Le lombricompostage et la gestion durable des biodéchets dans l'agglomération de Saint-Germain-de-Belvès

La gestion des déchets organiques représente aujourd'hui un enjeu majeur pour les collectivités territoriales et les citoyens. À l'échelle locale, notamment dans le secteur de Saint-Germain-de-Belvès, la mise en œuvre de solutions de valorisation des biodéchets s'inscrit dans une dynamique plus large de protection de l'environnement et de respect des réglementations nationales et européennes. Le lombricompostage, souvent désigné sous le terme de « vermicompostage », constitue une méthode particulièrement efficace pour réduire le volume des ordures ménagères tout en produisant un amendement de haute qualité.

Schéma explicatif du processus de lombricompostage en milieu urbain

Les principes fondamentaux du lombricompostage

Appelé aussi « vermicompostage », le lombricompost est un système de compostage qui fait intervenir un type de ver de terre particulier, le ver rouge du fumier (Eisenia foetida). Ils sont spécialisés dans le fractionnement des matières organiques humides. Dans un lombricompost, la décomposition est rapide (3 à 6 mois) et sans odeur. Elle produit du compost, sorte de substrat très riche, à incorporer au terreau de vos jardinières fleuries par exemple (un tiers de lombricompost pour deux tiers de terreau), et du jus de compost (ou « thé de compost »), un liquide très fertile à employer comme de l’engrais liquide dilué dans l’eau d’arrosage (1 unité pour 10).

Pour optimiser ce processus, les coquilles d’œufs peuvent être ajoutées dans le lombricomposteur. Cela l’enrichira en calcium et régulera son acidité. Les casser grossièrement ne suffit pas. Ce système de culture, qui peut inclure des approches comme le « Keyhole garden » développé dans les zones arides, permet une gestion domestique efficace. Les déchets organiques sont stockés dans un récipient fermé qui peut être placé dans l’appartement ou sur le balcon.

Le contexte environnemental et réglementaire en Dordogne

La commune de Saint-Germain-de-Belvès se situe sur des aquifères, ces formations géologiques, continues ou discontinues, contenant de façon temporaire ou permanente de l'eau mobilisable, constituées de roches perméables et capables de la restituer naturellement ou par exploitation. La préservation de cette ressource est encadrée par la Directive Cadre sur l’Eau (D.C.E.) adoptée par l’Europe en 2000, qui impose l’atteinte d’un bon état des eaux.

Cette attention portée au milieu naturel s'inscrit dans une stratégie globale. Face à la perte de la biodiversité, il est urgent d’offrir aux espèces végétales et animales des milieux naturels qui leur permettent de se déplacer pour, au fil des jours et des saisons, trouver leur alimentation, assurer leur reproduction et leurs migrations. La Trame Verte et Bleue (TVB), constituée de réservoirs de biodiversité et de corridors écologiques, doit participer à leur préservation, en contribuant à leur restituer des capacités de déplacements. À l'échelle régionale, la TVB a été cartographiée dans le cadre du SRADDET.

Carte illustrative de la Trame Verte et Bleue dans le département de la Dordogne

L’évaluation environnementale est un processus visant à intégrer l’environnement dans l’élaboration d’un projet. Elle sert à éclairer tout à la fois le porteur de projet et l’administration sur les suites à donner au projet au regard des enjeux environnementaux, ainsi qu’à informer et garantir la participation du public. Elle doit rendre compte des effets potentiels ou avérés sur l’environnement du projet et permet d’analyser et de justifier les choix retenus au regard des enjeux identifiés sur le territoire concerné.

La gestion des biodéchets : un levier de réduction des déchets ménagers

La fraction fermentescible, c’est-à-dire les matières biodégradables présentes dans nos ordures ménagères (les restes de repas, les épluchures, les papiers souillés, les fleurs coupées, etc.), représente 34 % des déchets de la poubelle noire. Composter ses déchets biodégradables permet de participer efficacement à la diminution des déchets collectés et enfouis. En effet, malheureusement, il y a encore 80 kg de déchets compostables dans les poubelles noires des Périgourdins, soit près de 35 %.

La Loi de Transition énergétique pour la Croissance Verte de 2015 nous incite TOUS à trier à la source nos biodéchets afin de les valoriser pour un retour au sol harmonieux. Cette participation du SMD3 permet de proposer aux habitants une solution de valorisation de leurs biodéchets et ainsi de réduire la taille de leurs sacs noirs. Il existe plusieurs alternatives comme le DIY avec des palettes, l’achat auprès des acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire comme par exemple l’association les Papillons blancs ou l’achat en grande distribution.

Fabrication d'un composteur en bois à double bac

Services et accompagnement des acteurs locaux

Des entreprises spécialisées jouent un rôle clé dans cette transition. Située à Monceaux-sur-Dordogne en Corrèze, sur une plate-forme bitumée de 15 000 m², notre entreprise, Ponty compost environnement, propose ses services aux particuliers, aux professionnels et aux collectivités. Depuis le 1er janvier 2017, nous avons fait l’acquisition d’une plateforme à MALEMORT de 4000 m² afin de livrer tous ses clients du bassin de BRIVE. Engagée dans une démarche de développement durable, notre entreprise, Ponty compost environnement, a su adapter sa production et ses installations afin de respecter les normes environnementales.

Pour les citoyens souhaitant s'équiper, le SMCTOM de Nontron propose des solutions : 11 € le composteur de 320 litres / 22 € le composteur de 620 litres en plastique. Avec quelques outils et des palettes, il est aussi possible de fabriquer son propre composteur soi-même. Si ce n’est quelques outils basiques de travail du sol et des déchets secs riches en carbone, peu de moyens sont nécessaires.

Mise en place d'un projet de compostage collectif

Pour les habitants souhaitant s'organiser au niveau d'un quartier, la démarche est structurée :

  1. Prendre contact avec l’animateur SMD3 local référent de votre commune.
  2. Etablir un pré-diagnostique (étude des besoins, choix du terrain, étudier la possibilité d’apport de broyat, envisager la disponibilité du personnel communal, évaluer la prise en compte des particularités liées au projet).
  3. Récupérer les données (nombre d’utilisateurs potentiels, précisions sur le lieu d’implantation du composteur) lors de la concertation de quartier.
  4. Former des référents.
  5. Suivre l’installation du composteur avec l’animateur qui reste présent auprès des agents municipaux et des référents de quartier.

La consultation des cartes dédiées aux animations et la recherche des composteurs collectifs déjà implantés en Dordogne permettent une meilleure visibilité sur les initiatives existantes, favorisant ainsi l'engagement collectif dans une démarche de développement durable adaptée aux réalités du terrain.

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