Cultures résilientes : Légumes perpétuels et stratégies en milieu semi-aride et montagnard

Au cœur de chaque jardin, une symbiose silencieuse s’établit entre le sol nourricier et les végétaux qui s’y enracinent. Parmi ces êtres verts se trouvent des compagnons de culture hors du commun : les plantes persistantes. Également connus sous le nom de légumes vivaces ou légumes perpétuels, ces trésors végétaux incarnent la pérennité et la résilience au sein de nos potagers. Les légumes perpétuels, également appelés légumes vivaces ou plantes persistantes, représentent une catégorie particulière de végétaux cultivés pour leur capacité à produire des récoltes pendant plusieurs saisons, voire pendant plusieurs années consécutives, sans nécessiter de replantation annuelle. Contrairement aux légumes annuels, qui suivent un cycle de vie d’une saison et doivent être replantés chaque année, les légumes vivaces peuvent prendre diverses formes, légumes-feuilles, légumes-racines, etc.

Cette capacité à fournir des récoltes durables et régulières fait des légumes perpétuels des atouts précieux au jardin. Ils offrent une source constante de nourriture tout en réduisant la nécessité de labourage et de replantation fréquente. Les plantes persistantes offrent une multitude d’avantages pour des pratiques agricoles durables. Les légumes perpétuels se distinguent par leur système racinaire plus développé par rapport aux plantes annuelles en général. Ils ont tendance à démarrer leur croissance plus tôt au printemps et certains d’entre eux utilisent efficacement l’espace vertical. Ils offrent ainsi un rendement optimal même dans les jardins avec des contraintes d’espace. Les légumes perpétuels demandent moins d’efforts en termes de préparation du sol, de semis et de replantation, comparativement aux cultures annuelles. En raison de leur capacité à s’adapter à diverses conditions environnementales, les légumes perpétuels sont plus résistants aux variations climatiques et aux conditions météorologiques imprévisibles. Leur système racinaire développé et leur capacité de régénération les rendent moins vulnérables aux périodes de sécheresse, de gel ou de chaleur intense.

Schéma illustrant le système racinaire profond des légumes vivaces comparé aux annuelles

Les légumes perpétuels favorisent la diversité biologique dans le jardin. Ils attirent une variété d’insectes bénéfiques, d’oiseaux et d’autres organismes utiles. Leur présence constante dans le sol contribue également à améliorer sa structure, sa fertilité et sa santé globale, grâce à l’apport continu de matière organique. Avant de planifier votre jardin, prenez le temps de sélectionner des variétés de légumes perpétuels qui conviennent à votre climat local et à vos conditions de sol. Pour intégrer avec succès des légumes perpétuels dans votre jardin, consacrez une zone spécifique à leur culture. Choisissez un emplacement ensoleillé, bénéficiant de plusieurs heures de soleil direct par jour, et doté d’un sol bien drainé et riche en matière organique. Assurez-vous également que le sol offre une bonne aération pour favoriser le développement racinaire des plantes. Laissez suffisamment d’espace entre les plants pour permettre leur croissance et leur propagation. Pour entretenir vos légumes perpétuels et assurer leur productivité à long terme, adoptez des pratiques de soins spécifiques. Veillez à fournir un arrosage régulier, en particulier pendant les périodes sèches, pour maintenir le sol constamment humide. Cependant, évitez les excès d’eau qui pourraient entraîner des maladies fongiques et des pourritures des racines. Enrichissez régulièrement le sol avec du compost pour fournir aux plantes les nutriments nécessaires à leur croissance et à leur développement.

L'adaptation aux conditions extrêmes : culture en altitude

Cultiver en altitude et créer un potager en montagne peut sembler être un challenge. Et pourtant, il est tout à fait possible d’avoir un espace productif dans ce contexte particulier. Il faudra simplement prendre quelques précautions pour s’adapter au climat parfois extrême. Avant toute chose, il convient de préciser qu’il y a montagne et montagne… cultiver au pied du Massif central, ce n’est pas tout à fait la même chose que d’implanter un potager au pied des pistes de ski dans les Alpes ! On considère généralement que l’air se refroidit d’environ un demi-degré tous les 100m d’altitude, et ça, c’est seulement la théorie. En effet, du haut de ma petite montagne, à 650m d’altitude environ, j’observe souvent une bonne dizaine de jours de retard dans les floraisons par rapport à la vallée, située seulement deux kilomètres plus bas… À altitude égale, l’exposition du versant sur lequel vous vous trouvez peut également radicalement changer la donne ! Actuellement, en plein mois de janvier, la neige a totalement fondu depuis plusieurs semaines sur mon versant, exposé plein sud. On parle généralement de moyenne montagne entre 500/600m d’altitude et 1000m. Si les températures, la météo et la végétation environnante peuvent être très différentes en fonction de ces contextes montagneux, la rigueur du climat est leur point commun.

Les sols sont variables, mais souvent caillouteux, peu profonds, sujets à l’érosion et au lessivage à cause de la pente. On les dit souvent acides, relativement pauvres, perturbés par l’alternance de gels et de dégels, et les précipitations importantes. Pas facile de faire un potager de montagne avec tout ça ! J’ai la chance d’avoir un terrain relativement plat, mais c’est rarement le cas en altitude. Je me souviens d’une remarque de ma voisine, peu après notre emménagement : “Vous avez le seul terrain plat du village”, m’avait-elle dit. Il sera possible de créer des terrasses, de creuser des baissières, par exemple. En effet, un sol en pente retient moins bien l’eau. Le choix des variétés, adaptées à un potager de montagne, me semble également essentiel. J’ai tendance à privilégier les variétés hâtives et précoces, plus adaptées à nos saisons estivales courtes. En altitude, pas question de jouer au plus malin avec les gelées tardives au printemps ! On attendra sagement la mi-mai (voire même début-juin en montagne et haute montagne) pour planter les cultures frileuses en pleine terre. Les frileuses à croissance rapide, comme les tomates, les courgettes, les courges ou les concombres, s’acclimateront très bien en pleine terre au potager. Il faudra simplement les planter une fois les risques de gelées écartés. Mais si vous voulez récolter des poivrons, piments, aubergines et autres melons, il vous faudra penser à l’installation d’une serre.

Des serres agricoles conçues pour le climat africain 🌱 | Serre Ivoire en action !

Bien entendu cette liste est à titre indicatif. Les tomates, j’aime bien la Anna Russian qui est une coeur de boeuf rose, plus précoce que la coeur de boeuf normale. La Roma est intéressante, même si elle est plutôt banale. Les carottes : je privilégie les rondes, courtes ou demi-courtes, comme la Marché de paris. Je cultive aussi la Amsterdamse bak (hâtive à racine fine). La chantenay est assez courte, et produit de beaux calibres. Les choux cabus : le cœur de bœuf moyen de la Halle, offre des petits choux pointus, plus hâtifs que les gros choux. Les choux cabus sont bien adaptés à la culture en altitude. Cet article vous intéresse ? En effet, pour les cultures particulièrement gourmandes en chaleur, c’est presque indispensable. La serre vous sera également très utile pour prolonger la saison de culture et le potager d’hiver. Vous pourrez également l’utiliser pour réaliser vos semis précoces au printemps. En altitude, elle prend tout son sens, mais là encore, ne sous-estimez pas les particularités du climat montagnard. Prenez du matériel de qualité, sans quoi vous vous exposez à des déconvenues… Cette serre s’est pliée sous le poids de la neige. Prenez des arceaux de diamètre 40 mm si vous le pouvez. Ainsi, les protections dites “hivernales” seront des alliés de choix. En effet, tunnels, châssis, voiles de forçage et d’hivernage vous permettront de prolonger la saison, aussi bien au printemps qu’à l’automne. Les serres sont presque indispensables si l’on souhaite cultiver toute l’année en altitude. Même le potager d’hiver est possible en altitude. Les poireaux résistent très bien au froid. Le paillage est indiscutablement un précieux atout pour le jardinier montagnard. Il protège le sol des variations de température et du lessivage en hiver. En été, il permet de garder l’humidité au niveau du sol pendant les journées les plus chaudes. Un jardin bien paillé permettra de limiter les écarts de température. Les plantes vivaces rustiques sont bien adaptées aux potagers montagnards. On peut citer la rhubarbe, qui apprécie les climats frais, les poireaux perpétuels, l’oseille, le chou Daubenton, les cardons… Mais aussi de nombreuses plantes aromatiques, comme la menthe, la mélisse, la sauge… mêmes les Méditerranéennes, comme la lavande, le thym ou le romarin sauront tirer leur épingle du jeu. Rhubarbes, ronces sans épines : elles sont parfaitement adaptées à la culture en montagne. Il est donc tout à fait possible d’installer un potager productif en altitude, à condition d’apprivoiser le climat et de respecter ses exigences. Ne vous comparez pas aux jardiniers du sud de la France, qui peuvent facilement avoir un mois d’avance sur vous au printemps ! En attendant de planter, il ne vous reste plus qu’à contempler les beaux paysages que nous offrent la montagne !

Stratégies d'autosuffisance : rotation et planification

Pour tous ceux et celles qui souhaitent planter leur propre fruits et légumes, le jardin potager est un lieu de repos et revitalisant. Si vous possédez assez de superficie, votre potager et verger pourront même satisfaire vos besoins en nourriture tout au long de l’année, cependant il vous faudra adopter une bonne planification. Pour atteindre l’auto-suffisance alimentaire avec votre jardin potager et obtenir des récoltes fructueuses, nous vous avons rassemblé dans cet article plusieurs conseils, où nous vous expliquons notamment comment vous devez organiser votre jardin et ce à quoi vous devez faire attention si vous pratiquez la culture mixte et la rotation des cultures.

Toute personne qui plante ses propres fruits et légumes, rêve de pouvoir nourrir sa famille seulement avec ses récoltes. Si vous avez la surface adéquate pour planter assez de fruits et légumes, il est important de vous poser les questions suivantes avant de commencer : combien de temps dois-je me consacrer au jardinage ? Quelle est la taille de ma surface de culture ? Quels sont les fruits et légumes que je souhaite planter ? Combien de personnes je souhaite nourrir avec mes propres cultures et dans quelles mesures ? Quel est mon budget ? Une fois ces différents points éclaircis, vous pourrez commencer à planifier votre jardin. En tant que débutant nous vous conseillons d’y aller pas à pas pour avoir une meilleure vue d’ensemble globale. Ne commencez pas par cultiver ni une trop grande surface, ni une trop grande diversité de fruits et légumes. Dans le souci de connaitre vos besoins, nous vous conseillons de noter pendant plusieurs semaines quels fruits et légumes vous achetez et en quelle quantité. Selon vos notes vous pourrez prévoir ce dont vous aurez besoin. Pour les débutants, cette liste est un bon moyen de savoir quels sont les fruits et légumes que vous consommez le plus souvent afin de les intégrer dans votre jardin potager. Pour les personnes à mobilité réduite ou pour celles qui ont un jardin sur leur balcon, les carrés de jardin surélevés sont très adaptés pour un travail debout ou assis.

Diagramme de rotation des cultures sur quatre parcelles

Il vous faut tout d’abord analyser les différents facteurs de votre jardin : étudier la luminosité et l’état du sol. Pour que votre potager ait un bon rendement, les facteurs suivants sont primordiaux : La lumière, votre potager doit être si possible orienté vers le sud afin qu’il bénéficie d’un bon ensoleillement pendant la journée. L’état du sol : le terrain doit être plat et dans l’idéal un peu incliné vers le sud, tout en étant protégé du vent. Composition du sol : ni trop sableux, ni trop argileux. Si vous souhaitez améliorer la qualité de votre sol, vous pouvez y mélanger du compost mûr. L’alimentation en eau : un système d’irrigation vous réduira considérablement la tâche en été. Ces systèmes représentent cependant un coût non négligeable. Pour connaitre la qualité de votre sol il existe une astuce assez connue. Prenez une poignée de terre humide, compressez-la dans votre poing et roulez-la. Si vous pouvez former un boudin sans problème, cela indique que vous avez une bonne terre avec un bon mélange. Si le boudin colle trop, cela signifie que votre terre contient trop d’argile ; et si votre boudin s’effrite, cela veut dire que la terre est trop sableuse.

Pour pouvoir accéder à toute la surface de votre jardin, vos surfaces de culture ne doivent pas être plus large que 1,30 mètres. En outre, une forme rectangulaire est plus pratique. Afin d’accéder sans difficulté à toutes les surfaces de cultures, les allées principales de votre potager devront au moins mesurer 1 mètre de largeur, tandis que les allées secondaires d’au moins 60 centimètres. Pour vous aider à déterminer de combien d’espace vous avez besoin, nous vous avons listé les surfaces nécessaires pour atteindre les différents grades d’auto-suffisance dans votre potager. Potager avec quelques fruits et légumes : La surface dépend des fruits et des légumes que vous souhaitez cultiver, dans cette configuration un carré potager sur le balcon peut suffire. Auto-suffisance partielle : À partir de 25 m² par personne. Auto-suffisance majoritaire : À partir de 70 m² par personne. Auto-suffisance totale : À partir de 160 m² par personne.

Pour atteindre l’auto-suffisance complète, il est conseillé d’avoir quatre parcelles de jardin potager, un parterre d’herbes ainsi qu’une surface de culture pour les arbres fruitiers et arbustes à baies. Pour utiliser au mieux les nutriments présents dans le sol, vous devrez faire attention à la rotation des cultures et suivre les principes suivants : Surface 1: Les légumes très exigeants. Les légumes très exigeants ont un très grand besoin en nutriment pour leur croissance, c’est pour cela qu’il est important fertiliser votre potager avec du compost avant de planter et de répéter cette opération régulièrement pendant la croissance des plantes. Les légumes très exigeants sont par exemple les tomates, les concombres, les courgettes, les poivrons, les asperges, les choux, les pommes de terre, les céleris et les aubergines. Surface 2: Les légumes exigeants. Les légumes exigeants ont un besoin en nutriment modéré. Le sol doit être alimenté à l’automne avec du compost mélangé. Les légumes exigeants sont par exemple la mâche, les betteraves, les blettes, la laitue, les carottes, les épinards, les oignons, le fenouil ou le chou-rave. Certaines plantes dérogent à la règle de la culture rotative. La rhubarbe doit être par exemple toujours plantée au même endroit. Les tomates peuvent elles aussi pousser à la même place pendant plusieurs années avant que celles-ci soient changées. Les fraises peuvent être ci-besoin laissées au même endroit durant deux à trois ans. Surface 3: Les légumes peu exigeants. Les légumes peu exigeants n’ont besoin que de quelques nutriments pour produire une récolte à haut rendement. Les légumes peu exigeants concernent par exemple les herbes aromatiques, les radis, l’ail, la roquette, les pois et les haricots. Surface 4: Les engrais verts. Les engrais verts ameublissent le sol et lui donnent une pause bien méritée pour accumuler à nouveau des nutriments. Un engrais vert favorable aux abeilles est particulièrement respectueux de la nature. La rotation des cultures s’effectue dans le sens des aiguilles d’une montre d’une année à l’autre. Grâce à la rotation des cultures, le sol se repose et les fruits et les légumes que vous plantez recevront toujours les nutriments nécessaires.

Optimisation et résilience : permaculture et terrains arides

Pour favoriser la croissance de vos légumes vous ne devez pas seulement prêter attention à la rotation des cultures mais aussi au principe de la culture mixte afin que votre jardin soit utilisé de manière optimum avec des pré-cultures et des post-cultures. Les cultures mixtes se caractérisent par le fait que vous choisissez des légumes qui s'harmonisent bien les uns avec les autres, qui se renforcent mutuellement et qui éloignent les nuisibles. Tout d'abord, planifiez les légumes que vous voulez vraiment planter et choisissez ensuite des voisins appropriés. Étant donné que les différentes variétés de légumes nécessitent des conditions de croissance différentes et ont des temps de maturation différents, il est possible de planter un potager sur la même parcelle de jardin jusqu’à trois fois dans l’année avec diverses variétés de légumes. Les variétés de légumes se divisent en trois catégories : plantes de pré-culture, plantes pour la culture principale et plantes de post-culture.

Tableau récapitulatif des associations de cultures (compagnonnage)

Pour atteindre votre autosuffisance et autonomie alimentaire, vous guiderez votre consommation selon les saisons. Pour que vous puissiez tenir l’hiver, vous devrez tout de même anticiper cet été afin de conserver quelques fruits et légumes. Vous pouvez utiliser nos conseils ci-dessous : Sécher (herbes, tomates, courgettes), Congeler (baies, rhubarbe, haricots), Mettre en conserve (petits pois, tomates, bocaux étanches), Faire de la confiture, La marinade, et le Conditionnement sous vide.

La permaculture au potager est une méthode qui vise à imiter les écosystèmes naturels pour cultiver des légumes de manière écologique, résiliente et productive. Elle séduit de plus en plus de jardiniers, car elle permet d’obtenir des récoltes abondantes sans dépendre des engrais chimiques ni des techniques destructrices pour le sol. Le sol : sa texture (sableux, limoneux, argileux), sa fertilité, son taux d’humidité et son pH déterminent les légumes les mieux adaptés. La lumière et le climat local : un potager exposé au sud avec un bon ensoleillement permettra la culture de légumes d’été comme les tomates, tandis qu’un coin plus ombragé conviendra mieux aux choux ou aux laitues. Les préférences alimentaires : il est essentiel de cultiver des légumes que vous aimez et consommez régulièrement. Précautions : éviter d’associer des plantes aux besoins en eau ou nutriments opposés. Manquer d’observation : le jardin est un système vivant, chaque saison est différente. Manque d’eau : privilégier les oyas, le paillage épais, et l’arrosage goutte-à-goutte. Choisir les bons légumes en permaculture ne repose pas sur des recettes toutes faites, mais sur une observation fine, une bonne connaissance de son terrain et un respect des équilibres naturels.

Oui, la permaculture est tout à fait adaptable aux petits espaces urbains comme les balcons, terrasses ou patios. Il suffit de respecter les principes de base : optimiser les ressources, créer des synergies entre les plantes (par exemple basilic + tomate en pot), recycler les déchets (compost en bac), et observer l’environnement (ensoleillement, vent, humidité). En permaculture, on évite de retourner profondément la terre afin de préserver la vie microbienne du sol. Au lieu de bêcher, on pratique le non-travail du sol : paillage, compost de surface, engrais verts, couverture permanente. Certains légumes supportent bien l’ombre partielle (4 à 6 heures de lumière indirecte par jour). Parmi eux : épinards, laitues, bettes, roquette, persil, chou kale, radis. Pour attirer abeilles, bourdons, syrphes ou papillons, il est conseillé de planter des fleurs mellifères comme la bourrache, la phacélie, la lavande, le souci, la capucine ou le trèfle.

Avec le changement climatique, les saisons semblent moins marquées, voire décalées. L’impact se constate au jardin où les légumes ont parfois mauvaise mine et ne sont pas aussi abondants que jadis. Les jardiniers sont de plus en plus nombreux à sélectionner des légumes résistants, qui supportent les grosses chaleurs ainsi que le manque d’eau, et sont capables de produire un peu tout de même malgré l’aridité du terrain. Les meilleurs légumes toutes catégories confondues pour terrain aride : il existe un choix intéressant de légumes racines qui bravent assez bien la sécheresse. L’Héliantis, d’avril à juin, un légume ancien champion en termes de résistance au manque d’eau. La lentille se sème en ligne ou en poquets à la fin du printemps lorsque les gelées ne sont plus à craindre. La lentille mérite une mention spéciale car c’est un aliment riche en protéines végétales, en minéraux, en oligo-éléments, en vitamines (notamment B1 et B9) et en fibres. Autrement dit, la lentille est notre alliée Santé. Mais ce n’est pas tout : elle ne coûte rien en eau car il n’est pas nécessaire de l’arroser durant une période de sécheresse. L’échalote, au printemps, en automne et même avant la fin de l’hiver. Le cas particulier des légumes feuilles pouvant résister à la sécheresse : il est logique que les légumes feuilles réclament des arrosages fréquents lorsque les pluies se font rares et que les températures sont élevées. Le Chénopode (blanc, Bon-Henri), à planter en avril-mai ou en septembre-octobre. L’Artichaut, de fin mars à mai. Si l’on décide de ne jamais les arroser, il est bien sûr absolument indispensable de les planter dans un sol riche en fumure ou en humus, des matières organiques qui ont la particularité de maintenir le sol frais car elles retiennent l’eau. Car il faut être conscient que s’ils doivent être plantés en terrain aride, c’est-à-dire dans une terre où il est difficile de cultiver du fait de sa sécheresse, on ne pourra obtenir le même rendement que dans un environnement où l’humidité est suffisante.

Le modèle du jardin en permaculture cherche à tous prix à s’éloigner de celui de la bonne vieille planche de terre nue, gadouilleuse et stérile du potager traditionnel. Pour les grosses graines, pas de problème : un trou dans le paillage, un petit pois, un haricot, un grain de maïs, une graine de courge, et ça finira par passer. Restent les petites graines pour les plantes qui ne se repiquent pas. Le dernier épisode en date, ce sont les carottes : j’ai repris une butte que j’avais laissée sous son couvert de mauvaises herbes pendant les six derniers mois, j’ai bien affiné la terre en cassant les mottes et en extirpant les racines diverses, j’ai semé trois rangs de carottes et panais en jolies lignes bien droites, et j’ai tout laissé à nu à la merci de la pluie et du soleil : triple transgression des préceptes de la permaculture. Deux semaines plus tard, je vois plein de petites pousses, toutes de la même plante, qui sortent de partout. Je me félicite de la réussite de mes carottes. Quelques jours et quelques recherches plus tard, j’identifie la plante qui a pris la place de mes carottes : c’est du chénopode blanc, autrement appelé poule grasse, qu’on dirait semé exprès, tant les pousses sont uniformément réparties sur la planche. Mais je ne renonce pas à un jour réussir des semis en pleine terre en version vraiment permaculturelle. Je pense que si on a un paillage fin et bien couvrant, sec au-dessus et quasiment composté en-dessous, les graines se plairont bien.

Il faut probablement une planche de culture spécialement faite pour ces semis. Je pense que le meilleur moment pour préparer est la fin de l’automne, quand les adventices annuelles sont mortes et que la végétation est ralentie. Sur une butte, on amasse vingt centimètres de paillage ayant une teneur assez forte en carbone pour qu’il ne soit pas tout composté au printemps. Probablement que les tontes de gazon ne sont pas adaptées (en tout cas pas telles quelles). Il faut une structure du paillage assez fine quand même, afin que des petites graines y trouvent leur compte. J’aimerais essayer de la paille hachée. On l’éparpille de façon assez lâche pour qu’elle ne risque pas de faire un bouchon. Au printemps, le but est que la couche de paillage soit à différents stades de compostage suivant la profondeur. On dispose des billes de graines à un ou deux centimètres sous la paille sèche de la surface, là où la paille est plus noire et plus humide. Et si l’on est un vrai permaculteur fainéant, on ne recommence pas l’année suivante.

Et c’est donc seulement quand j’ai renforcé ma volonté de densifier les cultures que j’ai commencé à imbriquer les cultures « dans l’espace et dans le temps ». Cette année-là, en divisant ma surface cultivée par 2, j’ai maintenu (et même augmenté un peu) ma production totale. Gros plan sur une des associations favorites de Jérôme : carottes / radis / tomates / salades pour une butte de culture très productive. À gauche, les carottes aux pieds des tomates. À droite, les ciboules Ishikura aux pieds des poivrons, deux associations de légumes intéressantes. Astuce pratique : récolter vos graines est une excellente pratique pour tester ses associations de légumes d’une année sur l’autre sans racheter de semences. La Milpa, ou « les 3 sœurs » est pratiquée depuis très longtemps en Amérique Centrale, où le maïs est associé aux haricots grimpants et aux courges. Le maïs sert de tuteurs aux haricots. Produisez des légumes sains toute l’année ! Un potager productif, ça se conçoit. Ne jardinez plus au hasard. Tous ces exemples ne vous conviennent peut-être pas. Alors, pourquoi ne pas créer vos propres associations. Comment ? Grâce à cela vous serez en mesure de tenir compte de nombreux paramètres qui vous permettront de… faire beaucoup d’essais ! Le paramètre principal est la taille de la plante, ou l’étage dans lequel elle se trouve. Un peu comme dans un mini jardin-forêt. Les radis sont à l’étage du bas, et les tomates occupent les étages supérieurs. Mais la vitesse de croissance est importante aussi : au pied des courgettes, il y a beaucoup de place lors de la plantation… elles vont se faire rapidement recouvrir par les courgettes !

La permaculture est une façon d’organiser son jardin en utilisant un ensemble de techniques respectueuses de l’environnement. Au potager, l’interaction entre les végétaux est primordiale. Après avoir soigneusement étudié le climat et les conditions du terrain, vous pourrez décider quels fruits et légumes vous ferez pousser dans votre jardin permacole. Commencez par sélectionner les variétés qui resteront en place, comme les arbustes ou les fines herbes. Puis choisissez quelques légumes perpétuels. Vous aurez ainsi structuré votre potager avec des plantations durables. Quels fruits et légumes choisir en permaculture ? Disposez-vous d’un grand terrain ou seulement d’un petit balcon ? Avez-vous la main verte et le goût de la nouveauté ? En réalité, aucune plante n’est à proscrire en permaculture. Veillez à leur offrir un endroit qui leur convient et privilégiez la diversification. Commencez par disposer les plantes pérennes, qui resteront longtemps en place. Vous pourrez ensuite décider de l’emplacement de vos plants annuels, entre lesquels vous disposerez vos semis. La menthe est très envahissante. Les légumes perpétuels peuvent rester en place pour de longues années. La livèche, ou céleri vivace, est un condiment au goût prononcé. Pensez au poireau perpétuel : ce petit poireau facile à cultiver forme des touffes. Le topinambour est un tubercule oublié qui fait son grand retour. Les arbustes serviront également à organiser votre potager. Ils constitueront une haie gourmande qui vous régalera aussi bien que les oiseaux ! Le laurier-sauce possède un beau feuillage persistant. Le sureau noir et le prunellier poussent naturellement à l’état sauvage. Pourquoi ne pas tenter de les inviter dans votre jardin ? Les plantes vivaces sont vos amies ! La lavande : star des jardins, on ne la présente plus. Elle pousse sans faillir du nord au sud. De plus, les mulots détestent son odeur qui les fait fuir. Le népéta : il attire les insectes pollinisateurs. Vous le planterez au soleil ou à la mi-ombre. Les soucis (Calendula officinalis) sont souvent cultivés comme des plantes annuelles, mais vous aurez sûrement la chance de les voir réapparaître à la faveur d’un semis spontané. En complément des fleurs vivaces, n’hésitez pas à sélectionner quelques fleurs annuelles qui forment des compagnons bien utiles aux légumes. Ne laissez jamais une parcelle vide, profitez des espaces dont vous disposez pour faire pousser des engrais verts. Ou encore, pratiquez la contre-plantation, une technique qui consiste à intercaler une culture qui possède un cycle plus rapide, comme le basilic entre les tomates. Enfin, il n’y a aucun interdit au potager permacole. Une seule règle de base : jardinez avec la nature, jamais contre elle. Sélectionnez donc vos graines en favorisant les espèces locales. Enfin, une fois que la base de votre potager est établie, vous pourrez compléter votre tableau de légumes en cultivant des légumes annuels.

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