La culture sous serre, également appelée serriculture, constitue une véritable révolution pour le jardinier amateur comme pour le professionnel. En créant un environnement protégé, la serre agit comme une barrière efficace contre les aléas climatiques et les agresseurs des cultures. En valorisant l’énergie solaire, les serres créent les conditions climatiques plus favorables permettant aux plantes de mieux se développer. À l’origine, le maraîchage était une culture périurbaine de produits très périssables. La proximité du consommateur est donc une vraie tradition. Les maraîchers sont à la base de l’alimentation : ce sont eux qui fournissent les fameux cinq fruits et légumes quotidiens recommandés.

Les fondements de la culture sous abri
La serre constitue avant tout une barrière (en verre ou en plastique) aux aléas climatiques et aux agresseurs des cultures. Étymologiquement, maraîchage vient de marais : il faut de l’eau pour cultiver des légumes composés de 85 à 95 % d’eau. Le maraîcher peut produire en plein champ, en utilisant parfois de petits tunnels (chenilles) en plastique. Il peut étendre ses créneaux en pleine terre avec des serres froides. Ou produire hors sol, la serre pouvant alors être en verre et chauffée pour étendre la saisonnalité.
La culture sous abri n'exige pas forcément de gros moyens techniques et financiers. Le chauffage, notamment, n'est pas indispensable. Les cloches (verre, plastique) sont utilisées pour hâter la végétation des plantes les plus frileuses, qu'elles soient potagères ou ornementales. Plusieurs châssis peuvent être chauffés par un seul et même câble chauffant électrique, simplement posé entre 2 couches de 5cm de sable.
Avantages stratégiques de la serriculture
La culture sous serre offre de multiples avantages : elle permet de jardiner en toute saison et d’avoir de beaux fruits et légumes sur des périodes plus étendues.
Prolonger la saison des cultures
Les plantes étant protégées, elles subiront moins les changements climatiques et les intempéries (averses, froid, vent fort, gel, grêle, UV du soleil…). Ainsi, cela vous permet de cultiver en dehors des périodes habituelles. Vous pourrez ainsi commencer les cultures plus tôt, et les terminer plus tard. Les fortes pluies sont souvent néfastes pour la culture des courge butternuts et peuvent augmenter le risque de développement de maladies. Les vents forts peuvent également empêcher le mûrissement des tomates, et d’autres plantes. Les gelées tardives peuvent détruire certains de vos plants, comme les cornichons, par exemple. Les grosses chaleurs peuvent également mettre à mal certaines de vos cultures.
Augmenter le rendement et la qualité
Avec une serre, le fruit de vos efforts sera largement récompensé. En effet, les conditions climatiques seront beaucoup plus stables, ce qui favorisera le développement de vos plantes. Vous aurez, non seulement, moins de risques de perte, mais surtout, une meilleure production. Vous pourrez d’ailleurs récolter vos fruits et légumes plus tôt, ce qui vous permettra de passer ensuite à une autre culture. La serre est un avantage non-négligeable pour la rotation des cultures. Cela peut notamment vous éviter l’utilisation d’engrais. Sous serre, il y a moins de ravageurs et de lessivage, on peut donc limiter les apports : moitié moins d’eau et jusqu’à 80 % d’intrants en moins.
Protection contre les maladies et ravageurs
Bien protégées des intempéries, vos plants subiront moins les effets des maladies et autres petits ravageurs du jardin. Les tomates, salades, melons, courges et autres cucurbitacées sont des plantes sensibles aux maladies. Vous limiterez donc considérablement le risque de mildiou, d’oïdium, de rouille ou de botrytis. En effet, le combo humidité + chaleur favorise le développement des champignons et donc, de maladies des plantes. Un problème qui peut être largement évité grâce à la serre. Même par temps de chien, vous serez abrité de la pluie et du vent sous votre serre.
Les défis techniques : Température et humidité
Si sur le papier, tout est parfait, la gestion de l'environnement interne demande une vigilance constante. Pour contrôler l’humidité, les serres sont équipées d’ouvrants afin de renouveler l’air. Cependant cela engendre une forte perte de chaleur.
La gestion thermique
Il faudra donc arroser pour maintenir toutes les plantes en vie. Cultiver dans une serre, c’est consommer un peu de matière première. Le chauffage, par exemple, peut être géré par des générateurs d’air chaud qui ont longtemps été utilisé dans le passé. Ces derniers chauffent par convection en ventilant de l’air chaud : l’air est alors le moyen de transport de la chaleur. A l’aide d’une chaufferie installée dans votre serre, ou dans un local annexe, vous pouvez chauffer votre serre de tomate par Thermosiphon. Si la température des tubes est basse (20-50°C) : C’est plutôt une transmission par convection qui est privilégiée : la température de plante est proche de la température d’air. Le chauffage par chaudière à condensation basse température permet de produire l’énergie de manière décentralisée et la transmettre directement à la plante.
L'équilibre climatique
Les fleurs de tomates grillent si la température est trop élevée, les légumes ont du mal à survivre. Ainsi, on arrivera souvent à avoir une température inférieure sous la serre à celle en extérieur. Oui, c’est le cas si votre serre est fermée en permanence. Cela peut être considéré comme un inconvénient de la culture. Il faudra donc penser à aérer la serre tout de même, car trop d’humidité peut créer des maladies. On pense au mildiou de la laitue qui se déclare beaucoup plus souvent sous serre qu’en extérieur. Même chose pour certains ravageurs, comme les pucerons : ils vivront plus longtemps dans la saison sous serre qu’en extérieur.
La GESTION des TEMPÉRATURES sous SERRE
Matériaux et structures : Choisir selon ses besoins
Il existe plusieurs types de serres construites en verre. En règle générale, les épaisseurs de verre proposées se situent entre 3 et 4mm. Plus le verre est épais, plus la serre est bien isolée. Ce sont des serres coûteuses. Si le matériau est noble et laisse parfaitement la lumière pénétrer, il n’est pas sans risque à la différence du polycarbonate ou du verre trempé. Les serres en verre trempé sont 7 fois plus robustes que le verre horticole. En cas de choc, le verre trempé ne coupe pas puisqu’il se brise en petits morceaux.
Polycarbonate et serres tunnels
Très esthétique, une serre en polycarbonate est faite d'un matériau transparent et incassable. Sous forme de panneaux, il imite bien le verre et peut donc recevoir un maximum d’ensoleillement mais souffre d'une moins bonne isolation que le polycarbonate alvéolaire. Aussi appelé polycarbonate à double paroi, c’est sans conteste le matériau le plus isolant. Translucide, il capte un peu moins de chaleur que le polycarbonate transparent mais sa double paroi emprisonne l’air pour en faire un très bon isolant. La serre tunnel, plus grande, permet à budget égal de produire plus de légumes. Dotée d’une structure en acier galvanisé résistante et inoxydable, c'est la serre maraîchère par excellence ! La serre tunnel est confectionnée en recouvrant d'un plastique de bonne qualité (ou polyester horticole) des arceaux en plastique, métal.
Transmission lumineuse
Si vous avez des serres plastiques (double paroi DPG), la transmission de la lumière sera meilleure avec un plastique anti-UV (70% de transmission) qu’avec un plastique infra-rouge. Les serres sont construites avec des composants triables et recyclables (aluminium, acier, plastique, verre). Les serres constituent donc un moyen de contribuer à une production agricole qui répond aux attentes des consommateurs en matière de qualité, de quantité et du respect de l’environnement.
Classification par température
Quelles sont les différences entre une serre froide, une serre tempérée et une serre chaude ? C’est la capacité à préserver la chaleur qui permettra de classer une serre dans l’une ou l’autre catégorie.
- La serre froide : La température d’une serre froide varie entre 10° et 15°C. Sans chauffage, la température peut descendre en dessous de zéro selon les climats. Non adaptée aux plantes gélives, les légumes et plantes plus rustiques s’y plaisent.
- La serre tempérée : La température de la serre tempérée se situe entre 10° et 18°C et ne descend pas en dessous des 5°C grâce à son système de chauffage.
- La serre chaude : Aussi appelée serre tropicale, la serre chaude ne descend pas en dessous des 18°C. Les serres polycarbonate sont plus isolantes, elles sont idéales pour la culture horticole. Les plantes frileuses et les fleurs d’ornements s'y plaisent grâce à des températures constantes dans la serre.
Le cycle de vie des plantes sous serre
Prendre l'exemple de la courgette nous éclaire sur les spécificités de la culture sous abri. Le fruit est une baie charnue, rêche ou lisse, tout dépend de la variété. Elle peut atteindre plus d’un mètre de long, elle est cylindrique, épaisse, elle a une superficie poilue et rêche au tact. Les fleurs sont grandes, solitaires, jaunes, en forme de cloche et se trouvent entre les entrenœuds de la plante. La durée du jour n’a pas d’excessives répercutions sur la courgette, en général il n’existe pas de problème de floraison, c’est la raison pour laquelle la culture en serres peut se réaliser à n’importe quelle époque de l’année.
Cependant, il faut noter les problèmes de pollinisation. Beaucoup de végétaux ont besoin de la pollinisation. Mais avec la serre et son environnement presque hermétique, cela pourra vous poser problème. Vous aurez alors la possibilité d’aérer la serre longtemps pour introduire des espèces pollinisatrices à l’intérieur. Quelques fleurs à l’entrée de la serre et le tour est joué !
Gestion des ressources et impact environnemental
En production hors sol sous serre, les maraîchers n’apportent à la plante que le strict nécessaire en goutte-à-goutte, le surplus est collecté et réutilisé sans aucune perte. Quand la culture hors-sol (culture sur substrat inerte) est pratiquée sous serre, il est ainsi possible de mieux optimiser la ressource en eau et de limiter les pollutions. Le besoin en eau d’une culture hors sol sous serre avec recyclage des eaux de drainage est en effet 4 fois moins élevé qu’une culture traditionnelle au champ.
Cultiver dans une serre, c’est consommer un peu de matière première. Du plastique si l’on a une serre tunnel, avec un peu de métal… Même si c’est durable, c’est une consommation. Mais comme dans tous les domaines de la vie, il est difficile de ne rien consommer. Et quand on voit la quantité de nourriture qui est produite dans une serre, on se rend vite compte que cela en vaut la peine. N’oubliez cependant pas que tous les légumes que vous achetez chez le marchand ont eux aussi consommé des intrants.

Aménagements et confort du jardinier
Dernier avantage et pas des moindres, cultiver sous une serre de jardin est tout de même bien plus confortable. Si vos plantes seront protégées des aléas climatiques, vous le serez également ! Vous pouvez même aménager la serre pour la rendre encore plus confortable. Par exemple, avec un éclairage, un plan de travail, un petit chauffage, des dalles au sol, et bien plus. Certains modèles de serres de 15 à 20m2 permettent largement ce type d’aménagement, à choisir en fonction de la place dont vous disposez. Autre avantage : dès le premier rayon de soleil, vous êtes à l’aise. La température monte rapidement, même en hiver. 15°C, 20°C pour faire les semis en plein mois de janvier, ça vous tente ? Nous, oui ! Et le bruit des gouttes sur le toit est presque berçant… du moins méditatif !
Entretien et pérennité des installations
La serre de jardin aura besoin d’un entretien spécifique, tout comme les plantes qui se trouvent en dessous. Par exemple, vous devrez penser à nettoyer votre serre occasionnellement, de sorte à bien laisser passer la lumière du soleil. De même, les plants auront besoin d’une surveillance accrue, il ne suffit pas de les « laisser vivre » sans s’en occuper. Il ne faudra pas négliger leurs besoins en eau. Pour vous simplifier l’arrosage sous serre, vous avez la possibilité d’installer un système d’arrosage goutte à goutte.
Le prix de la serre de jardin est bien souvent ce qui freine les jardiniers. Le prix évoluera en fonction de vos besoins et du modèle recherché. Si vous souhaitez une grande serre pour avoir plus d’espace, cela fera inévitablement grimper le prix. De même si vous optez pour une serre de jardin en verre trempé. Il faut cependant garder en tête que la serre représente un bon investissement sur le long terme, et qu’elle vous permettra de manger sainement et à moindre coût. Les tubes en plastiques sont économiques, permettent une très bonne répartition de la chaleur, sont facilement dissimulable. L’avantage premier est qu’ils s’adaptent à tous types de serre et à toutes les chaudières. On peut ainsi créer une infinité de zone de chauffage dans votre serre.
Adaptabilité aux climats locaux
Pour vous qui habitez dans des climats un peu frais, en Belgique, dans le Nord, ou en altitude : la serre va décupler vos possibilités. En effet, sous serre, on pourra cultiver des plantes thermophiles comme les pastèques, les patates douces, ou autre, avec des résultats beaucoup moins hasardeux qu’en extérieur. Autre exemple, les choux fleurs ! Ils ne sont pas cultivés chez nous en Corrèze en hiver car les températures descendent souvent un peu trop bas. Lorsque l’hiver approche et que les températures commencent à baisser, il existe une solution pour continuer à jardiner jusqu’au retour du printemps et des températures plus douces ! Vous pouvez en effet installer des serres dans votre jardin et ainsi continuer à cultiver vos fruits et légumes toute l’année. En effet, en proposant un environnement confiné dans lequel passent les rayons du soleil, une serre verra sa température intérieure grimper facilement, quelle que soit la température extérieure.
tags: #maraichages #sous #serres