Pour tout jardinier, qu'il soit novice ou expérimenté, la question de la composition du substrat est fondamentale. La terre, le terreau et le compost, bien que distincts, sont des alliés complémentaires pour assurer la vitalité de vos plantations. Comprendre leurs rôles spécifiques et savoir les proportionner adéquatement est la clé d'un jardinage réussi, favorisant une croissance optimale des plantes et une gestion durable des ressources.

Terreau : le support de culture polyvalent
Le terreau sert de support de culture, obtenu en procédant au mélange de différents matériaux. Les tourbes sont les matériaux les plus utilisés dans sa composition, aux côtés de la fibre de bois, de l'argile, du sable et des écorces. Riche en nutriments et oligo-éléments, il est léger, absorbe l'eau efficacement et retient bien les éléments nutritifs. Ces avantages le rendent particulièrement recommandé pour les plantations en bacs et jardinières, pour les opérations de rempotage ou pour la réalisation de semis en pots.
La composition des terreaux diffère en fonction des plantations auxquelles ils sont destinés. Il est donc important de choisir un terreau adapté. Généralement, l'énumération des composants principaux, ainsi que les qualités du substrat, figurent sur le sac. En fonction de ces critères, on obtient des terreaux de qualité très différente avec une vocation tout à fait spécifique. Le pH, compris entre 5,8 et 7, renseigne sur l'acidité du substrat, un facteur crucial car les besoins en acidité varient selon les plantes. Le substrat doit également pouvoir stocker l'eau pour permettre aux plantes de puiser celle-ci au fur et à mesure de leurs besoins.
On trouve fréquemment dans le commerce des terreaux enrichis en engrais. Pour profiter d'un terreau de bonne qualité, il est préférable de privilégier ceux avec une teneur en matière organique élevée. L'azote favorise le développement du feuillage, jouant un rôle important surtout pendant la période de croissance des plantes, c'est-à-dire au printemps. Le phosphate est également nécessaire pour une croissance saine, tandis que le potassium est essentiel à la floraison, permettant d'obtenir des fleurs plus belles et plus abondantes, et une fructification plus importante pour des plantes comme les fraises ou les tomates, garantissant une meilleure récolte.
Malgré ses vertus, le terreau ne doit pas être utilisé de manière systématique. Il représente un coût qui, lors de l'achat d'un terreau de qualité, peut rapidement atteindre des sommets. De plus, son impact écologique n'est pas toujours négligeable. C'est pourquoi il est préférable de l'utiliser uniquement lorsque cela se révèle être nécessaire, que ce soit pour le rempotage des plantes d'intérieur, pour les pots ou bacs d'extérieur, ou pour la réalisation de semis ou de boutures.
Compost : l'or noir du jardinier et l'amendement du sol
Le compost est un produit 100% naturel et recyclé, issu de la dégradation de déchets organiques (végétaux ou animaux). Il est différent du terreau car il résulte du recyclage et de la décomposition de matières organiques, processus qui prend environ 5 à 9 mois. Riche en minéraux et en humus, il est un élément plus complet que le terreau et peut être utilisé sur le long terme pour redonner vie aux sols.

Environ un tiers des ordures ménagères sont composées de déchets organiques que nous pouvons recycler et valoriser utilement grâce au compostage. Le compost est un engrais naturel, simple à utiliser, qui améliore la terre et nourrit les plantes. Il trouve sa place partout : au potager, sous les haies, au pied des arbres ou dans les jardinières. Il permet de jardiner plus durablement, sans avoir recours à des produits chimiques.
Le compost apporte de la matière organique au sol. Cette matière organique se dégrade d'abord lors du compostage, qui la transforme en eau, en gaz, en chaleur, en minéraux et en compost (matière organique humifiée). C'est une première étape de biodégradation. Le compost agit ensuite comme l'humus : il stocke le résidu de matière organique, d'eau et de nutriments qui n'ont pas été totalement décomposés lors du compostage et libère progressivement tous ces éléments dans le sol une fois épandu, plus lentement. C'est la minéralisation, ou transformation finale de la matière organique en éléments minéraux et inorganiques, qui deviennent de nouveau disponibles pour les plantes. C'est pourquoi un sol perd naturellement de la matière organique au fil du temps. Cette perte doit être compensée par de nouveaux apports, sous forme de compost, de fumier ou de paillis de végétaux.
Le compost est avant tout un amendement et un fertilisant qui permet de revitaliser le sol et favoriser sa biodiversité. Sa concentration en minéraux est faible, autour de 0,5% d'azote, phosphore et potassium. Il ne faut pas s'attendre à des miracles immédiats, car l'activité biologique du sol prend du temps pour minéraliser le compost et le rendre accessible aux racines des plantes. Par exemple, seulement 10 à 20% de l'azote du compost sera disponible les deux premiers mois, le reste se libérant progressivement au fil des mois et des années. On parle donc d'apports à diffusion très lente dans le sol, ce qui rend un risque d'excès quasi impossible, sauf à amener constamment des doses folles. C'est pourquoi il est conseillé d'apporter le compost quelques mois en amont des cultures, l'automne étant la saison phare. Les apports s'accumulent année après année, notamment pour l'azote si tout n'a pas été consommé.
Le compost est rempli de carbone, de l'or pour votre sol. Cette matière organique améliore la structure du sol : les sols légers seront alourdis, les sols lourds seront allégés. Le sol gagnera en oxygénation et porosité. La couleur sombre du compost permettra un meilleur réchauffement au printemps. Le compost est un amendement, contrairement aux engrais qui sont très peu carbonés et agissent comme une perfusion directe pour les plantes.
Terre de jardin : la base naturelle
La terre de jardin, c'est la base de votre substrat. En règle générale, il est recommandé de mélanger le terreau avec de la terre de jardin, car, de par sa nature, elle permet d'obtenir un substrat dont la consistance évite un assèchement trop rapide. Pour des plantations en pleine terre, vous pouvez ajouter du terreau que vous mélangez à la terre pour favoriser un meilleur développement de vos plantes.
Il existe différents types de sols, chacun avec ses caractéristiques et ses besoins :
- Terre argileuse : Lourde et compacte quand elle est sèche, collante quand elle est humide. Elle retient bien l'eau, évitant le dessèchement des racines, et est très fertile et riche en nutriments. Cependant, elle est mal drainée et difficile à travailler.
- Terre sableuse : Friable, sans cohésion. Elle ne retient pas l'eau, nécessitant des arrosages fréquents et des apports réguliers d'éléments fertilisants car elle est pauvre en nutriments. Idéale pour les légumes racines.
- Terre calcaire : Contient de 10 à 30% de carbonate de chaux. Elle se dessèche rapidement en été et fait remonter des cailloux. Elle retient mal les éléments fertilisants et est souvent associée à de l'argile, la rendant collante et pénible à travailler.
- Terre acide (humifère) : Son pH est inférieur à 7. Elle ne facilite pas la croissance des plantes en raison d'une faible activité micro-organismes, d'une quasi absence de vers de terre et de la présence de certaines maladies. Idéale pour les courgettes et les cornichons.
La terre de bruyère, qui provient du sous-sol des forêts, est caractérisée par un pH faible, idéal pour les plantes nécessitant un milieu acide. Cependant, elle s'assèche vite et a besoin de beaucoup d'eau, de préférence de pluie pour ne pas altérer son pH.
Pour préserver efficacement votre sol et économiser l'eau, surtout si vous venez d'installer votre carré potager, il faut lui offrir une terre qui répond aux besoins de vos cultures. Le substrat doit être meuble pour que les plantations puissent facilement prendre racine, riche pour nourrir les végétaux (surtout si votre carré potager est sur pieds et ne touche pas le sol), et drainant pour éviter l'engorgement des racines. Pour un bon drainage, vous pouvez ajouter des billes d'argile, une bâche ou une toile de paillage qui laissent passer l'eau mais pas la terre.
Si votre carré potager n'est pas en contact avec le sol, il faudra le remplir avec un contenu nourrissant. Après avoir ajouté une couche de terre végétale, recouvrez-la de terreau riche en matière organique et minérale. Vous pouvez aussi ajouter de l'humus ou du compost pour de beaux résultats.
Proportions idéales pour un mélange équilibré
La proportion idéale de mélange entre terre, terreau et compost dépendra de l'usage et du type de sol.
En pleine terre : potager, massifs et plantations d'arbres/arbustes
Pour les plantations en pleine terre, l'ajout de terreau est bénéfique. Vous constaterez que vos plantes se développent mieux.
- Potager et massifs : Incorporez 30 à 50% de terreau à la terre du jardin sur 20 à 30 cm de profondeur. Vous pouvez aussi ajouter de l'humus ou du compost dans le terreau pour avoir de beaux résultats avec des fruits et légumes réussis.
- Arbres et arbustes : Un tiers de terreau et deux tiers de terre locale pour le trou de plantation, en veillant à ne pas créer une poche trop différente du sol environnant.
Utilisation du compost en pleine terre :
Le compost est un apport fantastique à utiliser sans trop de modération dans vos potagers. Dites-vous que 10 litres ou 3 kilos par mètre carré (m²) est une bonne base.
- Quand utiliser le compost ?
- À l'automne ou en fin d'hiver, en surface avec un léger griffage pour l'incorporer à la terre.
- Au printemps, entre les rangs de légumes avant de pailler par-dessus.
- Toute l'année, dans les trous de plantation en le recouvrant de fines couches de terre afin que les graines ne soient pas en contact direct avec le compost. Les racines s'enfonceront dans le sol et accéderont aux nutriments du compost en se développant.
- À quelle dose ?
- Plantes à forts besoins (artichauts, céleri, poireau, cucurbitacées, solanacées, maïs) : 3 à 5 kg/m²/an.
- Plantes aux besoins moyens (asperges, betteraves, carottes, épinards, haricots, laitue, persil, petits pois) : 1 à 3 kg/m²/an de compost.
- Plantes à faibles besoins : Peuvent se passer d'apport de compost. Les légumineuses (pois, mangetout, fèves) n'en auront guère besoin. Les légumes racines préfèrent des apports plus concentrés en potasse, on peut alors se contenter d'un kilo au mètre carré et compléter avec des cendres par exemple.
- Pelouse (installation) : Incorporez 8 à 10 kg/m² de compost sur les dix premiers centimètres de terre avant de semer.
- Pelouse (entretien) : À chaque début de printemps, dispersez 1 à 2 kg/m² de compost, finement tamisé au préalable.
- Massifs floraux (installation) : 5 à 8 kg/m² de compost sur les quinze premiers centimètres.
- Massifs floraux (plantations) : Mettre le compost dans les trous, en le mélangeant avec la terre.
- Haies arbustives (installation) : 8 à 10 kg/m² de compost incorporés sur quinze centimètres de profondeur.
- Création de jardin sur terrain très pauvre : 15 kg/m² lors de la création, puis 10 kg/m² par an pendant 2 ou 3 ans (apports en automne et au printemps).
- Terres pauvres en argile (sableuses, limoneuses) : Les proportions indiquées peuvent être augmentées d'un tiers, mais pas plus.
RÉALISER SON COMPOST EN 5 MOIS - Déchets de cuisine, déchets végétaux, etc...
Il est important d'utiliser un compost bien mûr, de couleur sombre, homogène et peu odorant. L'utilisation excessive d'un compost nutritif et gras peut libérer des nitrates dont les plantes se nourrissent à outrance, favorisant leur vulnérabilité aux maladies et ravageurs. De même, l'utilisation excessive d'un compost plus fibreux et riche en carbone pourrait freiner la croissance des plantes à court terme.
L'enfouissement du compost ou non dépend de votre sol. Avec une activité biologique foisonnante, vous pourrez le laisser en surface et les micro-organismes feront le travail. Sur un sol récalcitrant, tassé, compacté, sec, intégrez le compost mécaniquement pour mieux l'optimiser.
En contenants : pots, bacs et jardinières
Pour la culture en pots, la quantité de terre à ajouter au terreau va dépendre de la qualité de cette dernière. On peut soit la mélanger par tiers ou par moitié. Cependant, les règles changent pour les contenants. Un substrat prêt à l'emploi (universel, horticole, pour cactus/succulentes, ou terre de bruyère pour plantes acidophiles) est conçu pour être utilisé seul.
- Plantes d'intérieur et jardinières classiques : 70 à 100% de terreau adapté. Évitez d'ajouter de la terre du jardin dans les pots d'intérieur car elle se tasse, draine mal et peut apporter des parasites ou graines d'adventices.
- Création de nouvelles jardinières : Un bon mélange est constitué d'un tiers de compost, un tiers de terre et un tiers de sable.
- Réutilisation de jardinières de l'année précédente : Ajoutez 20% maximum de compost à la quantité de l'ancienne terre.
- Plantes d'intérieur (entretien) : Le compost bien mûr peut s'utiliser en surface, en remplaçant par du compost les 2 à 3 centimètres de la couche supérieure du pot. À utiliser de préférence 1 ou 2 fois par an, entre avril et octobre, hors de la période de repos de la plante. Cela nourrit la plante et enrichit la structure du substrat sur le long terme, évitant un rempotage fréquent.

Il n'est pas recommandé de réutiliser du terreau ayant déjà servi car il a épuisé sa réserve d'éléments nutritifs, son pH a pu évoluer, et il a pu être contaminé par une maladie du sol.
Comprendre la biodiversité du sol pour des cultures optimales
Le sol est vivant. Il constitue la partie animée de la croûte terrestre et est peuplé par une grande diversité de micro-organismes. Du point de vue agronomique, un bon sol doit être constitué d'au moins 3% à 5% de matière organique (selon le type de sol et sa teneur en argile), ce qui équivaut au taux d'humus, la couche supérieure du sol qui grouille d'activité biologique.
Un sol en bonne santé est nécessairement riche en matière organique et surtout riche de vie. Une poignée de terre forestière contient plus d'organismes vivants qu'il n'y a d'êtres humains sur Terre. Tous ces organismes agissent sur le sol ; ils le modifient, l'amendent, lui donnent sa valeur pour les plantes. Le compost participe à la régénération des sols et à les laisser jouer leur rôle de puits de carbone.
Pour que vos cultures vous donnent de beaux fruits et légumes, vous devez leur offrir une terre qui répond à leurs besoins. Le substrat est la base sur laquelle vous plantez ou semez vos végétaux. Il doit être meuble pour que les plantations puissent facilement prendre racine, riche pour nourrir les végétaux, et drainant pour que les racines ne soient pas noyées.
Afin de bien arroser vos bacs potagers, gardez un œil sur l'humidité du sol et contrôlez régulièrement la météo. L'arrosage dépend également des cultures ; les carottes, par exemple, préfèrent un sol uniformément humide. Pour que le contenu de votre carré potager reste de bonne qualité, il faut effectuer une rotation des cultures, c'est-à-dire ne pas cultiver les mêmes plantes sur le même emplacement. Cette méthode prévient également les maladies spécifiques à certaines cultures.
Choisissez des variétés de légumes adaptées à votre région et à votre type de sol. Les carottes, les radis et les haricots, par exemple, prospèrent dans des sols bien drainés, tandis que les tomates préfèrent un sol légèrement acide. Les haricots sont des légumineuses bénéfiques pour le sol. Pour maximiser leur rendement, plantez-les dans un sol bien drainé et ensoleillé.
Ajoutez de l'engrais en hiver, idéalement de l'engrais naturel. Vous pouvez par exemple ajouter des plantes dans votre bac et les laisser se décomposer. Ajoutez du paillage sur votre potager pour protéger le sol du soleil, éloigner certains nuisibles et protéger le sol du froid en hiver.
Terreau et compost : complémentaires et non substituables
Le terreau et le compost sont deux produits distincts mais complémentaires. Aucun des deux ne peut remplacer l'autre, mais leur association est essentielle pour obtenir un beau jardin. Cette combinaison permet d'enrichir la terre en micro-organismes, en minéraux et en humus, ce qui favorise la croissance des plantes.
Le mélange de terreau et de compost est une pratique courante pour veiller à la croissance et à la santé des plantes. Le terreau est généralement utilisé en profondeur pour offrir un support de culture adéquat, tandis que le compost est ajouté en surface pour apporter des nutriments, de la biodiversité et améliorer la qualité du sol.

Le terreau est spécifiquement conçu pour la croissance des plantes car chacun de ses ingrédients joue un rôle spécifique, offrant une solution riche en nutriments et minéraux, idéale pour les plantes. Le compost, quant à lui, est un amendement et un fertilisant qui revitalise le sol et favorise sa biodiversité.
Utiliser le mauvais produit peut entraîner des conséquences néfastes pour le jardin. Il est donc crucial de comprendre la différence entre ces deux précieux éléments pour optimiser vos efforts de jardinage. Le compost ne doit pas être utilisé pur pour y semer les graines, car les chances de germination sont faibles, à l'exception peut-être de plantes très exigeantes en nutriments comme les tomates ou les courges.
En somme, en maîtrisant l'art de mélanger le compost, la terre et le terreau dans les bonnes proportions, vous offrez à votre jardin les conditions idéales pour s'épanouir, tout en adoptant des pratiques de jardinage durables et respectueuses de l'environnement.