Le Lierre : Une Plante aux Multiples Facettes entre Toxicité, Bénéfices Écologiques et Usages Historiques

Le lierre, qu'il s'agisse du lierre grimpant (Hedera helix L.) ou du lierre terrestre (Glechoma hederacea), est une plante omniprésente dans nos paysages, souvent méconnue dans sa complexité. Loin des idées reçues, cette plante lianeuse ou rampante révèle une richesse d'intérêts écologiques, des propriétés médicinales avérées, mais aussi des aspects toxiques nécessitant une vigilance particulière, notamment pour les mammifères.

Illustration de lierre grimpant sur un mur ancien

Identification et Description Botanique du Lierre Grimpant (Hedera helix L.)

Le lierre grimpant est une plante lianeuse, vigoureuse et ligneuse, appartenant à la famille des Araliacées. Il est capable d'atteindre jusqu'à 30 mètres de longueur. Cette plante se fixe à ses supports grâce à des crampons, qui sont en réalité de courtes racines aériennes, et non des organes parasitaires. Ses feuilles persistantes sont alternes, coriaces, luisantes et d'un vert foncé caractéristique. On observe une hétérophyllie chez le lierre : les feuilles des rameaux stériles sont pétiolées et possèdent trois à cinq lobes, tandis que celles des pousses florifères sont entières, ovales et acuminées.

Les fleurs, hermaphrodites, sont petites (7 à 9 mm de diamètre) avec cinq pétales jaune-verdâtre, disposées en petites ombelles terminales assez denses et de forme globuleuse. La période de floraison du lierre s'étend de septembre à novembre, ce qui en fait l'une des plantes à fleurir le plus tard dans la saison. Le fruit est une drupe qui évolue du vert au marron, puis au noir à maturité (de mars à mai). Chaque baie renferme trois à cinq graines brunâtres de consistance spongieuse.

Les noms vernaculaires du lierre sont nombreux et variés, témoignant de sa présence historique et de ses diverses perceptions : Lierre à cautère, lierre des poètes, lierret, hierre, herbe de Saint-Jean, herbe à cautère, bourreau des arbres, joli bois, rampe de bois, rampe des maisons. En anglais, il est connu sous les noms de common ivy, ivy, ou english ivy.

Diagramme des différentes formes de feuilles du lierre grimpant

Le Biotope et la Biologie du Lierre Grimpant

Le lierre est une plante commune dans toute la France, présente jusqu'à 1200 mètres d'altitude. On le trouve dans une grande diversité de milieux : sur des arbres (particulièrement les chênes, les hêtres), des rochers, de vieux murs, des bâtiments, des haies, souvent dans des endroits ombragés. Il peut également ramper sur le sol.

Contrairement à une idée reçue très répandue, le lierre n'est pas une plante parasite. Il se fixe simplement sur des supports à l'aide de ses racines aériennes munies de ventouses pour aller chercher la lumière. Il ne se nourrit pas de l'arbre hôte, mais bien de la photosynthèse réalisée par ses propres feuilles. Sur un tronc d'arbre, le lierre ne cause généralement aucun dégât. Il est important de souligner que le lierre reste toujours à l'intérieur du houppier, n'empêchant jamais son arbre hôte de réaliser sa propre photosynthèse. De plus, il protège l'arbre des variations de températures, notamment hivernales. Les feuilles du lierre se renouvellent environ tous les trois ans, généralement au printemps. Le lierre a la capacité de coloniser facilement un milieu sans être exigeant en entretien.

Toxicité du Lierre Grimpant

Les baies et les feuilles du lierre grimpant sont toxiques pour les mammifères, y compris l'homme, bien que les oiseaux puissent les consommer impunément. La texture, la dureté et le goût amer des baies sont généralement dissuasifs pour les animaux, ce qui rend les intoxications peu fréquentes.

Principes Toxiques

Les baies et les feuilles contiennent de l'hédérine (ou hédéroside), un saponoside aux propriétés hémolytiques, vasoconstrictrices et antispasmodiques. Elles contiennent également des tanins, dont l'acide hédératannique. Par ailleurs, le lierre est responsable chez l'homme de dermatite de contact, due à la présence de falcarinol et de didéhydrofalcarinol dans ses feuilles et ses tiges.

Dose Toxique et Circonstances d'Intoxication

La dose toxique n'est pas précisément connue. Les appels concernant le lierre représentent 1% des appels de toxicologie végétale pour les ruminants au CNITV (Centre National d'Informations Toxicologiques Vétérinaires). Plus spécifiquement, cela représente 0,6% des appels pour les bovins, 2,2% pour les ovins et 1,9% pour les caprins. Sur 38 appels concernant le lierre grimpant chez les ruminants, 40% impliquent les bovins, 35% les ovins et 25% les caprins.

La majorité des appels sont répartis de décembre à février, soit juste après la période de floraison de la plante et pendant la croissance de ses baies. Il semblerait que la consommation d'une trop grande quantité de lierre, notamment lorsqu'il s'agit d'un nouvel aliment introduit en grande quantité, puisse poser problème pour la digestion des animaux.

Graphique en barres: Répartition des appels au CNITV concernant le lierre par espèce

Signes Cliniques et Lésions

Les signes cliniques observés lors d'intoxication au lierre incluent :

  • Signes généraux : hypothermie, excitation.
  • Signes digestifs : coliques, diarrhée, météorisme, hypersalivation.
  • Signes cardio-vasculaires : bradycardie, hypotension.
  • Signes respiratoires : dyspnée.
  • Signes nerveux : ataxie, parfois convulsions, puis coma.

Les signes les plus fréquemment rapportés au CNITV sont digestifs, avec du météorisme (15,8% des cas), de la diarrhée (13,2% des cas) et de l'hypersalivation (10,5% des cas). Une ataxie et un décubitus sont également fréquemment rapportés (dans respectivement 13,2 et 10,5% des cas). Des lésions de gastro-entérite peuvent être observées.

Graphique circulaire: Répartition des signes cliniques rapportés lors des appels au CNITV concernant le lierre

Évolution et Pronostic

Les cas mortels sont rares, mais des cas de mort subite sont rapportés au CNITV dans 10,5% des cas. Le pronostic est réservé. Selon les données du CNITV, le taux de morbidité atteint 34% chez les bovins (sur 102 bovins exposés), 44% chez les ovins (sur 136 ovins exposés) et 38% chez les caprins (sur 38 caprins exposés). Le taux de mortalité s'élève à 19% chez les bovins, 27% chez les ovins et 18% chez les caprins.

Diagnostic et Traitement

Le diagnostic différentiel doit être établi avec d'autres affections et intoxications responsables de troubles digestifs ou nerveux. Le diagnostic expérimental peut impliquer l'identification macroscopique ou microscopique des débris végétaux contenus dans le rumen, les feuilles coriaces du lierre transitant lentement.

Le traitement peut inclure une ruminotomie d'urgence. Le traitement médical comprend des pansements digestifs, des analeptiques cardiaques (caféine, heptaminol) et du nursing (garder l'animal au chaud).

Des races d'animaux d’élevage menacées de disparition | La semaine verte

Le Lierre Grimpant : Une Plante aux Bénéfices Écologiques et Environnementaux Inattendus

Bien que souvent perçu comme une plante envahissante ou toxique, le lierre grimpant offre de nombreux services écosystémiques et des avantages environnementaux significatifs.

Rôle Essentiel pour la Biodiversité

Le lierre, en fleurissant très tard dans la saison (fin août à fin octobre), est essentiel pour de nombreux pollinisateurs qui préparent tardivement leur hiver. Tous les pollinisateurs peuvent être intéressés par un lierre en floraison, mais il est particulièrement crucial pour des papillons comme le vulcain (Vanessa atalanta), les argus et le paon du jour (Aglais io) qui y pondent leurs œufs. Le citron (Gonepteryx rhamni) réalise même tout son cycle de vie sur le lierre. Une espèce d'abeille sauvage, la collète du lierre (Colletes hederae), est inféodée à cette plante et en a besoin pour survivre.

De même, les baies du lierre sont les seules à être disponibles en plein cœur de l'hiver, constituant une source de nourriture précieuse pour les oiseaux. Elles sont bien plus efficaces et naturelles que des boules de graisse pour les aider. Les fruits du lierre grimpant, bien que passablement toxiques, sont consommés par les passereaux qui digèrent la pulpe riche en lipides (32%) et en protéines (5%), laissant les graines intactes.

Même les chauves-souris trouvent leur compte dans le lierre. Si l'on pensait pendant longtemps que le lierre obstruait les cavités qu'elles affectionnent, il n'arrête pas sa mission de maintien de la biodiversité à l'automne, offrant abri et refuge.

Amélioration de la Qualité de l'Air et Régulation Thermique

Le lierre a une capacité d'absorption des particules fines qui équivaut à 6 grammes par an et par mètre carré (Dunnett et Kingsbury 2004). Pour qu'il puisse absorber autant de particules qu'un arbre adulte, il ne suffit que de 23 mètres carrés de façade. Il semblerait également que les feuilles de lierre soient plus chargées en plomb et en cadmium que le reste de la plante, ce qui suggère une capacité d'absorption des métaux lourds, à l'instar des renouées du Japon.

En poussant de manière verticale et en se couplant à des plantes à croissance plus horizontale comme les arbres, le lierre offre de nombreux avantages. Il protège les arbres des variations de température, notamment en hiver, et participe à la modification des couloirs de vent. La végétalisation des façades par le lierre, sans aménagement onéreux ni à l'installation ni à l'entretien, contribue à la protection contre les UV et à la limitation de l'impact des fortes précipitations. Il est également une source d'oxygénation : d'après une étude, 150 mètres carrés de surface foliaire de lierre seraient nécessaires pour couvrir les besoins annuels en oxygène d'une personne moyenne.

Interaction avec les Arbres et Stabilité des Structures

Le lierre n'est pas un parasite et ne nuit pas aux arbres sains. Seuls les arbres affaiblis, sénescents ou malades peuvent se briser ou tomber au sol du fait du poids du lierre ou de sa prise au vent trop grande. Le binôme entre plantes grimpantes et arbres a de nombreuses ramifications, allant jusqu'à une plus-value économique étonnante.

Le Lierre Terrestre (Glechoma hederacea) : Un Autre "Lierre" aux Vertus Méconnues

Le lierre terrestre (Glechoma hederacea) est une plante différente du lierre grimpant, appartenant à la famille des Lamiacées, la même famille que la menthe, le romarin, la lavande ou la sauge. Ses tiges carrées sont couchées au sol et forment des radicelles aux intersections des feuilles dès qu'elles touchent la terre, s'enracinant pour s'étaler en tapis, d'où son nom de "lierre terrestre" car il court au sol comme le lierre grimpe aux arbres.

Au printemps, il développe des tiges florifères qui se dressent jusqu'à 20-30 cm de hauteur sans se ramifier, légèrement velues. Ses feuilles sont opposées, réniformes ou cordiformes, crénelées et souvent luisantes. Les feuilles basales, visibles toute l'année, sont plus rondes que celles des tiges florales. Leur couleur varie en fonction de l'endroit et de l'ensoleillement, tirant parfois vers le violet. Les fleurs, groupées par 2 ou 3 à l'aisselle des feuilles, sont de couleur mauve à violet, tachetées de pourpre, et ressemblent à celles du romarin ou de la sauge avec deux lèvres.

Le lierre terrestre est reconnaissable à son parfum caractéristique, boisé, mentholé et citronné à la fois, qui se dégage lorsqu'on froisse ses feuilles. Ce parfum peut varier en intensité selon l'endroit, l'ensoleillement et la saison. La fleur a un goût similaire mais plus délicat et sucré. Les huiles essentielles de cette plante lui confèrent ses propriétés aromatiques et thérapeutiques.

Image d'illustration du lierre terrestre en floraison

Usages Historiques et Propriétés Médicinales du Lierre

Les utilisations du lierre, qu'il soit grimpant ou terrestre, remontent à l'Antiquité, témoignant de sa reconnaissance pour ses propriétés diverses.

Lierre Grimpant en Médecine Traditionnelle

Dès l'Égypte ancienne, des illustrations et descriptions font état d'utilisations pharmacologiques du lierre grimpant, alors associé à Osiris, dieu de la fertilité et de l'éternité. Chez les Romains et les Grecs, le lierre était positivement associé à l'ébriété et réputé protéger des actions néfastes de l'alcool. Bacchus et Dyonisos sont d'ailleurs souvent représentés avec une couronne de lierre. Le vin de Lierre (une décoction de feuilles dans du vin sucré) était utilisé comme protecteur contre divers empoisonnements et comme aide précieuse pour les soirées arrosées.

Parmi les nombreuses molécules que le lierre grimpant contient, les plus actives sont les saponosides triterpéniques, notamment les hédérasaponines. Bien que peu efficaces à l'état brut, une grande partie de ces molécules sont transformées lors du passage dans l'estomac ou le rumen en principes actifs (dont l'α-hédérine) responsables des effets constatés. Le lierre contient également des anti-inflammatoires bien connus, comme des flavonoïdes (rutosides) et des huiles essentielles (dont le limonène et le ß-caryophyllène). On y retrouve aussi des anti-infectieux divers via des huiles essentielles (germacrène D, sabinène et ß-caryophyllène), des flavonoïdes (kaempférol) et les saponosides qui sont fongicides et antibactériens.

Grâce à ses propriétés antimicrobiennes, antifongiques, vasoconstrictrices et expectorantes, les feuilles de lierre grimpant sont recommandées dans le traitement des toux grasses mais également des toux d'irritation, souvent en association avec le thym (effet de potentialisation). En cas de cueillette personnelle pour usage médicinal, il est conseillé de choisir les feuilles les plus foncées, coriaces voire abîmées, car ce sont les saponosides, principales armes de défense de la plante contre les attaques microbiennes et fongiques, qui sont recherchés.

La dose recommandée par l'EMA et les pharmacopées françaises et allemandes est de 0,8 g de matière sèche par tasse pour 60 kg de poids vif. Une feuille fraîche contenant entre 30 et 50% de matière sèche, on utilise environ 3 g de feuille fraîche pour 25 mL d'eau 2 fois par jour. Pour un lot de 100 brebis, 200 agneaux ou une vache présentant une toux persistante, il faudrait faire infuser 600 g de feuilles dans 5 L d'eau chaque jour, pendant une semaine maximum. La dureté des feuilles impose une durée d'infusion d'une dizaine de minutes à couvert.

Lierre Terrestre et ses Vertus Oubliées

Durant le haut Moyen Âge, le lierre terrestre (Glechoma hederacea) lui fut préféré, probablement en raison de moindres réactions digestives. Son utilisation était alors orientée vers le traitement de la « mauvaise humeur » et de la dépression, ainsi que des troubles cutanés par usage externe. De l'Antiquité, seule l'utilisation de vin de lierre pour traiter les maux de tête, quelle qu'en soit l'origine, fut conservée.

À l'époque pré-chrétienne, chez les Germains, le lierre terrestre était récolté avec d'autres herbes sauvages pour préparer la "soupe aux neuf herbes" lors de cultes sacrés. Cette tradition s'est perpétuée jusqu'à nos jours, notamment en Alsace, en Allemagne et dans les pays de l'Est de l'Europe, où l'on mange des épinards ou d'autres légumes verts le Jeudi Saint ("jeudi vert"). Poussant à proximité des habitations, nos ancêtres le considéraient comme un gardien des maisons, un bon esprit de la ferme et un lutin protecteur. Il était utilisé pour conjurer les mauvais sorts et pour bénir des personnes ou des lieux, et éloigner les maladies.

De nos jours, l'utilisation médicinale du lierre terrestre est presque tombée dans l'oubli, malgré ses nombreuses vertus. Il est considéré comme une plante aromatique plutôt qu'un légume, car son arôme devient trop fort en grande quantité. Ses feuilles, abondantes même en automne et en hiver (tant qu'il n'y a pas de longs gels), peuvent parfumer de nombreux plats. On peut le hacher pour aromatiser des sauces froides ou chaudes, des vinaigrettes et des crudités. Il s'intègre parfaitement avec les pommes de terre, dans les légumes, pour parfumer le poisson ou la viande. En boisson, une simple infusion est bénéfique pour les voies respiratoires, et il se marie bien avec le jus de pommes. Au Moyen Âge, le lierre terrestre a servi à aromatiser la bière tout en l'aidant à mieux se conserver. Il peut même être utilisé dans des desserts, comme un gâteau au chocolat. Cependant, pour les chevaux, cette plante n'est pas indiquée, sauf en usage externe pour soigner des plaies.

Interactions du Lierre avec les Animaux d'Élevage : Une Vision Nuancée

La réputation de toxicité du lierre pour les animaux est tenace, pourtant l'observation attentive des comportements des ruminants révèle une réalité plus complexe et nuancée.

Consommation et Toxicité chez les Ruminants

Le lierre grimpant (Hedera helix) est une plante hyper accessible pour les ruminants et très régulièrement consommée, que l'herbe soit abondante ou non. Le déterminant de cette consommation est mal connu. Les signes d'intoxication, comme mentionné précédemment, sont principalement digestifs : les saponosides, étant des tensio-actifs, augmentent les sécrétions ruminales et peuvent faire mousser le contenu ruminal si la ration est suffisamment riche en graisse. Cet effet moussant est à l'origine de quelques dysfonctionnements de la flore digestive, entraînant météorisations, diarrhées et parfois salivations excessives. Quelques mortalités sont décrites.

Cependant, il existe un fossé important entre le nombre de cas d'intoxication déclarés et les consommations réelles constatées. Toutes les brebis et les chèvres, ainsi que la plupart des vaches, mangent spontanément du lierre, parfois en quantités importantes, et seulement 38 cas ont été déclarés depuis la création du centre de toxicologie vétérinaire français. Les animaux, lorsqu'ils ont le choix, savent généralement reconnaître ce qui est bon pour eux. Des éleveurs rapportent que leurs moutons ou ânes consomment le lierre sans conséquence néfaste, voire avec plaisir, notamment les jeunes pousses fraîches ou l'écorce. La consommation peut augmenter en hiver lorsque d'autres sources de verdure sont rares, ou en début d'automne lorsque les écarts de température sont importants, car le lierre est réputé pour ses propriétés calmantes des voies respiratoires et antitussives.

Capacité d'Automédication des Ruminants

L'observation attentive du pâturage des animaux, lorsqu'ils ont à leur disposition une grande variété de plantes non alimentaires, révèle des comportements d'automédication sophistiqués. Cette capacité varie selon les espèces et les souches. Les animaux sélectionnés pour leurs aptitudes bouchères et laitières ont souvent perdu ces capacités et pâturent en "barre de coupe", s'intéressant peu aux haies et autres plantes, ce qui les rend plus fragiles. En revanche, les animaux dits rustiques et les souches anciennes sont plus regardants sur ce qu'ils mangent.

La chèvre est la championne de l'automédication, son système immunitaire étant du genre explosif, elle évite d'être malade. La brebis la suit de loin, sa gourmandise la pénalise un peu, mais elle connaît les plantes qui la soulagent et compense souvent une faiblesse immunitaire par des consommations inhabituelles. La vache, avec un système immunitaire plus rapide que la brebis mais plus tempéré que celui de la chèvre, est moins encline à la recherche de plantes médicinales. Observer les consommations atypiques peut donc informer sur l'état de santé d'un troupeau.

Infographie sur les plantes médicinales consommées par les ruminants

De nombreuses plantes médicinales sont présentes dans nos prairies et sont consommées par les ruminants :

  • Pissenlit dent de lion : Excellent draineur hépatique, il aide à soigner les conséquences d'une infestation par les douves et est apprécié après un régime céréale ou ensilage pour éliminer l'engraissement du foie.
  • Plantes taniques (écorces de chêne, châtaignier, fruitiers âgés, feuilles de ronce) : Leur consommation est un signe de tentative de gestion du parasitisme. Chez la chèvre, les tanins sont nécessaires au bon fonctionnement digestif et sont consommés en grande quantité toute l'année.
  • Ortie : Ingrédée fraîche, la consommation des graines signe une faiblesse générale et aide à guérir les foies abîmés par les douves. L'ingestion des feuilles fraîches témoigne d'un besoin en vitamines, acides aminés ou minéraux, étant un excellent reminéralisant.
  • Écorce de saule : Contient un équivalent de l'aspirine. Les adultes la mangent parfois lorsqu'elles se sentent fébriles.
  • Argile des taupinières : Les jeunes animaux grattent et lèchent les taupinières pour rechercher l'argile qui apaise les douleurs abdominales et soulage les ballonnements.
  • Origan sauvage et thym serpolet : Témoins de la santé digestive.
  • Prunelier : Toutes les parties contiennent des principes actifs, mais ce sont surtout les feuilles et écorces qui sont ingérées. Indiqué contre le refroidissement et les spasmes digestifs.

Les animaux se connaissent et connaissent ce qui leur réussit. Les propriétaires sont encouragés à être curieux et à observer les comportements de leur troupeau.

tags: #lierre #chevre #mouton