Comprendre le GRIMP et les unités SMPM : Expertise, techniques et enjeux opérationnels

Au sein des nombreuses spécialités que comptent les sapeurs-pompiers, le GRIMP (Groupe de Reconnaissance et d'Intervention en Milieu Périlleux) est récemment devenu le SMPM (Secours en Milieu Périlleux et Montagne). Cette évolution sémantique et opérationnelle témoigne de la technicité croissante requise pour intervenir dans des environnements complexes. Rescue18 vous propose une série d’articles destinée à mieux connaitre cette spécialité ainsi que les différents milieux périlleux, qu’ils soient naturels, structurels ou artificiels. Lorsque les sapeurs-pompiers sont engagés pour une mission de secours, il se peut que les moyens conventionnels ne soient pas adaptés à la situation. En ville comme en pleine nature, y compris en montagne, quelles que soient les conditions météorologiques, le GRIMP est à même d’aborder, de conditionner et d'extraire une victime en toute sécurité.

Schéma illustrant les différentes phases d'une intervention en milieu périlleux par les unités SMPM

Cadre administratif et structurel des unités

Toutes les structures référencées sur notre site sont inscrites à un ou plusieurs référentiels publics (base Sirene, RNE, RNA). La structure, inscrite dans la base Sirene tenue par l’Insee depuis le 15/09/2013 et mise à jour le 06/12/2025, appartient au champ de l’Economie Sociale et Solidaire. Cette entité possède un établissement en activité. Le numéro EORI (Economic Operator Registration and Identification) est un identifiant unique communautaire permettant d’identifier l’entreprise dans ses relations avec les autorités douanières. Pour les besoins de gestion administrative, le code NAF 2025 est une variable issue de la nouvelle nomenclature d’activités de l’Insee. Il sera applicable à partir du 1ᵉʳ janvier 2027 et coexistera jusqu’en fin 2026 avec la NAF actuellement en vigueur. L’effectif salarié est une variable qui s’affiche à partir de deux données de l’Insee : la tranche d’effectifs salariés, qui est une variable statistique (données arrêtées au 31/12 de l’année n-2), et le caractère employeur des établissements (données déclaratives maintenues par l'URSSAF).

Le matériel : Fondement de la sécurité

Chaque unité SMPM dispose au moins d’un équipement individuel pour chaque membre et d’un équipement collectif de base. Ces équipements permettent d’effectuer les reconnaissances et/ou sauvetages nécessaires, en toute sécurité, dans les milieux périlleux ou en cas de situations périlleuses. Le non-respect de cette consigne peut entraîner des blessures physiques graves ou irréversibles.

La gestion des risques liés aux chutes repose sur des principes physiques stricts :

  • Le facteur de chute est le rapport entre la hauteur de chute et la longueur de corde.
  • La force choc est la conséquence de l’immobilisation brutale d’une charge en chute libre, par la corde et l’ensemble d’un système (dispositif, ancrage, amarrages,…).
  • L’incidence de chute est la résultante de trois facteurs : la nature de la corde, le facteur de chute et le poids.

Comment calcule-t-on le facteur de chute ? - C'est Pas Sorcier

Techniques de sauvetage et d’auto-sauvetage

Les techniques de sauvetage et d’auto-sauvetage sont utilisées pour libérer le plus rapidement possible une personne en détresse, soumise à un danger objectif (chute d’objet, pierre, etc…) ou subjectif (personne prise dans une corde, etc…). Une personne inconsciente coincée dans un harnais a une durée de vie limitée. Ces techniques doivent être parfaitement maîtrisées. Le sauvetage sur corde peut se faire par le haut ou par le bas. Conformément au cadre d’ordre commun à la conduite générale des opérations, les chefs d’unité SMPM sont appelés à émettre et/ou appliquer des ordres préparatoires et d’exécution spécifiques. L’intervention en milieu périlleux et montagne repose sur un ensemble d’actions simultanées ou successives constituant une manœuvre.

Exemples de techniques opérationnelles SMPM

Après vous avoir présenté les matériels, les principes fondamentaux et la notion de système au sein de la spécialité SMPM, voici quelques exemples de techniques opérationnelles mises en œuvre lors de la réalisation des missions dévolues aux spécialistes SMPM. Les techniques opérationnelles présentées ci-dessous permettent de réaliser la ou les mission(s) confiée(s) au SMPM. Toutefois, dans certaines situations, le conseiller technique ou le chef d’unité sont amenés à mettre en œuvre des variantes de méthodologies, en veillant à ne jamais déroger aux principes fondamentaux de sécurité.

Les techniques de poulie de renvoi mobile

La PRM sur corde tendue permet de déplacer une charge dans un axe horizontal, vertical et/ou oblique. Le système de PRM est suspendu sous une corde tendue et mis en œuvre par le biais de deux dispositifs antagonistes situés sur les cordes de translation et d’oppositions. La PRM sur point fixe permet de mobiliser une charge dans un axe oblique. Lors de cette technique, la corde porteuse remplit aussi la fonction d’opposition. Les deux dispositifs sont situés du même côté du dispositif.

Schéma technique d'une poulie de renvoi mobile sur corde tendue

Les dispositifs d’évacuation façade

Ce sont des techniques permettant l’évacuation d’une victime depuis toute structure bâtimentaire. Ces dispositifs sont notamment utilisés lors d’évacuation de personnes de forte corpulence ou lourdement médicalisées, lorsque les moyens traditionnels des sapeurs-pompiers sont inadaptés ou insuffisants.

Spécificités du milieu montagne

Du fait de sa complexité, notamment la proximité du site, l’isolement, les conditions nivologiques et météorologiques, et la difficulté d’évacuation des blessés, les opérations de secours en montagne doivent mettre en œuvre des stratégies adaptées. Trois phases peuvent être distinguées :

  1. La localisation.
  2. Le transfert en zone d’intervention (voie routière, caravane pédestre, voie aérienne).
  3. La mise en œuvre de techniques de sauvetage spécifiques à l’environnement.

On retrouve ainsi des techniques d’évolution spécifiques comme l’évolution assurée par une corde coulissante (grimper en moulinette, grimper en tête), l’évolution sur corde fixe, l’emploi de relais (en rocher ou en glace), les progressions d’alpinisme, les techniques de rappel, le test de pente enneigée, l’équipement de passages raides, le cramponnage et l’encordement sur glacier. À titre d'exemple, les unités GRIMP de Mulhouse et Colmar complètent leur formation par une spécialisation « Module neige ». Mulhouse compte 12 spécialistes neige et 15 sont à Colmar.

Opérations d’appui et interventions atypiques

Autour des opérations de sauvetage, les unités SMPM peuvent être déployées dans des situations variées nécessitant des réponses atypiques. Au fil des années, ils ont acquis la capacité de répondre à leurs demandes et à la technicité de la configuration proposée.

Opérations de bâchage

Ces techniques complètent la réponse opérationnelle mise en œuvre par les primo-intervenants avec l’emploi du lot de sauvetage et de protection contre les chutes (LSPCC) lors des opérations de bâchage, afin de protéger les biens à la suite d’un incendie ou plus souvent contre les intempéries (tempêtes, grêle, etc.). Les techniques de bâchage se distinguent par leur hauteur, les surfaces à couvrir et les types de couvertures.

Photographie montrant une opération de bâchage en hauteur réalisée par des spécialistes

Lutte contre l’incendie et interventions complexes

Les opérations de lutte contre les incendies situés en hauteur sont généralement réalisées depuis des moyens élévateurs aériens. Cela ne s’applique pas nécessairement lors des opérations de dégarnissage, de déblai ou de protection. Ces attractions sont parfois de grande hauteur, utilisant des moyens de transports divers comme des trains pour les activités de type montagnes russes (roller coaster), des voitures, des bateaux, etc.

Un premier binôme chargé d’assurer la sécurité de la victime, de faire les premières reconnaissances et les gestes de premiers secours doit se trouver sur site dans un délai d’une heure à partir de son engagement par un CTA. Son activité principale est la direction technique des opérations. Il s’agit notamment des opérations nécessitant l’intervention d’un personnel spécialisé où la carence du secteur privé est constatée ou que ce dernier soit dans l’impossibilité d’intervenir dans un délai tel que la situation peut présenter un danger pour autrui. Elles ne pourront toutefois être engagées qu’avec l’accord du chef de site (COS départemental) sur avis du chef d’unité GRIMP de garde. Elles feront l’objet d’une facturation et le requérant devra en être informé au moment de la demande. Cela inclut les interventions pour des personnes menaçant de sauter dans le vide (immeuble, grue, pont, belvédère, falaise…).

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