent être trouvées auprès de menuiseries artisanales, scieries, chantiers bois, ou centres équestres. Si l'on dispose d'une telle source non loin de chez soi, il est important de s'assurer que le bois n'est pas traité chimiquement afin de ne pas endommager le réseau mycélien du sol. Avec un C/N variant de 100 à 500, la sciure de bois est très riche en carbone et contient peu de champignons et de bactéries par rapport à du broyat de déchet vert frais. Quand le fumier est bien pourvu en sciure, il cessera de fumer lorsque la transformation de l’azote sera effective, et il sera alors utilisable en quelques mois. Laisser le fumier frais se décomposer sans lui ajouter des déchets carbonés est un leurre ; il y aura juste une fuite des nitrates dans le sol, génératrice de pollution.
Le compostage : une pratique essentielle pour un sol vivant

Le compostage est une pratique fascinante qui transforme les déchets organiques en une ressource précieuse pour le jardin. Il permet de convertir les feuilles mortes, le fumier, les mauvaises herbes, le bois et le papier en une matière organique décomposée qui nourrit le sol de manière lente et régulière, lui permettant ainsi de nourrir à son tour les plantes. Dans les jardins, un tas de compost accélère le processus de décomposition naturelle, ce qui entraîne moins de limaces que les paillis de matières non décomposées et fortifie les plantes. La matière organique permet au sol de s'agréger pour une meilleure stabilité et aération, et constitue la nourriture des milliards d'habitants du sol, invisibles pour la plupart.
Le fumier frais est une matière organique, mais par rapport au compost, il contient moins d'organismes vivants tels que les champignons. Les substances nutritives du compost ne sont plus solubles dans l’eau, tandis que celles des fumiers le sont encore. D'où les inquiétudes concernant le lessivage des nitrates à partir de la bouse (déjections de vache sans litière et fraîches), qui, par confusion, ont été transférées par les législateurs pour inclure le compost. Le compost, lui, n'est pas lessivé par les pluies car ses nutriments ne sont pas solubles dans l'eau. Il représente bien plus que des nitrates ou de l'engrais, son effet de stimulation sur la biologie du sol assure une fertilité qui augmente et perdure dans le temps.
Compost et engrais : une distinction cruciale
L'utilisation des engrais synthétiques est souvent considérée comme un raccourci dangereux pour la santé des sols et pour notre santé. Ces engrais nuisent à la vie du sol et, finalement, à la vie marine, car certains d'entre eux sont lessivés. Ils court-circuitent la croissance des plantes et constituent une des raisons de la perte des minéraux des aliments.
Le compost, en revanche, n'est pas un engrais au sens "moderne" du terme. Il s’agit plutôt d’un stimulant biologique qui nourrit la vie du sol et permet aux organismes d’aider les racines des plantes à retrouver nourriture et humidité. Il doit être considéré comme un catalyseur, et non une source principale de nourriture.
Les différentes qualités du compost
La maturité du compost signifie que la chaleur d’un tas est pratiquement disparue, car la décomposition est terminée. Les vers rouges de compost arrivent souvent à ce stade, et les tas deviennent des élevages de vers avec une quantité réduite de compost de qualité supérieure. Cela peut prendre jusqu'à six mois pour voir les vers apparaître dans les tas à Homeacres, qui sont normalement trop chauds pour eux avant ce moment, sauf en hiver.
En comparaison, le compost municipal a l'air "terminé" après seulement quelques semaines, après avoir été déchiqueté puis retourné régulièrement. Cependant, sa noirceur est due à la carbonisation produite par des hautes températures, jusqu'à 80°C, car un grand nombre de bactéries thermophiles sont encouragées par le retournement régulier et l'introduction d'air. Des livraisons de ce compost peuvent encore mesurer des températures de 60°C, même s'il a l’apparence du « compost », noir et friable. Les résultats de plantation avec ce type de compost étalé immédiatement sont médiocres par rapport à celui gardé en tas et étalé après six mois supplémentaires de fermentation. Il est possible de planter ou semer dans le compost de déchets verts une fois refroidi et mûr, mais il faut vérifier sa chaleur lors de la livraison.
Les ingrédients du compost : verts, bruns et l'humidité
Les ingrédients du compost se divisent en deux catégories principales :
- Ingrédients verts : Mous, feuillus, riches en azote, généralement humides et pauvres en fibres. Les épluchures de cuisine et les déchets alimentaires sont pour la plupart verts. Ils génèrent des températures élevées.
- Ingrédients bruns : Fibreux, plus secs et plutôt ligneux que feuillus. Certains matériaux sont à la fois verts et bruns.
L'objectif est d'atteindre un équilibre d'environ 50:50, ou peut-être un peu plus de vert que de brun, ce qui contribue à un niveau correct d'humidité, de chaleur et de structure/aération. Les quantités de vert et de brun sont difficiles à comparer ; les verts sont souvent volumineux, les bruns sont denses. Donc, 50:50 signifie qu'une couche de feuilles vertes d'environ 7 cm équivaut à une couche de matériaux bruns de 2,5 cm tels que la sciure de bois et le carton.
Dans le climat britannique, l'air est souvent humide, de même que les matériaux ajoutés au tas de compost. Au fur et à mesure de leur décomposition, leur humidité est libérée pour s'infiltrer dans le tas. Si elle ne peut ni s'écouler, ni être absorbée par des matériaux plus secs, le compost devient détrempé et sans air, ou anaérobie. Cela ralentit ou arrête le processus de dégradation ; l'ajout de papier, de terre ou d'autres ingrédients bruns est un remède. Par contraste, pendant les étés secs, il peut être nécessaire d'arroser les tas de compost, surtout lors de leur retournement où des poches sèches peuvent être découvertes.
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Quels matériaux composter ?
De nombreux matériaux peuvent être compostés efficacement :
- Mauvaises herbes (vertes) : Y compris avec de la terre (brune) sur leurs racines, permettant de faire un compost fin à partir d'elles seules. Les mauvaises herbes vivaces comme les racines et feuilles de liserons, Rumex/patiences, orties, renoncules, pissenlits et chiendent se décomposent même dans les tas plus froids de l’hiver et ne repoussent que s’ils sont exposés à la lumière. Cela permet de gagner beaucoup de temps en ne les séparant pas.
- Feuilles : Les feuilles fraîches sont vertes et les feuilles plus âgées deviennent plus brunes ; les feuilles des arbres d'automne sont principalement brunes.
- Déchets de cuisine : Les feuilles de rhubarbe et les écorces d'agrumes sont bonnes à composter.
- Coquilles d'œufs : Elles apportent de la structure à un tas mais se décomposent lentement, terminant souvent en paillis sur le dessus.
- Feuilles malades : Les feuilles de courgette et de laitue moisies, les feuilles d'ail et de poireau rouillées, les feuilles de pomme de terre et de tomate ainsi que les tubercules/fruits touchés par le mildiou sont bonnes à composter. Les spores de mildiou, par exemple, ont besoin de tissus vivants pour survivre, par conséquent ils meurent dans un tas de compost, ainsi que dans le sol. Le compost fait avec des feuilles atteintes de mildiou peut être répandu autour des tomates sans problème, car les spores ne survivent pas dans le sol et il n'est pas nécessaire de remplacer la terre des serres.
- Matériaux ligneux déchiquetés (bruns) : Leur vitesse de compostage dépend de leur taille, et du fait qu'ils soient écrasés ou simplement coupés (il est préférable de les écraser). Il est utile de garder un tas de branches broyées près des tas de compost en été, pour ajouter à tout apport important de tonte d’herbe et de feuilles fraîches.
- Autres matériaux bruns : Le papier (mieux froissé), le carton (pouvant être ajouté en gros morceaux), la cendre de bois (les tas peuvent contenir jusqu'à 10% de cendre de bois en hiver), la terre et la paille, qui donnent une bonne structure et une bonne aération.
- Fumier frais des animaux (vert) : Excellent pour accélérer la décomposition. Cependant, des ajouts massifs de litière avec sciure de bois, souvent très sèche et très lente à se décomposer, peuvent rendre le compost fini ligneux.
Choix du bac et construction du tas
Un bac avec des côtés en plastique ou en bois garde les matériaux ensemble, augmente la chaleur et l'humidité. Un couvercle permet d'empêcher la pluie de pénétrer. Les bacs en bois sont souvent considérés comme ayant besoin de côtés à lattes pour permettre l'entrée d'air, mais cette aération a un impact limité. Les bacs avec des côtés en contreplaqué, par exemple, font un excellent compost car ils conservent à la fois la chaleur et l'humidité. Des bacs plus grands, comme ceux décrits (1,7 m de profondeur et 1,8 m de largeur), permettent d'obtenir des volumes significatifs de compost. Les bacs en plastique des Conseils Municipaux sont souvent petits, ce qui limite la chaleur qu'ils peuvent maintenir, et certaines graines de mauvaises herbes peuvent y survivre.
La meilleure base pour un tas de compost est le sol, pour le drainage et pour permettre aux organismes de pénétrer dans le tas par le bas lorsque la chaleur diminue ou avant qu'elle ne commence à monter.
Pour construire un tas, il est recommandé d'ajouter les déchets de jardin au fur et à mesure, en couches de niveau plutôt qu'en monticules au milieu, afin de répartir uniformément les différents matériaux. Parfois, des « matériaux d’équilibrage » sont nécessaires en termes de vert et de brun. Pendant une grande partie de la saison de croissance, il y a un surplus de vert ; il est donc utile de garder un tas de papier ou des feuilles d'automne, du carton et des brindilles, en particulier lors des ajouts de tonte d'herbe. En hiver, un excès de brun peut être compensé par l'ajout de fumier frais ou de marc de café pour assurer un bon équilibre.
Pour les petits jardins qui génèrent moins de matière et peuvent avoir du mal à remplir un bac, même pendant une année entière, il est préférable d'utiliser le bac le plus petit possible car un bac plus plein et plus petit fait un meilleur compost qu'un bac grand à moitié vide. Après environ un an de remplissage, le bac peut être vidé à un endroit adjacent pour y remettre la partie supérieure des matériaux non décomposés, puis le compost de la partie inférieure peut être utilisé. Dans les grands jardins, les tas peuvent atteindre quatre ou cinq pieds de haut en un mois. Il faut continuer à remplir même après cette hauteur pendant encore 2 à 4 semaines car le tas continuera à descendre, puis le couvrir avec de la paille, des tapis ou, idéalement, du polyéthylène pour empêcher la pluie d'entrer.
