Le lierre, connu sous le nom latin Hedera helix, est une plante mellifère très précieuse pour nos abeilles. En effet, elle fleurit tardivement à une saison où les ressources en pollen et en nectar sont rares. C'est une dernière occasion pour nos abeilles de faire des provisions et elles ne s'en privent pas. Si mal connu, si mal aimé, le lierre est un vrai trésor pour la biodiversité, bien que beaucoup de gens considèrent cette liane comme un parasite, ce qui est faux : elle se nourrit par son propre système racinaire.

Une biologie fascinante au service des pollinisateurs
Le lierre est présent sur Terre depuis des millions d’années ; il s’est développé à la faveur de températures tropicales, puis s’est adapté aux refroidissements climatiques. On ne sait pas si c’est un arbre ou une liane, mais de nos jours, on le désigne comme une liane arbustive. Pendant plusieurs années, il est capable de parcourir à terre des distances incroyables pour trouver enfin un support (arbre, poteau, mur…) qui lui permettra de s’élever vers la lumière. À partir de ce moment-là, la forme de ses feuilles à 3 ou 5 lobes va se transformer pour devenir plus ovale et il pourra enfin fleurir et fructifier.
Le lierre a son propre système de racines qui se fixent au sol grâce aux rameaux rampants. Il n’a donc pas besoin de l’arbre pour se nourrir. En grimpant, ces racines vont se transformer en crampons, constitués de poils et de glu qui lui permettront d’adhérer à son support. Des études ont montré que la croissance de l’arbre support n’est absolument pas entravée par la présence du lierre, voire même qu’un arbre accompagné d’un lierre est en meilleure santé. Les fruits qui arrivent plus tard dans la saison sont un vrai régal pour les oiseaux. Bien noirs, ils sont souvent plus visibles que la fleur.
Le lierre dans le cycle apicole
L’intérêt apicole du lierre provient de son apport en nectar et en pollen à une époque où les ressources mellifères sont pauvres. Les fleurs mellifères jouent un rôle essentiel dans la vie des abeilles et dans la production de miel. Une fleur mellifère est une plante qui produit une quantité intéressante de nectar, de pollen ou les deux, et qui attire les abeilles ainsi que d’autres insectes pollinisateurs. Le nectar est transformé par les abeilles en miel, tandis que le pollen sert principalement à nourrir le couvain.
Le lierre est la fleur bénie en fin de saison. Ce qui est super avec le lierre, c'est que selon les génotypes, la floraison est très étalée : ça commence en septembre et quelques cultivars attendent début novembre. C'est identique pour la maturité des fruits. Il est important de laisser le lierre aux abeilles pour stocker pour l'hiver et pour stimuler la ponte des abeilles d'hiver.
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Gestion et multiplication du lierre
Si vous voulez bouturer du lierre, c'est relativement facile. Le bouturage se pratique durant le mois d'août et est encore possible en septembre. Prenez une tige de lierre d'environ 80 centimètres. Retirez les feuilles du bas de la tige sur quinze centimètres et vous plantez le lierre dans un pot plein de terreau que vous placez à l'ombre. Maintenez légèrement humide. Il est possible aussi de déterrer du lierre avec quelques racines que vous replantez directement en place. Le lierre est très volontaire et est une plante très utile pour former une haie toujours verte qui pousse sur une clôture.
Le contexte des miellées en fin de saison
La miellée est le pic d'activité des essaims d'abeilles. C’est la période la plus favorable pour les abeilles et l’apiculteur, celle où la production du miel est intense et abondante. Par un climat tempéré, la miellée se fait au printemps et en été. Dans le Sud-Ouest ou le Sud-Est de la France, la question d'une miellée en août est récurrente. Tout dépend de la flore, de la météo et de la puissance des colonies.
Certains apiculteurs, comme dans le département 64, ont pu constater des hausses pleines grâce au lierre. Toutefois, il faut rester vigilant. L'été 2025 a été compliqué pour les apiculteurs, les fortes chaleurs et le manque de pluie impactant la production estivale. La miellée d’été a été catastrophique, avec une production divisée par quatre par rapport à un été normal. Dans ce contexte, les fleurs mellifères présentes autour des ruches influencent non seulement le goût du miel, mais aussi sa couleur, sa texture et son intensité aromatique.

Les enjeux sanitaires et apicoles
Au-delà de la récolte, l'apiculteur doit organiser son calendrier. Fin août, l'extraction est loin, la mise en pot est là, et il ne faut pas oublier les traitements anti-varroas. Le traitement à l'acide formique est une pratique courante en automne. Il est inefficace si la température est inférieure à 12°C et dangereux pour la colonie si la température est supérieure à 20°C. La température optimum pour l'application se situe entre 15 et 18°C.
Le traitement à l'acide oxalique, quant à lui, est réservé à la période hivernale, quand il y a un minimum de couvain. Ces interventions, couplées à une surveillance accrue de l'environnement floral, permettent de garantir la survie des colonies. Le miel est l’expression directe d’un terroir et les fleurs mellifères, du printemps à l'automne, sont au cœur de l’apiculture et de la biodiversité. Elles nourrissent les abeilles, façonnent les miels et participent à l’équilibre naturel de nos paysages.