Dans le domaine de la médecine, il existe une catégorie de médicaments qui tirent leur efficacité des plantes : les médicaments à base de plantes. Comme leur nom l'indique, ces produits utilisent les propriétés thérapeutiques des plantes médicinales pour traiter différents maux. Les médicaments à base de plantes ont une longue histoire et sont utilisés depuis des milliers d'années dans différentes cultures à travers le monde. Les médicaments à base de plantes offrent une alternative naturelle aux médicaments synthétiques. Les médicaments à base de plantes sont des produits qui contiennent exclusivement des principes actifs provenant de plantes médicinales, tels que des extraits, des infusions ou des huiles essentielles.

Les fondements historiques et biologiques de la phytothérapie
Les origines des médicaments à base de plantes remontent à l'Antiquité, où les plantes étaient souvent le seul remède disponible pour les affections courantes. Au fil des siècles, les connaissances sur les plantes médicinales se sont transmises de génération en génération, permettant ainsi de développer des remèdes à base de plantes de plus en plus efficaces. Avec l’avènement de la chimie et le développement des sciences, les substances chimiques purifiées ont remplacé les préparations des apothicaires. Elle se distingue maintenant de la pharmacie chimique avec les substances de synthèse. La pharmacognosie est une discipline d’interface entre la botanique, la chimie, les sciences biologiques et la pharmacologie.
Les plantes médicinales contiennent de nombreux composés chimiques ayant des effets biologiques divers. Les principes actifs des plantes peuvent être des substances telles que les alcaloïdes, les terpènes, les flavonoïdes ou les polyphénols. Par exemple, l'écorce de saule contient de la salicine, un composé qui a des propriétés analgésiques et anti-inflammatoires. Dans le prolongement de l’ethnobotanique, l’ethnopharmacologie recense les usages traditionnels des plantes pour se soigner. L’identification botanique de ces plantes au-delà de leur dénomination vernaculaire est la suite indispensable, mais parfois délicate, ce qui peut conduire à une spécialisation comme les rubologues pour les ronces. Au-delà des sous-espèces, des variétés et cultivars, les progrès en biotechnologie végétale ont conduit à nombre d’hybrides, clones et chémotypes. Les falsifications et confusions peuvent être détectées par le codage génétique, comme c’est le cas pour différencier Harpagophytum zeyheri d’H. procumbens.
MINUTE BIEN-ÊTRE| Les principes actifs et inactifs d'une plante
Processus de développement et standards de qualité
La détermination du profil phytochimique est une étape cruciale. Le principe repose sur l’extraction, suivie d’une séparation des constituants (techniques chromatographiques souvent) puis la caractérisation par les techniques de chimie structurale (spectrométrie IR, UV, de masse, RMN, etc.). La dernière étape concerne l’évaluation des propriétés biologiques, tant sur les fractions extractives que sur les composés phytochimiques isolés. Les études in vitro sur modèles biochimiques ou cellulaires sont complétées par des études ex vivo ou sur modèles animaux. Les études de toxicité (aiguë, chronique et de génotoxicité) sont indispensables dans notre ère, devenue très sécuritaire. On s’intéresse ainsi au cytochrome P450, avec en filigrane le risque d’interactions médicamenteuses. L’attention se focalise de plus en plus sur le rôle du microbiote et de l’ensemble des métabolites en résultant, ou métabolome.
Lorsque l’efficacité est prometteuse et que l’évaluation de la sécurité est jugée satisfaisante, autrement dit en cas de rapport bénéfice/risque positif, le développement galénique, ou mise en forme pharmaceutique, commence. Un médicament à base de plantes est un médicament dont la substance active est exclusivement constituée par une ou plusieurs substances végétales ou des préparations à base de plantes ou une association de plusieurs substances végétales ou préparations à base de plantes. (Art. L. 5121-1, 16° CSP). Il peut se présenter sous la forme d’une spécialité pharmaceutique, d'une préparation pharmaceutique (magistrale ou officinale) ou de drogues végétales.
La distinction entre médicaments et compléments alimentaires
Il convient de noter que les médicaments à base de plantes ne doivent pas être confondus avec les compléments alimentaires à base de plantes, qui contiennent souvent des extraits de plantes mais ne sont pas destinés à traiter une maladie spécifique. Des plantes médicinales ou des préparations à base de plantes médicinales peuvent se présenter sous forme de médicaments ou de compléments alimentaires. Si le nom d’une préparation n’apparaît pas au Répertoire Commenté des Médicaments, il ne s’agit pas d’un médicament, mais peut-être d’un complément alimentaire. Les compléments alimentaires font partie de l’alimentation. L’acheminement depuis le producteur jusqu’au consommateur s’effectue de manière fluide. On ne peut imaginer la mise en quarantaine de chaque conteneur de pommes de terre dans l’attente de contrôles approfondis prouvant qu’il s’agit bien de pommes de terre (Solanum tuberosum) et qu’elles sont propres à la consommation humaine.
Contrairement aux compléments alimentaires, qui font l’objet d’une notification, les médicaments sont enregistrés auprès de la commission pour les médicaments à base de plantes (CMP) de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). Le dossier qualité d’un médicament à base de plantes est plus vaste que celui d’un médicament classique. Il débute avec la culture et la récolte du matériel végétal. Les préparations ne doivent contenir ni herbicides, ni pesticides ni métaux lourds (mercure, plomb, cadmium, arsenic). Une contamination microbiologique doit être exclue. L’entreprise doit prouver au moyen d’un diagramme de flux que rien n’a été laissé au hasard, depuis l’identification de la plante et son retrait du sol ou sa cueillette, jusqu’à sa transformation et son conditionnement.

Formes galéniques et administration des préparations
Les médicaments à base de plantes se présentent sous différentes formes, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients. Les tisanes et infusions sont préparées en faisant infuser des parties de plantes dans de l'eau chaude. Cette méthode permet d'extraire les principes actifs des plantes et de les boire sous forme de liquide. Par exemple, la camomille est une plante largement utilisée pour ses propriétés apaisantes. Elle est souvent recommandée pour soulager les troubles digestifs et favoriser la relaxation. De même, la menthe poivrée est une plante connue pour ses propriétés digestives. Elle est souvent utilisée pour soulager les maux d'estomac et favoriser la digestion.
Les plantes médicinales peuvent également être transformées en poudre et encapsulées dans des gélules ou comprimés. Par exemple, l'échinacée est une plante utilisée pour renforcer le système immunitaire. Elle est souvent commercialisée sous forme de gélules ou de comprimés, ce qui permet une prise régulière et pratique. L'extraction des principes actifs des plantes peut également être réalisée à l'aide de procédés spécifiques pour obtenir des huiles essentielles. Les huiles essentielles sont souvent utilisées pour leurs propriétés relaxantes, stimulantes ou antiseptiques. Par exemple, l'huile essentielle de lavande est réputée pour ses propriétés relaxantes et apaisantes. Elle peut être utilisée en diffusion dans l'air ambiant pour favoriser la détente et améliorer la qualité du sommeil. De même, l'huile essentielle de tea tree est connue pour ses propriétés antiseptiques. Elle peut être utilisée pour désinfecter les petites plaies ou pour traiter les problèmes de peau tels que l'acné.
Réglementations et suivi de la sécurité sanitaire
Les médicaments à base de plantes sont soumis à des réglementations strictes pour garantir leur qualité, leur sécurité et leur efficacité. En France, les médicaments à base de plantes sont réglementés par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Les médicaments à base de plantes doivent passer par des tests cliniques et des études de sécurité avant d’être autorisés sur le marché. Une spécialité pharmaceutique à base de plantes est un médicament dont la substance active est d’origine végétale, c’est-à-dire fabriquée à partir d’une ou plusieurs plantes. Sa mise sur le marché français est soumise à une autorisation officielle : l'AMM.
Le comité des médicaments à base de plantes (Herbal Medicinal Product Committee, HMPC) de l’Agence européenne des médicaments, institué en 2004, étudie l’utilisation des plantes dans un contexte thérapeutique. Selon une directive européenne, une préparation à base de plantes peut être autorisée pour une indication thérapeutique si elle est d’un usage médical au moins trentenaire dans un contexte occidental. Il est alors question de « l’usage traditionnel ». Si une préparation à base de plantes a une efficacité thérapeutique étayée par des données probantes, son usage médical pendant dix ans en Europe est suffisant, et le statut « usage bien établi » peut être attribué pour une indication déterminée.

Interactions médicamenteuses et vigilance clinique
Les interactions entre les médicaments à base de plantes et les autres médicaments sont prises en compte. La survenue d’interactions est tellement fréquente que l’on pourrait y consacrer un livre. Il est impossible d’organiser le même suivi pour les compléments alimentaires car le circuit de distribution n’est pas circonscrit, et l’assistance des professionnels de santé n’a rien d’évident. En conséquence, trop de problèmes restent ignorés, et les éventuels rapports sont de qualité douteuse. Par ailleurs, il existe une pharmacovigilance continue pour les médicaments. Si le patient développe des effets indésirables, il peut donc compter à tout moment sur l’aide des médecins et des pharmaciens, qui savent aussi comment effectuer la déclaration à l’AFMPS.
Il est important de noter que les médicaments à base de plantes ne conviennent pas à tout le monde. Certaines personnes peuvent présenter des réactions allergiques ou des effets indésirables. De plus, il est important de respecter les posologies recommandées et de ne pas dépasser la durée d’utilisation conseillée. La rédaction s’inquiète de la circulation quasi illimitée des compléments alimentaires au niveau européen. Cette situation rend difficile l’accompagnement par les professionnels de santé et l’application des réglementations nationales. Tant les médicaments à base de plantes que les compléments alimentaires doivent faire partie du dossier médico-pharmaceutique, en vue de détecter les effets indésirables, les interactions possibles et les interférences avec le diagnostic.
Standardisation et normalisation : vers une qualité pharmaceutique
Les médicaments à base de plantes sont des mélanges complexes de composants actifs. C’est pourquoi, selon le lot de matière première à traiter et selon les modalités de fabrication (nature du solvant, proportions, température et durée d’extraction, etc.), il est difficile d’obtenir des préparations ayant une composition parfaitement identique. Cette standardisation consiste à garantir une qualité pharmaceutique constante pour un médicament à base de plantes. Tous les paramètres ayant une influence sur la qualité du produit doivent être définis et respectés. Lorsque tous les composants actifs qui concourent à l’effet thérapeutique sont connus, la standardisation peut être renforcée par une normalisation.
Celle-ci consiste à créer une norme déterminée dans le cas d’une plante ou d’un extrait, en précisant à la fois une teneur minimale, mais aussi une teneur maximale, rapportée à la substance ou à un groupe de substances déterminantes pour l’activité. En outre, ces dernières années, le taux de remboursement d'un grand nombre de médicaments à base de plantes est passé à 0 % du fait d'un « service médical rendu insuffisant ». Se soigner par les plantes a donc un coût. En France, qu'ils soient disponibles sur ordonnance ou non, les médicaments sont tous vendus dans des pharmacies. Un médicament, quel qu'il soit, reste un produit à utiliser avec précaution.
La gestion des préparations en milieu officinal
Les préparations sont des médicaments préparés en pharmacie pour les besoins spécifiques d’un ou plusieurs patients. On distingue deux types de préparations réalisées à partir de plantes médicinales, d’extraits ou d’huiles essentielles : les préparations magistrales, réalisées pour un patient particulier selon une prescription médicale, en raison de l’absence de spécialité disponible ou adaptée, et les préparations officinales. Un mélange de plantes médicinales a le statut de préparation. Les huiles essentielles sont considérées comme des "préparations" à base de plantes. Les huiles essentielles délivrées uniquement en pharmacie doivent être conformes à la qualité pharmaceutique décrite dans la Pharmacopée européenne ou dans la Pharmacopée française.
Il existe des décisions spécifiques, comme la décision du 12/04/2012 portant interdiction d’importation, de préparation, de prescription et de délivrance de préparations magistrales, officinales et hospitalières définies à l’article L. 5121-1 du code de la santé publique, y compris de préparations homéopathiques, composées de Garcinia cambodgia, de Hoodia gordonii ou du fruit vert de Citrus aurantium L. ssp aurantium, ainsi que de prescription, de délivrance et d’administration à l’homme de la plante Garcinia cambodgia et du fruit vert de Citrus aurantium L. ssp aurantium. Les huiles essentielles qui ne relèvent pas du monopole pharmaceutique sont en vente libre et distribuées par différents circuits. La vente en ligne des médicaments est réglementée. Il est préférable de ne pas les délivrer pour certaines plantes comme la Tanaisie (Tanacetum vulgare L.), le Thuya (Thuya plicata Donn ex D. Don) ou la Moutarde jonciforme (Brassica juncea [L.] Czernj.).
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