Le recyclage de l’herbe tondue est une pratique écologique. Elle consiste à réutiliser l’herbe coupée lors de la tonte de la pelouse plutôt que de la jeter. La France comptabilise 4,5 millions de tonnes de déchets verts ménagers par an alors qu’ils ont l’avantage d’être facilement réutilisables dans nos jardins. Loin d’être un simple déchet de jardin, l’herbe tondue peut être recyclée de diverses manières. Vous pouvez alors lui redonner vie et l’utiliser à d’autres fins. Que ce soit comme fertilisant naturel, matériau de paillage, alimentation animale, compostage, etc., elle peut être transformée en quelque chose de précieux.

La gestion des déchets verts : enjeux écologiques et environnementaux
La réduction des déchets verts envoyés à la décharge : l’herbe tondue représente une grande partie des déchets du jardinage. En la recyclant, on évite de les envoyer à la décharge. La réduction des gaz à effet de serre : une fois que l’herbe tondue est envoyée à la décharge, elle se décompose et produit du méthane : un puissant gaz à effet de serre. D’une manière générale, l’herbe de tonte peut être déposée en déchetterie. Toutefois, depuis le 1er janvier 2024, certaines déchetteries, notamment celles de l’agglomération rennaise, n’acceptent plus les tontes de pelouse. Il est donc recommandé de vérifier auprès de votre déchetterie locale si elle accepte ou non les tontes de pelouse. Avant de vous diriger vers la déchetterie, découvrez ce que vous pouvez faire de votre herbe de tonte pour ne pas gaspiller cette denrée et faire plaisir à votre potager.
Pratiques de tonte raisonnée
Tondre sa pelouse, c’est bien, mais que faire de toute cette herbe coupée ? Ne tondez pas trop souvent ! Ok, vous avez ainsi la satisfaction d’une belle pelouse, bien nette. Mais ça fragilise le gazon lui-même. En le forçant à repousser sans cesse, vous l’épuisez… Ce d’autant plus en cas de sécheresse et/ou de canicule. Et surtout, vous détruisez, à chaque tonte, une multitude d’insectes et autres petits animaux indispensables à un bon équilibre. Ne tondez pas trop ras… De même, des tontes trop basses, au ras du sol, nuisent finalement à la bonne santé et finalement, à la durabilité de votre pelouse. Une hauteur de coupe de 6-10 cm est à mes yeux tout à fait suffisante. Ne tondez pas tout votre jardin en même temps. En tondant toutes vos surfaces de pelouses en même temps, vous détruisez l’habitat d’une multitude d’animaux, et donc notamment d’auxiliaires. Ne tondez pas lorsque le sol est humide. En tondant sur un sol humide, vous allez inévitablement tasser celui-ci. Ce qui aura pour conséquence une asphyxie du sol, qui se matérialisera elle-même par l’apparition de mousses et de maladies cryptogamiques.
Bien TONDRE sa PELOUSE : Mes Conseils pour une Tonte Parfaite !
Le mulching : fertilisation naturelle sur place
En complément ou à la place du compostage, vous pouvez utiliser la technique du mulching, qui consiste à tondre votre pelouse en broyant très finement l’herbe et sans la ramasser. Traduit en français, ce terme signifie « paillage », car la matière coupée vient couvrir le sol. Mais ces résidus d’herbe ne couvrent pas seulement votre sol, ils ont l’avantage d’être un engrais naturel et fertilisent le gazon en se décomposant. Cette technique permettra à votre sol de rester hydraté et nourri plus longtemps à l’aide de la fine couche d’herbe. Si votre gazon a plus de 4 ans, pensez à « scarifier » votre terrain avant les premières tontes du printemps afin d’éviter le feutrage du mulching et de reconnecter l’eau et l’air. La scarification de votre terrain permettra de maintenir un gazon vert et dru en entaillant le sol à l’aide d’un appareil manuel ou électrique.
Le paillage : un bouclier pour votre sol
Une autre idée étonnante d’utilisation de l’herbe tondue : s’en servir comme paillage dans votre jardin. Pour la fabriquer avec votre herbe tondue, il vous suffit d’étaler une épaisse couche d’herbe autour des plantes. Elle va aider à retenir l’humidité du sol et empêcher les mauvaises herbes de pousser. L’herbe de tonte peut être un excellent allié pour votre jardin. En effet, elle contient des éléments nutritifs essentiels comme l’azote, le potassium et le phosphore, qui favorisent la croissance des plantes. Toutefois, l’usage de l’herbe de tonte doit être fait avec précaution. Par exemple, il est recommandé de ne pas l’appliquer en couche trop épaisse pour éviter la formation de moisissures. Une fois séchée, l’herbe de tonte peut être placée dans le potager. Riche en azote, elle aidera vos légumes à se développer. Placez-là au pied de vos plants, mais aussi de vos fleurs. C’est l’une des options les plus simples.

Optimiser la composition du compost
Parmi les solutions qui s’offrent à vous, il y a le compost. Mais attention, le volume d’herbes ne doit pas dépasser le tiers de la matière présente dans votre composteur, qui doit être variée. De plus, on vous conseille, dans la mesure du possible, de faire sécher cette herbe au préalable, car, très riche en eau après la tonte, elle peut faire pourrir votre compost. Pour composter, il faut toujours raisonner dans un équilibre carbone/azote autour de 25 à 30. Vous vous souvenez pour les tontes ? On est beaucoup trop bas avec un rapport carbone/azote de 10. Les tontes sont trop azotées, trop humides, trop peu rigides. En automne, vous aurez peut-être facilement accès à des feuilles mortes qui feront l’affaire. Une poignée de feuilles pour deux poignées de tontes et le tour est joué. Au printemps, vous pourrez trouver quelques brindilles, des feuilles mises de côté à l’automne, un peu de foin, paille, broyat, sciure, carton… Vous obtiendrez alors au final un beau compost végétal plus concentré encore en énergie que ne peut l’être un simple paillage de surface.
Biodiversité et ressources complémentaires
L’herbe tondue favorise la biodiversité. Son utilisation crée un environnement favorable aux organismes bénéfiques du sol. Les vers de terre par exemple et les micro-organismes en bénéficient grandement. Si vous avez des animaux domestiques ou des animaux d’élevage, vous pouvez utiliser l’herbe tondue comme alimentation supplémentaire pour eux. Les lapins, les cochons d’inde et les poules apprécient particulièrement l’herbe. Séchez votre herbe de tonte et laissez-la à disposition des petits animaux de votre jardin ! Ainsi, lézards, hérissons, poules, crapauds, canards, et bien d’autres pourront s’en servir comme nid ou comme litière. Ecologique et peu coûteux, l’écopâturage consiste à mettre son terrain à la disposition d’un éleveur de moutons, de chèvres ou autres ruminants, afin que ces derniers broutent l’herbe. Procédé gagnant-gagnant : il favorise la préservation de l’environnement, la réduction de l’empreinte carbone, les économies financières, et enfin améliore la qualité des sols.
Analyse des propriétés agronomiques des tontes
D’abord, les tontes de prairie, gazon, pelouse sont avant tout de l’eau ! L’herbe verte en contient facilement 80% qu’elle puise dans le sol. Le reste est un alliage de molécules organiques, notamment de la cellulose. D’être verte, fraîche, la tonte a l’avantage premier de contenir aussi de nombreux sucres hydrosolubles et très énergétiques. Prenez une poignée de tonte dans vos mains et vous comprendrez vite qu’elle contient peu de carbone. C’est mou, humide, tendre, vert, peu structuré, sans rigidité aucune. Comparez avec un brin de paille qui lui est rempli de carbone et c’est un monde d’écart. La tonte possède un rapport C/N autour de 10. Conséquence ? Les molécules sont bien moins durables, bien moins difficiles à être brisées, à être digérées par la vie du sol. Le carbone joue moins un rôle de solidité, de fixation des minéraux. En seulement quelques semaines, quelques mois, votre paillage disparaîtra pour être réduit à l’état de minéraux essentiels qui eux vont nourrir nos cultures.

Méthodes d’application selon le besoin
Premièrement, utilisez la tonte juste après avoir tondu, sans séchage, en paillage. Il faudra alors respecter une épaisseur de quelques centimètres maximum. À moins que vous ne souhaitiez désherber avec votre paillage, auquel cas on recherchera cette fameuse croûte : elle permettra de désherber, on pourra la casser plus tard. Enfin, en plein été il sera intéressant d’apporter de la tonte fraîche pour justement apporter un peu d’humidité au sol. Deuxième option, prenez le temps de faire sécher un peu la tonte pour faire évaporer la trop forte teneur en eau. L’idéal sera de l’étaler en andin sur une zone de stockage d’appoint, cela sur une épaisseur d’un maximum de dix centimètres. Une à deux fois par jour, il vous faudra oxygéner l’ensemble, remuer et en quelques jours vous aurez comme du foin. Vous pourrez ainsi répandre cette tonte séchée en bien plus grande épaisseur, facilement sur dix à vingt centimètres. Une autre méthode : tondez votre jardin en plusieurs fois, et rajoutez chaque fois une petite épaisseur (5cm) sur vos planches.
Intégration dans l’écosystème global du jardin
En réalité, ce sera surtout la quantité que vous aurez de disponible qui déterminera la quantité que vous utiliserez ! Selon la surface à tondre, votre climat, la fréquence des pluies, la température, on parle souvent d’une surface vingt fois plus grande à tondre que celle qui pourra être paillée ! Alors, ne comptez pas que sur cette ressource sauf si vous veniez à avoir un très grand terrain en complément de votre potager. Et côté quantité, un bon paillage à base de tonte uniquement correspond à peu près à un bac de tondeuse par mètre carré de potager. La période pour utiliser cette ressource sera tout simplement en adéquation avec sa disponibilité. En effet, les tontes arrivent en grande partie au printemps et ce sera une période idéale pour les répandre en paillage au potager. En été, bien souvent la ressource diminue avec une forte chaleur, une humidité moins présente, des pluies plus rares. Avouez-le, c’est sympathique ces petits chemins et ces fleurs sauvages sur les côtés. Elles nourriront des abeilles solitaires et autres espèces menacées… La tonte est un paillage éphémère. En couche plus épaisse de dix centimètres, elle durera un peu plus longtemps. Au contraire, les paillages carbonés comme le broyat, la paille, pourront durer plus d’une année. Alors, prenez le temps de dépailler si vous avez un paillage plus durable déjà en place. Ensuite, on mettra la tonte sous ce paillage pour qu’elle profite pleinement au sol, le monde vivant qu’il héberge. Les bactéries vont se régaler à foison d’un tel apport et générer comme une colle qui améliorera plus encore la structure de votre sol.