Les souris (Mus musculus) sont des animaux fascinants, dotés d'une riche vie sociale qui peut parfois dérouter leurs propriétaires. Parmi les comportements observés, le fait qu'une femelle « grimpe » une autre femelle soulève souvent des interrogations. Est-ce un signe de reproduction, de domination, ou autre chose entièrement ? Pour déchiffrer ces interactions, il est essentiel de plonger dans la complexité de leur dynamique sociale et de comprendre leur nature en tant qu'animaux grégaires.

Le Comportement de « Grimper » chez les Souris Femelles : Décryptage
La question de savoir si une femelle peut « grimper » une autre femelle est pertinente. Il a été observé que Marley, une souris, a plusieurs fois « grimpé » son congénère Janis, comme le ferait un mâle. Ce comportement, bien que surprenant, n'indique pas nécessairement un changement de sexe ou une confusion d'identité sexuelle. Il est avant tout comportemental.
Chez de nombreuses espèces animales, y compris les chiens, les femelles peuvent grimper d'autres femelles ou même des mâles en signe de domination. Cette manifestation n'est pas limitée aux contextes de reproduction et peut être une manière d'établir ou de renforcer la hiérarchie au sein d'un groupe. Il est donc plausible que ce soit également le cas chez les souris. Le fait qu'une femelle « grimpe » une autre peut être interprété comme une tentative d'affirmer sa dominance ou de tester les limites sociales.
Le sexage des souris peut s'avérer délicat pour les non-professionnels. La comparaison de la distance entre le sexe et l'anus est une méthode courante, mais elle peut être difficile à distinguer sans expérience ou images de référence claires. Si les photos de sexage ne s'affichent pas ou si la différence n'est pas visible, le doute persiste quant au sexe de l'animal. Dans ce cas, l'observation comportementale prend une importance accrue. Cependant, il est important de noter que le comportement de « grimper » à lui seul ne suffit pas à confirmer le sexe de l'animal. Une vérification visuelle par un vétérinaire ou une personne expérimentée en sexage de souris est toujours la méthode la plus fiable.
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L'Importance de la Cohabitation chez les Souris
Les souris sont des animaux habitués aux rapports sociaux. Elles apprécient la compagnie de leurs congénères ainsi que celle de l’Homme, bien que leur recherche de contacts sociaux avec les humains soit moins prononcée que celle des rats. À l’état sauvage, les souris vivent en groupes mixtes, dirigés par un mâle dominant. Les femelles se supportent très bien entre elles. Pour l'animal grégaire qu'est la souris, la vie en groupe favorise la diminution du stress. L'expérience montre d'ailleurs que les souris femelles qui vivent en groupe s’apprivoisent plus facilement.
Il est important de noter qu'une fois un groupe constitué, il ne faut plus y introduire de nouvelle souris, au risque qu’elle soit exclue et donc tuée. Cependant, la cohabitation entre mâles est plus complexe. Ils cohabitent mal, sauf s’ils sont issus de la même portée et s’ils n’ont jamais été séparés. Si des femelles sont présentes, les mâles se battent plus sûrement encore. La meilleure méthode consiste finalement à intégrer les jeunes mâles avec un autre groupe de mâles adultes dès le sevrage, soit environ trois semaines. Cependant, une fois que les jeunes atteindront leur maturité sexuelle, il est fortement probable que des bagarres virulentes éclatent au sein du groupe.
Intégration de Nouvelles Souris : Stratégies et Précautions
L'introduction de nouvelles souris dans un groupe existant nécessite une approche méthodique pour assurer une cohabitation harmonieuse.
Quarantaine Préliminaire
Avant toute introduction, il est primordial d'éviter tout contact entre les souris résidentes et la nouvelle venue. La nouvelle souris doit être placée dans une cage à part, loin des autres, idéalement même dans une autre pièce. Cette période de quarantaine est cruciale pour éviter toute éventuelle contamination si la nouvelle venue était malade ou porteuse de maladie. Il est également recommandé de limiter la contamination par voie aérienne. De plus, lorsque vous souhaitez manipuler la nouvelle souris, veillez à ce qu'elle ne grimpe pas sur vos vêtements, sauf si vous vous changez avant d'aller voir vos autres animaux. Pour infirmer ou non la présence de parasites, une coprologie faite en clinique vétérinaire peut être très utile.
Phase d'Approche Graduelle
La phase d'intégration est spécifiquement adaptée aux femelles, car les mâles ont des dynamiques sociales différentes et vivent souvent seuls, surtout s'ils ne proviennent pas de la même portée.
Échange d'odeurs : La cage de la nouvelle souris doit être placée proche des autres afin qu'elles puissent se sentir les unes les autres. Un pas supplémentaire consiste à déposer des éléments (comme de la litière ou des jouets) de la cage de la nouvelle souris dans celle des anciennes, et vice versa. Ainsi, elles pourront encore mieux s'habituer à l'odeur étrangère.
Rencontre en terrain neutre : La première rencontre physique doit se faire dans un endroit neutre, tel que la baignoire, qui est idéale pour les présentations (sans oublier de boucher l'évacuation). Cet espace, dépourvu de l'odeur préexistante d'une souris en particulier, empêche toute souris de revendiquer le territoire et de se montrer agressive. La souris n'ayant pas pu laisser son odeur corporelle au préalable, le territoire ne peut pas être défendu. On considère qu'une rencontre quotidienne d'une durée de 10 minutes sera le minimum, sachant qu'une seconde serait fortement appréciable.
Intégration progressive : La nouvelle souris devra rencontrer l'une des « anciennes » dans un endroit neutre. Si tout se passe bien, vous pourrez les installer ensemble dans une nouvelle cage. Ensuite, la troisième et quatrième souris pourront faire la rencontre de la nouvelle, en compagnie de « l'ancienne » déjà habituée à la nouvelle. La rencontre devrait alors bien se passer.
Observation continue : Pendant cette période, il est normal que les souris se couinent dessus, comme l'indique l'expérience où Kinder, Bounty et Nutella couinaient au début. C'est le début et elles n'ont pas appris à vivre ensemble ; elles doivent établir une hiérarchie. Tant qu'elles ne se battent pas réellement, il faut les laisser ensemble mais les garder à l'œil. Des chamailleries initiales sont courantes, mais si elles en viennent à se battre et se mordre, il faudrait les séparer.
Il est possible que certaines souris n'acceptent pas tout de suite la présence de nouvelles souris à leur côté, et se montrent de ce fait quelque peu réticentes. Si l'intégration se dirige vers l'échec, il existe d'autres méthodes ayant fait leurs preuves. Enfin, certaines femelles, ne supportant finalement aucune compagnie, qu'elle soit d'ordre féminine ou masculine, seront donc vouées à vivre seules jusqu'à la fin de leur vie.

Sens, Comportements et Bien-être de la Souris Domestique
La souris commune est un animal présent dans le monde entier. Ses prédateurs sont nombreux (chats, chiens, serpents, éperviers, hiboux, belettes, renards, etc.) et c'est une bonne chose, car sans eux, les souris seraient beaucoup trop nombreuses, compte tenu de la vitesse à laquelle elles se reproduisent. Quand on est un animal vulnérable, il est plus qu’utile de voir venir le danger pour pouvoir fuir à temps.
Sens Développés pour la Survie
L’ouïe de la souris est exceptionnelle, avec une sensibilité très grande pour les sons aigus. Son odorat est également très développé, même s’il est un peu diminué quand elle vit en cage par rapport à ce qu’il est quand elle vit à l’état sauvage. Sa vue est en revanche beaucoup moins performante. À l’état sauvage, elle est plus active la nuit, car cela augmente ses chances de se déplacer en toute sécurité. Les études ont montré que même si sa vue est médiocre, elle compense avec les autres sens et peut tout de même se mouvoir avec rapidité et assurance. Dans ces conditions, le toucher est le sens qui compense : les vibrisses, souvent désignées par « moustaches », et la queue sont des organes sensoriels très sensibles. La colonne vertébrale se prolonge jusque dans la queue qui est donc constituée de vertèbres.
Apprivoisement et Interaction Humaine
Une souris est instinctivement un animal peureux. Il lui faut un environnement connu pour s’apaiser. Lorsque l’on adopte une souris, il faut donc lui donner du temps pour qu'elle se sente en sécurité et se rassure. Il est du rôle du propriétaire de l’aider à prendre ses marques. L’environnement idéal pour la cage est un lieu placé à mi-hauteur pour que la souris ne soit pas soumise aux vibrations du sol, et calme sans aller chercher le silence. Ce qui pose particulièrement problème à ces petits animaux, ce sont les bruits forts et soudains, immédiatement interprétés comme des dangers. Si vous-même, vous surprenez votre souris, elle aura le réflexe de vous mordre. Vous devez toujours bien manifester votre présence, ne pas prendre votre souris au dépourvu.
Si vous voulez la prendre pour la caresser, une fois que vous l’aurez apprivoisée et qu’elle en aura l’habitude, le mieux est d’instaurer un rituel d’approche qui fait qu’elle saura à quoi s’attendre. Il faut respecter ses cycles de repos et ne pas la déranger parce que votre caprice serait de jouer avec elle dans la minute. Les souris ne recherchent pas particulièrement les contacts sociaux avec les humains, contrairement aux rats. Mais il va de soi qu’avec un apprivoisement qui les met bien en confiance, leur curiosité naturelle finira par prendre le dessus sur la peur et, pour peu que vous la séduisiez avec des friandises, elle finira par venir elle-même vous voir et monter dans votre main.
Comportements et Troubles du Bien-être
En dehors du réflexe de défense qui n’intervient que ponctuellement dans un contexte précis, une souris ne mord pas et n’a pas de comportement agressif envers son propriétaire. Une agressivité constante peut donc être considérée comme un trouble du comportement. La cause la plus fréquente d’agressivité est l'anxiété. Une souris peut être perturbée par un changement récent d’environnement, même subtil, car ces animaux sont sensibles aux petits détails. Cela peut être une modification des horaires de sorties de la cage, ou l'arrivée d'un nouvel animal ou individu dans le foyer. La routine est le mode de vie préféré de la souris.
Pour autant, il ne faut pas mettre sur le compte de la routine des comportements répétitifs de la part de votre petit rongeur. Si elle tourne en rond dans sa cage ou se lèche une partie précise du corps toute la journée, ce n’est pas normal : vous devez alors comprendre pourquoi elle se comporte ainsi et apporter les modifications nécessaires avant que cela ne dégénère davantage. Un comportement agressif est aussi souvent le seul moyen pour un animal d’exprimer que quelque chose ne va pas dans son corps, et notamment qu’il souffre. Cette piste ne doit pas être négligée et une visite chez le vétérinaire pourra confirmer ou non l’hypothèse. Le vieillissement peut également apporter son lot de modifications comportementales. Une vieille souris pourra perdre une partie de ses facultés physiques et mentales et ne plus réagir comme auparavant.

Jeux et Interactions Sociales chez les Jeunes Souris
Lorsque les souris jouent, elles émettent très peu de couinements, ou si peu audibles qu’ils ne sont pas remarqués la plupart du temps. Les plus jeunes sont souvent les plus actives. Dès l’âge de 20 à 25 jours, elles se livrent d’ailleurs à des jeux assez comparables aux interactions sociales qu’elles auront à l’âge adulte. Parmi leurs activités de groupe favorites se comptent le cache-cache et les courses poursuites. Cela n’occasionne aucune blessure ou signe de stress visible. Le toilettage mutuel a quant à lui souvent lieu dans une zone neutre de la cage. Il existe également des préférences entre souris, ce que nous pourrions assimiler à la notion de meilleurs amis chez les humains. Cela se traduit par davantage de temps passé à interagir avec certains congénères que d’autres. Mais chaque souris est différente.