Guide complet des animaux en permaculture : alliés, rôles et intégration durable

L'intégration d'animaux au sein d'un jardin ou d'une exploitation agricole n'est pas seulement une question de tradition paysanne, c'est une pierre angulaire de la permaculture. La permaculture est un mot qui est né de la contraction des termes « permanente » et « agriculture ». Elle permet de faire le lien entre différents éléments d'un système. Si la modernisation de l'agriculture nous a habitués à séparer les espaces cultivés des zones dédiées à l'élevage, en permaculture, ils se combinent les uns aux autres, toujours dans une recherche d'optimisation de l'espace et d'interactions bénéfiques à tous. Travailler avec la nature plutôt que contre elle, tel est le principe fondateur de ce modèle d'agriculture durable.

Schéma illustrant l'intégration des animaux dans un cycle de permaculture (poulailler, compost, potager, verger)

Les principes fondamentaux de l'élevage permacole

Adopter des animaux de la ferme dans son jardin est intéressant que ce soit pour faciliter la tonte et l’entretien du jardin, pour profiter de produits naturels et sains ou encore tout simplement pour le plaisir de leur présence. Cependant, l'animal en permaculture doit remplir plusieurs fonctions, conformément à l'un des principes clés de la discipline : chaque élément doit avoir plusieurs fonctions.

L'aménagement s'effectue en fonction des ressources et matériaux disponibles (terre, arbres, eau, soleil, bois, végétation, etc.). Un jardin en permaculture répond à nos besoins ainsi qu'aux besoins de notre environnement. Si le démarrage d'une exploitation permacole peut prendre du temps, son développement est ensuite exponentiel et les rendements seraient comparables à ceux de l'agriculture traditionnelle.

Les volailles : les piliers de la basse-cour utile

Les poules sont le petit élevage le plus facile à mettre en place. Faciles à élever, les poules sont des compagnes bien amusantes pour les enfants et pour les grands. Leur présence est également bien utile pour fertiliser le sol, car leurs fientes constituent un engresse riche en azote. En permaculture, elles sont très efficaces pour nettoyer le potager et le verger des petits ravageurs.

Contrairement aux idées reçues, il est tout à fait possible d’avoir un poulailler à proximité d’espèces sauvages. Avec quelques précautions, vous pourrez cohabiter sans risque avec leurs prédateurs. Toutefois, pour ce faire, sécurisez leur enclos en enterrant bien le grillage en profondeur et recouvrez le toit d’un grillage pour que les rapaces ne les attaquent pas.

Les canards de Pékin sont une variété facile à élever chez soi. Contrairement aux poules, ils ne grattent pas le sol et ils ne consomment que des plantes à racines faibles. Ce sont des animaux utiles qui aident à réduire les populations d’insectes nuisibles dans le jardin. Les dindes, quant à elles, seront vos alliées contre les rongeurs. Dans un verger, elles se déplacent en bande alignées, comme des chasseurs lors d’une battue, et ratiboisent toute la zone en vous débarrassant d’une grande partie des rongeurs.

Photo de poules circulant dans un enclos mobile au milieu d'un verger

Herbivores et écopâturage : entretenir sans effort

Les moutons sont les animaux parfaits pour occuper votre terrain s’il est vraiment trop vaste et trop contraignant à tondre régulièrement. C’est ce qu’on appelle l’écopâturage. Les moutons ont en effet pour avantage de tondre la pelouse à votre place et ainsi de vous éviter bien des efforts et des dépenses. En outre, ils ne mangent pas les fleurs, contrairement aux chèvres, et ne présentent donc pas de menace pour vos plantations fleuries. Par ailleurs, les moutons ont un impact positif sur la biodiversité, l’améliorant d’environ 40 % sur les sols qu’ils occupent.

Les chèvres sont très utiles pour entretenir un jardin sauvage, envahi de lierre et de ronces, mais elles ont pour inconvénient de dévorer également les fleurs. Attention, car ce sont des championnes de l’évasion et il vous faudra installer une clôture solide et adaptée pour éviter les fugues.

L'âne, enfin, est très utile pour les poules, car c’est un très bon chasseur de renards. Hormis sa production de fumier et la tonte, il peut être mis à contribution pour la traction animale, tout comme le cheval ou la mule, pour tracter divers outils (de semis, du travail du sol, de débardage, de fauchage).

L'écopâturage, une gestion écologique et pédagogique

Les animaux de "nettoyage" et les auxiliaires

Contrairement aux idées reçues, les porcs sont des animaux propres qu’il est possible d’élever dans un jardin spacieux. Le cochon fait en amont d’une culture tout un travail du sol. Ils se nourrissent de maïs, de céréales diverses, de pain, de fourrage, de lait et même de compost. Attention toutefois, car ils deviennent très gros et forts. Ils ont un grand besoin d’espace humide. Si vous leur donnez vos branches d’arbres fraîchement taillées, ils vont se nourrir des feuilles et de l’écorce pour vous rendre des troncs d’une propreté inégalée.

Les lapins présentent bien des avantages. Faciles à élever, vous pourrez les alimenter avec de l’herbe coupée dans le jardin, du pain sec, des légumes, du foin et des mauvaises herbes.

N'oublions pas les auxiliaires qui peuvent nous être d’une grande aide pour lutter contre les ravageurs. La coccinelle se régale de pucerons, grenouille, orvet et hérisson mangeront limaces et escargots. La chauve-souris est une grande prédatrice d’insectes volants dont les moustiques, qu’elle dévore au nombre de 500 par heure.

L'importance de la biodiversité sauvage et domestique

Qu’elles soient sauvages ou domestiques, les abeilles sont essentielles à nos écosystèmes. Elles pollinisent de nombreux végétaux, indispensables pour produire des fruits. Favorisez leur présence en leur offrant le gîte et le couvert : plantez la biodiversité qui va les attirer chez vous, ne coupez pas dans certaines zones votre herbe, installez hôtels à insectes, des petits dômes de pierres sèches ou des tas de bois morts.

Concernant les animaux domestiques de compagnie, le chien sera le gardien, nombre de cambrioleurs ou tout simplement de voleurs de tomates et de fruits n’oseront pas rentrer dans le potager s’il est gardé par un imposant compagnon. Le chat, quant à lui, est un chasseur invétéré de rongeurs, bien qu'il faille surveiller son impact sur les populations d'oiseaux.

Illustration d'un hôtel à insectes intégré dans un potager permacole

Organisation et bien-être animal

L'organisation d'un système permacole intégrant l'élevage repose sur la circulation des animaux. En utilisant le concept de « troupeaux migrateurs » ou de pâturage itinérant, on peut faire circuler les animaux à divers endroits : dans la prairie, le verger, les bordures de terrain avec haies, et même dans le potager (avec le passage des poules avant la mise en culture).

La plupart des animaux d’élevage sont issus du milieu forestier. Pensez à planter des arbres fourragers (saule, frêne, robinier faux-acacia, tilleul, mûrier, etc.) et des arbustes à petits fruits (sureau noir, aronia, genévrier, arbre aux faisans, etc.). Les animaux préfèrent une ambiance « sous-bois » qu’un terrain désert. L'arbre apporte ombre et fraîcheur durant les périodes les plus chaudes de l’année, un lieu pour se gratter ou se mettre à l'abri du vent.

Intégrer des animaux dans votre jardin demande une certaine réflexion. Il est important de s’assurer que vous pouvez fournir un habitat approprié, une alimentation adéquate et des soins vétérinaires en cas de besoin. Soyez certains des avantages, car une fois chez vous il faudra l’assumer pour son confort et sa sécurité. L'intégration des animaux dans un jardin en permaculture offre de nombreux avantages, créant un écosystème plus diversifié et résilient, capable de produire une nourriture saine et durable, tout en respectant la nature et ses cycles.

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