Selon la nature de la plante, son âge, sa silhouette et sa résistance, mais également les aléas climatiques auxquels elle pourra être exposée, le tuteurage peut s'avérer indispensable. Il sera alors nécessaire de choisir le bon support et la bonne méthode pour l'installer et le faire évoluer. Comment mettre le tuteur adéquat à une plante qui le nécessite ? Suivez le guide ! Et, comme nous le verrons plus loin, il saura s'adapter aux besoins de la plante et du contexte.

Les fondamentaux du tuteurage : critères de choix et matériel
Mais à quoi être attentif lorsque l'on installe un tuteur ? À sa solidité, en tout premier lieu, qui devra être adaptée à la vigueur, au poids de la plante tuteurée ; à sa résistance aux aléas climatiques, aux vents, aux averses soutenues ; à sa forme qui devra permettre une adaptation à la nature-même de la plante, à sa silhouette, à sa manière de se développer ; à son esthétisme qui devra s'intégrer sans jurer dans l'aménagement paysager.
Cette dernière fera partie intégrante du dispositif et de son efficacité ; elle répondra, elle aussi, à des contraintes et des besoins bien particuliers. Vous aurez globalement le choix entre :
- Les attaches en fibres naturelles, ficelles et cordelettes en jute ou sisal biodégradables, à renouveler souvent d'une année à l'autre ou un peu plus durables comme le raphia.
- Les ficelles synthétiques plus durables mais moins écologiques.
- Les fils en acier gainé ou plastifié, réutilisables, à la fois souples et solides.
- Les attaches souples et réglables qui évolueront avec la plante sans jamais la blesser, ce qui sera également le cas des ligatures en caoutchouc extensibles.
- Les anneaux en plastique qui maintiennent en parallèle tuteur et tige.
- Les clips pour tuteur ou treillage qui se déplacent en un clin d'œil au fil des besoins.
L'attache en forme de huit constitue la méthode de référence pour fixer une plante à son tuteur. Cette technique crée un coussin d'air entre la tige et le support qui évite les frottements et les blessures. Cette méthode convient à tous les types de plantes et de tuteurs. Elle répartit uniformément la pression sur la tige et permet un ajustement facile lors de la croissance.
Plantes grimpantes : autonomes ou assistées
En réalité, il y a plusieurs réponses possibles à cette question tant les plantes grimpantes présentent plusieurs modes d'accroche. Parmi les secondes, la passiflore et son incroyable floraison. Ces plantes, généralement plutôt légères, sont dotées de tiges volubiles qui s'enroulent toutes seules autour de leur support.
On peut ainsi imaginer qu'elles partiront sans mal à l'assaut d'à peu près tous les types de tuteur sans avoir besoin de système d'attache. Prenons l'exemple de la vigne vierge, ses ventouses viendront adhérer à n'importe quel support, y compris les surfaces lisses, sans jamais les altérer. Le lierre lui s'attachera solidement à son hôte via des crampons - des racines aériennes en fait - sur la plupart des surfaces à l'exception des supports lisses. Ces deux végétaux seront parfaits pour habiller rapidement un support disgracieux et de grandes surfaces sans qu'il soit nécessaire d'installer de tuteur particulier ou d'attaches.
Conseil Jardiland : le lierre ne mérite pas sa mauvaise réputation. Contrairement à une idée reçue, il ne nuit pas systématiquement à son support, en réalité il n'altère que ce qui l'est déjà, un mur fissuré, un crépi vieillissant.

Que vous décidiez de le conduire contre un mur sur un treillis ou le long d'une pergola, votre rosier aura besoin d'un support bien ancré et solide pour accueillir branches charpentières et lianes vigoureuses. Des installations plus spécifiques comme les charmantes gloriettes en fer forgé ou divers modèles de tuteur parapluie permettront des mises en scène d'un romantisme inégalable. À la plantation, installez votre sujet à une quarantaine de centimètres de son tuteur et attachez-le à celui-ci avec des liens souples. Au fur et à mesure de sa croissance et selon le support choisi, vous apporterez de nouvelles attaches souples et réajusterez ou ôterez les existantes.
Tuteurer les plantes à floraison XXL et vivaces
Vous avez composé d'élégants massifs où viendront s'épanouir dahlias et pivoines aux fleurs aussi imposantes qu'élégantes. Il sera nécessaire de tuteurer vos plantations, qui plus est si vous avez choisi des variétés hautes et des fleurs doubles. Pour les très grandes variétés (certains dahlias peuvent atteindre 2 m), choisissez pour chaque tige un long tuteur, solide, durable, discret ou encore esthétique pour ne pas nuire à la grande beauté de vos plantes fleuries. Cannes fines de bambou, tiges en osier ou encore tuteurs décoratifs en métal rouillé façon vintage pourront convenir par exemple.
Comment placer le tuteur pour vos plantes fleuries ? Installez ceux-ci dès la plantation, avant même d'enfouir les racines ou les rhizomes, afin de ne pas les blesser. Prévoyez une distance de 4 ou 5 cm entre tuteur et tige et des liens souples, en plastique ou en raphia, que vous attacherez en formant un "8" pour ne pas abîmer le végétal. Pour les variétés de taille moyenne, plantées en touffe, vous pouvez fabriquer une sorte de cage ouverte en grillage ou de colonne en plessis qui viendra enserrer la touffe et lui permettra de conserver un port altier.
L'installation des jeunes arbres et arbustes
Le tuteurage des jeunes arbres permet de faciliter cet ancrage les quelques années suivant la plantation. Choisissez un tuteur solide, épais, un piquet de bon diamètre en bois imputrescible. Les pieux en châtaignier sont les meilleurs tuteurs puisque ce bois est naturellement imputrescible et n'a donc pas besoin de traitement préalable.
Dans le cas d'une plantation d'un arbre à racines nues, placez le tuteur dans le trou de plantation en amont à une dizaine de centimètres du tronc. Maintenez-le bien droit et attachez-le au tronc avec des attaches solides mais non blessantes, des liens en caoutchouc ou des colliers en mousse par exemple. Si vous plantez un arbre en motte, placez le tuteur à l'extérieur de celle-ci afin de ne pas abîmer les racines et inclinez-le légèrement jusqu'à pouvoir y attacher le tronc. Vous pouvez également choisir de planter, cette fois bien droit, deux piquets de chaque côté de la motte.
#2 TAILLE DE FORMATION - Tutoriel
Dans tous les cas, le tuteur doit être bien enfoncé, d'au moins 50 cm pour maintenir correctement le jeune arbre tout au long de sa croissance. Ceci est particulièrement vrai s'il s'agit d'un arbre fruitier ou d'un sujet à feuillaison et floraison dense. Dans les cas d'un arbre exposé à des vents soutenus ou encore d'un sujet abîmé, proche d'être déraciné, vous pouvez procéder à un haubanage. Il s'agit alors de placer trois points d'attache à 1,50 m du tronc (voire 2 m selon la hauteur de l'arbre), généralement des pieux de fort diamètre enfoncés très largement dans le sol et reliés à l'arbre par des câbles.
Le tuteurage au potager : productivité et santé
Le tuteurage est indispensable pour de multiples raisons. Il permet à l'air et à la lumière de circuler. Ceci a un impact direct sur la plante : d'une part, les maladies cryptogamiques, ces champignons néfastes favorisés par l'humidité, ont un terrain moins favorable à leur installation et, d'autre part, la plante s'épanouit plus facilement, profite au mieux de son environnement et donc fructifie plus généreusement. Il permet un gain de place considérable en libérant de l'espace au sol pour d'autres cultures qui en plus apprécieront l'ombre du plant et la fraîcheur au pied. Il apporte un confort aux jardinières et jardiniers qui entretiennent et récoltent plus facilement.
Selon l'espèce cultivée, les possibilités de tuteurage seront diverses et variées. Des tuteurs tomate en spirale qui permettent une progression simple du plant et une bonne distribution des fruits sur le pied à la fabrication de tipi tout aussi efficace et très décoratif. Pensez vos dispositifs en amont et installez-les autant que possible avant la plantation, là encore pour ne pas abîmer vos cultures.
Les tuteurs en forme d'échelle ou d'arceau se fixent directement dans le substrat sans risquer de percer le fond du pot. Les tuteurs en spirale, fabriqués en acier galvanisé, offrent à vos végétaux de multiples points d'accroches facilitant ainsi leur développement. Limitant l'utilisation d'attaches, la forme en spirale et les nombreuses stries suffisent pour assurer une croissance efficace de la plante.
Matériaux : du naturel au métallique
Le bambou constitue un matériau de choix pour le tuteurage grâce à sa légèreté et sa résistance. Sa croissance rapide en fait une ressource renouvelable appréciée des jardiniers soucieux d’écologie. Les cannes de bambou se déclinent en différents diamètres selon les usages. Les fines cannes conviennent aux fleurs délicates tandis que les gros diamètres soutiennent les légumes lourds.
Le châtaignier et l’acacia offrent une résistance naturelle à la pourriture qui prolonge la durée de vie des tuteurs. Ces essences locales s’intègrent harmonieusement dans les jardins naturels. Les tuteurs métalliques offrent une résistance maximale aux intempéries et une longévité remarquable. L’acier galvanisé résiste à la corrosion tout en conservant sa solidité face aux vents forts. Certains modèles métalliques présentent des formes décoratives qui enrichissent l’esthétique du jardin.
Erreurs fréquentes et prévention
Attendre que la plante montre des signes de faiblesse pour installer un tuteur complique l’opération et risque d’endommager les racines. Les tiges déjà développées se cassent facilement lors de la manipulation. Un tuteurage tardif oblige souvent à redresser des tiges déjà penchées, ce qui crée des plis disgracieux. L’étranglement des tiges constitue l’erreur la plus fréquente en matière de tuteurage. Les liens trop serrés bloquent la circulation de la sève et créent des bourrelets disgracieux. Il convient de laisser un espace suffisant entre l’attache et la tige pour permettre la croissance. Un tuteur trop imposant par rapport à la plante crée un déséquilibre visuel disgracieux. Cette disproportion nuit à l’esthétique du jardin et peut gêner le développement naturel de la plante.

En synthèse, l’installation de tuteurs est essentielle dès la mise en terre de vos jeunes pousses, ils seront de véritables guides durant tout le développement de vos plantes. Dans sa définition la plus rudimentaire, le tuteurage consiste à soutenir une plante dans sa croissance à l’aide d’une tige métallique, d’une branche ou de tout autre support. La mise en place de tuteur influence le port de la plante et la fait pousser en hauteur. L'utilisation de tuteurs donne une nouvelle dimension (la dimension verticale) à votre potager. Alcôves ombragées, passages parfumés, écrans de verdure ou colonnes de fleurs et de feuillages, les possibilités sont infinies grâce à la diversité des tuteurs, pergolas, arches, treillages et tipis : vous êtes totalement libre pour aménager un jardin enchanteur.