Le Maraîchage Urbain en Pots : Cultiver l'Abondance au Cœur de la Ville

L'agriculture urbaine, et en particulier le maraîchage en pots, connaît un regain de popularité, permettant aux citadins de cultiver leurs propres fruits et légumes frais, même avec un espace limité. Historiquement, la ville a toujours été le berceau de l'agriculture, avec des potagers vivriers entretenus par les habitants dans et autour des agglomérations. Le métier de "maraîcher" était d'ailleurs intimement lié aux grandes villes, notamment à Paris, où ces cultures étaient essentielles pour l'approvisionnement. Aujourd'hui, face à l'urbanisation croissante et la disparition des zones agricoles urbaines, la culture en pot offre une solution viable pour ramener la biodiversité et l'abondance alimentaire au sein des métropoles. Cela permet de participer à une prise de conscience de l’impact que nous avons tous sur la planète et la manière dont on peut participer à ramener la biodiversité et l’abondance autour de nous.

Illustration d'un potager urbain sur un balcon

Les Avantages et les Défis du Jardinage Urbain en Contenants

La culture en pot, en conteneur, ou dans des sacs, offre une multitude de possibilités pour les jardiniers urbains. Elle permet de créer des systèmes de culture en pleine ville, que ce soit sur un balcon, une terrasse, un parking, une toiture, ou même le rebord d'une fenêtre. L'un des bénéfices primaires de ce type de jardinage est le contrôle de la qualité des sols. En effet, c'est le jardinier qui crée le sol, ce qui permet de contrôler aisément sa richesse en éléments nutritifs et de s'assurer qu'il n'est pas contaminé par des métaux lourds ou des polluants divers, fréquents dans les terres citadines. Un potager urbain est l’occasion de profiter d’aliments sains en ville.

Cependant, la culture en pot présente aussi des défis spécifiques. La rétention d'eau est souvent moins bonne que dans une culture en pleine terre, et le sol se dessèche plus vite. Il est très important aussi de protéger ce mini écosystème des extrêmes. Si le plastique noir du pot est en plein soleil, le sol dans le pot peut monter à 60°C, même si on a bien arrosé ! De plus, la profondeur et le volume réduit des contenants peuvent limiter l'extension des racines pour certaines plantes. Les plantes ne nécessitent pas toujours beaucoup d’espace pour grandir contrairement aux croyances populaires, mais il est crucial d'adapter la taille du pot à celle du légume, à sa vitesse de croissance et à la profondeur de ses racines.

Un autre défi est l'exposition au soleil. Dans les villes, les immeubles avoisinants peuvent ombrager le terrain une bonne partie de la journée. Un minimum de 6 heures de soleil par jour est essentiel pour la plupart des cultures. Pour les plantes nécessitant moins de lumière, il est possible d'envisager des cultures adaptées à des zones plus ombragées, mais même celles-ci exigeront au moins une heure ou deux de lumière directe du soleil par jour.

DÉBUTER UN POTAGER : Mes conseils pour bien commencer

Choix des Contenants et Aménagements

Pour réussir un potager urbain en pots, le choix des contenants est primordial. Tout peut pousser en pot, mais la seule limite est celle de la taille du contenant. Il faut les choisir les plus grands possibles suivant le type de plante, pour permettre un bon enracinement et minimiser l’assèchement de la motte et donc l’arrosage.

Lorsque l'endroit le permet, il est préférable de choisir des matières naturelles respirantes qui favoriseront le drainage et l’aération, comme la terre cuite ou le bois. Cependant, il faut tenir compte du poids de ces contenants remplis de terreau, surtout sur un balcon ou un toit-terrasse. Des alternatives plus légères comme la culture en sac de jute, sac de plantation ou pots en feutre peuvent être envisagées. Ces derniers, fabriqués avec un géotextile épais dont les pores sont remplis d’air, assurent une meilleure isolation des racines durant l’hiver, augmentant les chances de survie des arbustes fruitiers par exemple.

Pour optimiser l'espace, divers aménagements sont possibles :

  • Pots à ras du sol : sur un roule-plante ou un chariot roulant pour les plus encombrants.
  • Étagères et échelles décoratives : pour un jardinage à la verticale, permettant de créer des dégradés de hauteur.
  • Porte-pots muraux : pour palisser quelques grimpantes potagères ou fleuries.
  • Carrés potagers et bacs de culture : de la classique planche de culture aux structures en escalier, en bois ou en acier galvanisé. Il existe des systèmes modulables ou des potagers sur pied. Des concepts plus élaborés proposent des bacs de culture avec zone de rétention d'eau et évacuation du trop-plein, voire une option serre.
  • Contenants récupérés et détournés : pour les plus manuels, créer son propre carré potager est une option, sans avoir besoin d’investir dans de nouveaux sacs de terreau chaque année.

Franck avait créé un jardin-forêt en pot pour voir si l’on pouvait faire cohabiter dans un même conteneur un arbuste, des plantes grimpantes et des couvres-sol annuels et vivaces. Pour qu’un arbre pousse bien sans prendre tous les nutriments et toute l’eau aux autres plantes, il l’avait planté dans un pot de diamètre 30 cm et autant de hauteur, dont il avait coupé le fond.

Diversité de contenants pour le maraîchage urbain

La Qualité du Sol et la Vie Microbienne

Le sol est l'un des éléments fondamentaux de la réussite du maraîchage en pots. L’équilibre du carbone et de l’azote est un des facteurs le plus important pour la santé des plantes et du sol. Le bénéfice primaire du jardinage dans des pots ou en lits surélevés est le contrôle de la qualité des sols. C’est vous qui créez le sol, vous pouvez alors aisément contrôler sa richesse en éléments nutritifs et vous assurer qu’il n’est pas contaminé.

Pour un terreau riche et léger, il est conseillé de le composer de terre, de compost, de tourbe de sphaigne et de perlite. Faire son propre terreau est un grand pas vers l'émancipation ! L'ajout de Bentonite (10 à 15 % du volume total de substrat) est également très bénéfique, car cette sorte d’argile assure une meilleure rétention de l’eau et abrite des bactéries, optimisant ainsi chaque arrosage et la santé des plantes.

L'un des autres éléments fondamentaux de la réussite, c'est la vie que l'on va créer et apporter dans ce pot, à savoir les vers de terre, collemboles, arthropodes, que l'on peut facilement trouver dans un compost ménager ou dans la litière de sous-bois. Ils vont créer le vrai engrais pour les plantes et apporter de l’oxygène dans le sol en profondeur.

Chaque année, en automne-hiver, comme dans une forêt, il faut apporter des matières carbonées en surface (broyat, feuilles mortes broyées) et des matières azotées pas trop solubles (fiente de poule, de pigeons, chauve-souris, guano marin, compost ménager). On ne nourrit pas les plantes, mais le sol, du moins on met en place les conditions de développement d’un écosystème équilibré, riche et résilient dans lequel les plantes vont pouvoir puiser elles-mêmes les nutriments dont elles ont besoin. C’est la philosophie du « sol vivant ». Le simple apport de matière « morte » en surface ne suffit pas à mettre en action l’écosystème au complet. Les racines vivantes des plantes par exemple, produisent avec certains champignons des mycorhizes qui aèrent et structurent le sol, facilitent le passage des vers de terre, démultipliant ainsi l’action des bactéries et notamment celles qui sont capables de fixer l’azote atmosphérique.

La technique lasagne, un mode de culture particulièrement adapté au potager urbain, permet de composter directement dans un pot, un bac, un carré ou une jardinière. Pour résumer, on dépose en couches successives matières brunes (feuilles mortes broyées, brindilles, fleurs séchées, etc.) et matières vertes (épluchures, déchets de fruits et légumes, etc.) jusqu’à remplir le contenant au 2/3. Après un repos de quelques jours, 2 ou 3 au moins, on ajoute de 5 à 10 cm de terreau. Le substrat est alors prêt à planter.

Schéma des couches d'une culture en lasagne

Gestion de l'Eau et Prévention des Maladies

En ville, le choix de l’eau se limite généralement à l’eau du robinet et à l’eau de pluie. Privilégiez l’eau du robinet pour votre potager en ville, l'installation d'une citerne n'étant pas toujours adéquate en milieu urbain. Il est essentiel de gérer l'eau et les nutriments pour des plantes saines. En été quand les feuilles des plantes pendouillent le soir, c’est que c’est trop tard et qu’on aurait dû arroser la veille. Le fait d’ajouter de la bentonite (10 à 15 % du volume total de substrat) permet d’optimiser chaque arrosage et la santé des plantes.

Pour prévenir et traiter les maladies et les parasites, plusieurs règles s'imposent :

  • Ne blessez pas inutilement vos plantes : Évitez de couper les gourmands de vos plantes. Bien que les gourmands consomment une partie de l’énergie de la plante, entraînant la production de fruits plus petits, la coupe blesse le pied, ce qui constitue une porte d'entrée pour les maladies et les champignons.
  • N'arrosez pas les feuilles des plantes : Lorsque vous arrosez les feuilles, celles-ci gardent longtemps l’humidité et favorisent le développement de champignons déjà présents sur la plante, comme le mildiou et l’oïdium.
  • Connaissez votre climat : Équipez votre potager en ville d’un thermomètre, d’un hygromètre, d’un pluviomètre ou encore d’un anémomètre. Cela vous permettra de répondre au mieux aux spécificités climatiques de votre lieu d’habitation.

Des méthodes de jardinage écologiques sont également recommandées : la rotation des cultures, la contre-plantation, le compostage et l’arrêt de la taille des gourmands. Sur de si petites surfaces, il est même possible de retirer les mauvaises herbes ou de chasser les pucerons à la main.

Sélection des Plantes Adaptées au Maraîchage en Pots

Un grand choix de plantes peut être cultivé en pots, en tenant compte de l'exposition, du climat, de la taille des contenants et des préférences gustatives. Il est conseillé d'opter pour un équilibre entre plantes potagères, gourmandises fruitières et fleurs bienveillantes. La plupart des légumes, fruitiers, fleurs et aromates nécessiteront une exposition ensoleillée, mais certaines variétés s’accommoderont de la mi-ombre.

Légumes

Pour les contenants les moins profonds (25 à 45 cm), choisissez des plantes à faible enracinement :

  • Salades : mélanges mesclun ou laitues à couper.
  • Radis : ronds ou demi-longs comme le Flamboyant ou le radis de 18 jours.
  • Carottes courtes.
  • Tomates naines : en particulier certaines variétés de tomates cerises compactes arbustives ou retombantes comme ‘Tasti Lee’, ‘Tiny Tim’ ou ‘Tumbling Tom’. Les cultivars de plus grandes dimensions peuvent aussi être cultivés dans de grands pots avec succès.
  • Haricots et pois : optez le plus possible pour des variétés naines.
  • Légumes sarmenteux : faites grimper ou courir des melons, des variétés non coureuses de courgettes comme la Verte non coureuse des Maraîchers ou la Ronde de Nice.
  • Aubergines : et plus particulièrement la Blanche Ronde à œufs qui, en plus d’être très décorative, sera particulièrement adaptée aux petits espaces et à la culture en pot.
  • Légumes dont on consomme les feuilles : la bette à carde, l’épinard, le chou frisé et la laitue.

Fruits

Ne vous privez pas de pures gourmandises :

  • Fraisiers : toutes les variétés se prêtent à la culture en contenant, leur système racinaire étant superficiel. Il existe de jolis cultivars de fraisiers, très productifs, dont les fruits et les fleurs sont rouges, roses ou blancs.
  • Petits fruits rouges : framboises, mûres, bleuets.
  • Vigne : si l’espace le permet, elle peut être palissée et taillée avec minutie.
  • Arbres fruitiers nains : pommiers greffés sur M27/Pajam/Pardis, poiriers greffés sur cognassier ou pyrodwarf, pêcher nain. Des tests ont montré que poirier, pommier, mûrier nain fonctionnent assez bien en pot. Il faut éviter les arbres à racine traçante (cerisier, prunier, figuier) et les arbres vigoureux.

Diversité de fruits et légumes adaptés à la culture en pot

Plantes Aromatiques

Les herbes et aromates seront parfaitement à leur aise. En plus de rejoindre avec délice vos préparations culinaires, elles seront décoratives et des compagnes bien utiles pour vos plantes potagères :

  • Basilic : ‘Fin Vert’ ou ‘Grand Vert’, à placer à proximité des courgettes, concombres, melons et tomates, il repousse les pucerons.
  • Thym : commun, d’hiver ou serpolet, il fera fuir la piéride du chou.
  • Menthe : pour une exposition à la mi-ombre, elle est puissamment répulsive pour de nombreux ravageurs.
  • Persil : se plaît même à l’ombre et protègera la carotte de sa mouche.

Fleurs

Les fleurs ont plus que jamais leur place dans le paysage urbain. Tantôt répulsives, tantôt amies, toujours décoratives et précieuses pour les butineurs :

  • Souci : utile pour éloigner mouches blanches et pucerons.
  • Capucine : attirera à elle pucerons noirs et éloignera bon nombre de ravageurs.
  • Lavande : répulsif puissant contre pucerons et fourmis. Choisir un pot assez grand (au moins 30 cm de diamètre) et une variété de petite taille comme la ‘Little Lady’ ou les ‘Munstead’ et ‘Rosea’.

Méthodes de Culture Innovantes pour l'Urbain

Au-delà de la culture en pots traditionnels, l'ingéniosité urbaine a donné naissance à des systèmes de culture innovants, adaptés aux contraintes d'espace et d'environnement. Ces méthodes permettent d'optimiser la production et de s'affranchir des problèmes de sol contaminé ou de manque de lumière.

La Contre-plantation

Le secret de la production dans un espace restreint repose sur une technique appelée « contre-plantation ». Il s’agit de planter une nouvelle espèce à croissance lente entre les lignes d’un légume à croissance rapide. Par exemple, au printemps entre les rangées d’artichauts, vous pouvez semer des laitues romaines d’été. Toutefois, contre-planter un trop grand nombre de pieds peut gêner la production de l’ensemble des légumes présents dans votre potager. Il est donc nécessaire de trouver un juste équilibre entre la place disponible et le nombre de pieds plantés. Le but étant d’avoir une production globale de deux légumes différents légèrement supérieure à celle attendue si un seul légume était planté durant la saison.

La Rotation des Cultures

La rotation des cultures est essentielle pour permettre à la terre de se régénérer sans avoir à investir dans de nouveaux sacs de terreau chaque année. Toutes les plantes ne consomment pas les mêmes substances et n'épuisent pas les sols de la même façon. Chaque année, vous interchangerez les cultures, permettant à la terre de se reposer et optimisant ainsi la productivité.

Le Jardinage Vertical

Si vous choisissez une option verticale comme un mur, vous pouvez monter très haut. Les murs sont probablement la partie la moins valorisée d’une maison ou d’un appartement. En cultivant à la verticale, vous faites face à un dilemme : comment vos plantes obtiennent-elles la lumière directe du soleil quand elles ne sont pas toujours tournées vers le ciel ? Si vous configurez un système vertical à l’extérieur, vous devez trouver un endroit exposé au sud. Quand elles sont basées sur le sol, les options verticales couvrent généralement moins de 3 mètres carrés d’espace.

Les Jardins sur Toit

Jardiner sur les toits peut être une excellente option pour les minimalistes, si le propriétaire et les codes municipaux le permettent, et si c’est en sécurité. Les tailles minimum/maximum d’un jardin sur le toit dépendent de la structure elle-même. Les principales considérations sont la capacité de charge et la résistance à l’eau. Est-ce que le toit est assez résistant pour supporter la marche régulière et le poids de pots lourds ou des lits surélevés ? Jardinier sur un toit signifie que vous serez probablement libéré de l’ombre, donc ceci est un atout majeur. Les jardins sur les toits, en particulier ceux avec de grandes cultures, privilégient les milieux de culture plus légers et utilisant des additifs nutritionnels. L’eau peut être un inconvénient pour du jardinage sur les toits. Si votre toit est difficile d’accès, le temps supplémentaire et les efforts nécessaires pour obtenir de l’eau là-haut seront conséquents. Vous devrez déplacer votre jardin dès qu’il pleut pour avoir un maximum d’eau naturelle.

L'Hydroponie

Les systèmes hydroponiques peuvent être une excellente solution pour les jardiniers urbains minimalistes. Tout est quasi autonome, les problèmes de sol sont éliminés car il n’y a pas de sol, et très peu d’espace est nécessaire. Les systèmes de culture hydroponique incorporent souvent un certain type de croissance moyenne qui n’irriguent pas les racines aussi bien qu’un vrai sol. Seuls quelques systèmes hydroponiques sont prêts à l’utilisation ; ils ont besoin d’être mis en place. Si vous avez un ensemble d’outils de base, vous serez en mesure de mettre en place un kit hydroponique sans beaucoup de mal.

L'Aquaponie

L’aquaponie est un mélange de pisciculture et d’hydroponie. Si vous recherchez une solution autonome qui nécessite un minimum d’entretien, c’est la solution qu’il vous faudra choisir. L’aquaponie est ludique, offre des récoltes abondantes et saines en légumes et protéines (si vous décidez de manger les poissons). Il est important d’apporter au système aquaponique un minimum de 6 heures de lumière par jour. Le système aquaponique d’intérieur se trouve à votre hauteur ce qui préserve vos lombaires. Les poissons sont visibles à travers une vitre qui est à la hauteur des enfants. L’aquaponie permet d’économiser 90 % du volume d’eau que vous utiliserez dans un jardin aquaponique. Une fois votre système opérationnel, vous n’aurez besoin de rajouter de l’eau que s’il y a évaporation. Le fondement même de l’aquaponie est que l’eau est enrichie en nutriments grâce aux déjections de poissons qui sont transformés par des bactéries nitrifiantes. Il existe des kits aquaponiques tout prêts comme le Permacube qui fait entrer l’aquaponie dans votre salon. Ce kit fabriqué en France par des artisans français a été conçu pour s’intégrer parfaitement avec votre intérieur. Que vous choisissiez un système fait maison ou un kit tout prêt, il y a le cyclage de votre système qui est incompressible, c’est-à-dire le temps que les premières bactéries se développent dans votre système pour nitrifier les déjections de poissons. Pour l’entretien de votre système, un coup d’œil chaque jour sur la santé de vos plantes et de vos poissons devrait suffire.

Système d'aquaponie domestique

L'Impact du Maraîchage Urbain sur l'Environnement et la Société

Le maraîchage urbain, au-delà de la production alimentaire, joue un rôle crucial dans l'amélioration de l'environnement urbain et la connexion des habitants à la nature. Les plantes participent grandement au contrôle de la température dans les villes, qui subissent ce que l’on appelle des « îlots de chaleur urbains ». Qu’il s’agisse d’un potager en ville ou de culture en pots, chaque initiative est la bonne.

Ce renouveau du maraîchage urbain est profondément ancré dans les grandes métropoles où les « microfermes urbaines » ont le vent en poupe. L’un des objectifs est de rapprocher les consommateurs de la production en rapprochant la production des consommateurs. Cela permet d’améliorer l’environnement du mangeur en montrant l’impact de la production alimentaire sur l’environnement direct des habitants. « Le paysage est dans l’assiette » et inversement : ce que nous mangeons produit du paysage. C’est une démarche nourricière et sensible, le PAYSan crée du PAYSage.

De plus, le maraîchage urbain vise à rendre lisibles les conditions de production en rendant visibles les modes de production, les choix de conduite culturale pour donner aux consommateurs des clés de compréhension et ainsi construire la confiance. Cela pourrait même être plus efficient qu’une certification ou un label.

Le projet agricole se situe à la fois dans le sillage historique de ces centaines de potagers vivriers urbains et dans une dynamique actuelle d’installations agricoles en maraîchage. Les nombreuses zones potagères ont constitué, vues du ciel, un motif particulièrement identifiable. La pression de l’urbanisation a souvent fait disparaître ces zones agricoles urbaines, qui, au mieux, ont survécue repoussées en périphérie. Dans les villes plus petites, une partie de ces jardins a subsisté et résisté à l’artificialisation des sols, mais ceux-ci ne représentent souvent plus que de petites surfaces très morcelées. La qualité des sols des dernières poches de jardins est donc exceptionnelle de par sa nature et de par sa rareté. L’enjeu est donc de s’appuyer sur ce capital agronomique constitué par des générations de jardiniers appliqués. C’est un patrimoine à protéger et à faire fructifier.

Pour les producteurs minimalistes qui ne peuvent pas cultiver dans un jardin traditionnel, la culture de légumes en pots ou en zone surélevée est une solution. Le jardin principal est destiné à la production de légumes diversifiés (et à la marge d’un peu de fruits, d’aromates et d’œufs).

La population française est en constante augmentation. Dans les zones urbaines et péri-urbaines, la construction d'habitations, de zones industrielles, de complexes sportifs, etc. En conséquence, les besoins d'approvisionnement en fruits et légumes frais des commerces et des épiceries citadines augmentent aussi. Grâce à internet, l'information circule à une vitesse folle et les prises de conscience se multiplient ! Chacun peut participer à changer le monde en cultivant son propre potager. Il est possible de produire quasiment tout ce dont on a besoin sans générer aucun déchet ! C'est en faisant un pas chaque jour qu'on s'approchera du but.

tags: #maraichage #urbain #pots