Le terme "mauvaise herbe" est souvent prononcé avec une pointe d'exaspération par tout jardinier ou agriculteur. Pourtant, cette appellation, bien que courante, est empreinte de subjectivité et ne rend pas toujours justice à la complexité des plantes qu'elle désigne. En effet, une mauvaise herbe est une plante qui accompagne spontanément des cultures arables, des prairies ou des jardins. Les mauvaises herbes, également appelées adventices, ne sont pas cultivées volontairement et proviennent par stolon ou transport de graines qui se développent. Le contrôle de leur présence s'effectue par désherbage. Mais au-delà de cette définition fonctionnelle, qu'est-ce qui caractérise réellement ces végétaux et pourquoi sont-ils si souvent perçus comme indésirables ?
Qu'est-ce qu'une "Mauvaise Herbe" ? Définition et Concept Subjectif
La conception de l'expression "mauvaises herbes" dépend fortement de la perception humaine subjective. Ainsi, certaines espèces de plantes sont appelées mauvaises herbes. Ceci est faux en principe, car la même espèce peut se présenter sous forme de mauvaise herbe, de plante cultivée, de plante médicinale, de pionnière pour une bioréhabilitation ou sous toute autre forme. Une mauvaise herbe est simplement une plante qui pousse au mauvais endroit - et ce n’est pas faux. Il n’existe pas de définition stricte de ce qu’est une mauvaise herbe.
Pour les jardiniers amateurs, le terme « mauvaises herbes » décrit les plantes indésirables qui poussent dans le jardin ou sur la pelouse. Ces plantes sauvages sont généralement extrêmement résistantes et se propagent rapidement. Elles deviennent "mauvaises" quand elles sont perçues comme "dérangeantes". Les points de vue divergents à ce sujet mènent souvent à des conflits de voisinage, voire à des débats politiques. Peu importe si une "mauvaise herbe" est une espèce herbacée ou ligneuse. Le terme de « mauvaise herbe » a un sens malherbologique qui la désigne comme étant une « plante indésirable ».
Cette définition restant vague, il convient de considérer que la plante appelée mauvaise herbe s’est installée dans un lieu après la mise en place d’une activité humaine et qu’elle est devenue nuisible pour celle-ci de façon directe ou indirecte. De même, toutes les plantes que nous appelons « mauvaises herbes » ne le sont pas forcément. Elles ne le deviennent qu’à partir d’un certain seuil d’infestation car on ne peut considérer qu’une espèce est mauvaise si elle ne nuit pas à la culture dans laquelle elle croît. Lorsqu’une espèce est présente sans provoquer de compétition avec la culture et sans être dommageable, on parle d’espèce mineure. Lorsque l’espèce empêche le bon développement de la culture par des interactions chimiques et biologiques (nuisance directe) ou bien lorsqu’elle altère la qualité de la récolte ou augmente la pénibilité du travail (nuisance indirecte), elle est considérée comme espèce majeure.
Au cours du mouvement écologiste des années 1980, il a été demandé que le terme "mauvaise herbe" soit remplacé par "adventice". L'agriculture biologique a une vision plus différenciée des "mauvaises herbes" qu'elle considère non seulement comme une plante nuisible, mais également comme une partie intégrante de l'écosystème. Par conséquent, le terme négatif "mauvaises herbes" y est rejeté et le nom neutre de plantes adventices est préféré. "Adventice" signifie "vient du dehors" en latin, autrement dit il s’agit d’une plante introduite. Cependant, l’adventice est plutôt considérée comme une « plante qui croît spontanément dans les milieux modifiés par l’homme ». La différence est infime car la plupart des adventices sont des plantes introduites. Le terme général de "mauvaise herbe", utilisé en France pour nommer les espèces végétales croissant dans les parcelles cultivées sans y avoir été intentionnellement plantées, est assurément peu adéquat, mais la langue française n'en possède pas encore d'autre.

Historique : Un Combat Ancien et Éternel Contre les Adventices
Le problème des mauvaises herbes est consubstantiel à l’agriculture, apparue quand les hommes ont commencé à favoriser les plantes qu’ils désiraient récolter, et pour cela à « tirer les herbes qui par l’abondance des pluies & luxure de la terre, abondent et surmontent le grain nouvellement levé » (Estienne & Liébault, 1565, f. 98v). Le problème des mauvaises herbes est aussi vieux que l'agriculture elle-même et est mentionné dans la Bible comme la punition de Dieu pour la chute. Ainsi, dans Genèse (chapitre 3,17-18), il est écrit : "Les terres agricoles sont damnées pour votre bien. En cas de difficultés, vous en mangerez tous les jours de votre vie. Il vous laisse faire pousser des épines et des chardons et vous devez manger les plantes des champs."
La parabole du bon grain et de l’ivraie (ou zizanie, d’où l’expression « semer la zizanie ») est, en Occident, la plus célèbre histoire de mauvaise herbe. L’ennemi, dans la parabole, c’est le Diable, le Mauvais, le Malin - pendant longtemps, on disait les herbes malignes, comme on dit aujourd’hui une tumeur maligne : non seulement nuisibles, « méchantes » (qualificatif fréquent autrefois), mais on n’arrive pas à s’en débarrasser (« mala hierba nunca muere », « mauvaise herbe jamais ne meurt », dit un proverbe espagnol). Il y a quelque chose de diabolique à surgir sans avoir été semé, et à s’obstiner à contrecarrer la légitime aspiration de l’homme à subvenir à ses besoins !
Étant donné que le développement des mauvaises herbes est étroitement lié à celui de l'agriculture, il provient probablement de la région fertile du Croissant-Rouge. De là, elles ont avancé avec l'agriculture jusqu'en Europe centrale. Les premières colonies paysannes datent des débuts de l'agriculture en Europe à 5 000 ans avant J.-C. Les mauvaises herbes ainsi atteintes en Europe sont comptées parmi les archéophytes.
Des études archéologiques ont montré que la composition de l'espèce restait essentiellement la même du néolithique (environ 4 000 ans av. J.-C.) à l'âge du bronze (environ 1250 av. J.-C.) avec la trespe, la lotte à petits fruits, l'espèce d'oseille, la tubéreuse Phleum nodosum, le pâturin des prés et diverses vesces. À l'époque romaine, de nombreuses espèces de mauvaises herbes typiques des cultures céréalières ont été introduites avec des graines de pays méditerranéens.
Au Moyen Âge, la plupart des champs étaient cultivés selon le principe de l'agriculture à trois champs (céréales d'hiver - cultures d'été - jachères). Pendant la période de jachère, le bétail était conduit aux champs. Même les jeunes stocks de céréales étaient pâturés, ce qui faisait peu de dégâts. Les mauvaises herbes étaient repoussées plus fortement que le grain, qui était encore mieux stocké par le pâturage.
L'AGRICULTURE (L'HISTOIRE)
Comprendre les "Mauvaises Herbes" : Biologie et Modes de Propagation
Les mauvaises herbes sont des plantes qui, en raison de leur résistance et de leur vitesse de propagation, ne tarderont pas à entrer en compétition directe avec vos plantes cultivées et vos cultures de fruits et légumes, en les privant d’eau, de nutriments et de lumière. Elles se développent également plus rapidement, sont plus résistantes et peuvent introduire des maladies ou attirer des parasites. Les mauvaises herbes les plus familières résistent également très bien aux conditions météorologiques extrêmes, c’est pourquoi il semble souvent impossible de les éradiquer.
Les adventices peuvent se propager aussi bien par leurs racines que par des stolons aériens ou par dispersion des graines. La plupart des mauvaises herbes poussent de deux façons en se propageant soit par leurs racines, soit par leurs graines.
Propagation par les racines et stolons : Les racines rustiques de ces mauvaises herbes peuvent se répandre dans le massif ou sous le gazon. Pour les adventices propagées par les racines, une plante entière peut se développer à partir de petits fragments de racines, grâce aux rhizomes de leur système racinaire, qui peuvent se répandre sur une vaste zone. Le lierre terrestre se propage particulièrement bien par stolons aériens. Les rhizomes souterrains du liseron se cassent facilement, ce qui permet à la plante de continuer à se multiplier. Les tubercules du liseron doivent être éliminés en travaillant le sol avec une fourche à bêcher. Parmi les adventices racinaires figurent le plantain, le mélilot ou l’achillée millefeuilles. Déchiqueter ou tondre ces mauvaises herbes en petits morceaux ne les détruit en rien, et il est fort probable que ces actions aggravent le problème en multipliant le point de départ de croissance de ces plantes. La seule façon de se débarrasser de ces mauvaises herbes est de les arracher soigneusement de la terre avec leurs racines, idéalement d’un coup et en totalité.
Propagation par les graines : Ce type de mauvaises herbes produit de grandes quantités de graines, ce qui signifie qu’elles peuvent se reproduire rapidement et à grande échelle. Les pissenlits sont un exemple classique de mauvaises herbes qui se propagent de cette façon. Parmi les mauvaises herbes courantes productrices de graines, on distingue le galinsoga à petites fleurs, le mouron blanc et la chélidoine. La plupart du temps, ces plantes annuelles peuvent se reproduire sur de grandes distances, et le matériel génétique peut survivre pendant des années, voire des décennies dans le sol, avant de germer à nouveau lorsque le sol est bêché. La meilleure approche à long terme pour se débarrasser de ces mauvaises herbes est de les affaiblir par un binage et une taille régulière. La clé est de les attaquer avant qu’elles ne fleurissent, ou du moins avant que les fleurs n’arrivent à maturité, car elles seront alors incapables de se reproduire et pourraient donc disparaître de votre jardin pendant longtemps. Cependant, sachez que certaines mauvaises herbes propagées par les graines (pissenlits inclus) possèdent également des racines solides et qu’elles peuvent refaire surface à partir de leurs racines enfouies dans le sol.
Classifications des adventices : Cette classification des espèces d’adventices n’est toutefois pas clairement définie : certaines - fréquemment flexibles et adaptables - se propagent aussi bien par les racines que par les graines, comme la grande ortie, le chardon des champs ou le pissenlit par exemple. Les adventices séminifères sont souvent des plantes annuelles. Il existe une autre classification, selon qu’il s’agit de plantes monocotylédones - telles que le ray-grass anglais ou le millet - ou de plantes dicotylédones.
Facteurs de dissémination humains : L'homme joue un rôle non négligeable dans la dissémination. Le fumier contient des graines que le passage dans le tube digestif du bétail n’a pas détruites. Des semences mal triées ont toujours été une source importante de dissémination des mauvaises herbes d’un champ à un autre. Ceci à toutes les échelles géographiques : c’est ainsi que des adventices ont été transportées entre l’Ancien et le Nouveau Monde. Des graines de mauvaises herbes, mêlées à de la terre, sont transportées d’un champ à un autre par les pneus ou les outils de travail du sol. Mais ce sont surtout les moissonneuses-batteuses qui, si elles ne sont pas nettoyées en sortant du champ, sont les principaux outils disséminateurs : lorsque la moisson coïncide avec la maturité des graines d’adventices, une machine peut en contenir, et donc transporter, des dizaines de milliers ! (McCanny & Cavers, 1998 ; Boyd & White, 2009). Tout ce qui roule sur la terre ou la travaille peut transporter des graines.
Impacts des Adventices : Concurrence, Nuisance et Toxicité
Les plantes sont généralement appelées mauvaises herbes lorsqu’elles peuvent rivaliser avec des facteurs de croissance tels que les nutriments, la lumière, l’eau pour que la culture n’atteigne pas le rendement souhaité. Il a fallu longtemps pour comprendre que cette concurrence peut s’exercer sur différents facteurs : l'eau, les nutriments, la lumière. C’est la lumière qui est en jeu lorsque Estienne écrit « les herbes qui (…) surmontent le grain nouvellement levé » (1565, f. 98v) ; et Duhamel du Monceau, « les mauvaises herbes prendraient le dessus du blé » (1750, Préface, p. xxii). « Enfin si chaque Plante ne tirait de la terre qu’un suc particulier qui lui soit propre, le ponceau, les chardons, les bluets, &c. qui font périr le blé, ne lui feraient aucun tort ; puisque chaque plante n’enlevant point les sucs qui conviennent au froment, il devrait aussi-bien profiter au milieu d’un gazon, que dans une terre bien labourée. »
Le facteur de croissance le plus limitant, objet principal de la compétition entre plantes cultivées et adventices, n’est pas partout le même. En accord avec Duhamel du Monceau, c’est parfois la nutrition minérale, en particulier aujourd’hui en agriculture biologique lorsque la disponibilité en azote est limitée (Core-Hellou et al., 2011). Sans lutte contre les mauvaises herbes, les récoltes moyennes seraient inférieures de 52 % (maïs) et de 49,5 % (soja). En 1996, on estimait que les mauvaises herbes réduisaient les rendements de 20 % à 40 %. Selon Weed Science Society of America, des herbicides sans désherbage pourraient causer des dommages pouvant atteindre 27 milliards de dollars en maïs et 16 milliards de dollars en soja aux États-Unis et au Canada.
Les adventices peuvent également rendre plus difficile la gestion d'une zone en entrant dans la culture et en la contaminant (nettoyage des semences). L’humidité d’adventices encore vertes peut faire fermenter ou moisir les grains avec lesquels elles sont récoltées, ce qui peut être grave si cela produit des mycotoxines. Certaines productions exigent une propreté particulière de la récolte, pour des raisons techniques. Si, trouvant un fragment de mauvaise herbe dans une boîte de haricots, un consommateur la rapporte au supermarché, celui-ci le signale à l’usine de conserves qui, grâce au numéro de lot, identifie l’agriculteur ayant livré ces haricots.
Elles peuvent avoir une distribution en masse (vol de graines, enracinement extrêmement long, déplacement de concurrents) et donc risquer de devenir des zones protégées, perturber le sens esthétique d'une personne, par exemple dans les jardins d'ornement, les parcs, les pelouses ou les zones sans végétation, ou encore déplacer les plantes indigènes en tant que néophytes de leurs habitats.
Certaines mauvaises herbes peuvent rendre le rendement d'une surface inutile par leur effet toxique (exemple foin en automne). Par exemple, la berce Heracleum mantegazzianum est une mauvaise herbe originaire du Caucase, qui est un néophyte envahissant en Europe et en Amérique du Nord. De plus, elle est toxique car elle forme des substances photosensibilisantes du groupe des furocoumarines, qui agissent en combinaison avec la lumière du soleil ou une phototoxique encore plus forte de la lumière des lampes. L'exposition à la lumière du jour peut provoquer des cloques et des cloques douloureuses chez l'homme et d'autres mammifères difficiles à guérir et à brûler (photodermatite). Il est donc recommandé de porter des vêtements de protection complets lors de la manipulation de la plante, qui comprend également un masque facial.

Les "Mauvaises Herbes" : Plus Que de Simples Indésirables ?
Malgré leur réputation, de nombreuses plantes que nous qualifions de mauvaises herbes ou plantes adventices sont des plantes sauvages intéressantes ou des plantes bio-indicatrices dans d’autres contextes. C’est ainsi qu’une modification radicale du milieu, telle que le drainage ou le chaulage, permet de réduire en quelques années l’infestation par des espèces inféodées aux anciennes conditions. Les "mauvaises herbes" sont des plantes bio-indicatrices qui ont beaucoup à vous dire sur votre terre ! Les matricaires, par exemple, sont indicatrices de sol limoneux, la prêle de sols humides. Elles peuvent être indicatrices des conditions du sol, ce qui en permet une meilleure gestion.
Une mauvaise herbe bénéfique est une plante envahissante qui n'est généralement pas considérée comme domestiquée (cependant, certaines plantes, comme les pissenlits, sont cultivées dans le commerce, en plus des plantes sauvages), elles ont un effet associé, sont comestibles, contribuent à la santé du sol, ou est par ailleurs bénéfique. Parmi les mauvaises herbes bénéfiques, on compte de nombreuses fleurs sauvages comme le trèfle, ainsi que d'autres mauvaises herbes couramment éliminées ou empoisonnées. L'ancienne notion de mauvaise herbe qualifie intrinsèquement de nuisibles des espèces végétales, de même qu’on a longtemps décrété nuisibles des espèces animales comme les rapaces et les renards. Or ces plantes peuvent être mauvaises et bonnes à la fois.
Hill & Ramsay (1977) donnent une liste des rôles positifs des mauvaises herbes : protéger le sol contre l’érosion en le couvrant ; abriter des auxiliaires ; par leurs racines profondes, ouvrir la voie à celles des cultures et faciliter le drainage ; remonter à la surface des oligo-éléments ; dans les agricultures de subsistance, servir de fourrage ou plantes médicinales. Ajoutons le rôle de ressource alimentaire pour la biodiversité : papillons et autres insectes, oiseaux… Au XVIIIe siècle, cette ambivalence a conduit à adopter le terme neutre d’adventice : « Adventice, terme de jardinier. Les plantes adventices sont celles qui croissent sans avoir été semées » (Diderot, 1776).
Certaines espèces de mauvaises herbes abritent des maladies ou parasites dont elles permettent la multiplication ou le maintien d’une année sur l’autre. Mais, à l’inverse, elles peuvent aussi abriter des auxiliaires des cultures, leur floraison peut constituer une ressource pour des insectes pollinisateurs, leurs graines peuvent être consommées par des carabes, dont certaines espèces sont à la fois granivores et prédateurs de limaces. Il est donc intéressant d’identifier correctement ces plantes pour ainsi en reconnaître les mauvaises herbes. Même si nous pouvons trouver que les mauvaises herbes ne sont pas les bienvenues dans nos jardins, les abeilles et autres créatures apprécient la variété qu’elles offrent.

Identifier pour Mieux Agir : Types et Caractéristiques des Principales Adventices
Reconnaître les mauvaises herbes et les identifier est la première étape pour rétablir l’équilibre dans votre jardin : si celles-ci sont traitées à un stade précoce, il est possible d’enlever et d'éliminer les mauvaises herbes définitivement. Plus l’identification des mauvaises herbes sur votre pelouse et dans vos parterres sera précise, plus votre approche pourra être ciblée. Différents types de mauvaises herbes existent dans le gazon, le potager et entre les dalles, chacune ayant des caractéristiques propres.
Adventices Communes par Environnement
Différents types de mauvaises herbes dans le gazon : Les mauvaises herbes adorent s’installer dans votre gazon. Apprenez à reconnaître les mauvaises herbes et les graminées indésirables afin d’éviter qu’elles ne colonisent toute votre pelouse et n’étouffent votre herbe. Les adventices les plus courantes dans les pelouses et prairies sont : le trèfle, le pissenlit, la renoncule rampante, les pâquerettes et le pâturin annuel.
Différents types de mauvaises herbes dans le potager : Certaines espèces de mauvaises herbes affectent les cultures en les étouffant. Il est particulièrement contrariant de constater que vos délicieux légumes ont été supplantés par ces plantes indésirables. Les variétés de mauvaises herbes que l’on rencontre souvent dans le potager sont : le cirse des champs, la bourse-à-pasteur, la renoncule rampante, le pissenlit, la patience à feuilles obtuses, le pâturin annuel et l’égopode podagraire.
Différents types de mauvaises herbes entre les dalles : La verdure qui pousse dans les joints des dalles de votre terrasse ou des allées de votre jardin a le chic pour défigurer votre extérieur. Les mauvaises herbes les plus fréquentes entre les dalles sont : les chardons, le plantain, le pissenlit, la prêle des champs et le pâturin annuel.
Exemples d'adventices spécifiques et leurs particularités :
- Liseron des haies ou liseron des champs (Calystegia sepium) : C'est l'exemple type de la mauvaise herbe. Il se développe comme une plante herbacée vivace grimpante. Les rhizomes souterrains se cassent facilement, ce qui permet à la plante de continuer à se multiplier. La propagation végétative a lieu par les rhizomes très rampants ou des fragments de ceux-ci. Il est enraciné jusqu'à 70 centimètres de profondeur, ce qui rend son arrachage quasiment impossible. Pour s’en débarrasser : utilisez une binette pour couper les pousses au-dessus du sol ou arrachez-les à la main en les tirant vers le haut. Il faut beaucoup de patience pour se débarrasser de ces mauvaises herbes à long terme, car les rhizomes fins sont longs et difficiles à extirper du sol.
- Chiendent (Elymus repens) : Mauvaise herbe vivace et vigoureuse. Ses rhizomes peuvent atteindre une profondeur souterraine de 10 centimètres. Il étouffe les autres végétaux et herbes et endommage la pelouse. Pour s’en débarrasser : il existe différentes façons de s’attaquer au chiendent en fonction de sa localisation. Vous pouvez recouvrir les zones envahies de morceaux de carton pour priver de lumière les rhizomes qui en sont avides. Arracher les mauvaises herbes à la main est très laborieux, mais s’avère souvent payant.
- Pissenlit (Taraxacum officinale) : Adventice vivace, il se propage à toute allure dans le gazon. Il produit des fleurs jaunes qui arrivent à maturité pour former l’aigrette familière du pissenlit et se propage extrêmement rapidement et loin grâce aux graines disséminées par le vent. Pour éliminer la plante, vous devez parvenir à déterrer la racine pivotante, à la fois longue et robuste. Pour ce faire, utilisez des outils spécialisés, comme l’arrache-racines en spirale, particulièrement adapté à la lutte contre les pissenlits.
- Ortie (Urtica urens / Urtica dioica) : Pousse en grands bouquets au jardin, envahissant les plantations et autres parterres de fleurs. Vous devez éliminer toute la racine. Pour s’en débarrasser : elles peuvent être coupées avec une débroussailleuse. Ensuite, utilisez une fourche de jardin pour ameublir la terre et soulevez les racines des orties pour vous assurer qu’elles ne réapparaîtront pas. Intérêt : Le purin d’orties fait-maison et l’engrais liquide sont parfaits pour renforcer les plantes cultivées et lutter contre les parasites tels que les pucerons.
- Renoncule rampante (Ranunculus repens) : Adventice vivace à stolons, se propage rapidement ; fleurs jaunes et longs stolons. La présence de renoncules dans le gazon indique une surfertilisation. Pour s’en débarrasser : comme la renoncule rampante préfère les sols acides, l’épandage de chaux peut stimuler la croissance du gazon et affaiblir les mauvaises herbes en raison de la modification du pH du sol. Une tonte régulière, en particulier pendant la période de floraison, évite également la formation de graines. Le bêchage est la solution la plus efficace à long terme.
- Mouron des oiseaux (Stellaria media) : Mauvaise herbe annuelle, reconnaissable à ses petites fleurs blanches. Vous arracherez facilement la plante avec la racine.
- Pâquerette (Bellis perennis) : Mauvaise herbe annuelle. Avec leurs petites fleurs blanches caractéristiques, les pâquerettes envahissent votre belle pelouse en un rien de temps.
- Matricaire odorante ou fausse camomille (Matricaria recutita) : Mauvaise herbe annuelle. Elle est capable de se propager loin lorsque ses fleurs se désagrègent, répandant leurs semences dans tout le jardin. La plante est facile à arracher.
- Plantain majeur (Plantago major) : Mauvaise herbe annuelle. Il envahit votre pelouse. Pour s’en débarrasser : éliminez la plante entière, y compris le rhizome charnu. Pour ce faire, utilisez un désherbeur associé à des désherbants.
- Chardons : Il en existe différentes espèces, comme le chardon crépu et le chardon penché. Cette plante bisannuelle épineuse gâche votre beau jardin.
- Gaillet gratteron (Galium aparine) : Mauvaise herbe annuelle. Il s’accroche partout grâce aux crochets de ses tiges. Il se propage aisément dans tout votre jardin. Pour s’en débarrasser : éliminez l’adventice avec sa racine avant que la plante ne fleurisse et ne produise des graines.
- Renouée du Japon (Fallopia japonica) : Adventice vivace. C'est une mauvaise herbe particulièrement tenace.
- Prêle (prêle des champs ou queue-de-cheval) (Equisetum arvense) : Mauvaise herbe annuelle. Il existe de multiples variétés de prêles. L'amélioration du sol est la première étape, car cette mauvaise herbe apprécie généralement les sols en mauvais état et prospère en particulier sur les sols compactés. L’amélioration de l’aération et la prévention de l’engorgement du sol empêchent sa propagation.
- Patience à feuilles obtuses (Rumex obtusifolius) : Adventice vivace. Se propage très rapidement car la plante produit beaucoup de graines. Les patiences à feuilles obtuses sont des mauvaises herbes tenaces en raison de leur racine pivotante particulièrement robuste.
Stratégies et Techniques de Désherbage : De la Prévention à l'Éradication
La période de croissance, de mars à l'automne, est le meilleur moment pour agir contre les mauvaises herbes. Vous avez des questions sur le désherbage ou vous cherchez des conseils sur les bons produits ? N'hésitez pas à nous contacter ou à consulter notre large gamme en ligne. Il existe plusieurs façons d’éliminer et venir à bout des mauvaises herbes.
Méthodes Manuelles et Mécaniques Traditionnelles
Le désherbage manuel est le plus efficace mais le plus fastidieux ! Pour retirer facilement les racines des herbes adventices, travaillez sur une terre mouillée, après une bonne pluie par exemple. Binez régulièrement le sol pour le garder meuble et évitez de le piétiner : les racines seront plus faciles à extraire ! Enfin, prenez garde à garder intacte la racine des mauvaises herbes, le moindre bout de racines encore en terre redonnera autant de nouvelles pousses. Ainsi, n’employez pas d’outils qui hachent les mauvaises herbes comme le motoculteur, c’est le meilleur moyen de se retrouver envahi.
Équipez-vous d’outils adaptés selon que vous souhaitez désherber entre les dalles de votre terrasse, dans la pelouse, dans les massifs ou dans le potager. Le jardinier passe la majeure partie de son temps à désherber.

Approches Naturelles et Écologiques
- L’eau de cuisson : L’eau de cuisson des pommes de terre bouillante et salée est réputée pour son fort pouvoir désherbant : par la chaleur et par l’effet du sel. Jetez-la sur les herbes à éliminer en faisant attention à ne pas toucher les plantes ornementales. Elle est aussi efficace sur les mousses.
- Le désherbage par solarisation : Il s’agit d’épandre sur la parcelle de terre à désherber une bâche noire ou un film de paillage foncé qui accumule la chaleur sous l’effet des rayons du soleil. Sous la bâche, les plantes sont chauffées et finissent par se décomposer sur place.
- La méthode du faux semis : Employez la méthode du faux semis avant de semer une prairie fleurie ou d’autres graines de fleurs, d’aromatiques ou de potagères : une fois le travail de désherbage terminé, laissez la terre à nue pendant 10 à 15 jours. Les petites pousses qui apparaissent sont des mauvaises herbes, retirez à la main avant de semer vos graines. Extrayez de la terre la racine intacte pour vous assurer qu’elle ne repoussera pas.
- Le paillage : Une fois que vous avez ôté toutes les mauvaises herbes et leurs racines d’une zone, paillez généreusement avec des tontes de gazon ou une toile de paillage. Les mauvaises herbes n’y repousseront pas, ainsi privées de lumière.
- Désherbage thermique ou électrique : Il s’agit d’un appareil fonctionnant au gaz ou à l’électricité. Le but n’est pas de brûler au feu la plante mais de la chauffer à très haute température (90°C) pour faire exploser les cellules : la plante jaunit, se dessèche entièrement et meurt.
Solutions Techniques et Chimiques Ciblées
- Désherbant à l’acide pélargonique : Ce type de produit, à base d’acide acétique, agit en une heure et permet de replanter dès la journée suivante. Toutefois, ne le mettez jamais en contact avec vos plantes ornementales, car le produit ne fait pas de différence. Pour bien procéder : pulvérisez le produit sur les feuilles de la plante, il va se diffuser jusqu’aux racines. Réitérez l’application pendant une à deux semaines pour vous débarrasser définitivement des plantes indésirables.
- Désherbant sélectif : Pour désherber les pelouses envahies par les mauvaises herbes (pissenlit, trèfle, plantain, chardon, liseron, pâquerette, prêle…), employez un désherbant sélectif qui épargnera toutes les plantes de la famille des graminées, qui composent votre gazon. Pour bien procéder : respectez scrupuleusement les instructions précisées sur l’emballage du produit. Dosez le produit sans excès et optimisez ses effets en l’appliquant quelques jours après la tonte, sur un sol humide et par temps doux (autour de 20°C). Vous allez utiliser des pesticides pour lutter contre les mauvaises herbes ? Dans ce cas, utilisez de préférence un pulvérisateur à pression par temps calme.
L'AGRICULTURE (L'HISTOIRE)
L'Importance de la Prévention et de l'Entretien Régulier
La clé pour un jardin sain réside dans la prévention. Les mauvaises herbes poussent principalement dans les endroits où le sol offre peu de résistance. Cela peut être dû à un entretien insuffisant des pelouses et des bordures, à l'envol des graines de mauvaises herbes ou à leur dissémination par les oiseaux. Il faut savoir que, quelles que soient les mesures prises, l'apparition de mauvaises herbes ne peut pas être exclue. Si vous arrivez tôt et que les mauvaises herbes ne prolifèrent pas encore, vous pouvez les contrôler naturellement. Grâce à un entretien adéquat, vous pouvez éviter que des plantes indésirables ne poussent dans votre jardin.
Le compostage des racines des mauvaises herbes doit toujours être réalisé avec prudence. Vous pouvez les jeter dans une poubelle de jardin destinée au compostage industriel. Pour les autres mauvaises herbes, assurez-vous que les racines sont déchiquetées avant le compostage, sinon vous risquez purement et simplement d’ajouter une plante viable à votre tas de compost. Les mauvaises herbes qui ont fleuri peuvent également produire des graines capables de germer. La meilleure façon d’éliminer de grands volumes de mauvaises herbes non compostables est de les mettre au rebut conformément à la réglementation sur le traitement des déchets, par exemple dans un centre de recyclage ou dans un point de collecte local des déchets verts. Pour des volumes moindres, vous pouvez les mettre au rebut dans votre poubelle de déchets organiques.
Le Rôle de l'Herbologie : Une Science au Service de l'Agriculture
Le domaine de la science des mauvaises herbes s'est développé au cours des dernières décennies sous le nom d'herbologie en une discipline scientifique indépendante. Le département traite des questions de biologie des mauvaises herbes, d'écologie des mauvaises herbes et de contrôle des mauvaises herbes ainsi que de l'impact environnemental qui en résulte. Les mauvaises herbes causent naturellement des problèmes pour l'agriculture. Les populations de mauvaises herbes sur les terres arables sont affectées par des facteurs tels que la rotation des cultures, le travail du sol, les soins mécaniques (par exemple, un cultivateur de mauvaises herbes) et autres.
Aujourd'hui, l'utilisation de désherbants (herbicides) est très répandue et menace de nombreuses mauvaises herbes. L’agriculture biologique a une vision plus différenciée des "mauvaises herbes" qu’elle considère non seulement comme une plante nuisible, mais également comme une partie intégrante de l’écosystème. Les espèces présentes sur un terrain sont bien sûr adaptées à son milieu naturel (climat et sol, dont elles peuvent être indicatrices (Fried et al., 2008 ; Fried, 2010)). Mais elles sont aussi - et surtout - adaptées au système de culture (Fried et al., 2009 & 2012).
La modification des techniques culturales entraîne aussi une modification de la flore adventice. En Europe occidentale, le passage au non-labour (« Techniques culturales simplifiées ») permet l’infestation par des Bromes auparavant négligeables, car très sensibles à l’enfouissement par le labour, comme toutes les espèces dont les graines persistent relativement peu de temps dans le sol. La répétition d’une même culture dans une pièce permet la multiplication des mauvaises herbes adaptées à son cycle ; inversement, la succession d’espèces cultivées de cycles différents fait que chaque espèce adventice ne peut pas grainer tous les ans. C’est une des raisons d’être des rotations, dont on a cru pouvoir se passer grâce aux herbicides chimiques sélectifs, mais que les préoccupations environnementales et la multiplication des souches de mauvaises herbes résistantes à ces herbicides remettent au premier plan. L’apparition de populations résistantes aux herbicides résulte le plus souvent de la sélection par des traitements répétés d’individus qui, par hasard, intègrent des gènes de résistance. Là où des variétés génétiquement modifiées, intégrant des gènes de tolérance aux herbicides non sélectifs, sont cultivées, des croisements interspécifiques entre plantes cultivées et espèces adventices taxonomiquement proches (colza et crucifères sauvages, par exemple) sont également une cause possible d’acquisition de la résistance à ces herbicides.
