Sur les fenêtres et les balcons, les géraniums sont toujours en fleur, ainsi que les rosiers, qui le sont tout autant dans les jardins. Mais, comme il fait beaucoup moins chaud qu’en été, on surveille moins l’arrosage des plantes en pot. Et puis, il pleut, se disent les jardiniers citadins débutants qui ne savent pas encore que si l’eau du ciel mouille les arbustes, elle n’atteint, et encore pas toujours, que la couche superficielle de la terre des pots et des jardinières. Aussi, les plantes ont-elles soif et réclament-elles cette eau dont elles ont tant besoin. D’ailleurs, en levant les yeux au ciel, on voit des géraniums encore en fleur sur les fenêtres parisiennes, mais dont de nombreuses feuilles jaunissent et se dessèchent.
Ce n’est pas bien grave, cette plante, dont le vrai nom est pélargonium, géranium devant être réservé à des plantes vivaces à la végétation basse, est solide et résiste si bien à la sécheresse, la mauvaise saison venue, qu’il est possible dans les régions les plus froides de la faire hiverner d’une bien curieuse façon.

Comprendre la nature du Pélargonium
Celui que l’on nomme communément "Géranium" est en fait un Pélargonium. Le Géranium "zonal" et le Géranium "lierre" sont tous les deux originaires d’Afrique. Pour être sûr de les réussir, entendez par-là, pour être sûr d’avoir un maximum de fleurs toute la saison, il suffit de prendre en compte ses besoins ! C’est un africain… il lui faut du soleil et de la chaleur ! Plus il est au soleil, plus il donne des fleurs et à contrario, moins il est au soleil, moins il est florifère. Il mérite amplement sa réputation de boit-sans-soif tant il faut lui apporter de l’eau pendant la belle saison, mais en fait, il a toujours soif !
Pour être aussi généreux en offrant de telles quantités de fleurs, il faut être costaud, et pour être costaud, il faut bien manger ! Une plante en pot dépend toujours de son jardinier, c’est encore plus vrai pour le Géranium qui fait partie des plantes les plus gourmandes. Lors du rempotage, préférez un terreau spécial géraniums, il contient les oligoéléments dont votre plante préférée a besoin pour bien pousser.
Techniques de culture et entretien saisonnier
Pour que les géraniums fleurissent et surtout refleurissent en toute tranquillité pendant toute la belle saison, il va falloir leur filer un petit coup de main. Le geste est simple, il suffit de retirer les fleurs fanées au fur et à mesure de leur apparition ! Et pour faire le geste correctement, retirez la fleur avec sa tige porteuse.

Bien qu’ils soient cultivés depuis 400 ans, les géraniums ne voient plus rouge grâce à de nouvelles couleurs et de nouvelles formes. Les besoins de ces plantes sont les mêmes car leur lointaine origine de région aride (l’Afrique du Sud) se ressent dans leur tempérament. Respecter leur cycle est la clé pour en profiter de longues années et les voir en fleur toute l’année pour certains. Le géranium ne nécessite pas particulièrement de taille. Il vous suffit de retirer les fleurs fanées au fur et à mesure. Pour cela, munissez-vous d’un sécateur désinfecté et coupez au-dessus du point d’ancrage de la tige portant la fleur.
Stratégies d’hivernage : protéger vos plantes du gel
À l’approche de novembre, combien de balcons, de rebords de fenêtres et de jardinières risquent de perdre leur éclat quand le froid s’installe ? Les géraniums, véritables vedettes du printemps à l’automne, semblent condamnés à finir au compost dès les premières gelées. Mais s’il existait un geste simple, quasi secret, capable de les sauver sans rien dépenser - un geste que les professionnels gardent jalousement ?
L’hivernage « à racines nues »
Il faut déterrer les pélargoniums, secouer toute la terre accrochée à leurs racines, en retirer toutes les feuilles un tant soit peu abîmées, les fleurs épanouies et celles qui sont le point de l’être, puis laisser sécher le tout à l’abri de la pluie et, enfin, suspendre les pieds ainsi nettoyés en bottes au plafond de la cave, dans un endroit aéré, hors gel et racines en l’air. Les géraniums vont ainsi s’endormir, et passer l’hiver sans encombre. De temps à autre, il faudra juste les débarrasser de leurs feuilles mortes. Les géraniums-lierres ne peuvent pas être mis à hiverner de cette façon, car leurs tiges sont trop fines pour être capables de retenir suffisamment d’eau pendant cette hibernation.
Hivernage des géraniums : tous les secrets pour sauver vos fleurs cet hiver !
Le remisage en pot
Si vous préférez conserver vos plants en contenants, procédez au nettoyage de vos plantes. Vérifiez si vous n’êtes pas en présence de parasites ou de maladies, auquel cas coupez les branches atteintes. Procédez à une taille sévère : retirez 1/3 de la hauteur de toutes les tiges de votre Géranium "zonal" et ne laissez que 20 cm de tige de votre Géranium "lierre".
Le lieu idéal ? Un local sec, aéré et maintenu entre 7°C et 12°C. Il pourra s’agir d’une véranda, d’une serre mais également d’un garage ou d’une cave tant que la lumière naturelle pénétrera le lieu. Supprimez les coupelles qui maintiennent trop d’humidité. Même s’il sera bien plus minime, l’arrosage doit être maintenu. Faites un apport d’eau dès que le substrat apparaît très sec. Ne laissez pas, dans tous les cas, le feuillage flétrir.
La gestion des maladies et des ravageurs
Les pélargoniums sont costauds, mais ils sont parfois victimes de petits malheurs. On ne présente plus ces petits insectes verts ou noirs (pucerons) qui déforment les jeunes pousses. Le traitement : pulvérisation d’eau additionnée de savon noir.
- Botrytis cinerea : Un vilain champignon qui se complaît dans la chaleur (25 °C) et l’humidité. Les feuilles et les tiges brunissent, les boutons à fleurs se dessèchent et un feutrage gris apparaît. Le traitement : appliquez une pulvérisation de bouillie bordelaise après un épisode de pluie.
- La Rouille : Des taches jaunâtres apparaissent sur le dessus des feuilles les plus anciennes. Puis, au revers, des pustules de couleur rouille se développent. Le traitement : évitez de mouiller le feuillage en arrosant. Le purin de prêle, riche en silicium, renforce la résistance des plantes.
- Aleurodes : De minuscules mouches blanches qui s'envolent dès que l'on effleure les branches. Le traitement : pulvérisez sur et sous les feuilles une solution de 20 % de purin, 5 % de vinaigre blanc et une cuillerée à café de savon noir.

Préparer le retour de la belle saison
Au printemps, quand les gelées ne sont plus à craindre, tu les rempotes : tu les sors des pots, tu tailles les racines assez court, tu tailles les tiges en gardant 2 yeux, tu mets du terreau pour plantes fleuries dans tes pots et tu ajoutes de l’engrais géranium, tu installes tes géraniums dans les pots, tu les places au soleil et c’est parti jusqu’aux prochaines gelées.
Le retour en extérieur se fait lorsqu’il n’y a plus aucun risque de gelées printanières. La sortie sera progressive. Commencez par quelques heures par jour, à mi-ombre. Après une acclimatation progressive de 15 jours, vos géraniums sont prêts pour une nouvelle saison en extérieur ! Choisissez un pot légèrement plus grand que le précédent. Réalisez un dernier nettoyage des parties abîmées durant l’hiver. Reprenez un arrosage plus fréquent mais toujours léger et une fertilisation hebdomadaire avec un engrais géranium liquide.
Plutôt que de racheter des godets à chaque printemps, pourquoi ne pas miser sur la longévité ? Fini les sacs de terreau entamés, les pots plastiques accumulés, le gaspillage au moment de préparer son espace extérieur pour l’été. Un geste facile, un impact concret sur l’environnement : moins de déchets, plus d’autonomie. Arrêtons de croire que le gel est une fatalité : en dehors des spécimens particulièrement fragiles, la plupart des géraniums supportent très bien l’hivernage. Il ne reste qu’à franchir le pas et tester cette méthode : quelques feuilles de papier journal, un coin à l’abri du froid, et la magie opère. Finalement, pourquoi céder à la tentation du neuf quand une astuce aussi simple peut transformer vos géraniums en véritables compagnons de route, fidèles et résilients ?