La permaculture est un concept récent, et chacun lui attribue sa propre définition ! Appliquée au jardin potager ou maraîcher, mais aussi pour une agriculture plus respectueuse de l’environnement, sur quels fondements repose cette méthode de culture ? Travailler avec la nature et non contre elle, telle est la force de la permaculture qui vous permet de décupler les possibilités de votre jardin tout en réduisant vos efforts. Sans engrais chimiques ni pesticides d’aucune sorte, économe en eau et utilisant au mieux l’énergie solaire, votre jardin devient hautement comestible pour toute la famille, débordant de légumes et de fruits savoureux, d’herbes aromatiques mais aussi de plantes sauvages essentielles. Plus que respectueux de l’environnement, il favorise la vie d’une abondante faune très utile qui travaille avec vous, aussi bien dans le sol que sur les plantes. Ne cherchez plus : la permaculture est la méthode qui vous manquait. Rustica éditions, premier éditeur sur la permaculture, propose pour les permaculteurs confirmés ou débutants, des ouvrages complets sur les nouvelles approches du jardin et des guides pratiques en pas à pas pour vous accompagner dans votre démarche permaculturelle.

Les fondements du design en permaculture
Le design en permaculture est une étape essentielle avant de mettre les mains dans la terre. Bien plus qu’un simple plan, il fait figure de guide et de boussole pour chacune des zones du jardin. Pour faire les bons choix, il faut tout intégrer : forme et dimension du jardin, topographie particulière, type de sol, importance et périodicité des pluies, températures minimales et maximales, ensoleillement, etc. Identifier ce qui est et ce qui fonctionne déjà sans que vous ayez à intervenir est primordial. Diviser un jardin en zones répond à un besoin essentiel en permaculture : celui de s’organiser au plus près des besoins du jardinier, d’optimiser les ressources et d’épargner son énergie.
En permaculture, le jardin s’organise en 2D, mais aussi en 3D grâce à la définition de courbes de niveaux. En procédant ainsi, le jardinier pourra mieux anticiper le cheminement de l’eau et optimiser ses plantations au potager. Cultiver son jardin en permaculture, c’est se montrer opportuniste et se servir en priorité de ce qui vous "tombe" sous la main. Le premier réflexe pour définir un terme est de plonger dans un dictionnaire. L'autorégulation désigne donc la capacité d'une fonction, d'un processus, d'un système, d'un appareil à se réguler par lui-même, sans intervention extérieure. Cette autorégulation est l'un des 12 principes conceptuels qui définissent la permaculture.
La gestion du sol : pilier de la productivité
Face à la dégradation de la biodiversité microbienne des sols, il devient urgent de modifier la manière dont nous fertilisons les sols en agroécologie. La culture sur sol vivant est essentielle si l’on suit les principes de la permaculture. Gilles Degroote, apprenti jardinier, a créé à Versailles la Ferme Nature et découvertes. Pour lui, il faut amender et couvrir le sol après les récoltes en automne, pour que le potager redémarre bien au printemps suivant. Juste après la grelinette ou fourche-bêche, le croc, également appelé griffe de jardin, est l'un des outils dont le jardinier permacole ne peut se passer.
Une simple promenade en forêt peut très vite faire naître une question : et si on utilisait les aiguilles de pin au jardin comme on peut le faire avec les feuilles mortes ? Pourtant d'autres questions suivent très vite : ces aiguilles de pin ne sont-elles pas trop acides ? N'y a-t-il pas un risque d'étouffer les végétaux ? Comment définit-on la litière forestière fermentée et comment est-elle utilisée ? La culture sur ados permet d'obtenir un réchauffement de la terre et ainsi faciliter la culture des légumes. Toutes les précautions étant prises en amont - préparation adéquate du sol et couverture -, les interventions nécessaires pendant la période de croissance sont minimales.
Comment utiliser une grelinette pour préparer le sol du potager ?
L'eau et les ressources au jardin
L’eau est une ressource importante pour le jardinier, et plus encore dans un monde où les ressources s’épuisent. La permaculture prend en compte cette réalité et tend à rendre les jardins les plus autonomes en eau possible. Pour consommer moins d’eau au jardin, les oyas sont préconisés, notamment dans la culture des tomates et des légumes du soleil. Pour obtenir une belle récolte de légumes, il faut arroser. Mais on peut restreindre sa consommation en eau en choisissant une technique d’arrosage adaptée à son jardin. En permaculture, créer une mare répond à un besoin de diversité écologique, en accueillant des plantes et des animaux aquatiques. Autre atout, un point d’eau participe aussi à la gestion raisonnée de l’eau au potager.
La biodiversité dans l'assiette : des balcons aux grandes surfaces
La pratique de la permaculture fonctionne aussi sur un balcon en ville. Valéry Tsimba cultive son potager selon ces principes sur une surface de 4 m2 à Courbevoie. On peut aménager un potager sur un petit balcon en choisissant des variétés à cycle court, précoces, naines ou encore grimpantes. On peut végétaliser un rebord de fenêtre en installant des plantes potagères dans des balconnières installées sur les garde-corps et dans des pots accrochés aux persiennes. Valéry Tsimba jardine en permaculture, préparant les plants de légumes au chaud, puis les installant sur son balcon de 4 m2. La culture de la patate douce commence par le bouturage en intérieur au mois de février.
À plus grande échelle, Raphaëlle Pouezevara Duchêne cultive un jardin de 8000 m2 à Guénin en Bretagne dans le respect de la biodiversité. En permaculture, on vise le zéro déchet (réduire le gaspillage) dans le respect de la biodiversité. Mathilda Panigada nous emmène dans les allées du potager de La Chenevière. Dissimulé derrière la forge et la commanderie du château, cet écrin de verdure accueille plus de 100 variétés de fruits, légumes et plantes herbacées, cultivés d’une main de maître par le maraîcher bio Pierre Vandaële. En permaculture, un potager n’aligne pas militairement les rangées de légumes, mais y associe des fleurs annuelles et vivaces en un charmant mélange.
L'association et la rotation des cultures
La rotation des cultures enrichit le sol et aide à lutter contre les parasites. Mais cette technique est contraignante. L’association des cultures remplace-t-elle la rotation dans un petit jardin en permaculture ? Moutarde, phacélie et féverolle sont des engrais verts qui se complètent pour enrichir les parcelles du potager. Loin du potager en rangées strictes, la forêt jardin vantée en permaculture associe dans un même espace arbres, arbustes et vivaces. Une haie fruitière en permaculture ressemble à un écosystème global, avec de grands arbres fruitiers, des arbustes à baies et des légumes ou fruits couvre-sol. Ces trois strates fonctionnent en bonne intelligence tout au long de l’année et offrent un abri aux animaux. La haie mixte constitue le pilier du jardin en permaculture : refuge pour la faune, nourricière et brise-vent.
Outils et techniques de culture du permaculteur
Si il est un outil incontournable dans la panoplie du parfait jardinier en permaculture, c'est bien la serfouette. Multifonctions, elle permet de multiplier les tâches pour travailler et aérer le sol, semer et planter, biner et désherber. Après les saints de glace à la mi-mai, on repique les semis des légumes d’été réalisés sous abri plusieurs semaines auparavant : tomates, concombres, courgettes, courges. Au potager, le semis sur couche chaude dès la fin de l’hiver permet d’obtenir de beaux légumes très tôt dans l’année. En effet, sous l’action de la chaleur les plants se développent plus rapidement.
La permaculture prône l’autonomie dans tous les secteurs du jardin : pour cela, quoi de mieux que d’assurer soi-même la multiplication de ses plantes ? Persil, carotte, laitue, poireau, betterave, chou ou panais produisent leurs graines sur des tiges florales. Plante annuelle, bisannuelle, fruits charnus ou aqueux, fruits secs, la récolte des graines diffère selon les légumes. Les graines des légumes racines sont semées immédiatement dans la parcelle où elles vont se développer, sans étape de repiquage.

Suivi et entretien au fil des saisons
La création d’un parterre sur une pelouse s’effectue facilement si on respecte le rythme de la nature et des saisons. L’entretien d’une bordure de parterre au milieu d’une pelouse est facile si on s’équipe des bons outils. Au début de l’automne, les récoltes sont encore importantes, mais il faut veiller aux risques de mildiou ou d’oïdium. On doit aussi préparer le sol pour l’hiver. Récolter, tuteurer, arroser, surveiller les maladies, Gilles Degroote suit de près ses plantations en été. Les feuilles des tomates se décolorent ? Sous serre ou dehors en été par temps sec, les araignées rouges font dépérir les légumes du soleil.
En montagne, les vents desséchants, le soleil et le sol rocheux contraignent le jardinier. Un jardin en pente n’est pas une fatalité en permaculture. Vigne, kiwi ou lierre figurent parmi les plantes grimpantes à privilégier dans une forêt comestible. L’arbre revêt une importance cruciale pour la permaculture : il nourrit et protège hommes, faune et flore au jardin. Si la culture des légumes et des condimentaires se contente d’un ajustement assez sommaire par rapport aux façons de faire traditionnelles, la conduite des arbres fruitiers demande à être revue de façon assez radicale, tant pour le matériel végétal utilisé - variétés et porte-greffes - que pour l’entretien courant. Après le sol et l'eau, le 3e pilier d’un écosystème dynamique et durable n’est autre que le végétal lui-même. Jardiner c’est perturber mais on peut s’en tenir au strict minimum. C’est déjà beaucoup et c’est surtout facile. Il est très important de bien suivre ses plants.
Transmission et savoir-faire
Alain Delavie, directeur des rédactions de Rustica, a interviewé Jean-Martin Fortier, maraîcher bio depuis bientôt 20 ans. Celui-ci a créé deux fermes agro-écologiques au Québec, les Jardins de la Grelinette et la ferme des Quatre-temps. Le célèbre maraîcher québécois, adepte de la permaculture, livre ses méthodes et techniques afin de sensibiliser le plus grand nombre à la protection de la nature face aux enjeux climatiques actuels. Ce qui est passionnant dans l’ouvrage best-seller de Jean-Martin Fortier Le Jardinier-Maraîcher est sa façon de résumer tout l’art de la micro-ferme en quelques pages.
Le chef bourguignon Jean-Michel Lorain nous fait visiter son vaste potager sur les berges de l’Yonne, juste en face de la colline Saint Jacques au pied de laquelle sa grand-mère a ouvert le restaurant après guerre. De même, Cédric Gouverneur nous parle du potager de Dominique Pépin, Chef récompensé de deux étoiles au Guide Michelin, situé non loin de Blois. Ces exemples montrent que la permaculture s'invite aujourd'hui dans les plus grandes tables, prouvant que l'agroécologie est productive et rentable. Produire fruits et légumes sur 3000 m2 de surface en maraîchage bio, c’est le projet qu’a mis en place Gilles Degroote en 2018 à Versailles. La permaculture n'est pas qu'une technique, c'est une philosophie qui transforme le rapport au vivant, de la petite balconnière urbaine aux grands domaines nourriciers. Elle demande de l'observation, de la patience et une compréhension fine des cycles naturels pour transformer chaque espace en un jardin fertile et autonome.