Le Fumier de Cheval pour le Jardin : Un Amendement Précieux pour un Potager Prospère

Le fumier de cheval, mélange de déjections, d'urine et de litière végétale, est depuis longtemps reconnu comme une ressource précieuse pour enrichir le sol de votre jardin. Composé de matière fécale, d'urine et de matières carbonées végétales, il apporte de nombreux minéraux et oligoéléments au sol lorsqu’il se décompose. Autant de nutriments bénéfiques aux différents végétaux plantés dans le potager, favorisant une croissance saine des plantes et augmentant la fertilité du sol. C’est un allié précieux pour qui veut cultiver en permaculture, amendement équilibré, réchauffant et structurant, il améliore durablement la vie du sol tout en nourrissant les cultures les plus exigeantes.

Schéma de la composition du fumier de cheval

Qu'est-ce que le fumier de cheval et pourquoi l'utiliser ?

Le fumier de cheval est une ressource précieuse pour enrichir le sol de votre jardin grâce à ses nombreux nutriments. C’est un mélange de déjections des chevaux et de litière végétale, généralement de la paille. En fonction du niveau de paille, de crottin ou d’urine, il peut être plus ou moins sec. Il est souvent considéré comme le fumier le plus utilisé dans nos potagers et le plus vendu en jardinerie. Le fumier de cheval est un amendement complet qui apporte des éléments essentiels comme l’azote, le phosphore et la potasse. Il contient également du calcium et du magnésium, qui jouent un rôle dans l’équilibre du sol et la croissance des plantes. Sa texture différente et enrichie en paille est intéressante pour donner de l’air à vos terres et pour amender les terres argileuses plus lourdes. Il peut aussi donner du corps aux terres sableuses.

Les minéraux qu’il contient vont se libérer dans le sol sur une année, deux années pour l’azote. C’est ce carbone qui va améliorer la texture de notre sol, la structure, le rendre plus meuble, léger, poreux. Sans compter qu’il sollicitera la vie biologique qui va se régaler de manger, décomposer ces molécules complexes carbonées pour les transformer à terme en minéraux essentiels. Une faible concentration en minéraux ouvre la porte à apporter de grandes quantités. Avec de la paille, le rapport carbone/azote est assez équilibré (autour de 27 à 30).

Les qualités uniques du fumier de cheval

Parmi les différents fumiers, l’utilisation du fumier de cheval pour le potager est un bon choix. Il est bien équilibré, grâce à sa teneur en paille, et est particulièrement apprécié pour les terres lourdes, argileuses, qu’il contribue réellement à améliorer. Il est particulièrement riche en potasse et en azote. Le fumier de cheval se réchauffe facilement et rapidement, ce qui est intéressant pour réchauffer les terres lourdes. Il est également un matériau léger en comparaison à d’autres fumiers (notamment le fumier de vache) et surtout par rapport à une terre lourde, argileuse. Il allégera donc ce type de terre.

Quand et comment utiliser le fumier de cheval : l'or du potager

Les différentes formes du fumier de cheval et leurs usages

Excellent amendement pour le sol, le fumier de cheval peut être utilisé de différentes manières en fonction des résultats souhaités et de l’état de décomposition de ce dernier. Tous les fumiers de cheval ne se valent pas, leur efficacité dépend de leur état de décomposition et du moment où vous les utilisez.

Le fumier frais : Précautions et utilisations spécifiques

Le fumier frais, directement sorti de l’écurie et non composté, est encore très actif, produit de la chaleur et dégage de l’ammoniac. C’est le fumier directement sorti de l’écurie, non composté. Il est encore très actif, produit de la chaleur et dégage de l’ammoniac, ce qui peut brûler les racines si vous l’utilisez trop tôt. La quantité d’azote que le fumier renferme lorsqu’il est frais pourrait également brûler les racines des végétaux. Le fumier frais présente quelques inconvénients : il est assez riche en ammoniaque à cause des urines, donc une quantité importante peut être polluante ; il peut contenir des restes de traitements médicamenteux, vermifuges par exemple ; il peut contenir des pathogènes (bactéries ou autres). Cependant, sa rapide montée en température et la présence d’oxygène vont assez rapidement les détruire. Il est assez conseillé de ne pas l’épandre juste avant de faire des plantations, il est préférable de le faire au moins 3 à 4 mois avant. La quantité d’azote qu’il contient est un peu importante pour certaines de vos plantations et risque de brûler leurs racines.

Pour une telle utilisation de ce fumier frais, prenez soin à ce qu’il vienne de chevaux non traités, non vermifugés. L’utiliser frais a par contre l’avantage de doper l’activité biologique du sol. Et après 1 mois environ, le fumier de cheval pourra tout à fait être utilisé comme lit de culture pour certains légumes (tomates et courges). Par contre, ne l’utilisez pas frais en cours de culture, lorsque les plants ont déjà poussé, les éventuels agents pathogènes qui pourraient s’y trouver seraient encore actifs et pourraient contaminer votre production. Il est conseillé d’épandre 1 kg de fumier frais par m² tous les 2 ou 3 ans. Le moment idéal pour l’épandage du fumier de cheval frais est l’automne.

Le fumier demi-mûr et mûr : Polyvalence et sécurité

Le fumier demi-mûr a déjà commencé à se transformer, mais reste encore un peu instable. Il dégage moins de chaleur, mais il faut quand même éviter de l’utiliser au contact direct des jeunes plants. Le fumier mûr (composté 6 à 12 mois) est la forme la plus polyvalente. Il est bien décomposé, inodore, facile à manipuler et ne présente plus de risque pour les racines. Sous cette forme, il peut être utilisé à tout moment en raison du processus de compostage qui fait monter le fumier assez haut en température et permet d’éliminer les éventuelles bactéries. Un fumier de cheval bien décomposé présente un NPK de 0,6 % d’azote, 0,4 % de phosphore et 0,7 % de potassium. Il ne fait donc courir aucun risque aux racines de jeunes végétaux qu’une forte quantité d’azote peut brûler, et les quantités de minéraux apportés au sol restent raisonnables.

Diagramme du processus de compostage du fumier de cheval

Vous pouvez l’épandre en quantité sans crainte, les doses conseillées étant de 1 à 3 kg par m² par an. Il est conseillé d’épandre dans son potager une quantité allant jusqu’à 3 kg de fumier décomposé par m² et par an. Le fumier composté peut, quant à lui, être utilisé au printemps. Il est alors à apposer sur la terre du potager en couche de 5 cm environ, une quinzaine de jours avant de réaliser les plantations. Il ne vous restera plus qu’à l’enfouir sous un peu de terre puis à semer ou planter les légumes de votre potager. On peut également s’en servir pour enrichir la terre du potager du printemps à la fin de l’été, alors même que les plantes sont en pleine croissance. Dans ce cas, des apports en très petite quantité sont préférables.

Le fumier déshydraté : Praticité et efficacité

Le fumier déshydraté est un fumier séché, souvent compressé en granulés. Il est propre, pratique à stocker, mais plus cher. Son action est plus douce, car les micro-organismes doivent le réactiver avec l’humidité du sol. Très simple à utiliser de par sa présentation en granulés, il est idéal pour tous ceux qui n’ont pas accès à du vrai fumier. Le fumier déshydraté a de plus l'avantage de pouvoir être employé à tout moment et pour de nombreuses plantes potagères : pommes de terre, tomates, salades, petits fruits. Vous l’emploierez aussi bien pour fertiliser le sol avant une plantation que pour apporter des nutriments en cours de croissance de vos plantes potagères. Il se mélange très simplement à la terre ou au terreau et s’incorpore par griffage ou ratissage. En entretien, il sera apporté 1 fois par an, à l’automne ou au printemps, à raison d’1 kg/m². Ce type de fumier est plus concentré, il suffit souvent de 0,5 à 1 kg par m², ou quelques poignées autour de chaque plant.

Quand et comment utiliser le fumier de cheval dans votre jardin ?

Le moment idéal pour l’épandage du fumier de cheval frais est l’automne. Ainsi, la pluie, le gel, les vers de terre et autres micro-organismes auront tout le temps d’agir pendant l’hiver pour qu’il se décompose et s’intègre progressivement au sol. La terre sera ainsi améliorée et riche en nutriments nécessaires à la bonne croissance des légumes que vous planterez au printemps.

Épandage en automne : Préparation du sol pour le printemps

C’est à l’automne qu’il est conseillé de réaliser cet épandage, une fois le printemps venu, le gel et les pluies étant passées sur le fumier, aidées par les microorganismes vivants dans le sol, le fumier sera parfait pour les plantes potagères. Les vers de terre et autres vont faire leur travail et l'incorporer progressivement dans le sol, en douceur et déjà décomposé. Vous le grifferez légèrement avant d’y faire vos plantations. Cette méthode permet de nourrir le sol, de l’enrichir, sans pour autant nuire à la vie indispensable qui s’y cache. Et non seulement vos légumes y trouveront les nutriments dont ils ont besoin pour une bonne croissance, mais en plus votre terre sera améliorée. En automne, disposez-le sur les parties du jardin où il n’y a pas de culture et étendez-le sur toute la surface. Épandez votre fumier de cheval à raison de 100 à 300 kg pour 100 m² et le tour est joué ! Griffez-le pour incorporer la terre et le fumier ensemble. La couche de fumier de cheval doit être épaisse, et il est judicieux de couvrir cet amendement avec par exemple toutes les feuilles mortes ramassées dans votre jardin.

Application printanière : Un coup de pouce pour les jeunes pousses

Autre possibilité : utiliser le fumier de cheval pour le potager au printemps. Lorsqu’il est bien décomposé, cette matière organique peut tout à fait être apportée sur les planches un peu avant les plantations. Au début du mois de mars, il faut faire une couche de 6 cm environ et patienter une quinzaine de jours. Vous aurez juste ensuite à l’enfouir superficiellement et planter ou semer comme vous le faites habituellement. Le fumier composté peut être utilisé au printemps pour fertiliser votre potager ou votre jardin. Rajoutez une couche de fumier à la fin du printemps pour pailler vos plantes.

Calendrier d'application du fumier de cheval au potager

Dosage et fréquence : L'équilibre pour une fertilité optimale

En règle générale, les plantes les plus gourmandes du potager nécessitent entre 15 et 20 g d’azote, entre 8 et 10 g de phosphore et entre 20 et 30 g de potassium, par an et par m². La dose à utiliser dépend surtout de l’état de décomposition du fumier. Pour un fumier frais, comptez 2 à 3 kg par m², soit environ 20 à 30 tonnes à l’hectare. Ce type de fumier ne doit jamais être utilisé juste avant une plantation. Pour un fumier composté, 1 à 2 kg par m² suffisent pour enrichir le sol avant les plantations de printemps. La première année, 3 kg de fumier de cheval décomposé est une bonne dose, puis 1 kg par m² la deuxième année. En entretien, l’épandage de fumier décomposé ne sera pas fait tous les ans. Vous pourrez apporter ce fumier tous les 2 ou 3 ans, à raison d’1 kg par m². Un épandage annuel de 1 à 3 kg de fumier frais au m² constitue un apport raisonnable, sans risque de pollution ammoniacale.

Les techniques d'application : Pour maximiser les bénéfices

Le meilleur moyen pour bien intégrer le fumier dans le sol, c’est de ne pas l’intégrer ! Il convient en effet de l’étaler sur le sol et de le laisser se décomposer jusqu'au moment des plantations, environ 3 à 4 mois. En effet, sa décomposition doit se faire en milieu aérobie, c’est-à-dire exposé à l’air. Étalez-le uniformément sur la surface du sol plutôt que de l’enfouir profondément. La décomposition aérobie nécessite un contact avec l’air. Pour protéger le fumier épandu, recouvrez-le de feuilles mortes ou de paille. Cette couverture évite le lessivage des nutriments et maintient l’humidité nécessaire à la décomposition.

L'approche permaculturelle : Fertilisation et respect du sol

Plutôt que vouloir enfouir, ne serait-ce que superficiellement, le fumier de cheval épandu, celui-ci peut tout simplement être recouvert de matières ligneuses, entendez par là de matières composées de lignine (substance organique qui, associée à la cellulose, compose le bois), par exemple de la paille, des feuilles, du BRF. Vous formerez ainsi, progressivement, des buttes sur lesquelles vous pourrez planter vos légumes sans avoir à travailler le sol. Cette méthode d'enfouissement sans retournement du sol et sans perturbation de la vie souterraine est efficace.

Quelles plantes aiment le fumier de cheval et lesquelles l'évitent ?

Une multitude de plantes potagères, mais aussi de fleurs, apprécient le fumier de cheval. Au potager, il est notamment idéal pour combler les besoins des plantes gourmandes.

Les inconditionnelles : Plantes gourmandes en nutriments

Les cultures gourmandes sont les grandes gagnantes. Tomates, poivrons, aubergines : apprécient un sol riche en humus. Courgettes, potirons, concombres : ces cucurbitacées ont besoin de beaucoup de matière organique. Choux, poireaux, céleris : leur cycle long demande un sol structuré et nourri. Au potager, il est notamment idéal pour combler les besoins des plantes gourmandes comme les tomates, les poivrons, les aubergines ou encore les courges. Les pommes de terre en sont également friandes, car le fumier de cheval est riche en potasse.

Tableau des plantes qui aiment le fumier de cheval

Les exigeantes : Salades et légumes-feuilles

Les salades apprécient également le fumier, mais seulement bien décomposé. Les salades et légumes-feuilles ne tolèrent que le fumier parfaitement décomposé. Un apport léger et bien composté est recommandé pour la croissance rapide grâce à l'azote disponible.

Les réfractaires : Les alliacées et légumes-racines

Certaines plantes ne supportent pas le fumier et notamment celui de cheval, à l’instar de l’ail, de l’échalote ou encore de l’oignon. Évitez par contre de planter des alliacées comme les oignons, l’ail, l’échalote, à des endroits que vous avez enrichi avec du fumier (ou autres matières organiques d’ailleurs), elles ont horreur de ça ! Les légumes-racines comme les carottes, les navets ou les radis réagissent mal à un excès de fertilité. Dans ce cas, mieux vaut éviter tout apport de fumier, même bien composté. Ces cultures préfèrent un sol léger, peu enrichi. Évitez tout apport massif juste avant les semis de légumes racines à croissance rapide comme le radis ou les carottes. Un excès d’azote favoriserait le développement du feuillage au détriment de la partie comestible.

Composter son fumier de cheval : L'art de la transformation

Il faut environ 6 mois pour composter correctement un fumier. Le fumier de cheval, qui monte très haut en température, peut ainsi se débarrasser des éventuelles bactéries ou parasites qu’il peut contenir. Ce compostage permet également d’équilibrer les ratios NPK. Un fumier bien composté ne sent plus l’urine ni l’ammoniac. Il devient sombre, grumeleux, facile à manipuler à la main, sans morceaux reconnaissables de paille ou de crottin.

Les étapes clés d'un compostage réussi

Pour bien mener ce compostage, plusieurs choses sont importantes :

  • Ne réalisez pas de tas trop hauts, dans lesquels le processus ne se passerait pas correctement.
  • Installez-le sur des branchages, qui permettront à l’air de passer en-dessous et qui favoriseront également l’écoulement du liquide qui se forme au cours de la décomposition.
  • Ou bien retournez-le au moins 3 fois au cours des 6 mois.
  • Il est conseillé de couvrir le fumier, par exemple avec de la paille. Cela évitera le lessivage de tous les nutriments dans le sol entraînés par la pluie.
  • Former un andain : empilez le fumier en tas aéré, de préférence en extérieur.
  • Contrôler l’humidité : le compost doit être humide comme une éponge essorée. Trop sec ? Arrosez. Trop mouillé ? Ajoutez de la matière sèche.

Le mélanger avec des matériaux verts (plus riches en phosphore) sera dès lors une bonne chose. Ce qui pourra se faire en l’incorporant à votre compost végétal. Ou, si vous choisissez de composter le fumier en tas, en y ajoutant et mélangeant des tontes, du BRF ou autres déchets verts de tailles.

La couche chaude : Une astuce pour les semis précoces

Le fumier de cheval, du fait de sa faculté à chauffer rapidement, est le matériau idéal pour la constitution de couches chaudes. Il est très simple de faire une couche chaude au potager, où elle servira pour les semis et jeunes plants frileux à planter plus tard. Le fumier de cheval est tout à fait approprié à la confection de ces couches chaudes, car il monte rapidement en température. Vous pouvez la construire directement sur le sol mais il est plus judicieux de creuser une fosse d’une cinquantaine de centimètres, cela permettra de conserver la chaleur émise par la décomposition des matières organiques qui la composent. Faites une couche de 30 à 40 cm de fumier de cheval et arrosez copieusement. Le fumier peut être mélangé à des déchets verts variés, type tontes de gazon ou encore du BRF et recouvert d’une couche de compost. Sans fosse, fabriquez un cadre en bois de 30 cm environ de hauteur qui sera posé sur le tas, le cadre doit être un peu plus petit que le tas de fumier. Étalez du terreau par-dessus et attendez une semaine. Passé ce délai, la température sera plus douce, environ 20°, et vous pourrez y installer vos semis et jeunes plantes potagères.

Schéma de construction d'une couche chaude avec du fumier

Où se procurer du fumier de cheval ?

Il est tout à fait envisageable de récupérer du fumier de cheval gratuit et frais dans un centre équestre ou auprès d’éleveurs et de le composter soi-même, à condition de s’assurer qu’il ne présente aucune trace de médicaments. Il est également possible d’en acheter déjà composté en jardinerie. Il existe également du fumier déshydraté qui se présente sous forme de granules.

Centres équestres et éleveurs : La source la plus économique

Vous pouvez vous procurer du fumier de cheval auprès d’élevages de votre région. Sauf s’ils le valorisent eux-mêmes, ils seront en général heureux de se débarrasser de cet « encombrant ». Les centres équestres constituent la source la plus accessible de fumier de cheval. Beaucoup proposent leur fumier gratuitement ou à prix modique. Dans ces centres, il sera parfois composté de façon non optimale, sans bâchage. Vient alors le risque d’une déperdition d’azote (par volatilisation) ou pire encore un lessivage des minéraux (par excès de pluie).

Jardineries et magasins spécialisés : Le confort du prêt à l'emploi

Il est tout à fait possible de se procurer du fumier de cheval déjà composté, prêt à l’emploi, dans des enseignes spécialisées. Ce type de produit vous évite toutes les étapes de compostage. Bien que cela ne soit pas un produit aussi « vivant » (et donc favorable à la vie du sol) que du fumier « brut », sachez que vous trouverez également, dans la plupart des jardineries, du fumier composté (en granules ou en poudre). Les jardineries commercialisent du fumier de cheval en sacs, souvent enrichi d’algues ou d’autres amendements naturels. Un sac de 25 kg permet d’amender environ 50 mètres carrés à raison de 0,5 kg par mètre carré.

Les risques potentiels et comment les minimiser

L’utilisation de fumier de cheval au potager comporte des avantages indéniables en termes d’enrichissement du sol en matière organique et en nutriments. Cependant, il est important de prendre en compte les risques potentiels, notamment la sur-fertilisation et la présence de contaminants.

Risque de maladies et de parasites

L’une des préoccupations majeures liées à l’utilisation de fumier au potager est la propagation de maladies et de parasites. Le fumier peut contenir des pathogènes dangereux tels que des bactéries, des virus et des parasites. Lorsque vous incorporez du fumier non composté dans votre sol, vous risquez de contaminer vos cultures. Pour minimiser ce risque, il est recommandé d’utiliser uniquement du fumier composté, chauffé à des températures élevées pour tuer les agents pathogènes. Ce processus de compostage à chaud permet de réduire considérablement le risque de contamination. Pour réduire ces risques, le fumier doit atteindre au moins 55 °C pendant 3 jours lors du compostage.

Présence de médicaments vétérinaires

Les chevaux peuvent être traités avec des médicaments tels que les vermifuges et les antibiotiques, qui peuvent se retrouver dans le fumier. Ces résidus médicinaux peuvent potentiellement nuire aux micro-organismes du sol et à la croissance des plantes. Si le principe actif peut être considéré comme dégradé en quelques semaines à quelques mois, les résidus de dégradation restent à vie. Pour éviter ce problème, il est conseillé de s’informer sur les traitements administrés aux chevaux dont vous récupérez le fumier et de préférer des sources exemptes de médicaments ou d’attendre suffisamment longtemps pour que les résidus se dégradent. Vérifiez que les chevaux n’ont pas reçu de traitements médicamenteux récents, car les résidus peuvent nuire aux micro-organismes du sol.

Immaturité du fumier : Brûlures et déséquilibres du sol

Le fumier frais ou non composté peut contenir de l’urée et de l’ammoniac, substances pouvant brûler les racines des plantes, entraînant une inhibition de la croissance, un jaunissement des feuilles, et dans les cas extrêmes, la mort des plantes. L’urée et l’ammoniac peuvent également provoquer un déséquilibre du pH du sol, rendant ce dernier trop alcalin. Un pH déséquilibré peut affecter la disponibilité des nutriments essentiels dans le sol, limitant l’absorption de ces nutriments par les plantes. Il peut également inhiber la germination des graines. Les semis et les jeunes plants sont particulièrement vulnérables à des concentrations élevées d’ammoniac. Pour éviter ce risque, il est crucial de bien composter le fumier avant de l’utiliser, en s’assurant qu’il est bien décomposé et mature. Utilisé sans compostage, le fumier de cheval peut faire plus de mal que de bien, car il contient de l’ammoniac, très concentré juste après la collecte.

Risque de sur-fertilisation et de pollution de l'eau

L’utilisation excessive de fumier peut entraîner une sur-fertilisation du sol. Bien que les nutriments contenus dans le fumier soient bénéfiques pour la croissance des plantes, un excès peut provoquer des déséquilibres nutritifs, affaiblissant vos cultures et favorisant la croissance de mauvaises herbes. Il est recommandé de faire analyser votre sol régulièrement pour ajuster vos pratiques d’application de fumier en conséquence. Une application modérée et bien répartie est essentielle pour éviter ces problèmes. Le fumier contient des nutriments tels que l’azote et le phosphore. Lorsqu’il est utilisé en excès, ces nutriments peuvent s’écouler dans les eaux souterraines et les cours d’eau, provoquant une pollution de l’eau. Cette pollution peut favoriser la croissance excessive d’algues et d’autres plantes aquatiques, entraînant une dégradation de la qualité de l’eau et nuisant à la vie aquatique. Pour éviter cela, il est essentiel de suivre des recommandations d’application appropriées et de ne pas surcharger votre sol en fumier.

Quand et comment utiliser le fumier de cheval : l'or du potager

Réglementation et stockage : Respecter les bonnes pratiques

Le fumier, comme tout effluent d’élevage, est strictement encadré par la réglementation. Dans certaines zones dites vulnérables (notamment aux nitrates), vous êtes limité à 170 kg d’azote par hectare et par an. Cela correspond à environ 25 à 30 tonnes de fumier frais par hectare, selon sa composition. Enfin, le fumier doit être stocké dans de bonnes conditions. De préférence sur une fumière étanche, protégée de la pluie, pour éviter les écoulements polluants.

tags: #le #fumier #de #cheval #est #il