L'immigration et l'agriculture en France sont intrinsèquement liées, formant un duo essentiel pour la vitalité du secteur agricole. Depuis des décennies, la main-d'œuvre étrangère est un pilier incontournable, particulièrement pour les tâches saisonnières qui sont vitales pour les récoltes et la production. Environ 20% des travailleurs agricoles en France sont d’origine étrangère, selon l’INSEE, apportant une contribution significative à la production agricole, incluant fruits, légumes et céréales, et répondant ainsi aux besoins élevés de main-d’œuvre, en particulier dans les zones rurales. Leur présence est essentielle pour combler les pénuries de main-d’œuvre locale, surtout pendant les périodes de forte activité comme les récoltes.

L'Importance Fondamentale des Travailleurs Étrangers dans l'Agriculture Française
L'immigration et l'agriculture sont intimement liées en France, où les travailleurs étrangers jouent un rôle indispensable dans le secteur agricole. Ces travailleurs étrangers apportent une contribution significative à la production agricole, répondant ainsi aux besoins élevés de main-d’œuvre, en particulier dans les zones rurales. La majorité des travailleurs étrangers viennent d’Europe de l’Est, mais il y a également une présence notable de personnes venant d’autres régions du monde. Leur intégration dans l’immigration et l’agriculture française permet de maintenir la compétitivité du secteur tout en soutenant les exploitations agricoles locales. Cette dynamique est cruciale pour la stabilité et la croissance de l’agriculture française, en garantissant une main-d’œuvre disponible et adaptée aux exigences du secteur.
Les Réalités des Conditions de Travail des Travailleurs Étrangers
Les conditions de travail des travailleurs étrangers dans le secteur de l’agriculture française sont variées et souvent difficiles. En tant que travailleurs saisonniers, ils sont confrontés à des conditions physiques exigeantes et des horaires longs, en particulier pendant les périodes de récolte. Les tâches agricoles sont souvent physiquement demandantes, nécessitant de longues heures de travail sous des conditions climatiques variables. Les travailleurs étrangers reçoivent souvent des salaires relativement bas, ce qui peut rendre leur situation économique précaire. De plus, les conditions de logement ne sont pas toujours satisfaisantes, avec des hébergements parfois précaires et surpeuplés. Malgré les normes et régulations imposées par les autorités françaises pour améliorer ces conditions, des disparités subsistent et certains travailleurs continuent de vivre dans des situations précaires. Ces défis soulignent l’importance de la vigilance et des actions de régulation pour garantir que les conditions de travail des travailleurs étrangers dans l’immigration et l’agriculture répondent aux standards nécessaires.
Un ouvrier agricole marocain, interviewé dans un reportage et qui a cumulé depuis 17 ans d’innombrables contrats saisonniers, aspire à bénéficier de la même reconnaissance du statut de travailleur permanent. La précarité du statut de travailleur saisonnier permet aussi, aux employeurs les moins scrupuleux, d’exercer une pression constante sur leurs employés, en les menaçant de non-renouvellement du contrat. Se séparant de leur famille durant de longs mois, ils acceptent d’exercer des emplois pénibles et payés au salaire minimum, tout en vivant parfois dans des logements très insalubres. Leur motivation est pécuniaire, car ils peuvent gagner en quelques mois bien davantage que ce qu’ils auraient pu engranger dans leur pays d’origine.

Le Rôle Crucial des Saisonniers dans le Secteur Agricole
Les saisonniers ont un rôle essentiel dans l’immigration et l’agriculture en France, notamment durant les périodes de forte activité comme les récoltes de fruits et légumes. Environ 40% des emplois dans le secteur agricole sont saisonniers, et une part significative de ces postes est occupée par des travailleurs étrangers. Cette main-d’œuvre est cruciale pour répondre aux pics de production sans que les exploitants aient besoin de maintenir un personnel permanent tout au long de l’année. Les travailleurs saisonniers, souvent engagés par le biais de contrats temporaires, sont spécialement présents lors des périodes de forte demande. Ils viennent principalement pour des périodes spécifiques, comme les saisons de récolte, avant de retourner dans leur pays d’origine. La flexibilité apportée par ces travailleurs étrangers permet aux exploitants agricoles de gérer efficacement les variations saisonnières de la production. Leur présence est donc indispensable pour le bon fonctionnement et la compétitivité du secteur agricole français.
Pendant la crise du Covid, des vols spécifiques ont été organisés car c'était une nécessité. L'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) a ainsi fait venir 900 travailleurs marocains en octobre 2020 pour « sauver les récoltes » de clémentines corses, ou encore 300 autres en décembre de la même année vers les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse pour travailler dans le maraîchage et l'horticulture. « La production est fortement dépendante d'une main d'œuvre étrangère », convient Daniel Sauvaitre, secrétaire général d'Interfel, la filière des fruits et légumes frais en France, qui brasse essentiellement des travailleurs européens (Portugal, Espagne, Roumanie, Pologne…) ou maghrébins. « Cela se passe très bien, c'est une main d'œuvre précieuse, qui a en général déjà un savoir-faire », ajoute le producteur de pommes en Charente, qui verrait d'un bon œil l'accélération de ce recrutement, car « on manque toujours de bras ».
À la rescousse des agriculteurs français
Avant la pandémie, sur les quatre premiers mois de 2019, 2.686 de ces travailleurs avaient été acheminés uniquement par l'Ofii, pour l'essentiel des Marocains, mais aussi quelques Tunisiens, qui viennent pour quelques mois chaque année depuis la signature de conventions bilatérales spéciales dans les années 1960. En 2020, sur la même période, le nombre était tombé à 1.238. Depuis la levée progressive des restrictions, les arrivées se sont envolées sur les quatre premiers mois de 2022: 3.868 ressortissants maghrébins sont employés dans les exploitations agricoles françaises. Un modèle qui fait l'objet de convoitises, avec des saisonniers généralement « embauchés directement par les employeurs » via un dispositif « simplifié » et des « exonérations de charges sociales patronales », selon le ministère de l'agriculture.
Le modèle des travailleurs saisonniers agricoles « est malheureusement souvent pris en exemple, alors que c'est loin d'être la panacée », s'inquiète Marilyne Poulain, qui pilote le Collectif immigration de la CGT. « C'est un statut précaire qui induit un lien exclusif entre le travailleur et l'employeur, un lien de dépendance problématique. Si un travailleur rompt son contrat avec un employeur, il n'a plus de titre de séjour. Cela génère des situations de traite des êtres humains », explique la responsable syndicale, évoquant des cas de travailleurs étrangers « exploités ».
Les Enjeux Complexes de la Régularisation des Travailleurs Étrangers
La régularisation des travailleurs étrangers dans l’immigration et l’agriculture est un enjeu crucial. De nombreux travailleurs arrivent en France avec des permis temporaires ou des visas spécifiques, ce qui peut rendre leur statut précaire. Les procédures pour obtenir ou renouveler des permis de travail sont souvent complexes et longues. Cette complexité peut entraîner des retards et des difficultés pour les travailleurs étrangers. Les délais pour le traitement des demandes de régularisation peuvent être importants, créant une incertitude pour les travailleurs et les employeurs.
Les réformes récentes visent à simplifier les démarches administratives et à renforcer la sécurité des travailleurs étrangers. Ces mesures cherchent à faciliter leur intégration et à offrir plus de stabilité. La reconnaissance des compétences et des qualifications des travailleurs étrangers reste un défi, impactant leur accès à certains emplois et opportunités. L’accès aux droits sociaux, tels que la couverture santé et les prestations sociales, peut être limité pour les travailleurs étrangers, nécessitant des améliorations dans la législation. Ces enjeux soulignent la nécessité d’une réforme continue pour garantir une meilleure régularisation et protection des travailleurs étrangers dans le secteur agricole.
Depuis 2007, les personnes titulaires d’un contrat d’au moins trois mois reçoivent une carte de séjour « travailleur saisonnier », accordée pour une durée de trois ans, avec possibilité de renouvellement, qui leur permet de travailler en France dans la limite de six mois par an, s’ils s’engagent à maintenir leur résidence habituelle à l’étranger. Mais le cycle des cultures excède souvent cette limite temporelle et de nombreux ouvriers agricoles vont d’une culture à l’autre en fonction des saisons. L'introduction de travailleurs saisonniers étrangers relève d’une décision préfectorale après examen de la situation de l'emploi local. Les contrats dits OMI (du nom de l’acronyme désignant l’Office des migrations international appelé aujourd’hui Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII)) établis ne peuvent, sauf dérogation, excéder une durée de six mois. Or confrontée à la forte demande de main-d’œuvre agricole des employeurs mais ne voulant pas octroyer un titre de séjour annuel aux travailleurs concernés, la direction départementale du travail des Bouches-du-Rhône a mis en place un système à la limite de la légalité, en érigeant l’exception en pratique habituelle. Cette manière de procéder conduit, en outre, à limiter la mobilité du travailleur étranger, qui ne peut quitter son patron pour aller chercher du travail ailleurs.

Les Impacts de la Réglementation sur l’Immigration et l’Agriculture
Les réglementations sur l’immigration ont des répercussions significatives sur le secteur agricole en France. Les politiques en matière de contrôle des flux migratoires et de régulation de l’emploi saisonnier affectent directement la disponibilité de la main-d’œuvre agricole. Des restrictions plus strictes peuvent entraîner des pénuries de travailleurs saisonniers. Les réformes récentes visent à améliorer les conditions de travail pour les travailleurs étrangers, rendant le secteur agricole plus attractif et plus équitable. Ces mesures comprennent des améliorations dans les conditions de logement et les salaires. Les nouvelles régulations cherchent à offrir plus de sécurité et de droits sociaux aux travailleurs étrangers, contribuant à une meilleure intégration et protection. Trouver un équilibre entre la demande de main-d’œuvre dans l’agriculture et les politiques d’immigration demeure un défi complexe. Une approche équilibrée est nécessaire pour soutenir l’économie agricole tout en respectant les droits des travailleurs. Ces impacts soulignent la nécessité d’une gestion prudente des politiques d’immigration pour garantir un fonctionnement efficace et équitable du secteur agricole.
Un ressortissant étranger hors Union européenne ne peut pas travailler en France sans y être autorisé. Les travailleurs européens bénéficient d’un principe de libre circulation et, par conséquent, leur embauche sur le territoire français ne nécessite pas d’autorisation particulière. En revanche, pour un travailleur étranger hors Union européenne qui souhaiterait être embauché en France, un titre de séjour valant autorisation de travailler est obligatoire. Le délai d’instruction de ces dossiers par l’Administration est de deux mois. À défaut de réponse, la demande est réputée rejetée. Pour accorder ou refuser l’autorisation de travail, le préfet prendra en compte plusieurs critères tels que la situation de l’emploi dans la profession et dans la zone géographique, l’adéquation entre la qualification et les diplômes, les caractéristiques de l’emploi. L'embauche d’un travailleur de nationalité étrangère qui ne réside pas en France n’est pas gratuite. L’employeur mène une “procédure d’introduction” auprès de la DIRECCTE. Le primo-arrivant s’acquittera également d’une taxe pour la délivrance d’un premier titre de séjour, d’un montant de 60 à 250 € en fonction de la nature de la demande. À la demande du salarié, le contrat de travail pourra être traduit dans sa langue.
Le Maraîchage comme Projet de Vie : Opportunités pour les Néo-Ruraux et Demandeurs d'Asile
Quand on pense formation au maraîchage, on imagine souvent l’aspect technique de la profession : choisir ses semences, construire un tunnel, récolter… Mais il existe une dimension à ne pas négliger, celle de chef d’exploitation. Le maraîcher doit savoir produire mais aussi vendre les produits de sa ferme. Aujourd’hui, en moyenne, 30 à 50 % des installations maraîchères se font hors cadre familial et sont portées par des personnes non issues du milieu agricole, souvent des néo-ruraux en reconversion. Se pose alors la question de l’accompagnement, de la création du projet et tout au long de son existence. Le maraîchage séduit autant de jeunes désireux de rester sur leur territoire et d’y exercer un métier à impact ; que des néo-ruraux en reconversion qui cèdent à l’appel de la terre et se lancent dans l’aventure entrepreneuriale. Dopée par la prise de conscience du grand public pendant le contexte pandémique du besoin d’autonomie alimentaire, les acteurs publics regardent eux aussi avec attention les productions locales de légumes.
Contrairement à une idée répandue, aucun diplôme n’est obligatoire pour devenir maraîcher. Mais attention, sans possession d’une Capacité Professionnelle Agricole, sésame adossé à l’obtention d’un diplôme agricole de niveau Bac, vous aurez à faire une demande d’autorisation d’exploiter, y compris si vous êtes propriétaire des terres. À savoir également : la Capacité Professionnelle Agricole est nécessaire pour prétendre à certaines aides à l’installation. Le maraîcher doit aussi organiser, planifier et optimiser le travail de l’exploitation. C’est lui qui gère et anime les équipes, parfois avec du personnel saisonnier qu’il recrute, forme et encadre. Enfin c’est le maraîcher qui donne une perspective à son exploitation, le cap vers la ferme qu’il imagine demain : quel modèle de développement ? Vers quelles productions s’orienter ? Faut-il recruter ? C’est le maraîcher qui commercialise lui-même sa production. Cet enseignement est placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture marquant bien les objectifs professionnels qui lui sont assignés. L’enseignement agricole se distingue également du point de vue des méthodes utilisées : éducation socio-culturelle, interdisciplinarité, travail organisé en petits groupes, implantation territoriale, coopération internationale. Ces établissements possèdent souvent sur place une exploitation agricole, véritable outil de production grandeur nature au service de la pédagogie.
Pour exercer le maraîchage de manière professionnelle, la possession d’un titre de propriété foncière, seule, ne suffit pas. Sur plusieurs critères, il faut obtenir une autorisation d’exploiter le foncier. Il est fortement conseillé de muscler son expérience avant de se lancer, par des stages de découverte, du woofing, ou en offrant son temps à une AMAP. Les temps de formations permettent de découvrir de nouvelles solutions, de trouver des ressources, d’acquérir des compétences au service de sa propre ferme et sont aussi précieux pour développer son réseau et faire de belles rencontres.
Dans une ferme de Saint-Just-le-Martel, à 10km de Limoges, l'association La Terre en Partage permet à des demandeurs d'asile de valoriser le temps d'attente de leur procédure en leur proposant une vie en collectif autour de l'activité de maraîchage. Dans la mesure où les demandeurs d'asile ne peuvent travailler pendant toute la durée de la procédure, qui peut aller jusqu'à deux ans, celle-ci est souvent synonyme de perte de compétences. Pour répondre à cette problématique, les deux fondateurs de l'association La Terre en Partage ont imaginé un lieu de vie collectif où les demandeurs d'asile pourraient reprendre confiance à travers l'activité de maraîchage, s'intégrer à la société française, se loger dignement, travailler, tout en apprenant le français. Par ce projet de maraîchage solidaire, il s'agit de rendre le temps de demande d'asile actif et constructif. Ce projet repose sur un agrément OACAS (Organisme d'Accueil Communautaire et d'Activités Solidaires), qui permet aux bénéficiaires du dispositif de travailler quelques heures par jour et d'être déclarés à l'URSAFF (Union de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales). Ce n'est pas un chantier d'insertion dans la mesure où les demandeurs d'asile ne perçoivent pas de rémunération : l'argent est en effet réinvesti dans le projet même.

Le projet est présenté aux demandeurs d’asile par le Service de Premier Accueil des Demandeurs d’Asile (SPADA), via l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII). Les intéressés bénéficient d’une journée d’immersion pour participer à la vie de la ferme et se décider. Depuis décembre 2018, une dizaine de demandeurs d'asile sont hébergés sur le site. Chaque matin, tous se retrouvent pour organiser la répartition des tâches de la journée, entre maraîchage et cuisine. L'implication des demandeurs d'asile s'est faite dès le début, notamment par des chantiers coopératifs destinés à remettre en état les terres de la ferme, non utilisées depuis plusieurs années. Ces chantiers ont aussi permis d'associer la population locale au projet. Les demandeurs d'asile participent à la mise en place de divers événements comme des journées portes ouvertes, organisées pour faire connaître le projet. Lors de ces journées, ils réalisent des visites, informent la population ou encore essayent de recruter des bénévoles. Par ailleurs, ils s'impliquent au quotidien dans la vie locale en participant notamment au club de foot du village. Ils s'engagent également dans la gouvernance même du projet dans la mesure où ils font partie du Conseil d’administration. Cela leur permet de mieux se rendre compte des postes de dépense et de prendre eux-mêmes des décisions. Le collectif et l'entraide sont de véritables forces. Les produits de la ferme sont commercialisés en vente directe, afin de créer du lien avec la population locale.
Devenir Maraîcher : Une Profession Exigeante et Diversifiée
Devenir maraîcher·ère, c’est cultiver la terre pour produire des légumes. Pour se lancer, il faut avoir en tête les avantages et les contraintes qu’implique une telle activité, et les compétences nécessaires pour réussir. Il est également nécessaire d’avoir conscience que c’est un projet de vie qui nécessite beaucoup de temps, une profession complexe et souvent peu rémunératrice. Cela dit, c’est aussi un métier qui permet de se reconnecter avec la terre et les saisons, de travailler dehors, de gérer soi-même une entreprise de A à presque Z, de travailler seul·e ou à plusieurs, etc. Devenir maraîcher·ère c’est avoir le plaisir de voir germer la graine que l’on a semée, c’est voir au quotidien les résultats de son travail et c’est pouvoir se dire qu’on nourrit des êtres humains. Se lancer en maraîchage, c’est exercer un métier physique qui se déroule à l’extérieur. Il s’agit donc d’être en forme physiquement et de s’y maintenir, pour réussir à travailler toute l’année, et a priori pendant plusieurs années. C’est un travail saisonnier, avec des pics en été et des moments plus calmes en hiver.
L’essence du maraîchage réside dans la capacité à assurer le bon développement de plantes diverses. On doit ensuite les récolter et les vendre. Il faut donc disposer de solides connaissances sur la physiologie des plantes, le fonctionnement du sol, des cycles des matières organiques, de l’azote, du carbone, les marchés agricoles, etc. Observer l’état des plantes, diagnostiquer un problème sont des savoirs-faire capitaux pour mener une graine ou un plant à l’état de légume. Savoir associer les différentes cultures, afin que les plantes soient saines et productives est également nécessaire pour se lancer en maraîchage. En agriculture conventionnelle, il faut faire preuve de discernement dans l’usage des traitements et des engrais, qui représentent un coût à la fois économique et environnemental. En agriculture biologique, il faut pouvoir anticiper et prévenir les problèmes car les solutions curatives sont peu nombreuses. En fonction des saisons, des années, le climat varie et les risques aussi.
Le maraîchage demande une grande organisation. En effet, pour pouvoir produire une gamme de légumes de qualité, il faut savoir quand semer et planter, c’est-à-dire connaître le calendrier de chaque variété. Il faut ensuite entretenir et récolter chaque espèce de légume pour fournir correctement ses clients. Cette étape de planification a lieu avant de commencer le travail extérieur, en général en hiver afin de savoir où aller durant la grosse saison de culture, et ne pas s’épuiser à des choses inutiles quand on a la tête dans le guidon en plein milieu de l’été. Une bonne organisation permet aussi de mieux évaluer le travail nécessaire et ainsi de savoir quand on est flexible ou quand il y a un pic de travail.
Plusieurs outils de planification sont possibles : certaines personnes utilisent des cahiers où elles consignent le plan de culture et les observations de l'année ; d’autres s’appuient sur un tableau Excel ; les plus geeks se lancent sur Airtable ; les plus curieuses utilisent des logiciels qui sont peu nombreux et encore assez récents sur le marché : le logiciel Open Source de l’Atelier Paysan, qrop, ou encore le logiciel payant de planification Elzeard.
Bien sûr, pour devenir maraîcher·ère, il ne suffit pas de produire et récolter, il faut aussi vendre ses légumes et la commercialisation c'est souvent le nerf de la guerre. La vente directe est facile à mettre en place en maraîchage car les produits n’ont en général qu’à être rincés, parfois mis en bottes, pour être ensuite présentés sur un étal. Il est cependant illusoire de croire que cela se fait tout seul. Commercialiser ses légumes demande un temps important, environ un tiers du temps de travail pour la plupart des maraîcher·ère·s. Il faut aussi se constituer une clientèle, ce qui demande de la patience. Heureusement, beaucoup de gens sont en demande de légumes frais, naturels et locaux, ce qui permet à la vente directe d’être une option viable pour la plupart des maraîchers.
À la rescousse des agriculteurs français
Les Différents Modèles de Maraîchage et leurs Implications
Devenir maraîcher ou maraîchère, c’est bien sûr cultiver des légumes, mais il existe de nombreuses façons de le faire. Sur quelle surface, avec quel budget d’installation en maraîchage, quelle diversité de légumes ? Cultiver en bio, en permaculture, en maraîchage sol vivant, en biodynamie ? Et devenir maraîcher·ère, pour quel salaire ? Autant de choix et de questions pour vous. Bref, pour se lancer en maraîchage, il faut avoir une idée de vers quel système de production on souhaite s’orienter.
Le niveau de mécanisation et de motorisation implique de nombreuses conséquences sur l’activité des maraîcher·ère·s. La surface cultivée s’ajuste évidemment avec la mécanisation. Impossible de cultiver plusieurs hectares manuellement, inutile d’avoir un tracteur pour une dizaine d’ares… évidemment, cela ne représente pas le même budget d’installation pour démarrer. Il n’y a ainsi pas vraiment de surface idéale pour être rentable, tout dépend du système de production vers lequel on s’oriente.
Économiquement, on peut voir différents systèmes se dessiner : une production sur une grande surface entraînant un chiffre d’affaires (ou produit brut) élevé mais aussi des charges importantes. Ces dernières se composent des investissements (tracteurs et outils, réseau d’irrigation, salariés, etc.) et des consommations intermédiaires (eau, semences, engrais, etc.) ; une surface plus faible est cultivée et donc un chiffre d’affaires faible, mais des charges elles aussi très réduites (outils manuels peu chers, peu d’intrants). Une petite surface cultivée avec beaucoup de soin donne généralement de meilleurs rendements, et donc peut tout à fait permettre de dégager des revenus suffisants. Les serres, qui représentent un investissement important sur les exploitations maraîchères, sont un peu à part car elles permettent d’augmenter la production sans changer la surface cultivée, le niveau de mécanisation et de temps de travail. Elles permettent aussi d’allonger la saison de culture de certains légumes, ce qui en fait un levier d’intensification intéressant. Toutes les nuances existent évidemment, du motoculteur en passant par la traction animale, de quelques dizaines d’ares à plusieurs dizaines d’hectares. Dans tous les cas, le futur maraîcher ou la future maraîchère se fixe en général un objectif de salaire, ou plutôt de revenu, à atteindre après trois ou quatre années d’activité.
Au-delà de vos envies, le choix du système de production dépend d’autres facteurs. L’accès au foncier : on trouve parfois difficilement de grandes surfaces propices à la culture maraîchère, surtout quand on n’est pas issu·e du milieu agricole. L’accès à l’eau est également un facteur limitant en maraîchage. Selon le débit et le coût de l’eau disponible, on ne peut pas irriguer les mêmes surfaces. Cultiver en sec est possible, mais en ayant conscience de la difficulté qui y est liée : les légumes sont “gourmands” en eau, et il est plus difficile de trouver des variétés productives quand elles ne sont pas irriguées. Les possibilités de commercialisation, c’est-à-dire les débouchés. À proximité d’un centre urbain, il est possible de valoriser une petite production diversifiée à un prix élevé. Dans un milieu rural ou l’autonomie alimentaire des familles est encore élevée, pour les tomates en été par exemple, il peut être difficile d’écouler sa production en direct. On peut alors se tourner vers des marchés de gros ou semi-gros, avec des prix en général plus faibles mais réduisant le temps de commercialisation. On peut alors orienter son exploitation vers quelques espèces de légumes, produites en grosses quantités. Une autre option est de transformer ses produits pour leur donner de la valeur ajoutée et les vendre l’hiver (coulis de tomates, betteraves lacto-fermentées, etc.) mais cela demande du matériel, du temps et de répondre à des conditions sanitaires spécifiques.

Le budget d’installation en maraîchage, c’est-à-dire la capacité d’investissement initiale (l’achat de matériel moto-mécanisé, d’un hangar, d’une chambre froide ou d’une serre) demande souvent au futur maraîcher ou à la future maraîchère de s’endetter. Dans le cas d’une installation sans grands moyens financiers, ou avec peu d’expérience dans l’agriculture, les prêteur·ses peuvent se montrer réticents. On peut en alternative démarrer une activité maraîchère avec un petit budget (environ 10 000€ sans le foncier), à condition de très bien maîtriser les techniques de maraîchage manuel et d'être très en forme physiquement.
La question du salaire est importante et elle pèsera sûrement dans votre choix. Sans surprise, la réponse varie énormément selon le statut du maraîcher·ère, le système de production utilisé, la surface cultivée et le temps consacré à son activité. Si vous choisissez d’être salarié·e dans une ferme, vous aurez un salaire fixe chaque mois, en général au niveau du SMIC, qui ne varie pas en fonction de vos récoltes et de vos ventes. Cela vous donne une sécurité et une stabilité mais cela implique en général que vous n’êtes pas aux manettes de la ferme et que vous avez moins de marge de manœuvre et d’indépendance dans les prises de décisions. En étant à votre compte, vous avez plus de latitude dans vos choix et vous pouvez créer la ferme qui vous ressemble. En revanche, votre revenu dépend directement de votre chiffre d’affaires et celui-ci peut varier grandement en fonction des aléas de la récolte et de la vente. Certaines sources parlent d’un revenu moyen de 1500€/mois, pour d’autres les maraîcher·ère·s se rémunèrent environ 5 € par heure travaillée, en moyenne ; même en travaillant plus de cinquante heures par semaine, ce qui est courant en été, cela permet de gagner à peine plus de 1 000 € par mois. Une chose est sûre, le salaire de maraîcher·ère n’est pas la source de motivation principale pour une reconversion vers ce métier ! Il y a d’autres avantages à ce métier (moins de dépenses en nourriture, un cadre de vie sain, une meilleure qualité de vie, etc.), mais c’est un élément à absolument avoir en tête si l’on veut se lancer.
Maraîchage Conventionnel et Biologique : Des Approches Différentes
Les choix techniques et économiques sont importants et orientent le travail quotidien du·de la maraîcher·ère, mais d’autres choix, qui touchent aux valeurs personnelles, sont aussi capitaux : produire bio, choisir d’appliquer les principes de la biodynamie, de l’agroécologie, de la permaculture, du maraîchage sur sol vivant, limiter l’utilisation de plastique, etc.
Pour commencer par la base, parlons de maraîchage dit conventionnel : il s’agit ici de cultiver en s’appuyant sur différents intrants, c’est-à-dire de matières issues de l’extérieur de l’exploitation. Quand ceux-ci sont utilisés avec parcimonie, on parle d’agriculture raisonnée, qui tend à devenir la norme au vu du coût des intrants mais aussi face à la prise de conscience de leur impact écologique. On peut classer ces intrants en plusieurs catégories : les amendements, qui modifient les caractéristiques du sol : calcaire, sable, fumier, broyat de bois, paille, etc. ; les fertilisants, qui servent à compléter l’alimentation de plantes : engrais minéraux ou organiques et fumier ; les produits phytosanitaires qui servent à soigner, protéger, ou stimuler les plantes. Les pesticides, naturels ou non, sont les plus courants en agriculture conventionnelle : insecticides, herbicides et fongicides. Mais on peut également utiliser des préparations stimulantes, ici encore naturelles ou non : biostimulants du commerce, purin, macérations, etc.
Le maraîchage biologique répond aux critères du cahier des charges de l’agriculture biologique (AB). Ses règles sont définies à l’échelle européenne. On peut les lire dans le règlement CE n°889/2008, mais elles ont été retranscrites et rendues plus claires par de nombreuses institutions agricoles. Les respecter permet d’être certifié AB, une garantie pour le consommateur. Pour résumer ces règles, on peut dire que les seuls intrants autorisés sont ceux d’origine naturelle (engrais organiques, fumiers issus de fermes AB, pesticides d’origine naturelle, etc.). Profitons-en pour clarifier une confusion assez fréquente : cultiver des légumes bio ne signifie pas produire des légumes non traités, mais bien non traités avec des pesticides de synthèse. Le maraîchage biologique laisse donc une place prépondérante à la prévention plutôt qu’au traitement curatif, et met en place des méthodes de culture évitant l’apparition de problèmes.

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