La Rotation des Cultures en Permaculture Tropicale : Principes et Applications

La permaculture est une méthode de jardinage qui se veut générale et propose des solutions naturelles en prenant en compte tout l’environnement autour de votre potager. Elle se base sur l'observation de la nature pour créer des écosystèmes productifs et résilients. En milieu tropical, cette approche revêt des spécificités importantes, notamment en ce qui concerne la rotation des cultures.

Les Fondements de la Permaculture et l'Observation Initiale

Avant de commencer à cultiver des plantations dans votre serre de jardin, il est essentiel de prendre le temps d’observer l’environnement de votre jardin. Pensez à organiser l’espace à l’intérieur de votre serre de jardin tunnel ou polycarbonate. Il est important de délimiter les chemins que vous allez emprunter régulièrement et les espaces de culture pour vos plantations, en faisant en sorte que ces derniers soient accessibles depuis votre chemin.

Pour se développer correctement, vos plantations auront absolument besoin d’eau, d’air et de soleil. Ces trois éléments naturels sont des facteurs importants et indispensables pour la croissance de vos cultures. Pour bénéficier au maximum de ces énergies renouvelables et pouvoir les contrôler, il est important de bien décider de l’emplacement afin de répondre au mieux aux besoins de vos végétaux. Cultiver sous serre en permaculture exige de faire preuve de patience et d’observation. Il est conseillé de commencer la première année par quelques légumes que vous avez l’habitude de jardiner. Observez le développement de ces plantes pour comprendre et connaître leurs besoins. Les années suivantes, diversifiez vos cultures et effectuez des rotations.

L'Importance Cruciale de la Rotation des Cultures

Les monocultures sont à éviter si vous souhaitez garder un sol riche, fertile, bref le bon sol pour un potager bio. La rotation des cultures est indispensable au potager pour pouvoir se nourrir à l’année sans « tuer » votre terre. C’est ce que l’on appelle la rotation des cultures. Si vous souhaitez cultiver des légumes bio, la rotation des cultures est votre meilleure alliée. Cette technique vous permet de préserver naturellement l’équilibre du potager et du sol, en planifiant les cultures de manière réfléchie et harmonieuse.

La rotation des cultures évite d’appauvrir et de fatiguer le sol. Certaines plantes sont gourmandes et puisent les nutriments dans le sol pour se nourrir. Si vous souhaitez intégrer d’autres cultures par la suite, il faut donc réapporter ces nutriments consommés par les plantes en quantités suffisantes afin que le sol reste fertile. Pour ce faire, d’autres plantes sont moins exigeantes et viennent même apporter ces nutriments au sol.La rotation des cultures évite également la propagation de maladies et de ravageurs. Les parasites et maladies sont spécifiques aux plantes d’une même famille. Cela signifie que les plantes d’une même famille botanique se font en général attaquer par les mêmes ravageurs et maladies, qui apprécient les aspects communs qu’elles partagent. Les maladies ou ravageurs peuvent survivre dans le sol pendant plusieurs années même sans trouver des cultures propices. Il faut donc respecter un certain délai avant de replanter une plante au même endroit. Il est difficile de donner une durée exacte, un minimum de deux saisons serait néanmoins dans tous les cas recommandable.

Principes de Construction d'une Rotation

La rotation de culture d’une parcelle doit être réfléchie et contrôlée. L’allonger constitue un des trois piliers de l’Agriculture de Conservation des Sols. Parmi les principes de construction d’une rotation, on retrouve la diversification des familles de cultures, le choix d’une durée de cycle de rotation et l’alternance de cultures d’hiver et de printemps.

Schéma de rotation des cultures sur une parcelle

Alterner des cultures de familles végétales diversifiées

Alterner les cultures d’une parcelle selon l’année est une technique millénaire. Cependant, après la Seconde Guerre mondiale, les besoins de nourrir les populations ont poussé l’agriculture vers la monoculture. Il faut bien entendu distinguer la monoculture intensive de cultures annuelles (blé, maïs, soja) et la monoculture traditionnelle de cultures pérennes comme les prairies permanentes, la vigne ou l’arboriculture dont les problématiques sont différentes.

Cependant, la conduite d’une exploitation en monoculture entraîne de nombreux problèmes :

  • Elle appauvrit les sols en épuisant les nutriments qu’ils contiennent : la culture unique pompe toujours les mêmes éléments qui ne peuvent pas se renouveler.
  • Elle facilite la propagation des maladies et adventices : les bioagresseurs spécifiques à la culture unique, c’est-à-dire qui ne s’attaquent qu’à elle, se multiplient rapidement et s’habituent aux traitements.
  • Elle contribue à l’érosion des sols : la terre est plus friable, moins structurée à cause d’un labour répété, et ne draine plus l’eau. Cela provoque la formation de croûte de battance.
  • Elle diminue la biodiversité et provoque le déséquilibre du milieu en épuisant les interactions entre espèces : l’agrosystème n’est plus résilient.

Pour éviter ces impacts négatifs, il est conseillé de diversifier ses cultures. Cela peut passer par de la polyculture, des cultures associées au sein d’une même parcelle, mais aussi par l’élaboration d’une rotation des cultures sur plusieurs années. La rotation des cultures se construit en alternant la culture de familles végétales diversifiées sur une même parcelle, dans un cycle de saisons de culture qui se répète. Ce cycle se répète dans le temps et diffère selon les parcelles de l’exploitation. L’ensemble de ces cycles sur la totalité de l’exploitation ou du territoire s’appelle l’assolement.

Par exemple, une culture de blé ou une culture de maïs, qui sont des cultures exigeantes en azote, peut être alternée avec une culture d’engrais vert comme une légumineuse (féverole, luzerne) qui enrichissent le sol. Entre ces cultures riches, il est judicieux d’insérer une plantation qui nécessite moins d’échanges avec le sol, comme un seigle ou un mélange de céréales. Un blé qui suit une culture de pois peut produire environ 8 q/ha en plus par rapport à un précédent blé avec moins d’azote minéral apporté !

Choisir sa durée de rotation selon ses objectifs

La durée du cycle de rotation dépend des besoins de l’agriculteur. Historiquement, l’alternance de 2 ou 3 cultures se pratiquait beaucoup. Par exemple : une culture de printemps suivie d’une jachère, une culture d’hiver, une de printemps puis une année de jachère. On parle de rotation biennale ou triennale. Cependant, on conseille aujourd’hui une rotation plus longue. Pouvant aller jusqu’à 10 ans, les rotations préconisées par les principes de l’agriculture de conservation se basent sur des délais de retour de culture conseillés. Elles peuvent inclure de longues périodes de prairies temporaires ou de couverts végétaux (par exemple jachère mellifère).

Alterner des cultures d’hiver et de printemps

Selon sa date de semis et son cycle de développement, une culture est qualifiée d’hiver (semis de septembre à novembre) ou de printemps (semis de février à mai). Une même espèce peut être l’un ou l’autre selon ses différentes variétés. Enchaîner des cultures de même cycle de développement, c’est risquer de faciliter les épidémies de ravageurs dont le cycle coïncide avec celui de la culture.

Il est alors conseillé d’alterner les cultures d’hiver et de printemps pour une bonne rotation. On évite ainsi par ailleurs l’installation d’un seul type d’adventices persistantes, qui pourraient ensuite devenir résistantes aux herbicides. Par exemple, enchaîner des cultures d’hiver en Techniques Culturales Simplifiées et/ou en non-labour entraîne souvent une infestation de vulpin, gaillets ou véroniques, car les résidus d'adventices ne sont pas enfouis par un travail profond du sol. De même, pour les cultures de printemps on risque une installation de chénopode et amarante. Il est alors recommandé de prévoir une période de rupture entre deux cultures de même cycle au moins deux fois plus longue que la période de culture elle-même.

Réussir la rotation des cultures en permaculture

Les Avantages de la Rotation des Cultures

La rotation des cultures consiste donc à alterner des cultures diverses, d’hiver et de printemps, sur un cycle assez long si possible. En effet, une bonne rotation offre de nombreux avantages : elle favorise la résistance aux bioagresseurs, elle augmente la fertilité du sol, elle améliore la structure du sol et elle aide à réduire l’utilisation des intrants.

Favoriser la résistance aux bioagresseurs

La monoculture favorise la persistance des bioagresseurs en facilitant leur développement. Si la source de nourriture est constante et toujours la même au même moment de l’année, les parasites n’ont aucune raison de partir ! Il faut donc les combattre, et le moyen traditionnel est la pulvérisation de produits, de synthèse ou d’origine naturelle. Il s’agit de trouver une technique pour lutter naturellement contre les bioagresseurs en diminuant l’utilisation de produits phytosanitaires (insecticides, fongicides et herbicides).

La rotation de cultures avec des cycles de développement différents permet de perturber le cycle de vie des ravageurs et de changer leur habitat. Cela les empêche de trop proliférer et les maintient en dessous d’un seuil de tolérance. Cette technique fonctionne aussi avec les adventices car les cultures peuvent être choisies pour entrer en compétition avec les mauvaises herbes et diminuer fortement leur pression. De plus, certaines cultures sont dites allélopathiques. L’effet allélopathique en agriculture est un phénomène biologique par lequel une plante produit une ou plusieurs substances chimiques qui ont une action sur le cycle de vie d’un autre organisme (adventice, ravageur, autre culture…). Ce phénomène est envisagé comme herbicide naturel. Par exemple : la moutarde a un effet de biofumigation, c’est-à-dire que lorsqu’elle se décompose elle libère une molécule, le glucosinolate, qui a un effet direct sur un type d’adventice : le piétin échaudage. Diversifier sa rotation diminue la densité d’adventice de près de 50% grâce à la variation des dates de semis !

Augmenter la fertilité du sol

En monoculture, les sols perdent en fertilité. En effet, les plantes absorbent toujours les mêmes nutriments du sol sans restituer. Cela peut conduire à l’épuisement d’un sol en certains éléments clés et rendre toute la culture très dépendante aux apports de fertilisation organique ou chimique, ce qui peut être très coûteux. Pour évaluer la fertilité du sol, il est conseillé de faire des analyses de sol régulières, qui permettent d’adapter la stratégie de culture et de fertilisation.

La rotation de culture est alors un moyen d’alterner des cultures dont les besoins en éléments minéraux sont différents et d’implanter des cultures qui restituent de l’azote au sol. Pour améliorer la fertilité biologique du sol, il est recommandé d’implanter des couverts en interculture qui enrichissent le sol en matière organique et agissent comme un engrais vert. Par exemple, le colza, qui est exigeant en potasse et phosphore, peut alterner avec une céréale, moins exigeante. De même, inclure des légumineuses ou des périodes de prairies temporaires permet d’enrichir le sol en azote. Les différents résidus de culture participent aussi à améliorer la qualité des matières organiques du sol et à son activité biologique.

Améliorer la structure du sol

Sans diversification des cultures, le sol est toujours support de la même forme racinaire et subit toujours les mêmes opérations culturales (travail du sol, désherbage mécanique, récolte). Cette situation augmente considérablement le risque d’érosion sur les zones laissées à découvert par les plantes et lors des périodes où le sol est laissé nu entre la récolte et le semis.

Ainsi, composer la rotation en y incluant des cultures à enracinements différents permet de conserver la structure du sol. Le profil du sol est uniformément exploré par les systèmes racinaires ce qui limite le compactage, améliore le fonctionnement hydrique, et fixe sa structure en évitant l’érosion. Dans le cas d’une association de culture, le sol est exploré à la fois en profondeur et en surface de façon efficace. Par exemple, les racines pivotantes des oléagineux (colza, moutarde) et des légumineuses (féverole, pois) sont complémentaires des racines fasciculées des graminées (blé, orge).

Réduire l’utilisation des intrants

Les rotations courtes favorisent le développement d’adventices, de maladies et de ravageurs. De plus, elles appauvrissent le sol. Ainsi, la conduite de la parcelle ne peut se faire sans intrants : fongicides, insecticides, fertilisants et herbicides.

Diversifier sa rotation permet de mettre en place un système agricole plus résistant et résilient face aux bioagresseurs, et de s’affranchir d’une partie des intrants de fertilisation en limitant les pertes de fertilité. Ainsi, on a besoin de moins de traitements, on gagne de l’argent et on évite de déstabiliser le milieu. Les rotations d’au moins 6 espèces ont tendance à permettre une forte diminution de l’utilisation des produits phytosanitaires : hors herbicides ces systèmes ont en moyenne un IFT de 1 ! "A partir de 6 espèces dans la rotation, 75% des systèmes étudiés utilisent moins d'une dose pleine de produit hors herbicide."

Illustration des différents systèmes racinaires de plantes

Défis de la Rotation des Cultures et Connaissances Nécessaires

Malgré ses nombreux avantages, il faut garder en mémoire que pour construire sa rotation de culture au mieux, il est nécessaire :

  • D'approfondir ses connaissances techniques et de maîtriser parfaitement le milieu et les pratiques culturales que l’on utilise.
  • De connaître et de maîtriser les nouvelles cultures que l’on introduit ainsi que leurs débouchés économiques.

Approfondir ses connaissances techniques

Diversifier ses cultures demande un fort apport de connaissances techniques concernant : les meilleures successions, l’acquisition d’équipements spécifiques (par exemple les semis direct sous couvert implique l’utilisation d’un semoir à disques ou à dent), et la conduite spécifique à chaque culture. Le manque de connaissances techniques peut être un frein important à la diversification de la rotation. C’est souvent le cas lorsque la rotation implique la réintroduction de plantes de couvert peu répandues, comme le radis chinois, ou des cultures secondaires comme le lin ou le chanvre. Ces cultures demandent un changement d’habitude et d'approche du système agricole.

Il s’agit alors de bien se renseigner, de se former et de bénéficier des retours d’expériences d’agriculteurs aux conditions de culture similaires pour réussir l’implantation des cultures et ne pas prendre trop de risque.

Valoriser de nouvelles cultures

En contexte de monoculture, la commercialisation est simplifiée car il s’agit de vendre de gros volumes d’une seule culture avec souvent des contrats pluriannuels. Or sans se spécialiser dans un seul type de culture, et en limitant le nombre de "cash-crop" (cultures qui rapportent beaucoup) dans la rotation, le système doit rester rentable sur le long terme. Une solution est de diversifier ses débouchés et de trouver des filières de valorisation pour des cultures moins répandues. La rotation peut être composée de cultures à forte valeur ajoutée comme le lin ou la pomme de terre afin de compenser les périodes de prairies temporaires de légumineuses peu rémunératrices économiquement. Grâce à la rotation des cultures, un agriculteur diversifie ses revenus et ses coûts de production. La charge de travail et les ressources utilisées peuvent être mieux réparties et économisées. Prioriser la succession de cultures très rémunératrices ne doit pas se faire au détriment des principes agronomiques.

Construire sa Rotation des Cultures en Pratique

Ainsi, vous pouvez choisir d’alterner les cultures en fonction de vos besoins individuels, de vos possibilités, des conditions environnementales de votre exploitation et de votre budget.

Une rotation type : tête, corps et fin de rotation

Quelle que soit sa durée, une rotation se compose de :

  • Une tête de rotation qui assure l’amélioration de la fertilité et de la structure du sol (légumineuse, trèfle, luzerne, mélange ou méteil en système céréalier, prairie temporaire en élevage).
  • Un corps de rotation qui peut être exigeant en azote et rémunérateur (blé, colza, maïs, betterave).
  • Une fin de rotation composée plutôt de cultures nettoyantes et peu exigeantes comme le sarrasin.

Une bonne rotation offre un équilibre entre les cultures les plus rémunératrices et les besoins des parcelles. Plusieurs types de rotations existent : la rotation 2-2, composée d’une culture du même type deux années de suite et d’une coupure plus ou moins longue ; une rotation de 3 espèces en 2 ans ; des rotations plus longues, souvent entre 6 et 9 ans. En Agriculture de Conservation des Sols (ACS), la rotation 2-2 est souvent utilisée. Par exemple, dans une rotation pois de printemps-colza-blé-maïs, l’interculture longue blé/maïs permet d’implanter et d’enfouir un couvert de légumineuses qui réduit l’apport d’intrant azoté du maïs.

Exemple de planification de rotation sur 4 ans

Une fois que vous avez pris connaissance des familles de vos légumes, vous pouvez vous lancer ! En effet, la terre nécessite généralement entre 3 et 6 ans pour se remettre pleinement d’une culture. La deuxième étape sera donc de réaliser un croquis de votre potager pour planifier la disposition de vos plantes sur 4 ans.

  • Dans la première parcelle, vous placerez les légumes graines. Considérés comme des plantes améliorantes, ils fixent les nutriments dans le sol.
  • Dans la deuxième parcelle, vous placerez les légumes feuilles. Ils puisent les nutriments dans les couches superficielles du sol grâce à leurs racines peu profondes.
  • Dans la troisième parcelle, vous pourrez cultiver vos les légumes racines (et bulbes). Ceux-ci iront chercher les éléments nutritifs en profondeur, et se contentent de presque rien en termes de nutriments et de compost.
  • Chaque année, vous décalerez les cultures dans le sens des aiguilles d’une montre. Ainsi, la seconde année, les légumes de la parcelle 1 seront placés dans la parcelle 2. Ceux de la parcelle 2 dans la parcelle 3. Ceux de la parcelle 3 dans la parcelle 4. Et ceux de la parcelle 4 dans la parcelle 1.

Nous avons cité ici un exemple simplifié de potager en rotation, pour aider débutants et amateurs à se lancer. Lors de l’association des cultures dans une seule et même parcelle, pensez au compagnonnage. Vous avez d’ailleurs la possibilité de faire des cultures en ligne plutôt qu’en carrés pour favoriser le compagnonnage.

Schéma d'une rotation de cultures simplifiée sur 4 ans

La Permaculture Tropicale : Spécificités et Intégration

En zone tropicale, la permaculture adopte souvent la forme d’agroforêts ou jardins-forêts : des polycultures associant arbres fruitiers (comme le cocotier, le cacao, l’ananas ou le poivrier), des lianes et des cultures vivrières, avec une forte biodiversité et des cycles durables. Ces systèmes s’inspirent des pratiques ancestrales des Mayas et des sociétés précolombiennes, qui ont façonné les écosystèmes forestiers dans ces régions.

Le Design en Zones

Les conceptions en permaculture s’articulent souvent autour du système des zones (0 à 5), selon la fréquence d’utilisation et le niveau de soin nécessaire. En milieu tropical, cela implique de placer les plantes les plus utilisées proches de l’habitat (zone 1), tout en planifiant des zones plus éloignées pour les cultures moins exigeantes (zones 2 à 5). Ces zones ne sont pas toujours circulaires, mais sont adaptées selon le relief, les flux d’eau, et l’usage.

Design Intégré : Eau, Accès, Végétation

Une bonne conception permaculturelle commence par l’analyse de l’eau, des mouvements - naturels ou humains -, et des zones de gestion, pour créer un écosystème harmonieux, productif et résilient.

Habitat Tropical Intégré

Dans un climat tropical, les constructions doivent être légères, surélevées et aérées pour favoriser la ventilation et éviter l’humidité. L’utilisation de matériaux traditionnels comme le bambou ou le chaume, la ventilation croisée, et l’ombrage avec des cocotiers ou autres arbres éloignés du bâti sont des principes de design essentiels.

Association de Cultures et Rotation : Complémentarité

L’association des cultures ou la polyculture consiste à installer plusieurs cultures sur une même parcelle. Quasiment tous les contextes sont propices à l’association et à la rotation des cultures, et ce particulièrement pour les paysans ne disposant ni de mécanisation, ni de grandes superficies pour l’agriculture. L’association de cultures permet d’augmenter la diversité spatiale dans l’agroécosystème, tandis que la rotation des cultures permet d’augmenter la diversité temporelle. Ces techniques permettent d’accroître la productivité et l’efficience des fermes biologiques.

Réussir la rotation des cultures en permaculture

Synergies et Protection Mutuelle

L’association de certains végétaux ensemble permet d’améliorer le développement de vos plantations. Légumes, herbes, fleurs ou arbres fruitiers, trouvez les bonnes associations pour favoriser le développement des végétaux.Il est important dans les rotations comme dans les associations d'utiliser des variétés autochtones et d’inclure des légumineuses (Fabacées) car elles ont la particularité de fixer l’azote de l’air dans le sol et peuvent donc se substituer aux engrais azotés de synthèse. Elles contribuent également à l’apport de matière organique et d’autres macronutriments importants comme le phosphore et le potassium. Il faut éviter d’associer des plantes appartenant à la même famille botanique. En effet, les plantes d’une même famille sont généralement menacées par les mêmes maladies ou ravageurs.

Des plantes avec un enracinement différent vont exploiter des portions du sol différentes. Il convient donc d’associer des plantes à enracinement relativement profond (aubergine, tomate, concombre, courge, maïs, betterave, pois, etc.) avec des plantes à enracinement superficiel (chou, laitue, ail, oignon, radis, etc.). Les plantes ont des besoins différents en fertilisants. La culture qui entoure le champ permet une protection de la culture au centre. Les rangs permettent d’optimiser les interactions entre les 2 plantes, on peut penser par exemple à une plante haute qui fait de l’ombre à une plante qui apprécie l’ombre ou bien à une légumineuse qui permet d’enrichir le sol pour une autre culture plus exigeante en azote. Cette méthode est plus spécifique, car le mélange aléatoire des plantes rend l’entretien particulier de chaque plante plus difficile.

Exemple d'association de cultures bénéfiques

Techniques Spécifiques : Le Push-pull

Le Push-pull est une technique biologique de lutte intégrée contre les ravageurs, utilisant une plante répulsive ("Push") et une plante attractive ("Pull") qui piège les ravageurs. Si tous ces facteurs sont réunis le producteur peut perdre une grande partie de sa récolte.

  • Le Desmodium intortum (ou Desmodium à feuilles vertes) est une légumineuse pérenne qui recouvre le sol entre les rangs de la culture principale. Il produit des composés chimiques volatiles qui repoussent ("Push") les ravageurs et attirent leurs ennemis naturels. Ses racines produisent des composés qui détruisent les graines de strigas dans le sol. De plus, ses racines en association avec une bactérie peuvent également fixer l’azote dans le sol.
  • Le Brachiaria ruziziensis (Mulato II) est une graminée pérenne qui produit des composés volatiles qui attirent ("pull") les ravageurs pour la ponte. Or cette plante n’apporte pas les conditions suffisantes pour le bon développement des larves, ce qui empêche la multiplication du ravageur. De plus, le Brachiaria attire également les ennemis naturels des ravageurs. Fortuitement, le Climate-smart Push-pull se révèle aussi efficace contre un nouveau ravageur en provenance d’Amérique : la chenille légionnaire d’automne (Spodoptera frugiperda).

Enrichissement du Sol sous Serre

Contrairement au sol de votre potager, la terre de votre serre de jardin n’est pas nourrie naturellement. Pour permettre à vos plantes de se développer correctement, il est indispensable d’enrichir votre sol à l’aide d’engrais. Vous pouvez utiliser dans votre serre de jardin du fumier, des engrais verts, du compost et bien plus encore.

Attirer la Faune Bénéfique

Pour attirer les insectes et les animaux bénéfiques pour votre jardin, vous avez de nombreuses options simples et efficaces qui s’offrent à vous. Ces précieux auxiliaires ont chacun des rôles différents et importants pour le bien-être et le développement de vos végétaux. Cultivez une parcelle d’orties qui fera office de gîte et de couvert pour les coccinelles notamment. Évitez les traitements à base de produits chimiques en privilégiant des engrais biologiques et concoctez vous-mêmes vos purins à base de plantes. Ménagez des refuges pour la faune en laissant traîner des branches, des brindilles, des feuilles ou en plantant des plantes pérennes pour multiplier les chances que de nouveaux alliés pour votre jardin fassent leur apparition. Optez pour des haies mixtes composées d’arbustes à baies et à feuillage.

La Culture sur Buttes en Milieu Tropical

Les avantages de la culture sur buttes sont nombreux. Grâce à cette technique de jardinage, vous augmentez la surface de développement des racines de vos plantations. Vos plantes vont mieux se développer et seront plus résistantes. Vous améliorerez la fertilité de votre sol et pourrez profiter d’une saison de culture plus longue. Rémy Malet explore le concept de butte autofertile appliquée aux zones tropicales.

Éviter le Sol Nu

Entre les cultures, évitez toujours de laisser le sol nu. À l’état sauvage dans la nature, le sol n’est jamais nu : feuilles mortes, herbe, humus… Une couche organique protège constamment le sol, ce qui favorise la vie des insectes détritivores et travailleurs du sol, empêche les espèces indésirables de se développer, limite l’érosion et apporte de la matière organique au sol.

L'Hydroponie et ses Limites

L’hydroponie est un moyen de cultiver dans l’eau en se passant totalement de terre. Bien qu’elle présente de nombreux avantages, elle n’est pas la plus économe des méthodes à cause de sa dépendance aux engrais minéraux.

Déterminer la Configuration de l’Association et des Rotations

Quelles plantes utiliser ? Dans quel ordre ? Dans l’idéal, il faudrait pratiquer les associations et les rotations conjointement. Cela requiert cependant de bonnes connaissances du contexte local et des différentes plantes, connaissances qui s’acquièrent essentiellement par la pratique et les expériences.

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