Maladies des Tomates : Identifier, Prévenir et Traiter les Feuilles Trouées et Autres Affections

Les tomates sont des cultures très appréciées dans les potagers, mais elles sont malheureusement sensibles à une multitude de maladies et de parasites, en particulier lorsque les conditions météorologiques sont chaudes et humides. Comprendre comment identifier ces affections, les prévenir et les traiter est essentiel pour garantir une récolte abondante et de qualité. Cet article explore les principales maladies et parasites qui touchent les tomates, en se concentrant sur les causes des feuilles trouées et les stratégies de lutte.

Plant de tomate avec des feuilles trouées

Les Ennemis Fongiques : Le Mildiou, l'Oïdium et l'Alternariose

Les champignons sont des ennemis redoutables des tomates, en particulier en cas d'humidité excessive. Ils sont responsables de certaines des maladies les plus dévastatrices.

Le Mildiou : La Peste Noire du Jardinier

Le mildiou est l'une des pires maladies de la tomate, capable de réduire à néant les récoltes. Appelé également « la peste noire », il est dû au champignon Phytophthora (Phytophthora infestans pour le mildiou aérien et Phytophthora parasitica pour le mildiou terrestre), qui se propage d'autant plus facilement que les conditions atmosphériques sont humides et douces, voire chaudes (entre 15 et 27 °C). Les périodes de cultures chaudes et surtout humides sont particulièrement propices à son développement.

Symptômes et Dégâts :Quand le mildiou s’installe, des taches vertes foncées se révèlent en bordure des feuilles, puis elles prennent une teinte grisâtre, marron, avant que les feuilles ne flétrissent. Ces taches peuvent être larges, jaunes à brunes, suivies d'un flétrissement rapide puis de la chute des feuilles. Le mildiou « aérien » attaque d'abord les feuilles, qui arborent alors des taches jaunes, puis brunes et souvent bosselées, avant de contaminer les tiges et les fruits des tomates. Les tiges des plants sont également impactées, tout comme les tomates qui brunissent et s’atrophient. Le mildiou terrestre, quant à lui, apparaît plus tôt dans la saison et se caractérise par des taches brunes à la base de la tige ainsi que sur les tomates proches du sol. Sur la face inférieure des feuilles, on distingue un duvet blanc grisâtre d'où des spores s'extraient. En général, les points d'insertion des gourmands, des feuilles et des fruits sont les endroits altérés en premier.

Moyens de Lutte et Prévention :La prévention reste le moyen de lutte le plus efficace, car une fois que la maladie est diagnostiquée, le plant infecté est quasiment perdu.

  • Aération : L'aération maximale des tomates, en espaçant correctement les plants tuteurés, est essentielle pour assécher le feuillage plus rapidement. L'effeuillage et l'ébourgeonnage réguliers assurent une bonne circulation de l'air.
  • Rotation des Cultures : Pratiquer la rotation des cultures est impératif pour éviter l'accumulation du champignon dans le sol.
  • Abri : Cultiver sous abri, avec une bonne aération sous tunnel, permet d'éviter que les plants ne soient mouillés lors des pluies. Il est complémentaire de « faire un toit » aux plants de tomates.
  • Arrosage : Éviter les excès d'eau est crucial. Un arrosage goutte à goutte est idéal, car il permet d'arroser au plus près du sol sans mouiller les feuilles.
  • Diversité des Variétés : Planter un large choix de variétés (précoces, tardives, résistantes aux maladies, à grand développement) constitue un atout pour la non-prolifération d'un plant atteint.
  • Renforcement des Plants : Élever des plants sains et forts que l'on aura endurcis est une mesure préventive. Le paillage est également un bon moyen d'atténuer l'humidité.
  • Solutions Naturelles : En préventif, l'emploi d'un cocktail maison d'extraits de végétaux (fougère, prêle, consoude, ortie) aura pour effet de fortifier la plante, d'où une meilleure résistance aux attaques. Le purin de consoude et la décoction de prêle sont des traitements bio efficaces.
  • Cuivre : Un fil de cuivre peut être placé au pied du plant, car le cuivre développe au contact de la sève du plant de l’oxyde de cuivre qui va aider la plante à être plus résistante aux champignons. Des fongicides à base de cuivre sont souvent utilisés, mais il est important de suivre les instructions d’application du produit pour éviter les dommages aux plantes. L'emploi de bouillie bordelaise, très usitée autrefois, est déconseillée car cette solution est polluante à terme (métaux lourds).
  • Bicarbonate de Soude : On peut également pratiquer une vaporisation de bicarbonate de soude, associé à du savon noir pour une meilleure accroche sur le feuillage.
  • Bardane : L'extrait fermenté de Bardane (utiliser des feuilles sèches) dilué à 20 % en pulvérisation, répétée à trois reprises à dix jours d'intervalle, est également très efficace.
  • Élimination : Dès les premiers signes, retirez délicatement toutes les parties aériennes touchées. Toute plante infectée doit être retirée immédiatement du jardin pour empêcher la propagation de la maladie.
  • Proximité des Pommes de Terre : Éviter la proximité des pommes de terre, car elles peuvent transmettre cette maladie aux tomates.

Mildiou de la tomate et étés pluvieux : comment lutter contre cette maladie cryptogamique ?

L'Oïdium : La Maladie du Blanc

L’oïdium de la tomate est une maladie bien connue des jardiniers amateurs, on parle d’oïdium ou maladie du blanc. Elle est causée par des champignons appartenant à la famille des Erysiphacées, notamment Leveillula taurica et Oidium neolycopersici. Contrairement à d'autres champignons, celui-ci peut proliférer par temps sec, bien qu'il apprécie l'humidité et les nuits froides. L'infestation par le champignon est facilement reconnaissable.

Symptômes et Dégâts :La présence de l’oïdium Leveillula taurica se caractérise par l’apparition de taches jaunes sur la partie supérieure des feuilles de tomates, ainsi qu'un aspect blanc et poudreux sur la partie inférieure. L’oïdium Oidium neolycopersici, quant à lui, couvre toute la feuille, parfois la tige également, de taches blanches et poudreuses. Les feuilles et les tiges du plant de tomate se retrouvent poudrées de blanc. Ces zones infectées finissent par brunir et se dessécher. Un jaunissement des feuilles qui se dessèchent et tombent. Les organes jeunes sont en priorité contaminés. Une malnutrition minérale accentue cette maladie.

Moyens de Lutte et Prévention :L’oïdium est une maladie assez difficile à éradiquer.

  • Couverture : Une solution qui semble faire l'unanimité qui ne retire pas entièrement le risque, c'est de couvrir les plants d'un toit, qui évite que les plants ne soient mouillés lors des pluies.
  • Aération : Mettez en œuvre toutes les mesures permettant de limiter au maximum les excès d’humidité : choisissez une exposition ensoleillée, espacez le plus possible les plants pour favoriser l’aération entre eux et arrosez au pied. En cas de cultures sous tunnel, il faut aérer le plus possible pour éviter les excès de chaleur.
  • Rotation des Cultures : Pratiquer une bonne rotation des cultures.
  • Solutions Naturelles : L'utilisation de purin de Prêle, contenant de la silice, ou une infusion d'ail additionnée de lait (celui-ci servant d'adjuvant d'adhérence et aussi d'antifongique), permettent de supprimer l'oïdium tout en préservant l'environnement et la fertilité du sol. Des infusions ou pulvérisations de soufre restent très efficaces pour lutter contre cette maladie (efficace entre 15 et 28 °C).
  • Stimulation de la Croissance : Supprimer les feuilles basales attaquées par la maladie, stimuler la croissance par un apport azoté (purin d'ortie).
  • Surveillance : Observer attentivement les plants.
  • Élimination : En cas de plant fortement atteint, supprimez-le avant que les autres ne soient contaminés.

L'Alternariose ou Brûlure Alternarienne

L'alternariose est une maladie cryptogamique causée par les champignons Alternaria solani ou Alternaria tomatophila, des agents pathogènes de la famille des Pleosporaceae. Elle apprécie les climats doux et humides. Les facteurs favorisants sont la rosée et les gouttelettes provoquées par la condensation. Le champignon se conserve dans le sol sous les débris végétaux sous forme de mycélium et de conidies.

Symptômes et Dégâts :La maladie se manifeste par de nombreux symptômes à tous les stades de croissance de la plante. On peut voir apparaître sur les feuilles, en premier celles de la base de la plante, des taches noires circulaires, dans lesquelles sont visibles des cercles concentriques. Ces lésions entraînent à la longue la défoliation de la feuille. Contrairement au mildiou, l’alternariose attaque en premier les feuilles les plus âgées, soit les plus basses. Le champignon se répand ensuite sur le reste de la plante, en taches grises ou brunes, et provoque des lésions circulaires noires à proximité du pédoncule et des sépales, sur les fruits. Les tiges et les fruits sont également atteints, en premier lieu ce sont les sépales qui se nécrosent puis les calices.

Moyens de Lutte et Prévention :

  • Rotation des Cultures : Une rotation des cultures est recommandée pour éviter l'accumulation du champignon dans le sol.
  • Arrosage : Un arrosage régulier au sol, idéalement avec un système goutte à goutte, évite l'humidité excessive sur le feuillage.
  • Espacement : Un bon espacement entre les plants suffit en général à protéger les tomates, favorisant une meilleure aération.

Taches concentriques sur feuille de tomate dues à l'alternariose

Les Maladies Bactériennes : Chancre, Moucheture et Tache Bactérienne

Les maladies bactériennes sont également une menace sérieuse pour les cultures de tomates, souvent favorisées par des conditions humides et une dissémination par l'eau.

Le Chancre Bactérien

Les infections primaires sont attribuables à des semences infectées ou à l’invasion par les bactéries des tissus vasculaires des plantules. Les infections se propagent par les éclaboussures d’eau, la pluie poussée par le vent et l’eau en fines gouttelettes ou en aérosol accompagnant les épisodes de pluie intense. La période critique se situe de la levée à la récolte.

Symptômes et Dégâts :Les symptômes, qui ne se manifestent parfois que plusieurs semaines après l’infection, commencent par le flétrissement des feuilles inférieures qui s’enroulent vers le bas. En général, le flétrissement gagne progressivement en hauteur, à moins que le point d’infection ne se situe dans le haut du plant. Il est fréquent que les feuilles ou le plant ne soient flétris que sur un côté. Il arrive que les plants s’effondrent et meurent, surtout si l’infection survient dans les premiers stades de croissance.Les feuilles de tomate qui sont infectées par l’organisme responsable du chancre bactérien ont des pourtours noirs caractéristiques, sans autres taches sur le limbe, si ce n’est, parfois, un liséré jaune étroit entre les pourtours nécrosés et les tissus sains. Coupées longitudinalement, les tiges infectées peuvent présenter une coloration brun pâle surtout perceptible aux nœuds et juste au-dessus du collet. Au fur et à mesure que la maladie progresse, la teinte devient brun rougeâtre. L’extérieur de la tige peut se couvrir de stries de couleur claire. Ces stries peuvent foncer et former des chancres en s’ouvrant.Sur les fruits peuvent apparaître des taches ocellées relativement petites. Ces taches ont un centre brun pâle et sont ordinairement entourées d’une auréole blanche d’aspect huileux (de 3-6 mm de diamètre). Dans le cas des lésions causées par le chancre bactérien, l’auréole blanche reste normalement visible sur le fruit mûr, tandis que dans le cas de la tache bactérienne, l’auréole disparaît avec le temps. Le chancre bactérien peut aussi entraîner le noircissement des tissus vasculaires à l’intérieur du fruit. Celui-ci est parfois ponctué de taches noires le long de ses faisceaux vasculaires, sous le calice. Les bactéries responsables du chancre bactérien peuvent proliférer dans les faisceaux vasculaires à l’intérieur du fruit et se propager jusqu’aux graines.

Moyens de Lutte et Prévention :Il n'existe pas de traitement curatif efficace ; seuls les traitements préventifs permettent de limiter l'apparition ou l'extension de la maladie.

  • Semences Saines : Utilisation de semences saines est primordiale.
  • Désinfection : Désinfection de serres et d'outils.
  • Élimination : Élimination des plants infectés.
  • Rotation des Cultures : Rotation des cultures est un moyen de lutte efficace.

La Moucheture Bactérienne

La moucheture bactérienne est causée par Pseudomonas syringae pv. tomato. Cette bactérie produit un certain nombre de composés qui favorisent l’infection et puisent des éléments nutritifs dans le plant de tomate. L’un de ces composés est la coronatine, une toxine spécifique des végétaux qui est responsable de l’auréole jaune entourant les lésions foliaires et du rabougrissement des plantules. La moucheture bactérienne affectionne un temps plus frais, soit 18 à 24 °C. Elle est favorisée par des précipitations abondantes et une humidité relative élevée.

Symptômes et Dégâts :Sur le feuillage, apparition de taches noires au contour irrégulier entourées d'un halo jaunâtre. Ces taches peuvent se rejoindre et former une plage nécrotique brun sombre. Les folioles se dessèchent et tombent. Si l'attaque est précoce, elle provoquera une coulure importante des fleurs.Seuls les fruits verts de moins de 3 cm de diamètre sont sensibles aux infections par l’agent responsable de la moucheture bactérienne. Sur le fruit, la maladie se manifeste par l’apparition de petites taches noires (de moins de 1-3 mm), légèrement surélevées et souvent cernées d’une fine auréole allant du vert au jaune. Les lésions, habituellement superficielles, peuvent être détachées avec l’ongle. Une fois que les fruits sont rouges, ils ne sont plus vulnérables aux infections, car ils sont alors dépourvus de soies. Celles-ci, en se brisant, offrent en effet une porte d’entrée aux bactéries.

Moyens de Lutte et Prévention :Il n'y a pas de traitement curatif. Il faudra effectuer un traitement préventif.

  • Cuivre : Traitement préventif avec du cuivre.
  • Rotation des Cultures : Privilégier la rotation des cultures (tous les deux ans).
  • Désinfection : Désinfecter les tuteurs.
  • Gestion de l'Eau et de l'Azote : Éviter les excès d'eau et les apports excessifs d'azote.Des expériences ont montré que si l’on parvient à repousser le déclenchement d’une maladie bactérienne après le gros de la nouaison, la culture sera très peu affectée.

La Tache Bactérienne

Cette maladie est causée par la bactérie Xanthomonas campestris, celle-ci peut produire des lésions sur toutes les parties aériennes du plant (feuilles, tiges, fleurs et fruits). Il est difficile, en se fiant uniquement aux signes visibles de la maladie, de distinguer avec certitude la tache bactérienne de la moucheture bactérienne, surtout dans ses premières manifestations. La principale source d’inoculum serait les semences et les résidus de culture infectés. Tout comme l’agent responsable de la moucheture bactérienne, l’inoculum peut aussi être présent sur les repousses de tomate et sur les surfaces contaminées (machinerie, clayettes, structures des serres, outils).

Symptômes et Dégâts :Les symptômes sont sensiblement les mêmes que ceux décrits pour la Moucheture de la tomate. La tache bactérienne se manifeste d’abord par des petites lésions graisseuses et translucides apparaissant au hasard sur les folioles en provoquant des taches noires circulaires de 3 à 5 mm parfois auréolées d'un halo jaune. Les feuilles infectées peuvent paraître roussies. Quand les taches sont nombreuses, le feuillage jaunit et finit par mourir, ce qui entraîne la défoliation de la partie inférieure du plant.L’infection initiale se produit uniquement sur les fruits verts. C’est que la maladie se transmettrait par les soies des fruits, que ces derniers n’ont plus une fois à maturité. La maladie apparaît sur le fruit sous la forme de petites taches en relief allant du brun foncé au noir. Ces taches sont parfois entourées d’une auréole blanche qui les fait ressembler aux taches ocellées (en forme d’œil) caractéristiques du chancre bactérien. À mesure que le fruit vieillit, les auréoles blanches disparaissent. Les lésions de la tache bactérienne s’étendent jusqu’à 4 à 6 mm de diamètre. Elles brunissent, prennent un aspect huileux et se couvrent parfois de croûtes.

Taches bactériennes sur les fruits de tomate

La Pourriture Grise (Botrytis)

Appelée également « pourriture grise », c'est un champignon ascomycète de la famille des Sclerotiniaceae (Botrytis cinerea). C'est une maladie aérienne surtout observée en culture sous abri. Les facteurs favorables à son développement sont une hygrométrie excessive et une forte densité de plantation, ce qui favorise la germination des spores de ce champignon. Les à-coups climatiques ou de fertilisation sont également des vecteurs favorables.

Symptômes et Dégâts :Les principaux symptômes de la moisissure grise sont des taches spectrales sur le fruit et, parfois, la pourriture de ce dernier. Ces taches se présentent sous forme d’auréoles pâles ou d’anneaux avec un petit point brun noir au centre. Les premiers symptômes apparaissent souvent sur les fleurs et les fruits. Les tomates atteintes de botrytis présentent des taches brunâtres qui finissent par se propager rapidement jusqu’à toucher l’ensemble du fruit. Le champignon forme une sporulation grise et duveteuse sur les feuilles, les tiges, les fleurs fanées ou les fruits. L’infection apparaît d’abord sur les feuilles qui sont en contact avec le sol, ou sur les feuilles et les fleurs abîmées. L’infection peut ceinturer complètement les tiges atteintes. Des conditions d'humidité élevée qui se prolongent sont favorables à la moisissure grise. Le champignon peut être présent durant toute la saison, mais ses principaux symptômes se manifestent pendant la mise à fruits.

Moyens de Lutte et Prévention :

  • Hygiène : Éviter les terrains infectés. Éliminer les plants malades. Retirer immédiatement les fruits ou les feuilles présentant des symptômes de pourriture grise.
  • Aération et Humidité : Éviter les apports excessifs d'azote et les excès d'eau et d'humidité. Maintenir un environnement sec autour des plants de tomates en limitant l’arrosage et en évitant les périodes de forte humidité. Il est nécessaire de bien ventiler les cultures sous abri, d’éviter les accumulations d’eau et d’espacer les plants.
  • Variétés Résistantes : Planter des variétés résistantes.
  • Taille : Si les plants sont taillés, l'opération doit se faire en début d'après-midi pour permettre aux plaies de sécher.
  • Fongicides : Des fongicides contenant du cuivre, du soufre ou d’autres ingrédients actifs peuvent être utilisés.

Les Maladies Virales : Mosaïque du Tabac et Tomato Yellow Leaf Curl Virus

Les maladies virales sont transmises par des vecteurs (insectes) ou par contact, et il n'existe généralement pas de traitement curatif.

La Mosaïque du Tabac

La mosaïque du tabac est une maladie virale courante chez les tomates, causée par un virus du genre Tobamovirus (Tobacco Mosaic Virus ou TMV). Cette maladie virale est transmise par le contact avec des plantes infectées, les outils de jardinage ou les mains sales, ou des insectes vecteurs.

Symptômes et Dégâts :Les symptômes de la mosaïque du tabac sont l’apparition de taches jaunes de formes irrégulières sur les feuilles et parfois les fruits eux-mêmes. Ces taches peuvent se développer jusqu’à former des motifs en mosaïque caractéristiques.

Tomato Yellow Leaf Curl Virus (TYLCV)

Appelée aussi maladie des feuilles jaunes en cuillère de la tomate, c'est une maladie virale provoquée par des virus Begomovirus. Elle se transmet exclusivement par l'aleurode Bemisia tabaci, communément appelée Mouche Blanche. Celle-ci pond des œufs qui sont insérés dans les tissus par un pédicelle qui permet les échanges d'eau avec la feuille.

Symptômes et Dégâts :Ralentissement de la croissance, jaunissement des pétioles. Nombreuses petites taches chlorotiques sur la face inférieure des feuilles.

Moyens de Lutte et Prévention :

  • Élimination : Éliminer les plants infectés. Éliminer les sources primaires (œufs) et secondaires (larves) du virus.
  • Désherbage : Bien désherber les abords des plants (adventices et plantes abandonnées sont des refuges pour l'aleurodes).
  • Piégeage : Mise en place de panneaux jaunes englués qui serviront de pièges et indiqueront la présence de l'aleurode.

Feuilles de tomate avec symptômes du TYLCV

Problèmes Physiologiques : Nécrose Apicale (Cul Noir) et Éclatement des Fruits

Certaines affections ne sont pas causées par des agents pathogènes, mais plutôt par des déséquilibres nutritionnels ou hydriques.

La Nécrose Apicale ou Cul Noir

La nécrose apicale, ou cul noir, est un symptôme courant chez les tomates et se caractérise par des taches brunes ou noires à l’extrémité des fruits. Il s'agit d'une affection physiologique et non parasitaire, généralement causée par une carence en calcium localisée dans le fruit. Elle apparaît lorsqu'il y a un défaut d'absorption de cet élément par la plante. Cette affection ne se propage pas dans la culture de tomates.

Moyens de Lutte et Prévention :

  • Correction de la Carence en Calcium : La meilleure façon de traiter le cul noir de la tomate est de corriger la carence en calcium.
  • Éviter les Excès d'Azote : Les excès d’engrais azoté peuvent perturber l’absorption du calcium par les plants de tomates.
  • Éviter les Arrosages Irréguliers : Les fluctuations dans l’arrosage peuvent empêcher l’absorption du calcium par les racines. Il est important de maintenir une irrigation régulière et uniforme.

L'Éclatement des Tomates

Le phénomène d’éclatement des tomates n’est pas dû à une maladie particulière. L’éclatement des tomates est causé par de fortes fluctuations de l’humidité du sol. À la suite de brusques changements climatiques ou d’un excès d’eau, il arrive que les tomates se fendent ou éclatent. En effet, leur peau n’est pas suffisamment élastique pour supporter une croissance trop rapide du fruit. Outre le désagrément esthétique, l’éclatement des tomates ouvre la porte aux parasites et aux maladies.

Moyens de Lutte et Prévention :

  • Arrosage Régulier et Uniforme : Il est important de maintenir une irrigation régulière. Les pieds de tomates doivent être arrosés régulièrement et uniformément pour éviter les fluctuations de l’humidité du sol.
  • Éviter les Excès d'Eau : L’éclatement des tomates peut être évité en évitant les excès d’eau.
  • Paillage : Un arrosage régulier, sans excès, combiné à un paillage suffit bien souvent à éviter ce problème.

Tomate éclatée

Les Ravageurs : Noctuelles et Pucerons

Les insectes peuvent également causer des dégâts importants aux plants de tomates, notamment en trouant les feuilles et les fruits.

Les Noctuelles de la Tomate

La noctuelle de la tomate est un petit papillon de nuit dont les larves s’attaquent à nos tomates, causant des feuilles trouées et des fruits endommagés. D’origine tropicale (Helicoverpa armigera), la noctuelle de la tomate a été repérée dans le sud de la France pour la première fois pendant la canicule de 2003. Elle s’est depuis répandue sur tout le territoire national et fait particulièrement des dégâts dans le sud de la France (et de plus en plus dans les autres régions).

Symptômes et Dégâts :Dès le mois de mai, on aperçoit les premières attaques de la chenille. Les femelles pondent plusieurs centaines d’œufs de façon isolée sur toute la surface de la plante (tige, feuilles, fruits et fleurs). Les jeunes chenilles sorties de l’œuf s’attaquent tout d’abord aux feuilles puis aux fleurs. Elles sont dites arpenteuses. Dès qu’elles sont suffisamment grosses, elles percent la peau de la tomate au niveau du pédoncule et deviennent mineuses, pénétrant dans le fruit et le grignotant de l’intérieur jusqu’à muer en papillon. On les repère souvent à leurs multiples déjections collées sur les feuilles inférieures à la tomate minée. Le cycle d’œuf à œuf de la noctuelle dure environ un mois et demi. Lorsque les températures sont chaudes (autour de 27 °C), les œufs prennent autour de trois jours à éclore. Les jeunes sujets s’attaquent aux boutons floraux, ce qui peut entraîner de lourds dégâts, en particulier dans les monocultures. Une fois qu'elle pénètre dans la tomate, elle empêche la maturation du fruit et le rend impropre à la consommation.

D'autres espèces de noctuelles peuvent également attaquer les tomates :

  • La noctuelle gamma : Très commune, de couleur vert flashy avec six longues bandes longitudinales sur son abdomen, elle est davantage concentrée sur les feuilles.
  • La noctuelle potagère : Elle s’attaque aux fruits encore verts mais, contrairement à la noctuelle de la tomate, elle ne pénètre pas dans le fruit, la rendant plus vulnérable aux traitements insecticides.
  • La noctuelle arpenteuse : Verte fluo avec un trait jaune sur son dos, elle consomme feuilles et boutons floraux des tomates.

Moyens de Lutte et Prévention :Le plus simple à mettre en place pour limiter les dégâts de cette chenille est le ramassage manuel et quotidien des larves. Dès les premiers signes d’attaque, le jardinier part à la chasse. Les chenilles sont difficiles à repérer lors de leurs premiers stades larvaires, on les localise en général lorsqu’elles ont déjà attaqué le fruit de la tomate. Il faut systématiquement supprimer les œufs, les larves et les chenilles. Une fois la tomate attaquée, il faut la cueillir et l'ouvrir.

  • Rotation des Cultures : Pratiquer la rotation des cultures permet de casser le cycle de vie de l'insecte, car la larve de la noctuelle hiverne dans le sol. Si vous les cultivez au même emplacement chaque année, la nouvelle génération de chenilles n’aura aucun mal à trouver vos tomates et à les attaquer tôt dans la saison.
  • Travail du Sol : Dans les zones où vous avez cultivé des tomates, faire un travail superficiel du sol (gratter les cinq premiers centimètres) peut mettre à mal l’hivernation de la chenille. Attendez que les températures soient bien descendues pour agir. Ainsi, les chrysalides exposées au froid et à la lumière seront détruites, et certains oiseaux viendront se servir.
  • Filets Anti-insectes : Pour récolter de beaux fruits chaque année sans prendre de risques, les filets anti-insectes ont prouvé leur efficacité. C'est un investissement, mais efficace pour protéger le potager. Pour les jardiniers qui possèdent une serre, il est possible d’enlever les portes latérales et de les remplacer par un tel filet à un moindre coût.
  • Prédateurs Naturels : Attirer les oiseaux au potager permet de limiter le nombre de ravageurs. Un couple de mésanges bleues consomme en moyenne 500 chenilles par portée. Installer des nichoirs et planter des haies avec des baies offrent nourriture et gîte à ces alliés. Les chauves-souris, prédatrices nocturnes, peuvent également réguler passivement les invasions. Certains maraîchers expérimentent des lâchers de Macrolophus pygmaeus, une punaise prédatrice polyphage, capable de dévorer les noctuelles dès leur stade d’œuf, particulièrement efficace en serres dans le sud de la France.
  • Bacillus thuringiensis (BT) : Le Bacillus thuringiensis est un insecticide naturel autorisé en agriculture biologique. Il produit des micro-cristaux qui provoquent des lésions sur le tube digestif des insectes, étant létal pour les noctuelles qui le consomment. Il est efficace contre les jeunes larves et les papillons, mais pas une fois la chenille à l’abri dans la tomate. Son utilisation doit être faite dès le début de l’invasion. Cependant, il est déconseillé en raison de ses effets non-sélectifs et de sa persistance dans l'environnement, entraînant des résistances.

Les Pucerons

Ces petits insectes verts ou noirs se nourrissent de la sève et affaiblissent les plants, pouvant également transmettre des maladies virales.

Moyens de Lutte et Prévention :

  • Écrasement Manuel : Écrasez avec vos doigts les colonies denses, car la plupart des pucerons sont dépourvus d’ailes.
  • Savon Noir : Pulvériser du savon noir liquide est aussi efficace.
  • Déséquilibre : La prolifération de ces indésirables est liée à un déséquilibre, il est donc important de maintenir un environnement sain pour les plants.

Pucerons sur une feuille de tomate

Les Nématodes

Les Nématodes ou vers ronds constituent un embranchement d'organismes qui peuvent attaquer les racines des tomates, affaiblissant ainsi le plant et le rendant plus vulnérable aux autres maladies. Les informations spécifiques sur les symptômes et les moyens de lutte pour les nématodes sur les tomates n'ont pas été détaillées ici, mais leur présence peut être suspectée en cas de retard de croissance inexpliqué ou de flétrissement des plants malgré un arrosage adéquat.

Généralités et Bonnes Pratiques pour la Santé des Tomates

De manière générale, il est important de noter que la tomate est sensible aux maladies qui se développent par temps humides. Le meilleur moyen d’éviter les maladies de la tomate, au jardin potager, reste la prévention.

Facteurs Favorisant les Maladies

De nombreux facteurs peuvent favoriser les maladies de la tomate :

  • Arrosage Excessif : Un arrosage excessif favorise le plus le développement des maladies fongiques.
  • Variétés Inadaptées : Certaines variétés de tomates sont plus résistantes aux maladies que d’autres. Il est essentiel de choisir des variétés bien adaptées au climat de votre région. Les tomates hybrides peuvent être plus résistantes à certaines maladies, car elles sont souvent sélectionnées pour cette caractéristique. Cependant, cela ne signifie pas que toutes les variétés hybrides de tomates seront résistantes, et les maladies peuvent muter et devenir résistantes.
  • Proximité des Pieds : Une densité de plantation trop élevée peut favoriser la propagation des maladies en empêchant l’air de circuler.
  • Outils Sales : Les maladies peuvent se propager d’une plante à l’autre par l’intermédiaire d’outils sales.

Stratégies Préventives Générales

Prévenir les maladies des tomates repose sur un ensemble de bonnes pratiques : un sol sain, un arrosage maîtrisé, des apports nutritifs équilibrés et une surveillance régulière.

  • Rotation des Cultures : Ne plantez pas de tomates au même endroit chaque année. Pratiquer la rotation des cultures.
  • Variétés Résistantes : Opter pour des variétés résistantes au mildiou ou aux virus permet de réduire considérablement les risques de maladies.
  • Arrosage Maîtrisé : Évitez d’arroser le feuillage. Un arrosage au pied, idéalement avec un système d’irrigation goutte à goutte, est recommandé pour prévenir les maladies fongiques. Il permet la distribution régulière d'eau en évitant les chocs hydriques.
  • Apports Nutritifs Équilibrés : Un apport équilibré en nutriments renforce les défenses naturelles des plants. Éviter les excès d'engrais azoté. Le purin d'ortie est bien connu des jardiniers et cultivateurs de tomates. Il est possible de faire un thé de compost afin de donner un coup de boost de temps en temps à vos pieds de tomates. Il vous suffit de mélanger du compost bien mûr dans un grand volume d'eau, le laisser infuser 48h au minimum et arroser avec ce thé.
  • Aération : L'effeuillage et l'ébourgeonnage réguliers assureront une bonne circulation de l'air qui asséchera le feuillage plus rapidement.
  • Hygiène : Désinfection régulière des outils de jardinage et nettoyage des serres.
  • Surveillance et Élimination Précoce : Dès l’apparition des premiers symptômes, éliminez les feuilles ou fruits touchés pour éviter la propagation.
  • Paillage : Le paillage est également un bon moyen d'atténuer l'humidité.

Période de Traitement

La période pour traiter les tomates dépend du type de traitement que vous souhaitez appliquer.

  • Prévention : Il est recommandé de traiter les plants de tomates avant que les symptômes n’apparaissent. Cela peut être réalisé au début de la saison de croissance, avant que les maladies ne se propagent, ou à intervalles réguliers tout au long de la saison.
  • Traitement des Maladies : Si vous remarquez des signes de maladies sur vos plants de tomates, il est important de traiter sans attendre pour éviter que la maladie ne se propage. La période de traitement dépendra du type de maladie et de la gravité de l’infection.
  • Moment de la Journée : En général, il est recommandé de traiter tôt le matin ou en soirée, lorsque les températures sont plus fraîches, pour éviter que les plantes ne subissent un stress supplémentaire dû à la chaleur.

Consommation de Tomates Malades

Il n’est pas recommandé de manger des tomates malades, par exemple atteintes de mildiou. Cela peut présenter un risque pour votre santé car les spores fongiques peuvent être toxiques. Sans compter que les tomates atteintes de maladies ont souvent un goût désagréable. De manière générale, il est aussi recommandé de laver soigneusement les tomates même lorsqu’elles sont saines avant de les consommer. Vous éliminerez ainsi toute trace de contaminants éventuels.

Mildiou de la tomate et étés pluvieux : comment lutter contre cette maladie cryptogamique ?

Une Approche Écologique

L’époque des traitements chimiques tous azimuts est derrière nous. Les jardiniers amateurs ont pris conscience que certains abus avaient entraîné des déséquilibres durables au niveau de la faune du jardin (coccinelles, hérissons et vers de terre notamment en ont souffert). Aujourd’hui, les jardiniers se font respectueux de l’environnement et ont appris à mieux utiliser les produits phytosanitaires, longtemps employés trop vite et en grande quantité. Ils consacrent également davantage de temps à diagnostiquer la nature des attaques et des maladies. Il est inutile de faire une application de produit antipucerons si la plante a été attaquée par des acariens, et vice-versa. Enfin, de nombreuses personnes ont décidé de s’abstenir de traiter lorsque les dégâts sont minimes, et d’agir à bon escient en privilégiant toujours les méthodes de lutte biologique ou naturelle.

tags: #maladie #tomates #feuilles #trouees